RESTAURER NOTRE-DAME A L’IDENTIQUE, LA MEILLEURE SOLUTION...!

LA RESTAURATION DE NOTRE-DAME A L’IDENTIQUE

NON SEULEMENT C’EST POSSIBLE,

MAIS C’EST PROBABLEMENT LA MEILLEURE SOLUTION !

 

Tous nos compatriotes sont bien tristes d’avoir vu une partie de Notre-Dame partir en fumée, mais il en est quelques-uns qui sont touchés beaucoup plus que tous les autres, c’est cette petite équipe d’experts, guides conférenciers attitrés qui faisaient découvrir Notre-Dame au Monde entier.

 

Mon ami Bernard BRANGÉ est l’un d’eux. Après une vie professionnelle consacrée au management de l’entreprise « Tokheim » (cette entreprise devenue leader incontesté de l’installation et l’entretien des stations-services qui distribuent les carburants en Europe et en Afrique), il avait choisi, pour sa retraite, de s’adonner à sa passion pour laquelle il a écrit quelques ouvrages de référence sur le Compagnonnage.

 

 

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La voici, dans toute sa splendeur avant l’incendie

 

Avant l’incendie, depuis 20 ans, Bernard se délectait de faire découvrir aux visiteurs cette magnifique cathédrale dont il connait tous les recoins et les anecdotes.

 

Il me l'avait fait visiter de fonds en combles il y a quelques années juste avant l'inauguration des nouvelles cloches le 23 mars 2013, et j'en avais écrit deux articles enthousiastes sous le titre de Les Saintiers de Notre-Dame qui ont fondu ses nouvelles cloches et Des Saintiers de Moscou à Notre-Dame de Paris en vous faisant découvrir une anecdote peu banale concernant les fondeurs de cloches auvergnats du XVIIe siècle

 

Non visible par les visiteurs « ordinaires » pour des raisons de sécurité (sic!), la charpente de la cathédrale, ce joyau de l'architecture médiévale constitué de poutres vieilles, pour les plus anciennes, de huit siècles, a été dévorée par les flammes ce lundi 15 avril 2019.

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Épure de la charpente réalisée en 3D par Robert sur logiciel « SketchUp » (http://robertdenostreda.canalblog.com/

 

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L’enfilade des poutres de « la forêt » vue du chœur

 

La charpente de Notre-Dame était l'une des charpentes les plus anciennes de la ville, et avait été surnommée « la forêt » en raison de son enchevêtrement de poutres en bois de chêne, chacune taillée dans un arbre différent qui avait nécessité qu’on abatte pour elle une forêt de vieux chênes.

 

Elle présentait des dimensions impressionnantes : plus de 100 m de longueur, 13 m de largeur dans la nef, 40 m dans le transept et 10 m de hauteur.

 

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L’enfilade des poutres de « la forêt » vue sous un autre angle

 

La charpente d'origine, datant de 1160-1170, a disparu mais certains de ses éléments avaient été réutilisés lorsqu'elle avait été remplacée par une nouvelle structure en 1220, à la suite, précisément, d’un premier incendie, puis lors de travaux d'agrandissement.

 

Dans la nef, elle a été installée entre 1220 et 1240.

 

Si les charpentes du chœur et de la nef ont traversé les siècles, celles des transepts et de la flèche furent refaites au milieu du XIXème siècle lors de la grande campagne de restauration de la cathédrale initiée par Prosper Mérimée sous la direction de l’énigmatique Viollet-le-Duc.

 

Elles s'en distinguent par leurs dimensions plus imposantes et plus espacées que celles du Moyen-Âge.

 

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La charpente de la tour nord, vue de dessous.

 

Visionnez donc la petite vidéo de la charpente (elle dure moins de 1 minute), réalisée par la société « Arts Graphiques et Patrimoine » qui l'avait reconstitué électroniquement :

 


 

 

Pour la découvrir en photo, avant d’aller plus loin, je vais vous indiquer deux liens de vidéos réalisées par la chaine de télévision « Antenne2 » pour des journaux télévisés que je vous engage à visionner également (en vous priant de patienter les quelques secondes consacrées à la publicité que je ne suis pas arrivé à supprimer!) :

 

La 1ère ne dure que 1 minute 40s et vous donne un aspect de ce joyau :

http://embedftv-a.akamaihd.net/11aab6dc86fefcc43648485bb85b57f2  

 

La 2nde qui dure 4 minutes ½ et porte sur l’utilisation de ce don fabuleux de plus d’un milliard d’Euros que le public dans l’émotion du drame a spontanément destiné à sa restauration :

http://embedftv-a.akamaihd.net/0d5d4214d1c6da107ccee712414cd4c1  bien que, de dire d'experts, 400 à 500 millions seulement seraient nécessaires pour la charpente et la couverture s'il s'avère qu'il ne faut pas remplacer les voutes qui ont été taillées dans une mauvaise pierre d'Ile-de-France et ont terriblement souffert de la chaleur, le reste pouvant être utilisé pour sauvegarder d'autres belles « cathédrales ou églises nécessiteuses ». 

 

Je pourrai enfin vous dire pourquoi la restauration de Notre Dame à l’identique (cliquer sur le lien suivant pour avoir accès au site officiel du Ministère de la Culture), c’est non seulement possible, mais c’est même souhaitable car c'est la meilleure des solutions !

 

Pour mieux comprendre ce qui suit, revenons en quelques mots et images sur le drame douloureux du 15 avril 2019 en dehors de toute polémique…

 

Éventuellement vous pouvez cliquer ici pour visionner le montage photographique qu’en a fait Christian, un passionné.

 

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Il fait jour mais il y a déjà près de trois heures que la charpente brûle…

 

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Au coucher du soleil, la flèche est encore là mais ne va pas tarder à s’écrouler

 

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La flèche qui s'imposait alors comme le symbole manifeste du drame national s’écroule

 

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Cette photo de la flèche s'écroulant a fait le tour du monde en quelques minutes !

 

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 Puis dans la nuit, ce sont des tonnes d’eau qui vont s’abattre sur le monument

 

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Et au petit jour, l’incendie a été circonscrit mais c’est la désolation

 

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La voûte de la croisée du transept s’est effondrée !

 

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La plupart des œuvres d’art ont été sauvées par les pompiers, mais quel désastre !

 

Et une occasion de gaffe de plus s'est présentée pour le chef de l’Etat américain qui n'a pas pu s'en empêcher…

 

Alors que les yeux du monde entier sont rivés sur la capitale française, Donald TRUMP a décidé, comme à son habitude, de poster un tweet pour commenter les images de l’édifice recouvert par les flammes…

 

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« Donald » dit en substance : « Terrible de regarder les images de l'impressionnant incendie de Notre-Dame de Paris. Peut-être devrait-on utiliser des avions bombardiers d'eau pour éteindre le feu. Il faut agir vite ! », a-t-il écrit.

 

Une sortie qui n'a pas été du goût de tous les internautes français, qui ont rapidement remis le président américain à sa place. « Les gars, il y a Trump qui conseille de lâcher des Canadairs d’eau sur Notre-Dame… On lui explique qu’il y a des gens et des habitations autour ? », écrit l'un d'eux.

 

Un autre demande avec malice « Pourriez-vous nous expliquer comment éteindre un feu ? Nous les Français, nous ne savons pas comment faire. Nous sommes bien en train de souffler dessus mais ça ne fonctionne pas. S'il vous plait, aidez-nous, Monsieur le roi du monde ».

 

TRÊVE DE PLAISANTERIE, LA CHARPENTE PEUT

ET DOIT ÊTRE RECONSTRUITE… A L’IDENTIQUE !

 

Le 29 avril 2019, quelques jours seulement après l’incendie, l’Académie d’Agriculture de France et sa section « Filière bois » planchait déjà sur la reconstruction à l’identique qu’elle préconise, car, non seulement nous avons les forêts de chênes qui peuvent le permettre, mais nous possédons aussi tous les plans côtés dont nos très habiles Compagnons du Devoir du Tour de France peuvent se servir pour reconstruire cette charpente en quelques mois, bien plus rapidement que toute autre matériaux (on a parlé en effet de charpentes en béton fibré à ultra-hautes performances du type « Ductal® » élaboré par Lafarge et dont l’architecte Rudy RICCIOTTI s’est servi pour la construction de plusieurs bâtiments dont le MuCEM à Marseille, mais si ce matériau tient bien à la pression il faudra faire des études relativement longues pour connaître sa résistance à l'étirement avec le temps).

 

Je me permets donc, avec l’autorisation d’Yves BIROT, l’un des signataires de l’étude et l'un de nos « Séniors dans le vent », de reproduire, in extenso, le texte des académiciens dont je suis sûr, vous apprécierez la justesse. Je vais par conséquent le citer, mot pour mot :

 

 

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« Point de vue d’académiciens »

 

Pourquoi il est possible de refaire rapidement la charpente médiévale de Notre-Dame de Paris, en chênes du 21e siècle.

 

La toiture de la cathédrale Notre-Dame de Paris a brûlé lors d’un spectaculaire incendie le 15 avril 2019. Plusieurs membres de la section « Forêts et filière bois » de l’Académie d’Agriculture ont souhaité exprimer leur avis sur la charpente de cet édifice, et sur les perspectives de sa reconstitution.

 

  

En préliminaire, ils font remarquer que la charpente a parfaitement joué son rôle de protection, résistant au feu pendant une bonne heure, ce qui a permis l'évacuation sans dommage des personnes, et même aux pompiers de sauver de précieux objets de notre patrimoine. Son remplacement à l’identique mérite donc d’être envisagé en priorité.

 

  

Les techniques employées au XIIIe siècle sont bien documentées

 

  

Les historiens, en utilisant les outils de la « dendrochronologie », ont percé les mystères des charpentes médiévales (La « dendrochronologie » est une méthode scientifique permettant en particulier d'obtenir des datations de pièces de bois à l’année près en comptant et en analysant la morphologie des anneaux de croissance des arbres.) 

 

 

Les charpentiers de l’époque, s’appuyant sur des siècles d’innovations, savaient utiliser le bois tiré des forêts françaises. Ils sélectionnaient surtout des arbres élancés et d’assez petit diamètre (25 – 35 cm) qui étaient plutôt jeunes (moins de 100 ans).

 

 

Ils utilisaient les troncs entiers, simplement équarris et non sciés, pour garder la résistance de l’arbre, et surtout ils les mettaient en place dans la charpente rapidement après l’abattage qui se faisait en hiver. Les pièces de charpente n’étaient donc pas séchées avant l’utilisation.

 

  

Avec ces techniques appliquées au chêne, les charpentiers de l’époque ont réussi quantité de charpentes monumentales qui ont résisté durant des siècles (800 ans pour Notre-Dame de Paris).

 

 

Les compagnons charpentiers d’aujourd’hui connaissent bien ces techniques, savent parfaitement les mettre en œuvre et sont mobilisés pour intervenir sur ce chantier prestigieux.

 

 

Des études (Institut technologique FCBA-Monuments historiques) ont montré que les pièces de charpente ancienne (1 à 2 siècles) ne perdaient pas leurs propriétés de résistance mécanique avec le temps. Sauf accident majeur, dans les conditions normales d’utilisation du bâtiment, leurs propriétés de réaction et résistance au feu ne sont pas dégradées non plus. Soulignons tout de suite que le bois massif ne s’enflamme que difficilement, après avoir été chauffé à 280 °C au moins (voir ci-dessous).

 

  

Il est tout-à-fait possible de reconstruire une charpente en chêne massif

 

Il y a plus de chênes en France aujourd’hui, sous une très grande variété d’âges et de dimensions, qu’au Moyen Age. La quantité d’arbres, nécessaires pour refaire la charpente de Notre Dame de Paris, ne représente qu’une goutte d’eau dans nos forêts : au maximum 2000 m3 pour une récolte annuelle française en 2017 d’environ 2,3 millions de m3 de grumes de chêne destinées au sciage, soit moins de 1/1000ème de la production annuelle française.

 

 

Le bois de chêne est un produit 100% naturel, que produisent des forêts gérées durablement et certifiées comme telles. Issu des terroirs français, et des techniques sylvicoles perfectionnées au fil des siècles par les forestiers français, il est mobilisable en circuit court.

 

 

De plus, chaque m3 de bois produit résulte du prélèvement dans l’atmosphère d’une tonne de CO2 (NB : 1 tonne de bois de chêne contient environ 400 kg de carbone).

 

  

Les forestiers sont mobilisés et les chênes nécessaires peuvent être coupés dès cet hiver 2019/2020 et livrés avant le printemps 2020. Avec les outils modernes comme le LIDAR (mesure laser très précise de la géométrie), le scanner à Rayons X (image de la structure interne des troncs, en particulier la densité du bois), l’analyse mécanique dynamique (DMA) et la spectrométrie proche infrarouge (richesse en tannin du bois de chêne), il est de nos jours possible de sélectionner des pièces de charpente de très bonne qualité mécanique et très résistantes aux insectes et aux champignons.

 

  

Les milliers de charpentiers qui font partie des métiers d’art recensés en France perpétuent et perfectionnent les savoirs et savoir-faire des charpentiers du Moyen Age. Mobiliser leurs compétences sur le chantier de la charpente de Notre Dame de Paris, en associant le plus possible de jeunes en apprentissage, est le meilleur soutien que l’on puisse donner à la reconnaissance de leur métier.

 

  

NB : Les entreprises habilitées à intervenir sur les monuments historiques doivent être titulaires d’une qualification nationale « Qualibat ». La majorité sont membres du Groupement Français des Entreprises de Restauration de Monuments Historiques (GMH).

 

  

La charpente de Notre Dame de Paris avait été entièrement numérisée en 3 dimensions. On a donc les plans complets pour reconstruire, et les bureaux d’ingénierie bois construction français, compétents dans les outils numériques d’aide à la conception, sont prêts à aider les compagnons charpentiers.

 

  

Le chêne massif est supérieur à d’autres solutions envisageables

 

  

D’autres solutions que le chêne massif sont envisageables, mais aucune ne présenterait autant d’avantages :

   

      • d'autres bois autochtones que le chêne, moins riches en tannins, n'offriraient pas une aussi bonne durabilité sur le long terme ;

         

           

      • d'autres matériaux que le bois n'offriraient pas une aussi bonne sécurité incendie ; l’acier, par exemple, perd sa résistance mécanique en moins de dix minutes sous un chauffage à 600 °C ;

         

           

      • d'autres techniques que la charpente bois ne présenteraient pas l'avantage de pouvoir être appliquées sans étude préalable approfondie (répartition des charges en particulier).

 

  

Enfin, le chêne massif de la charpente de la cathédrale Notre Dame de Paris a, tant pour des raisons spirituelles que nationales, une valeur symbolique.

 

  

Si l’on souhaitait pourtant innover raisonnablement dans la reconstruction de certaines parties de cette charpente, tant en matière de portée, que de résistance au feu et de légèreté, le recours partiel à du lamellé-collé de chêne, (Comme il a été expérimenté pour le projet de la tour de la terre de 200 mètres de haut, non réalisé et comme vous pouvez le découvrir dans mon article rédigé sur le Compagnonnage) et à des assemblages innovants (broches métalliques noyées dans le bois pour les préserver de la fonte en cas de feu, redonnant l’aspect des assemblages « à tenon et mortaise » et « trait de Jupiter ») allierait tradition et innovation.

 

 

Cette solution respecterait parfaitement les normes et règlements de sécurité en vigueur.

 

  

Il n’y a donc, au total, pas de raisons techniques, ni écologiques, ni économiques pour ne pas refaire une charpente en chêne massif aujourd’hui.

 

 

Tous les clignotants sont au vert pour tenir les délais, à un coût raisonnable.

 

 

Les décideurs politiques doivent peser l’ensemble des arguments techniques et sociétaux pour faire le bon choix.

 

  

Une nécessité : mieux protéger les charpentes de nos monuments contre l’incendie

 

 

La très grande majorité des charpentes monumentales de notre patrimoine sont faites en chêne, avec des pièces de forte section. Le chêne sec à l’air de ces charpentes est un bon combustible, c'est-à-dire qu’il peut brûler, mais en réalité il ne brûle pas si facilement comme en attestent les très longues durées de vie des charpentes.

 

  

Pour amorcer la combustion autonome d’une poutre en chêne il faut apporter une grande quantité de chaleur, à des températures supérieures à 280°C, pendant un temps suffisamment long (10 minutes environ). Le bois qui a commencé sa combustion autonome va ensuite apporter la quantité de chaleur nécessaire pour enflammer progressivement le reste de la charpente.

 

  

Dans les épisodes récents de feux de charpentes monumentales, le démarrage de l’incendie est quasiment toujours associé à des travaux dans le voisinage de la charpente.

 

 

Cela signifie que ces travaux sont capables d’apporter localement de grandes quantités de chaleur, par exemple par accumulation de combustible facile à enflammer (y compris du bois en petite sections) et d’amorces de feu (dont les étincelles électriques).

 

 

La répétition des accidents liés aux travaux prouve que les règles de sécurité en vigueur ne sont pas adaptées aux situations des monuments. Il faut éviter qu’une grande quantité de chaleur puisse se développer au voisinage immédiat des pièces de charpente sans être immédiatement détectée.

 

  

Ce problème ressemble beaucoup aux départs de feux de forêt.

 

 

Des progrès considérables ont été faits quant à la physique de ces feux, et il faut en tirer parti pour les monuments. En utilisant ces connaissances et les développements très rapides des moyens de surveillance (caméras thermiques, intelligence artificielle) et d’intervention précoce (robots extincteurs) appuyant les services de lutte contre l’incendie, il est possible d’établir rapidement des règles de sécurité mieux adaptées.

 

 

Généralisées, ces règles de prévention permettraient au drame de Notre-Dame de Paris de déboucher sur des progrès bénéficiant à l’ensemble de notre patrimoine historique bâti possédant des structures en bois.

 

  

L’expertise des membres de l’Académie d’agriculture - section « Forêts et filière bois » - est à disposition des autorités

 

  

Le 30 avril 2019 les signataires du présent avis se déclarent disponibles pour apporter leur expertise au chantier de la reconstruction de Notre Dame de Paris (je donne leur nom dans la bibliographie en fin d’article).

 

Cela dit, début juillet, plusieurs cabinet d'architecture ont remis leur copie de projet… En voici quelques-uns parmi les plus originaux…

 

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Par ailleurs, les 16 statues de la flèche de Viollet-le-Duc ont été sauvées tout simplement parce que quelques jours avant l'incendie elles avaient été démontées et mise à l'abri à Marsac en Dordogne pour restauration par la Socra, une entreprise spécialisée dans la restauration de statues en métal qui est intervenue sur des chantiers prestigieux, notamment sur le Château de Versailles. Patrick PALEM, le directeur de la Socra donne quelques explications à ce sujet dans une petite vidéo de 5 minutes que vous pouvez visionner ci-dessous : 

 

 

 


 

 

Viollet-le-Duc et le compagnonnage :

  

A propos de la première restauration conduite par Viollet-le-Duc, j’ai trouvé une étude remarquable faite par Christian, un Passionné qui préfère demeurer anonyme et discret mais que vous pouvez contacter en vous référant à mon site et en vous adressant directement à lui via son adresse courriel : ijnuhbes@protonmail.com.

Avec sa bienveillante autorisation pour le « copyright », je me fais maintenant un plaisir de la publier ci-dessous à votre intention. 

 

 

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Cathédrale Notre Dame de Paris et la flèche de Viollet-le-Duc, achevée en 1859.

Au premier plan l'ange de l'Apocalypse et le philosophe alchimiste.

 

L'architecte Eugène Viollet-le-Duc (1814-1879) reconstruit la flèche à la croisée des transepts de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Plusieurs fois détruites, la flèche avait disparu de la mémoire des parisiens depuis 1793, date à laquelle la dernière flèche fut démontée, menaçant effondrement (« Notre-Dame de Paris, projet de restauration » rapport de MM. Lassus et Viollet-Le-Duc, 1843, imprimerie de Mme de Lacombe, Paris, p.16. Source Gallica/BNF).

 

A-t-elle seulement existé ? A l'époque de l'alchimiste Nicolas Flamel (c. 1335-1418) des enlumineurs réputés, les frères Limbourg, créent un livre d'heures - de prières - pour Jean de France, duc de Berry (1340-1416). Miraculeusement parvenu jusqu'à nous, ce livre est conservé au château de Chantilly. Une des planches, la rencontre des rois mages, montre en arrière-plan les monuments de l'île de la cité à Paris où la flèche de la cathédrale est bien visible, ainsi que celle de la Sainte Chapelle.

 

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« Les très riches heures du duc de Berry » des frères Limbourg,

Manuscrit conservé au château de Chantilly

 

Plus de quatre siècles vont passer. En 1852, le peintre Johan Jongkind (1819-1891) montre une croisée des transepts orpheline, sans flèche. La cathédrale souffre aussi d'autre maux, plus graves. La révolution française est passée par là, mutilant la grande galerie des rois. La monarchie n'est pas en reste. Soufflot, ministre de Louis XV, fait couper le tympan du portail du jugement dernier, afin de rehausser l'ouverture pour permettre à des cavaliers et des dais de procession de pénétrer dans la cathédrale.

 

Le temps, cependant, reste le premier destructeur de ce monument, avec l'érosion dûe aux pluies, au gel et au vent qui conjuguent leurs efforts pour détériorer irrémédiablement la pierre calcaire poreuse et friable du calcaire Ile-de-France.

 

 

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Notre-Dame de Paris sans sa flèche, par le peintre Johan Jongkind, 1852.

 

Grâce à la redécouverte du gothique au XIXème siècle, impulsée par les romantiques et Victor Hugo, Napoléon III lance les grands chantiers de restauration de l'art gothique dans toute la France. Eugène Viollet-le-Duc, architecte réputé, est à la tête de ce programme.

 

A Paris, il œuvre à la restauration de la cathédrale.

 

La façade ouest est reprise, des arcs-boutants sont rénovés, les chimères des tours changées et une nouvelle flèche est placée en 1859.

 

Les travaux de la flèche sont considérables et nécessitent une reprise en profondeur des charpentes de la toiture. Viollet-le-Duc fait appel à un Maître, compagnon charpentier du Devoir de Liberté, M. Georges (1812-1887), Angevin, l'Enfant du Génie.

 

Mais pénétrons par la petite porte située à l'ouest de la nef, à l'étage du grand comble, entre les deux tours.

 

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Cathédrale Notre Dame de Paris, entrée des combles, façade ouest

 

L'obscurité nous saisit. Un chemin de planches court sur les voûtes, sans les toucher. Il est accroché aux fermes de la charpente et permet de se déplacer vers la croisée des transepts et l'abside.

 

L'œil ne voit pas aussi clair que les photos proposées ci-dessous. La première vue est fortement assombrie. C'est ce que votre œil verrait. La vue suivante est identique, mais saisie par l'appareil photo.

 

 

 

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Voici ce que l'on aperçoit depuis la petite porte d'entrée des combles !

 

Avançons encore et tournons notre regard vers l'angle sud-ouest de la croisée des transepts. Là est un des secrets de la flèche.

 

De grandes poutres obliques, les arbalétriers, montent vers la flèche, constituant son ossature.

 

Ces pièces de chêne s'appuient non pas sur les voûtes qu'elles détruiraient immédiatement, mais sur les angles des murs des transepts, à leur endroit le plus solide. Nous voyons ces arbalétriers, ci-dessous, plonger le long d'une voûte massive, en pierre taillée, et se poser à l'endroit prévu par l'architecte pour supporter le poids considérable de la flèche.

 

Son ossature est en poutres de chêne et son revêtement entièrement en feuilles de plomb.

 

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La structure de chêne survole les voûtes de pierre, juste sous nos pieds.

Trente-trois mètres plus bas les fidèles prient.

 

Aucune poutre ne touche les voûtes. Certaines d'entre elles sont assemblées bout-à-bout, pour obtenir la longueur nécessaire.

 

Elles sont assemblées selon différentes manières. Ci-dessous un « trait de Jupiter » assemble deux poutres de chêne situées horizontalement. Essayons de suivre du regard chaque poutre, puis de la prolonger, en esprit, dans sa partie hors photo. Quelle est la fonction de chacune ? Empêche-t-elle un affaissement, empêche-t-elle une torsion latérale due aux vents ? Quelle masse porte-t-elle ? Félicitons les maîtres charpentiers et leurs équipes. Tout le levage se fait à bras, même si des palans sont utilisés. Chapeau bas !

 

Ce compagnon charpentier du Devoir de Liberté, M. Georges, Angevin, l'Enfant du Génie vient de terminer l'érection de la flèche de la cathédrale Sainte-Croix d'Orléans, en 1858, sous la conduite de l'architecte M. Boeswillwald (1815-1896). Il œuvre également à l'érection de la flèche de la Sainte-Chapelle de Paris.

 

Il existe peu de documents permettant de cerner cet homme de génie, descendant de la tradition d'excellence des bâtisseurs de cathédrales du moyen-âge. Cette tradition se perpétue de nos jours grâce aux trois sociétés compagnonniques majeures que ce soit:

les Compagnons du tour de France des devoirs Unis,

ou l’Association Ouvrière des Compagnons du Devoir et du Tour de France

ou encore la Fédération Nationale des Compagnons du Tour de France

et à leurs centres de formation et au Tour de France qui se termine à la grotte de la Sainte-Baume, près de Marseille, où, selon la légende, Marie-Madeleine, finit sa vie.

 

La flèche est portée par quatre piliers maîtres. Au centre d'un poinçon non porteur s'élèvent des poutres rayonnantes, comme des baleines de parapluie.

 

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« Trait de Jupiter » pour assembler les poutres de chêne.

 

 

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Pose photographique du poinçon central. L'endroit est très sombre.

 

A l'achèvement des travaux une plaque commémorative en fer est vissée à la base du pilier central, comme à la cathédrale Sainte-Croix d'Orléans, et porte l'inscription :

 

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Plaque en fer de 18 par 32 cm, vissée sur le poinçon central.

 

 

Il y est écrit : « Cette flèche a été faite en l'an 1859, M. Viollet-le-Duc étant architecte de la cathédrale, par Bellu, entrepre (neur en) charpente, Georges étant gâcheur des Compagnons Charpentiers du Devoir de Liberté ».

 

Au bas de la plaque se croisent l'équerre, le compas et la bisaiguë, instruments par lesquels les aristocrates du bois et de la charpente, les œuvriers compagnons - ou compas-gnons - bâtissent des ouvrages en rectitude.

 

Cette mystérieuse plaque est très peu connue des parisiens et il n'y en a pas de photo. Viollet-le-Duc est âgé de quarante-cinq ans. Lorsque les Prussiens déferlent sur Paris, en 1870, il participe à la défense de la capitale. Alors âgé de cinquante-six ans, il lui reste neuf ans à vivre. Selon Eugène Canseliet, l'alchimiste Fulcanelli aurait été sous ses ordres, Paul Decoeur de son vrai nom.

 

Viollet-le-Duc est l'architecte, Monsieur Georges est le « gâcheur ».

 

Que signifie ce terme ? Le gâcheur, en charpenterie, participe à l'élaboration des plans, au relevé des mesures, au choix des matériaux à mettre en œuvre.

 

C'est le second du chantier, après l'architecte.

 

Raoul Vergez, compagnon charpentier du Devoir de Liberté, écrit dans le numéro 209 de la revue « Atlantis », fin 1961 : « En 1859 Georges l'Angevin réalisa sa troisième flèche à (la cathédrale) Sainte-Croix d'Orléans... Le grand architecte (Viollet-le-Duc) le fit décorer de la légion d'honneur, ce qui était peu à mes yeux, en comparaison d'une récompense que les Indiens lui offrirent en témoignage d'admiration : Le compas d'argent. »

 

M. Maurice Duvanel, expert en charpente et flèche de nos cathédrales et auteur de plusieurs ouvrages, apporte des précisions et corrige des erreurs. M. Georges ne fut pas décoré de la légion d'honneur. Né en 1812 à Marcé, près d'Angers, il est reçu compagnon à 18 ans sous le nom « Angevin l'enfant du Génie », puis « compagnon fini » le 29 mars 1837. Il décède en 1887.

 

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Que signifient les initiales I N D portées autour du compas ?

 

Grâce à un lecteur averti, Claude, menuisier, le mystère est levé pour une part. Les lettres sont au nombre de quatre : INDG. Le « G » se trouve à l'intérieur du losange formé par l'intersection du compas et de l'équerre, au-dessus de la « bisaiguë » (une bisaiguë est un outil de charpentier formé d'un ciseau à bois couplé à un bédane, et ayant pour rôle de travailler de grosses pièces de bois). Ces quatre lettres forment le monogramme d'INDIEN, sobriquet des Compagnons charpentiers du devoir de liberté. Chacune des lettres est le début d'un mot. L'ensemble forme une devise secrète qui se lit à plusieurs niveaux.

 

 

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INDG, équerre, compas et bisaiguë. Musée du compagnonnage de Romanèche-Thorins (71).

 

Pour M. Maurice Duvanel l'inscription INDG de la plaque doit se lire « Les Indiens Nous Donnèrent le Génie ». « Indien » ou « loup » est le nom de compagnonnage de ces charpentiers. Il indique qu'après 1945 un accord avec une autre branche du compagnonnage, les "Soubise", ou "chien", transforme cette appellation en "chien-loup".

"Génie" est à entendre au sens de génie civil, manière de mettre en œuvre un projet, de le réaliser.

 

Dans leur travail les compagnons mettent en œuvre la géométrie ou « l'Art du Trait ».

 

Cet art du traçage au sol s'appliquait au moyen-âge à « l'Art Royal », à la construction des cathédrales.

 

Ces monuments conservent parfois en leur sein le souvenir du maître du Trait et son grand compas de traçage, comme à l'abbaye de la Trinité à Vendôme.

 

C12 Abbaye de la Trinité à Vendôme le maître du trait.jpg

Abbaye de la Trinité à Vendôme, le maître du trait au grand compas

 

Le roi Philippe-le-Bel (1268-1314) interdit ces corporations ouvrières, après avoir fait condamner les Templiers par le concile de Vienne, en Isère.

 

Malgré l'interdiction, ces corporations finissent par se reconstituer sur le sol de France.

 

Elles se réorganisent complètement au XIXème siècle, mettant ainsi fin à des guerres internes fratricides.

 

Mais revenons aux trois outils sur lesquels s'enroulent les quatre lettres INDG.

Deux des trois outils sont bien connus, l'équerre et le compas. Ces deux outils sont nécessaires pour toute construction de maçonnerie ou de charpente. La maçonnerie de salon, ou franc-maçonnerie spéculative, s'est réappropriée ces outils tant leur symbolisme est puissant.

 

Le troisième outil, la bisaiguë, est très peu connue. Elle n'est utilisée qu'en charpente. Comme son nom l'indique, elle est deux fois aiguë. D'un côté une pointe bédane sert de burin, de l'autre côté le ciseau permet de faire les assemblages par tenons et mortaises.

 

Mais où est donc la lettre « G » ? Grace à l'infographie de Claude, menuisier, la lettre se révèle, au milieu de la plaque.

 

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Infographie de Claude, menuisier.

 

En haut de la plaque commémorative un phylactère surmonte une étoile à cinq branches.

 

Des majuscules inscrites à intervalles réguliers rendent hommage au Dieu moderne. Il ne trône plus sur un nuage lointain mais sur des engrenages et des machines : le Grand Architecte de l'Univers.

 

Ces lettres partiellement effacées sont le début de mots dont l'assemblage signifie : « A la Gloire du Grand Architecte de l'Univers ».

 

 

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Au centre de l'étoile s'inscrit un rond doré. Est-ce un « G » ?

Nous aurions là « l'Etoile flamboyante ».

 

Cette lettre mythique représente la parole perdue des francs-maçons comme le "verbum dimissum" des alchimistes, au dire de Fulcanelli. La lettre « G », en majuscule grecque, se représente par une équerre « G ». Y-a-t-il là un lien ?

 

Pour l'alchimiste Fulcanelli, la lettre « G » est l'initiale du nom vulgaire du Sujet des Sages, figurée au milieu d'une étoile radiante. Ce serait la matière de départ du Grand Œuvre, la Galène ou sulfure de plomb.

 

Pour nos « Indiens », Compagnons charpentiers du Devoir de Liberté, le « G » signifie « Génie ».

 

Ce Génie consiste en l'utilisation, entre autres, de la Géométrie. Celle-ci s'oppose à l'Arithmétique et à ses chiffres. Avec son cordeau de lin et son « Pendule à Salomon » le compagnon trace au sol, par la géométrie, ses plans, coupes, élévations des pièces de charpente.

 

Il ne se sert pas de chiffres, mais d'un long compas, d'une règle à vingt-quatre doubles pouces pour mesurer les angles, de la corde à treize nœuds, d'un grand sol plat où il trace à la craie ses épures.

 

Tels étaient les outils de notre gâcheur à l'époque des cathédrales. Parions qu'aujourd'hui l'apprentissage de la science du trait se fait à l'identique.

 


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Bas-relief en façade de la Maison du Compagnonnage, rue de la Charpenterie, à Orléans.

Il figure le « Pendule à Salomon ». L'alphabet de la rainette est inscrit sur le tour extérieur.

 

Ces traits tracés à l'aide d'une rainette sur les éléments de charpente en atelier permettent, par la suite, l'assemblage sur le site de construction des éléments de charpente entre eux.

 

A l'achèvement de la flèche, sept ans après le tableau de Jongkind, la cathédrale peut à nouveau rayonner comme au moyen-âge.

 

Poursuivons la visite. A côté du pilier central monte un petit escalier en colimaçon, très étroit, permettant d'accéder au premier étage de cette flèche. Derrière celui-ci se voit un petit bout de la charpente de la nef et d'un transept.

 

La charpente de Notre-Dame porte le beau nom de « forêt ». On comprend aisément pourquoi. Les poutres sont en chêne. Des poutres sont de l'époque de la construction.

 

 

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Nous sommes à la croisée des transepts, sur la voûte.

 

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Lors de l'ascension de l'escalier en colimaçon le jeu de charpente se dévoile aux yeux émerveillés. En réalité, le lieu reste très sombre.

 

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En cours de montée, dans l'escalier, coup d'œil au jeu de poutres partants du poinçon central.

 

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Une enrayure, au cours de l'ascension.

 

Le poids qui pend servait à animer l'horloge mise sous Viollet-le-Duc, en 1867, par l'entreprise d'horlogerie Collin, rue Montmartre, à Paris.

 

Cette enrayure révèle la forme octogonale de la flèche.

 

Après la difficile ascension du colimaçon dans l'obscurité de la charpente, l'arrivée au premier terrasson (terrasse) coupe le souffle. Une fois remis de la lumière aveuglante de l'extérieur, la flèche offre une vue prodigieuse.

 

Votre regard porte sur les toits de la capitale, à 360°. Les innombrables pinacles de pierre de la cathédrale s'offrent à vous sous un jour insolite. Vous êtes au-dessus des oiseaux dont vous suivez le vol du regard.

 

 

 

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Viollet-le-Duc, en Saint Thomas patron des architectes, entouré des onze autres apôtres.

 

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Il est alors temps de rendre hommage à l'instigateur de cette flèche, l'architecte Eugène Viollet-le-Duc. Vous vous dirigez vers l'angle sud-est et juste en contrebas vous découvrez les quatre grandes statues de cuivre oxydé, couleur vert-de-gris, vues de dos sur la photo ci-dessus.

 

Trois apôtres sont représentés, dont l'évangéliste Saint Jean sous la forme d'un aigle, représentation classique tirée du tétramorphe de l'Apocalypse. La quatrième statue, celle du haut, est tournée vers la flèche et représente notre architecte Eugène Viollet-le-Duc qui contemple son œuvre.

 

Il est vêtu à la façon du moyen-âge, une fibule ou agrafe fermant les plis de sa toge. De son bras gauche en équerre il porte sa main à son front, faisant le salut du compagnonnage. Sa main droite tient une longue règle, la règle de la Mesure.

 

Elle porte une inscription à la typographie bizarre : « eVgeMman VIoLLet Le DvC arC aedificavit », qui peut se lire simplement : "Eugène Emmanuel Viollet-le-Duc édifia cet arc (cette flèche) ».

 

 

 C22 Viollet-le-Duc en Saint Thomas.jpg

 

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Cathédrale Notre Dame de Paris. Viollet le Duc architecte et sa règle de compagnonnage.

 

 

Certaines lettres sont curieusement inscrites en grandes majuscules. En les isolant et les mettant bout à bout, nous avons VMVILLLDVCC. Est-ce là un code à décrypter ? Chacune de ces lettres peut représenter, en notation latine, un chiffre. Nous aurions alors la suite 5, 1000, 5, 1, 50, 50, 50, 500, 100, 100. L'addition donne 1861. Est-ce l'année de la fin de tous les travaux ?

 

Encore plus caché, le verso de la règle porte également une inscription.

 

 

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Cathédrale Notre-Dame de Paris, Viollet-le-Duc en apôtre Saint-Thomas, patron des architectes.

  

 C25 Règle compagnonnique de Viollet-le-Duc.jpg

Cathédrale Notre Dame de Paris, l'architecte Viollet le Duc et sa règle de compagnonnage.

 

 

NON : AMPLIVS : DVBITO

L'inscription pourrait se traduire par « Je (ne) doute pas (de pouvoir faire) plus ample ».

 

Que signifie ce message ? Est-ce un message de Viollet-le-Duc concernant l'édification de cette flèche, fêtant ainsi son achèvement ? Il faut faire le lien également avec l'apôtre Saint Thomas qui doutait de la résurrection du Christ. Il eût besoin de mettre son doigt dans la plaie du flanc du Christ et de sa main pour croire. Alors il ne doute plus (Évangile de Saint Jean, verset 27-29). Ici, également, Viollet-le-Duc affiche sa confiance : il ne doute plus car il a réalisé son œuvre de constructeur.

 

Viollet-le-Duc est un protégé de Napoléon III. Le vent de l'Histoire tourne en 1870. Celui-ci subit la défaite de Sedan face aux prussiens. Ils proclament la naissance d'un état allemand, le IIème Reich, au château de ...Versailles, dans la galerie des glaces !

En 1874 Viollet-le-Duc part en Suisse à Lausanne où il reçoit commande de la réfection de la tour lanterne de la cathédrale. Est-ce un exil ? Il y meurt cinq ans plus tard et repose aujourd'hui au cimetière du Bois de Vaux, dans la concession 101, entretenue par la ville.

 

 

Un soin extrême prévaut à la construction de la flèche. Tous les éléments de bois sont intégralement recouverts de plomb, afin d'éviter la pluie et donc le pourrissement. La flèche est double, la première est en bois, la seconde est en plomb. Les tonnages sont impressionnants et se comptent par centaines : 180 à 200 tonnes de bois et 50 tonnes de plomb, selon l'estimation de M. Maurice Duvanel. Les gargouilles chargées d'évacuer l'eau de pluie sont également habillées de plomb.

 

 

 C26 Gargouilles grimaçantes du 1er étage de la flèche.jpg

 

C27 Gargouilles grimaçantes du 1er étage de la flèche.jpg

 

 

Lorsque, du premier étage de la flèche, vous levez les yeux vers le second étage, les gargouilles grimaçantes et les foudres métalliques qui les enserrent provoquent une étrange impression. Ces êtres de cauchemar semblent venir du ciel. M. Maurice Duvanel explique que pour les anciens ces foudres métalliques agissaient comme des leurres à l'égard des vrais foudres célestes qui, se croyant déjà tombées là, iront tomber ailleurs.

 

Ces leurres figurent sur d'autres cathédrales, soit sous formes de foudres métalliques, soit sous forme de serpents ondulants, descendants du sommet de la flèche, comme au sommet de la grande flèche de la cathédrale d'Amiens.

 

 C28 Flèche de la Cathédrale d'Amiens.jpg

Cathédrale d'Amiens et sa flèche. Les foudre-serpents dévalent du ciel vers le sol.

A droite, vue de détail.

 

 

 C29 Gargouille de la Flèche de la Cathédrale d'Amiens.jpg

Flèche de la cathédrale, gargouille du premier terrasson évacuant l'eau de pluie.

 

Ensuite, tournant votre regard vers l'est vous parcourez l'épine dorsale de la toiture, la galerie de faîtage ouvragée en plomb, jusqu'à son extrémité où une croix est fichée sur une hampe, restaurée en 1982. Sous celle-ci, à mi-hauteur, un renflement en forme d'ondulation se distingue. Mais qu'est-ce donc ?

 

C30 Vouivre sous la croix du choeur de Notre Dame.jpg 

Cathédrale Notre-Dame de Paris, la vouivre sous la croix qui surplombe la toiture du chœur.

 

C31 Vouivre sous la croix du choeur de Notre Dame.jpg

Cathédrale Notre-Dame de Paris, la vouivre se mord la queue.

 

En se rapprochant on distingue nettement une bête ondulant comme un serpent, le dos bosselé à la manière des dragons antiques. L'ondulation est verticale, se développant entre ciel et terre. Ce serpent rappelle le serpent Apophis des fêtes médiévales du parvis de la cathédrale et l'Apophis des hypogées thébains pharaoniques. Une tête canine se voit distinctement sur le côté gauche de la photo. Il se mord la queue. En se dévorant ainsi il se nourrit et se renouvelle indéfiniment.

 

Est-ce là une figure de la vouivre ? Elle est placée à l'orient de la cathédrale, incarnant la puissance de vie qui meut toute chose ici-bas, incarnant l'énergie vitale. Par assimilation c'est la cathédrale qui devient pour nous dispensatrice de cette vie.

  

 C32 Vouivre sous la croix du choeur de Notre Dame.jpg

Vouivre de Notre-Dame de Paris, dispensatrice de la vie.

 

 

Cathédrale Notre-Dame de Paris, la vouivre a tête de chien, vue du chevet 

 

Enfin, avant de quitter la flèche de Georges et de Viollet-le-Duc, une dernière sculpture en métal accrochée au flanc de la toiture nous interpelle.

 

 

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Cathédrale Notre-Dame de Paris, la vouivre descend de la croix de l'abside.

 

 

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Cathédrale Notre-Dame de Paris, la vouivre au bonnet de Fou et à la pièce dans l'œil.

 

Cet être de cauchemar se situe en contrebas et à l'aplomb de la vouivre, dont il reprend la forme serpentine et le dos bosselé à la manière des dragons. La partie antérieure de cet animal hybride ressemble à un ovin, avec ses pattes avant terminées par un sabot à deux doigts.

 

Sa tête est couverte par un bonnet d'âne ou de fou de cour, avec ses grandes oreilles dressées, comme celle du portail sud de la cathédrale. Celles-ci sont le symbole de l'entendement, elles permettent au fou du roi - qui porte le même attribut - de lui dire ses quatre vérités.

 

Mais quel est cet objet rond et plat mis sur l'œil du monstre ? Pour certains c'est la pièce posée sur l'œil du mort, ou sur sa bouche, servant à payer Charon, le passeur des âmes vers l'au-delà. Cet animal monstrueux semble cependant avoir l'âme bien chevillée au corps.

 

Il s'arc-boute sur ses pattes avant et crie vers les parisiens comme pour leur rappeler qu'ils ne doivent pas oublier ici-bas les échéances d'En Haut auxquelles ils seront irrémédiablement confrontés, sans en connaître le moment. A ce monstre du côté sud répond un monstre semblable au côté nord de la toiture.

 

Mais vous, ami lecteur, l'avez-vous déjà entendu, l'avez-vous déjà vu ? Lors d'une promenade le long de la Seine et muni de jumelles vous pourriez dialoguer avec lui.

 

 C35 mouton à grandes oreilles de notre dame.jpg

A gauche, tête de mouton à grandes oreilles, portail sud de Notre-Dame de Paris.

A droite, détail du Fou de cour d'une gravure rehaussée de couleur

(vitrail du palais Jacques Cœur à Bourges.

 

 

Relevé des plaques commémoratives des cathédrales Notre-Dame de Paris et Sainte Croix d'Orléans par M. Maurice Duvanel, expert en charpentes et flèches.

 

 C35 Flèches de Notre-Dame de Paris et de la cathédrale Sainte-Croix d'Orléans avec leur plaque.jpg

Flèches de Notre-Dame de Paris à gauche, et de la cathédrale Sainte-Croix d'Orléans,

Surmontées de leur plaque compagnonnique respective.

 

Enfin, ami lecteur, si vous avez apprécié cette visite, vous pouvez continuer votre promenade en allant découvrir les parties hautes, son  grand comble et la flèche de la cathédrale d'Amiens avec ses deux terrassons en suivant ce lien. Vertige garanti.

Vous aurez sous vos yeux la plus belle flèche de France, la plus ancienne, la plus haute. Les compagnons y ont laissé leur marque. Viollet-le-Duc se fait représenter deux fois, au niveau du sol de la cathédrale, et non en hauteur, invisible, comme ici à Paris.

 

 

DERNIÈRE MINUTE Sidération : l'impossible incendie du lundi 15 avril 2019

Suite à l'incendie gigantesque de la toiture du mardi 15 avril 2019 une nouvelle page évoquera celui-ci. La cathédrale est maintenant fermée pour de nombreuses années, d'autres nouvelles pages montreront celle-ci avant l'embrasement : vues générales, vues de détails de structure et de décoration, bas-reliefs, hauts-reliefs, vitraux... Mais avant, voyez la page dédiée à l'incendie dévastateur.

 

 C36 L'incendie photo © Bruno Cazelles..jpg

Incendie de la toiture de la cathédrale Notre-Dame, lundi 15 avril 2019. Etat à 19h26.

© Bruno Cazelles.

 

L'incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris : aller à la page de l'incendie.

 

Cathédrale Notre-Dame de Paris, l'incendie : je recherche des photos ou vidéos de l'incendie pour illustrer ce drame sur la page web dédiée. Merci de me contacter à l'adresse email ci-dessous :

 

Des remarques ou commentaires ? laisser un courriel sur : ijnuhbes@protonmail.com


 

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Bibliographie :

 

   

      • Les 34 Signataires académiciens ayant participé à l’étude sont par ordre alphabétique :
Sylvie ALEXANDRE, Yves BIROT, Joseph BUONGIORNO, Francis CAILLIEZ, Andrée CORVOL, Xavier DEGLISE, Robert FLIES, Georges–Henri FLORENTIN, Meriem FOURNIER, Marc GIZARD, Jérôme GRASSIN, Joseph GRIL, Jean-Marc GUEHL, Jean-Claude GUERIN, Daniel GUINARD, Marc HANNEWINKEL, Jean-Yves HENRY, François HOULLIER, Claire HUBERT, Hervé JACTEL, Jean-Paul LANLY, Myriam LEGAY, Yves LESGOURGUES, Frits MOHREN, Patrick OLLIVIER, Jean-Luc PEYRON, Henri PLAUCHE-GILLON, Christopher PRINS, Bernard ROMAN-AMAT, Jacques STURM, Gérard TENDRON, Bernard THIBAUT, Jacques VALEIX, Michel VERNOIS.   
 

 

      • Alix C et Épaud P. La construction en pan de bois au Moyen Âge et à la Renaissance, PUFR, Coédition Presses universitaires de Rennes, 2013, 450 pages
         
           
      • Charte internationale sur la conservation et la restauration des monuments et des sites, dite « Charte de Venise » : approuvée par le IIe Congrès international des architectes et des techniciens des monuments historiques, réuni à Venise du 25 au 31 mai 1964.
         
           
      • Epaud F. 2017. La charpente de la cathédrale de Bourges. De la forêt au chantier. Presses Universitaires de France. 208 pages.
         
           
      • Norme « Charpente et escaliers en bois » : NF DTU 31.1
         
           
      • Les Trois Sociétés majeures des compagnons charpentiers du devoir capables de prendre en charge cette restauration soit individuellement soit, encore mieux, tous ensemble sont :
 
L'Association Ouvrière des Compagnons du Devoir et du Tour de France 
   
La Fédération Compagnonnique des Métiers du Bâtiment 
 
   
      • Masson D. - 2001 - « Durabilité des Bois » - Chapitre 9 : « Comportement et Protection du Bois au feu ». Dirol D. et Deglise X. Editeurs, Hermès Science Publications – ISBN – 2-7462-0139-9,
            
      • Un compagnon a fait un travail remarquable sur le sujet que je cite ci-dessus dans son intégralité et dont le lien est : Quelques jours me sont nécessaires pour obtenir « le copyright »

 

 

 72 - Notre dame avant Viollet le Dux.jpg

Notre-Dame de Paris avant l’ajout de la flèche par l’architecte Viollet-le-Duc

(gravure de by J.H. Le Keux d’après un dessin de T. Allom, c. 1835)

 

      • Un article de juillet 2019, qui atteste que le chantier du CNRS avance :

https://lejournal.cnrs.fr/articles/notre-dame-la-recherche-sorganise

 

 

 



06/06/2019
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