LE CALENDRIER : TOUTE UNE HISTOIRE ! ELLE VOUS EST DONC CONTÉE...

 

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L'Almanach des Postes et Télégraphes de 1880 imprimé par l'imprimerie « OBERTHÜR ».
 

 

Pour accompagner cette visite, Bourvil nous l'illustre joliment!…

Pour l'écouter cliquer sur la flèche, pour l'arrêter, cliquer sur les symboles :

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À la suite de l’article que j’ai commis en 2017 quant à « LA POSTE A CHEVAUX & LA POSTE AUX LETTRES », il m’avait été suggéré à plusieurs reprises d’éclairer la lanterne de mes lecteurs sur « LE CALENDRIER EN GÉNÉRAL » puis « LE CALENDRIER DU FACTEUR », en particulier.

 

C’est donc ce que je vous propose aujourd’hui dans ce qui suit en élargissant le sujet sur comment en est-on arrivé à mettre au point ce calendrier. Et tous ceux qui sont utilisés dans le monde !

 

Dans ce qui suit, vous trouverez d'abord un :

1 - Historique du Calendrier

suivi de l'avènement du:

2 - « Calendrier du Facteur »

et nous passerons en revue :

3 - La Saga des Almanachs des Postes et Télégraphes par « OBERTHÜR »

puis :

4 - Les différents Calendriers en usage autrefois dans le monde

et qui ont complètement disparu dont les :

41 - Calendrier Égyptien

42 - Calendrier Républicain

et ceux toujours en usage de nos jours, à savoir :

5 - les Particularités de certains Calendriers

51 - Le Calendrier Orthodoxe

52 - Le Calendrier Juif

53 - L'Hégire musulmane

54 - Le Calendrier de la franc-maçonnerie

Enfin nous terminerons par:

6 - Une autre approche du Calendrier...

  

1 - Historique du Calendrier

 

Dès la plus haute Antiquité, les hommes ont cherché à évaluer l'écoulement du temps rythmé par les heures de leur vie, les jours et les nuits, les lunaisons, les saisons, les années.

 

Forcément, le matin, le soir, le jour, la nuit, la lune et les saisons ont été des repères, mais il y a bien longtemps que des hommes ont cherché à le mesurer et certains ont eu tôt fait de le relier aux astres qu’ils apercevaient dans le ciel.

 

C’est en Mésopotamie, le pays de Shéhérazade et des « contes des 1000 et une nuits », que vécut le peuple qui parait s'être élevé le premier aux contemplations célestes. Du moins, les plus anciennes données astronomiques que nous possédions viennent de lui.


Le climat de la Mésopotamie, avec ses nuits sereines et merveilleusement étoilées dont l'Orient a le privilège, y fut admirablement favorable.

 

Les civilisations qui ont vécu en Mésopotamie du 4ème au 1er millénaire avant J-C. sont hélas quasiment ignorées dans l'enseignement de l'Histoire et c’est bien dommage ; on évoque brièvement le « Croissant fertile » et on passe directement à la civilisation Égyptienne.

 

Pourtant, la Mésopotamie est certainement le berceau de la première civilisation qui mérite qu'on s'attarde sur ce qu'elle a été, l'Orient vecteur de la science des mathématiques et des découvertes de la culture indienne qui a transité par son territoire.

 

La Mésopotamie est une région qui se trouve entre le Tigre et l'Euphrate, son nom signifie d'ailleurs en grec « entre deux fleuves ». Dans cette région, les recherches archéologiques ont démontré la présence humaine depuis au moins 8500 ans.

 

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Mais l'apparition de la civilisation véritable ne devient une certitude qu'à partir de la période d'Uruk (ou Ouruk), période qui couvre le 4ème millénaire avant J-C. et fait référence à la ville d'Ouruk.

 

Les renseignements que l'on possède sur les anciens habitants de ce pays, qu’ils soient Babyloniens, Chaldéens, Assyriens, Sumériens, Akkadiens ont été en partie trouvés sur douze tablettes d'argile couvertes de signes cunéiformes et mise à jour par des fouilles poursuivies depuis un siècle sur l'emplacement des anciennes cités de la Mésopotamie.

 

Elles ont révélé quelle place immense y tenait l'observation des astres. Et Uruk en -2700 avant J-C. c'est précisément la ville dont Gilgamesh fût le roi Sumérien légendaire dont a été tiré un mythe (on en retrouve des analogies dans l'ancien testament) et d'où proviennent les découvertes archéologiques les plus nombreuses.

 

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 Une des tablettes d'URUK en écriture Cunéiforme (datée entre -3500 et -3000 avant J-C)

et une des tablettes relatant le mythe de Gilgamesh dont le déluge ! (Musée du Kurdistan)

 

Il faut citer tout de même que la période d'Uruk (dont un large pan a été consacré par la première exposition du MUCEM en juin 2013, le nouveau Musée des civilisations de l'Europe et la Méditerranée à Marseille) est caractérisée par :

    • le perfectionnement de l'irrigation, l'utilisation généralisée de l'araire (outil d'agriculture qui laboure la terre en creusant des sillons) et du bœuf qui facilitent l'agriculture et améliorent sa productivité,
    • la propagation de la roue et la domestication de l'âne combinées au développement des artisanats de la laine, de la poterie et du métal permettent un essor commercial.

 

Ces progrès dans l'agriculture et le commerce avaient entraîné :

    • une augmentation considérable de la taille des villes et des bâtiments,
    • la hiérarchisation de la société : apparition des premiers esclaves (sic!) et du roi-prêtre,
    • l'instauration de l'administration et de la comptabilité,
    • le développement de l'art avec la sculpture.

 

On a même retrouvé à Ninive les fragments d'un grand traité d'astrologie compilé pour « Sargon l'Ancien », dont la vie se place vers -3800 avant J-C. Les observations, d'abord empiriques, poursuivies pendant des milliers d'années et perfectionnées graduellement, permirent aux habitants de la Mésopotamie des derniers siècles avant J-C. d'arriver à des connaissances d'une étonnante exactitude scientifique, dont les Grecs ont tiré grand parti.

 

Dans cette immense période, la manière de mesurer le temps (Cf. mon article sur « Carpe Diem ») a présenté des changements qu'il est encore difficile de suivre chronologiquement.

 

Bien qu'on puisse distinguer les Babyloniens, des Chaldéens, des Assyriens, des Sumériens et des Chaldéo-Assyriens, qui vivaient tous dans cette région du croissant fertile, nous nous contenterons d'indiquer ici ce que l'on sait sur la mesure du temps et le calendrier de la civilisation chaldéenne, laquelle s'identifie avec celle du peuple de Mésopotamie tout entier.

 

Les Chaldéens avaient noté les mouvements des astres, dressé des tables, donné des noms à chaque astre ou phénomène astrologique, et leurs observations codifiées formèrent le premier livre d'astronomie connu qui a débouché sur une invention géniale, un instrument qui allait révolutionner la navigation pendant des siècles, « l’astrolabe » !

 

Ils connaissaient non seulement les mouvements du soleil et de la lune, les deux principaux, mais ceux des cinq planètes les plus proches, les éclipses, la succession des équinoxes, la division du cercle en trois cent soixante parties ou degrés, celle du degré en soixante minutes, de la minute en soixante secondes et de la seconde en soixante tierces.

 

Avec les Chaldéens nous assistons à la création des bases du calendrier.

 

Le calendrier Chaldéen aura cours jusqu’à l’avènement du calendrier romain AUC (pour « Anno Urbis Conditae » qui se traduit par « à partir de l’année de fondation de la ville » - de Rome - en 753 avant notre ère) qui fut utilisé pendant près de 600 ans jusqu'à l'adoption du calendrier Julien

 

Le calendrier Julien a pour origine l’an 45 avant J-C. lorsque l’empereur JULES César (son prénom) l’avait commandé à l'astronome-mathématicien égyptien SOSIGÈNE et qui porte le nom de l'empereur JULES, bien entendu.

 

Il servira au monde occidental jusqu’en 1582, date à laquelle le Pape Grégoire XIII a enfin fait procéder à la rectification du calendrier Julien qui comportait une erreur conséquente due à la durée supposée d’une année de 365,25 jours alors qu’elle n’est que de 365,2425 jours.

 

SOSIGÈNE avait tout simplement corrigé son calendrier en rajoutant un jour (i.e. 0,25 jour x 4) tous les 4 ans, en rajoutant tout simplement un jour au mois de février avec un 23 février bis mais c'était un tout petit peu trop... 

 

Entre temps, lors du Concile de Nicée en 325, les Pères de l’église chrétienne relevèrent que l’équinoxe de Printemps tombait le 21 mars, et non plus le 25 comme l’avait prévu SOSIGÈNE. Ils attribuèrent l’erreur au mathématicien, sans apporter aucune solution, mais au fil des siècles, le décalage se poursuivit...

 

Dès le XIIIème, soit 10 siècles plus tard l’église s’en émut car le décalage grandissant amenait la date de Pâques à glisser tout doucement vers l'été (Il faut savoir que la fête mobile de Pâques est fixée le dimanche qui suit la 1ère pleine lune qui apparaît après le 21 mars, l’équinoxe de printemps).

 

La question, une nouvelle fois évoquée au Concile de Trente en 1545, ne fut pas résolue pour autant.

 

Aussi, en 1582, le pape Grégoire XIII créa-t-il une commission chargée de régler cette question une fois pour toutes sous la responsabilité de Christopher CLAU, un savant, jésuite et mathématicien allemand (1538 - 1612). D’où l’origine du nom de « Calendrier Grégorien » dont nous nous servons encore de nos jours !

 

En effet, en 1582, l’équinoxe de Printemps tomba le 11 mars, soit, en avance de 10 jours sur les observations faites en 325.

 

Pour corriger l’écart, il fut décidé de supprimer 10 jours à l’année tout simplement, et, à Rome, le jeudi 4 octobre 1582 fut immédiatement suivi du vendredi 15 octobre 1582 ! Et 10 jours étaient ainsi passé à la trappe !

  

Mais ça ne suffisait pas car il fallait aussi corriger l'écart entre 365,25 jours par an et 365,2425 jours. Et, pour ne plus voir se reproduire le glissement observé au cours de ces 10 derniers siècles, la décision fut prise de supprimer 3 jours bissextiles tous les 400 ans.

  

Pour un calcul universel et facile on décréta que les années séculaires ne seraient plus bissextiles sauf si leur millésime est divisible par 400, ce qui fut le cas pour l’an 1600 et depuis… l’an 2000 (c’est passé inaperçu, car personne n'en a parlé... les journalistes étaient plus focalisés sur le chaos annoncé pour ce qui allait se passer avec le changement de millénaire pour les ordinateurs !) mais vous ne vivrez pas le prochain qui sera l'an 2400  !

 

Ainsi, depuis 1582, calendrier et cycles solaires coïncident donc pratiquement et l’équinoxe de Printemps reste voisin du 21 mars, car il fut retenu de ne pas corriger l’écart observé pour la période antérieure au Concile de Nicée (en 325).

 

Notez bien qu'on ne commence pas notre ère à l'année zéro, naissance de Jésus Christ, mais bel et bien à l'an 1, après avoir fini le siècle précédent à l'an -1 avant J-C ! 

 

 

2 - Le « Calendrier du Facteur » !

 

Dès 1733 la distribution du courrier aux particuliers a commencé à s’organiser dans les grandes villes et il était acheminé par des « facteurs » qui sont rapidement devenus des fonctionnaires appréciés de tous, parce qu’ils colportaient non seulement le courrier mais aussi les bonnes ou les mauvaises nouvelles.

 

Tout naturellement, l’empathie jouant, est passé dans les mœurs le fait d’offrir des étrennes du Nouvel An à ce messager, et pour marquer le coup, les facteurs remettaient en échange des « almanachs » sous forme de petits opuscules, comme « l'almanach de la petite poste de Lille » ou « l'almanach de la poste de Paris » ou encore sous forme de petits calendriers muraux comme nous les connaissons aujourd’hui.

 

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 L'almanach des Postes de 1810

 

Ces calendriers portent différents noms aussi variés que Étrennes du facteur, Almanach de la Poste de - ville d'émission -, Almanach de cabinet, calendrier, calendrier de bureau et même, pour la première fois en 1810, « Almanach des postes » !

 

Ces cartons imprimés et illustrés, contenaient quelques feuillets et donnaient des renseignements de tous types (liste des prénoms et fête de leur Saint patron du jour, dates des marchés et des foires du département, phases de la lune, plan des chefs-lieux de canton, etc.) et à ce titre, ils prirent rapidement une place privilégiée dans toutes les maisons. 

 

 

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Il y a cinquante ans à peine, il trônait encore dans toutes les cuisines françaises !

 

 

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Si les almanachs n'ont plus le lustre de jadis, il en est toujours un qu'on retrouve partout en France, pénétrant dans tous les foyers parce qu'on ne peut lui refuser sa porte : c'est bien « l'almanach du facteur ».

 

Chaque année, depuis 150 ans, soixante-dix mille facteurs l'ont répandu à travers tous les foyers français. Et ne dites pas : « calendrier », s'il vous plaît, mais bel et bien « almanach » ; ils y tiennent aux Postes et Télécommunications ! Certes, les rites ne sont plus ce qu'ils étaient.

 

Jadis, dans les quartiers et dans les villages, le facteur était connu. Il faisait partie des personnages officiels de la commune. Ce Mercure avait des complicités avec Cupidon, les amoureux l'attendaient le cœur battant.

 

Le facteur, comme d'autres piliers de notre ancienne société, a lui-aussi éprouvé, dans sa propre carrière, les dégâts du progrès.

 

Le téléphone, en se diffusant jusque dans les familles les plus modestes, a largement entamé son prestige de messager du cœur, mais il rassure; seulement l’internet a quelque peu modifié la donne…

 

Toutefois l’administration ne s’y est pas trompé puisqu’opportunément elle a cherché à transformer la fonction de certains facteurs en la faisant évoluer, petit à petit, entre autres, comme Agent Social auprès des personnes âgées. Le facteur était bien souvent la seule personne qui rendait visite tous les jours à presque tous leurs concitoyens isolés !

 

 

3 - La Saga des Almanachs des Postes et Télégraphes « OBERTHÜR » !

 

Saviez-vous qu’il revient à un imprimeur, François-Charles OBERTHÜR (1818 – 1893), de leur avoir donné leur lettre de noblesse et leur forme moderne.

 

François-Charles OBERTHÜR était le fils d’un imprimeur Alsacien de Strasbourg qui avait eu le nez de s’associer à Aloys SENEFELDER, un acteur Allemand parfaitement inconnu qui, en cherchant un procédé économique pour imprimer les affiches de ses spectacles, avait inventé, tout à fait par hasard, le procédé de la « Chimie-graphie » ou plutôt de la « Steindruckerei » (« imprimerie sur pierre ») devenue la lithographie moderne.

 

Après son apprentissage dans un grand atelier parisien d’imprimerie, il s’installa à son compte et à la fois doué pour son métier et pour les affaires, le procédé mis au point avec son père et son associé SENEFELDER lui permit de s’enrichir rapidement.

 

C’est ainsi qu’il eut l’opportunité, en 1852, d’investir dans une belle propriété en Bretagne, près de Cancale, où, charmé par la région, il installa une usine d’impression qui lui a survécu… 

 

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Dès 1854 l’imprimerie prend son essor avec la création et la production de « l'almanach postal ». François-Charles OBERTHÜR agrémente le calendrier des postes de dessins sur le recto où figurent les 12 mois de l'année.

 

Cette idée de personnalisation intéresse tout de suite l'administration des postes qui prend le monopole sur Paris en 1855 et impose le contrôle du contenu en Province.

 

L'imprimerie Oberthür avait obtenu le quasi monopole de la fabrication de « l'almanach des postes » (nom officiel depuis 1855) de 32 départements et obtint rapidement le monopole sur l’ensemble du pays l'année suivante.

 

Hélas, l’année 1870 sonne la fin du monopole de « l'almanach des postes », mais Oberthür reste le leader sur ce marché malgré l'arrivée de concurrents.

 

Rapidement, l'entreprise se diversifie en produisant des manuels scolaires, des agendas, l’annuaire du téléphone, et bientôt, des chèques et des bons d’obligation.

 

Après la 2nde guerre, qui a fortement perturbé son activité, Oberthür domine à nouveau le secteur des calendriers et des almanachs. L'imprimerie n'hésite pas à mettre en place des campagnes de communication et à sponsoriser de grands évènements sportifs pour faire face à la concurrence.

 

Les « calendriers des Postes » ont évolué avec le temps avec l'apparition de la couleur et du dessin et ils étaient devenus « almanachs des PTT » en 1945, puis « almanachs du Facteur » en 1989.

 

Leur évolution à travers le temps permet d’ailleurs une étude sociologique intéressante, car ils renvoient tous aux goûts d'une société et donc à l'Histoire et sont l’objet d’expositions dans plusieurs musées provinciaux...

 

À son apogée, Oberthür compte 1300 salariés sur son site de Rennes jusqu’en 1960 lorsque l'entreprise jusqu’alors dirigée par les membres de la famille soit vendue et connaisse des difficultés financières, à tel point qu’elle est mise en liquidation.

 

Une période difficile accompagnée de mouvements de grève va suivre et 3 sociétés naissent pour sauver son activité : imprimerie Oberthur, Oberthur fiduciaire et les Éditions Oberthur.

 

Cette dernière se relance avec 60 salariés et s’installe dans de nouveaux locaux à Cesson-Sévigné, près de Rennes. Les activités historiques dont l’almanach du facteur, les agendas ou les calendriers publicitaires sont intégralement reprises, mais l’entreprise est victime du progrès et a perdu une bonne part de son marché traditionnel.

 

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J’en sais quelque chose puisque mes proches ont pu découvrir dans ma « Saga Familiale » sur ce même site, que dans les années 1977, j’ai été amené à m’intéresser à ce marché de l’imprimé car il m’avait été demandé de diriger la « Maison des Instituteurs », en fait une entreprise intégrée d’imprimerie, appartenant au groupe Bongrain (le fromager inventeur du Caprice des Dieux, chez qui j’avais fait mes débuts professionnels !).

 

Cette entreprise était en fait la tête de pont d’un conglomérat de plusieurs entreprises du domaine de la presse qui rencontraient des difficultés et que très opportunément mon boss, Jean-Noël Bongrain, très intéressé, avant la lettre, à tout ce qui avait trait à l’écologie et la formation avait racheté en me demandant d’en faire l’agrégat…

 

Il y avait là :

Plusieurs journaux mensuels (dont le Nouveau Guérir, la Vie des Bêtes, Bêtes et Nature, le journal de l’immobilier…),

« L’imprimerie Chaix » qui imprimait les fascicules des horaires de trains pour la SNCF, mais aussi des planches pédagogiques de sciences naturelles pour les écoles et avait repris à OBERTHUR une partie de l’activité d’impression des « calendriers du facteur »,

« Art et Culture », une imprimerie de posters et reproductions de tableaux alors très à la mode parmi les jeunes et qui imprimait les grandes cartes de géographie que des générations d’écoliers ont pendu au tableau noir avec 2 clous…

 

Et il m’avait fallu réussir à les agréger harmonieusement tout en gérant la fusion des équipes commerciales… qui forcément avait entraîné pas mal de tension, mais là n’est plus mon propos.  

   

 

4 - Les différents Calendriers en usage autrefois dans le monde :

 

41 - Le Calendrier Égyptien :

 

Entre le calendrier lié à la Lune et celui lié au Nil, les Égyptiens de l'Antiquité, à la fois pragmatiques et proches du sacré, ne choisissaient pas.

 

Explications : En Égypte, les années n'étaient pas décomptées à partir d'une année zéro, fixée par un événement particulier.

 

L'année (Renep) commençait à l'avènement de chaque nouveau Pharaon. Ainsi, à chaque changement de souverain, le décompte des années repartait de zéro.

 

La règle n'était toutefois pas absolue, car certains Pharaons, voulant légitimer leur pouvoir, pouvaient s'inscrire dans une lignée en utilisant comme point de départ un Pharaon plus ancien.

 

Pour le découpage du temps, les Égyptiens ont d'abord utilisé un système basé sur les phases réelles de la Lune.

 

Selon certains chercheurs, un deuxième calendrier dit « vague » ou « calendrier nilotique » (en rapport avec le Nil) aurait cohabité avec le premier.

 

L'année était ainsi découpée en trois saisons, ponctuées par le rythme du fleuve sacré qu'était le Nil aux yeux des anciens Égyptiens.

 

Chaque saison durait 120 jours, et l'on ajoutait aux 360 jours qu'elles totalisaient, cinq jours intercalaires (ou épagomènes) pour aboutir aux 365 jours annuels.

 

Chaque saison était subdivisée en quatre mois (abed).

 

La Nature structurait le temps profane et une simple observation du découpage numérique suggère l'importance du temps sacré et la place centrale du Nil.

 

Entrons dans le détail de ces trois saisons :

 

1. La saison nommée « Akhet » : allait de juillet à novembre, période pendant laquelle se produisait la crue du Nil qui inondait et fertilisait les champs.

 

Les paysans désœuvrés étaient alors recrutés par Pharaon pour travailler sur les chantiers de construction des grands monuments.

 

Les mois de cette saison se nommaient Thot, Paophi, Athyr, Khoiak (ou Choiak).

 

Thot marque donc le premier mois de l'année dans l'Égypte antique. À cette occasion, les Égyptiens honoraient les Dieux et les morts par des cérémonies dont les eaux du Nil jouaient un rôle central.

 

2. La Saison « Peret » : commençait en novembre et finissait en mars, au moment où les eaux du Nil se retiraient des champs en déposant le limon qui fertilise la terre.

 

C'est alors la période du labour puis des semailles qui commence.

Les paysans travaillent dans les champs.

Les porcs sont utilisés pour piétiner les graines afin qu'elles s'enfoncent dans la terre.

 

Les mois qui composent Peret sont Tybi, Mechir, Phamenoth, Pharmouthi.

 

3. La saison « Chemou », qui finissait l'année égyptienne, s'étendait entre mars et juillet, période des récoltes, dont une partie était utilisée pour les échanges commerciaux, tandis que l'autre était stockée dans les greniers.

 

Le Pharaon nourrit ainsi son peuple et empêche la famine jusqu'à la venue de la nouvelle crue et du nouveau cycle.

 

Les mois qui en font partie sont Pakhous (Pachons), Payni, Epiphi, Mesoré.

 

Les mois :

 

Les douze mois comptaient 30 jours chacun, partagés en trois décades de dix jours, soit, en un an, 36 décades de dix jours, auxquels on ajoutait les cinq jours « épagomènes », déjà cités, pour obtenir les 360 jours annuels. Ces mois portaient leur numéro dans les saisons (1-2-3-4) et les jours leur numéro dans le mois (de 1 à 30).

 

Pharmouthi est le mois du printemps, lorsque l'arbre ou le roseau développe ses bourgeons.

 

Le mois de Mechir marque le sacre de l'hiver, tandis que le Soleil (Râ) est à son déclin, clôturant le cycle de l'année et des saisons.

 

Le mois de Mesoré est le mois de l'abondance, car on y récolte le fruit de la graine qui a germé et l'on y honore ceux qui furent glorifiés par le froid champ des roseaux.

 

Les cinq jours « épagomènes » étaient placés à la fin de Chemou, a savoir en fin d’année et ils commémoraient la naissance de cinq grands dieux :

14 juillet (Osiris), 15 juillet (Horus), 16 juillet (Seth), 17 juillet (Isis) et 18 juillet (Nepthys).

 

Ils constituaient, aux yeux des Égyptiens de l'Antiquité, la période la plus dangereuse de l'année. En effet, celle-ci correspondait aux chaleurs les plus fortes de l'année, donc à la sécheresse.

 

Enfin, s'agissant du jour (Hérou ou Jou), il était partagé en 24 heures, soit 12 diurnes et 12 nocturnes.

 

I| n'y avait pourtant pas d'année bissextile. Ce calendrier prenait donc un jour de retard tous les quatre ans…

 

Les Égyptiens n'en étaient pas gênés, puisque les travaux des champs dépendaient de la crue du Nil et avaient lieu vers la fin du mois de mai.

 

Toutefois sous Ptolémée III (vers 238 av. J-C), le décret de Canope (ville située près d'Alexandrie), corrigea partiellement le décalage : on ajouta un quart de jour, soit 6 heures, c'est-à-dire, en fait, un jour tous les quatre ans, à chaque année du cycle de Sirius (Sothis).

Il existe cinq exemplaires originaux de ce décret (rédigé sur un support de papyrus), dont un à Vienne et un autre au musée du Louvre.

 

 

42 - Le Calendrier Républicain de l'ère Française :

 

Il avait été mis en place dès 1792 à la révolution française mais il n'a été utilisé que pendant 14 ans, jusqu'en 1806.

 

En voici un exemplaire sur lequel vous pourrez retrouver toutes les concordances :

 

 

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Le calendrier républicain fut institué par un décret de l'Assemblée nationale, le 24 octobre 1793.

 

On le fit débuter le 21 septembre à minuit (22 septembre, Zéro heure).

 

Il marquait ainsi la naissance de la République et coïncidait avec l'équinoxe d'automne, abolissait l'ère vulgaire et le Calendrier Grégorien en place depuis 1582.

 

Il marquait aussi la naissance d'une ère nouvelle. – L’Ère Française ou Républicaine, la plus courte de toutes les ères puisqu'elle ne dura que 13 ans et 103 jours. 

 

Créé en 1793 et prenant date rétrospective­ment en septembre 1792, aucun docu­ment ne porta jamais « An 1 ».

 

Établi sur des principes philosophiques et sur des données calculées par le con­ventionnel Auvergnat Gilbert ROMME, ce nouveau calendrier voulait essentielle­ment être un livre rural destiné à ramener le peuple à l'agriculture.

 

Ses auteurs considéraient que les véritables trésors de l'économie nationale venaient de la Nature.

 

Pour renforcer cette idée, Gilbert ROMME voulut frapper l'imagination en choisissant des définitions prises dans le vocabulaire rural. FABRE d'ÉGLANTINE fut chargé d'établir la nomenclature des noms qui accompagneraient les jours. Il remplacera ainsi les noms des Saints et des fêtes bibliques par des définitions choi­sies dans la production de la nature et de l'agriculture.

 

Le décret instituant le nouveau calen­drier stipulait que l'année aurait 365 jours, qu'elle serait partagée en 12 mois de 30 jours plus 5 jours complémentaires appelés les « SANCULOTTIDES », avec un 6ème jour lors des années bissextiles.

 

La période de quatre ans s'appellerait – « Franciade » et non plus un « Lustre » comme elle se nommait sous l'ancien régime ! 

 

La révolution solaire étant de 365 jours 5 heures 48 minutes, on rééquilibra en ajoutant tous les quatre ans un sixième jour – sanculottiste - correspondant aux années bissextiles.

 

Gilbert ROMME donna aux noms des mois des terminaisons semblables pour chaque saison :         

« ...AIRE » Pour les mois d'automne.

« ...OSE » - pour les mois d'hiver.

« ...AL » pour les mois de printemps.

« ...OR » pour les mois d'été.

 

La seule prononciation du nom du mois devait permettre à chaque citoyen de déterminer le genre de saison, la température du moment et l'état de la végéta­tion.

 

Pour se conformer au système métrique, Gilbert ROMME divisa le mois de 30 jours en trois décades. 

 

Les jours furent appelés suivant la même règle : Duodi, Tridi, Quartidi, Quintidi, Sestidi, Octidi, Nottidi, Décadi.

 

La Convention avait trouvé juste de rendre par le nouveau mot – « sanculot­tide » l'expression de sans-culotte et pro­clama : en déclarant nous avilir par cette expression, les aristocrates nous ont rappelé qu'une partie de la Gaule était autrefois sans culotte (et que la Gaule lyonnaise était connue sous le nom de « braccata »).

 

« Les sanculottides » n'appartenaient à aucun mois. Elles étaient réservées à la célébration des Fêtes :

 

17 septembre, Fête de la Vertu

18 septembre, Fête du Génie

19 septembre, Fête du Travail

20 septembre, Fête de l'Opinion

21 sep­tembre, Fête des Récompenses.

 

Comme il fallait rééquilibrer à chaque venue d'une année bissextile, on ajouta une 6ème « sanculot­tide », le 22 septembre, réservée à la célébra­tion de la fête de la République.

 

Dans les années républicaines VIII. IX, X. Xl. XIII et XIV, le 1er Vendémiaire tomba le 23 septembre en l'an XII, il tomba le 24. Le même changement se produisit dans les années pour Brumaire qui commença le 23 et le 24 octobre au lieu du 22 ; pour Frimaire 22 et 23 novembre ; pour Nivôse 22 et 23 décembre. À partir de l'an VIII Pluviôse commença le 21 janvier et Ventôse le 20 février (le 21 en l'an XII); Germinal le 22 mars, Floréal le 21 avril; Prairial le 21 mai ; Messidor le 20 juin ; Thermidor le 20 juillet (le 21 en l'an XII); Fructidor le 19 août et les sanculottides commencèrent le 18 septembre.

 

Voilà des complications bien difficiles à faire accepter et nous-mêmes avons dû partir de la date du 22 septembre 1792 pour établir l'année 1987 à cheval sur 1988 et 1989. Aussi le calendrier républicain a t’il été souvent critiqué. On lui a reproché d'être purement français, ayant pour point de départ un événement par­ticulier à la France (proclamation de la République : le 22 septembre 1792).

 

Il don­nait aux mois des noms tirés de phéno­mènes propres à notre climat et ne il ne s'adaptait pas aux colonies.

 

Mais la véritable cause de son abandon fut l'impossibilité de faire adopter la décade en remplacement de la semaine biblique. Les habitudes et 18 siècles de christianisme sont profondément ancrée dans l'histoire d'un peuple !

 

Le calendrier républicain exista légalement jusqu'au 10 nivôse an XIV (31 décembre 1803), c'est-à-dire 13 ans et 100 jours, époque où le Calendrier Grégorien fût sagement restauré par Napoléon 1er, le 1er janvier 1806.

 

Ainsi prenait fin l'ère Française ou ère Républicaine, la dernière et la plus courte de toutes les ères !

 

Pourtant, quelques nostalgiques le remirent en usage pendant la Commune de Paris du 6 au 23 mai 1871, par décision du Comité de Salut public constitué le 1er mai. Seul le Journal Officiel de la République Française et les affiches de proclamation placardées par ce Comité l'utilisaient.

 

Ainsi le dernier emploi connu est au début de la semaine sanglante, sous la Commune, le 3 Prairial an 79 (23 mai 1871).

 

Si cela vous intéresse vraiment, il existe un site très officiel du gouvernement français qui vous permet de convertir n'importe quelle date du Calendrier Grégorien en Calendrier Révolutionnaire ou vice et versa.  

 

Cet outil vous permet de convertir une date comprise entre le 22 septembre 1792 (1er vendémiaire An I) et le 1er janvier 1806 (11 nivôse An XIV). Il vous suffit de cliquer ici

 

5 - Notez bien également les particularités de certains autres calendriers :

 

51 - Le Calendrier des Chrétiens Orthodoxes :

 

Les Églises Orthodoxes, quelque soit le patriarcat dont elles dépendent, continuent à utiliser le calendrier Julien, et non Grégorien, si bien que la Pâque Orthodoxe se fête plus tôt que la Pâque juive ou chrétienne.

 

52 - Le Calendrier Juif : 

 

Il est « luni-solaire » … à savoir qu’il est composé de 12 mois lunaires de 29 ou 30 jours qui fait que (parce que l’année solaire que nous utilisons est plus longue de 11 jours que l’année lunaire) les Juifs – tout comme les Chinois qui utilisent ce même calendrier luni-solaire - doivent rajouter périodiquement (en fait 7 fois) un 13ème mois, au cours de chaque cycle de 19 ans.

 

Il faut savoir que la Pâque est d’abord une fête juive du nom de « Pessah » qui rappelle le passage de la mer rouge, lorsqu‘à la suite de Moïse, vers 1250 avant notre ère, les Juifs ont quitté l’esclavage de Pharaon en Égypte.

 

C’était au cours d’une nuit de printemps ; pour ne pas se perdre dans le désert ou se noyer dans la mer, qu'ils sont partis au moment de la pleine lune qui leur servit de lampadaire... le 17 octobre 1250 avant J-C. qui, de ce fait, est devenu le point de départ du comput juif des années dont le décompte est celui de la création du monde à savoir « Béréchit » = le commencement, selon le livre de la Génèse en 3761 années avant J-C.

 

Il faut donc rajouter au millésime de l’année Grégorienne en cours les 3761 années qui précèdent notre ère. Ainsi à partir du 17 octobre 2022 l’année juive est l'année 3761 + 2022 = 5783 !

 

53 - « L'Hégire » des Musulmans :

 

Les Musulmans utilisent le calendrier « Hégirien » qui est un calendrier lunaire de 12 pleines lunes, soit 354 jours pour une année.

 

Le point de départ du comput musulman des années lunaires étant la date du départ de Mahomet depuis sa ville natale de La Mecque pour l'oasis de Yathrib (en septembre 622 de notre ère, cela s'appelle « l'Hégire ») ; si bien qu’en 2023, l’an musulman est l'an hégirien 1444 – et deviendra 1445 le 30 juillet 2023…

 

Cela, vous vous en doutez, pose toujours des problèmes pour déterminer avec précision la date du jeûne du Ramadan, qui est mobile, mais dépend de l'observation de la lune selon le pays où l'on se trouve, et peut avoir lieu en hiver comme en été.

 

Alors c'est la Grande Mosquée de chacun des pays concernés séparément qui décrète la date exacte du début du Jeûne (Pour la France, en 2022, soit en 1443 - année hégirienne, la date du Ramadan avait été décrétée par la Grande Mosquée de Paris comme étant le 2 avril 2022).

 

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Pour votre information, le mois de jeûne du Ramadan se déroule chaque année le 9ème mois du calendrier hégirien, qui est composé de 12 mois lunaires eux-mêmes composés de 29 à 30 jours (L'année hégirienne de l’Islam compte donc 354 ou 355 jours soit une dizaine de jours de moins que le calendrier Grégorien).

 

C'est la raison pour laquelle le mois du Ramadan arrive de plus en plus tôt d'environ une dizaine de jours sur notre calendrier Grégorien chaque année.

 

Ainsi, pour 2023, le ramadan débutera le 23 mars 2023 en sachant que nous serons toujours dans l'année hégirienne 1444 jusqu'à fin juillet (et non pas le 2 avril comme en 2022 !) et devrait durer jusqu'au vendredi 21 avril 2023.

 

 

54 - Le Calendrier de la Franc-Maçonnerie : 

 

Toutes les sociétés initiatiques ont cherché à mesurer le temps en le mettant en perspective avec le sacré.

 

Les francs-maçons utilisent une méthode de datation qui pourrait sembler arbitraire mais elle a été mûrement réfléchie par les maîtres maçons du XVIIème siècle, qui, fidèles aux principes de la Franc-Maçonnerie, ont choisi comme point de départ l'avènement de la Lumière.

 

Ce calendrier démarre « l'Année de vraie Lumière » ou « Anno Lucis » (A.L.), soit arbitrairement 4000 ans avant J-C (Les Juifs ont choisi eux, en relation avec les écritures dans l'ancien Testament très exactement 3761 années avant J-C...), et pour les F-M. elle commence la premier jour du mois de mars (et non pas le 17 octobre). Ainsi, au moment même où je rédige cet article i.e. le 10 novembre 2022, je peux dire que nous sommes le 10ème jour du 9ème mois de l'Année de Vraie Lumière 6022 !  

 

Elle s'inspire de « l'Anno Mundi » (A.M.) ou « Année du Monde », notion mise en œuvre pour la 1ère fois au XVIIème siècle par un moine irlandais pour qui l’idée était de commencer à compter le comput à partir de la date de la Création selon la Bible.

 

Pour la franc-maçonnerie, l'année en « Anno Lucis », comme en « Anno Mundi », a une relation avec la Création. C'est là que s'arrête la similitude entre A.M. et A.L.

 

En effet, « l'Anno Mundi » est censée mettre en évidence une date réelle pour la création de l'existence, mais pour la franc-maçonnerie, « l'Anno Lucis » représente le moment symbolique où la lumière est apparue dans le monde. Là, commence le Calendrier Maçonnique. En franc-maçonnerie, la lumière est une métaphore de la connaissance. On pourrait également dire qu'elle est liée à l'Illumination.

 

Cela serait logique puisqu'à l'époque où la Maçonnerie spéculative (par opposition à la Maçonnerie opérative des Compagnons du Devoir) gagnait du terrain dans le monde, l'époque des Lumières avait commencé. La recherche de la connaissance, tant spirituelle que physique, était très présente dans l'esprit des premiers francs-maçons spéculatifs et c'est à partir de l'idée que la connaissance est assimilée à la Lumière que la franc-maçonnerie a très probablement adopté l'idée de « l'Anno Lucis » du Livre de la Genèse et de sa description de la création de l'Univers.

 

La Lumière est quelque chose d'incorruptible. Elle peut être divisée en ses parties, comme elle peut l'être à travers un prisme. Elle peut même être réunie par un processus similaire. Toujours est-il que lorsque vous la décomposez en ses parties, elle reste de la Lumière et il en va ainsi de la Connaissance.

 

Nota Bene : Les calendriers d’inspiration maçonnique varient selon les traditions Écossaises, Templières, et les hauts-grades, etc.).

 

Les Ateliers Maçonniques qui travaillent au Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm utilisent, quant à eux, le calendrier Égyptien (cf. ci-dessus), en plus de la référence à « l’ère vulgaire » (à savoir le calendrier Grégorien que nous utilisons tous. Sa proximité avec le nôtre, sa relation étroite avec l'ordre cosmique - minéral, végétal et animal - et son lien avec le sacré expliquent pour beaucoup ce choix.

 

 

6 - Une autre approche du Calendrier... 

 

Saviez-vous par ailleurs que la division de l'écliptique en douze parties égales constituant le zodiaque, et ses figures ou « catastérisme », sont d'origine chaldéenne et remonte à la plus haute antiquité, à savoir environ en l’an 3800 avant J-C. ?


Je vous explique : dans son mouvement annuel apparent, le soleil décrit une ligne sur la sphère céleste, appelée « écliptique » parce que c'est sur cette ligne que se produisent les éclipses.

 

plan de l'écliptique 5.jpg  plan de l'écliptique 3.jpg 

Plan de l’écliptique et sa division en 12 parties égales définissant le zodiaque

 

Le plan de l'écliptique terrestre, qui correspond au plan de l'orbite de la terre autour du soleil, est incliné de 23° 26’ par rapport à l'équateur céleste.

 

Deux fois par an, soit en mars et en septembre, notre soleil atteint une des deux intersections : sa déclinaison est alors nulle.

 

Ce passage de mars, qui correspond à l'équinoxe de printemps, est aussi appelé point vernal (du latin ver, « printemps »).

 

Étymologiquement, le terme équinoxe vient de « aequinoctium », ou « aequus » = égal, et « nox », « nostis » = nuit, à savoir que la durée du jour est strictement égale à la durée de la nuit !

 

Lors des équinoxes, le soleil se lève exactement à l'est et se couche exactement à l'ouest. Le parcours de l'astre étant symétriquement identique au-dessus et en dessous de l'horizon, on comprend aisément que la durée du jour et la durée de la nuit sont alors rigoureusement égales.

 

Égales ? Pas tout à fait, si l'on consulte les éphémérides, on constate une différence qui allonge la période diurne d'un peu plus de cinq minutes, le phénomène étant valable pour les deux équinoxes.

 

Comment est-ce possible ?

 

Simplement parce que le phénomène de réfraction atmosphérique, qui courbe les rayons solaires par effet de lentille à l'horizon, nous montre un astre du jour encore bien visible alors qu'il est déjà couché depuis quelques minutes… Et que pour des raisons pratiques, les astronomes sont obligés d'en tenir compte. L'astronomie n'est pas toujours une science exacte…


Si l'on prend de chaque côté de cette ligne huit degrés, on obtient une bande céleste de seize degrés de largeur découpée dans la voûte du ciel.

 

Cette bande est parcourue, dans son milieu par le soleil, et dans le reste de sa surface, par les planètes qui, en général, ne sortent pas de cette zone.


Or, pour indiquer commodément l'endroit où se trouvait le soleil dans cette région céleste, les astronomes chaldéens partagèrent la bande dans sa longueur en douze parties égales, ayant chacune un douzième, c'est-à-dire trente degrés de la sphère qui en a trois cent soixante.


Ils donnèrent ensuite aux étoiles qui se trouvent dans chacune de ces douze parties des noms qui furent surtout des noms d'animaux, d'où son nom de zodiaque (« dzôdia » = animaux) car la disposition de ces étoiles imageait grossièrement la silhouette d’animaux.

 

Ces noms tirent leur origine de ce qu'il y avait, dans les phénomènes du ciel et de la terre, de plus frappant au moment où le soleil était dans chacune des douze parties.


Ainsi on appela :

      • Bélier, ou signe du Bélier ou astres du Bélier (Aries en latin), la partie dans laquelle se trouve le soleil à l'époque où naissent les agneaux,
      • Bœuf ou taureau (Taurus en latin) ceux sous lesquels il était temps d'atteler cet animal à la charrue pour labourer la terre,
      • Cancer ou Écrevisse ceux sous lesquels le soleil, parvenu au milieu de l'année, commençait à rétrograder, comme l'écrevisse qui marche à reculons,
      • Lion (Leo en latin) ceux où cet animal affamé se montrait près des villes,
      • Verseau (verse-eau ou Amphora en latin) la saison des pluies,
      • Balance (Libraque en latin) ceux auxquels les jours égalent les nuits (Équinoxes),
      • Sagittaire (en latin, il s'appelait Arciterens ou Sagittarius, c'est communément le Centaure) le moment de faire la chasse aux bêtes féroces,
      • Etc…

 

Deux vers latins du poète Ausone mentionnent ces douze signes du zodiaque en latin :

« Aries, Taurus, Gemini, Cancer, Leo, Virgo, Libraque, Scorpius, Arcitenens, Caper, Amphora, Pisces ».

 

 signes du zodiaque 2.jpg

 

Les plus anciens zodiaques plaçaient en tête le signe du taureau. C'était le signe équinoxial depuis l'an 4300 environ avant notre ère; il l'a été jusqu'à 2150 avant J-C.


C'est probablement à cette première époque que les contemplateurs du ciel ont dressé la carte du zodiaque, car dans les anciens mythes religieux, le taureau est associé à l'œuvre féconde du printemps, qui ramène, avec l'action du soleil sur la terre, le retour de la végétation et des fruits.

 

L'équinoxe de printemps arrivait en effet dans le signe du taureau à cette époque antique.


En vertu de la précession des équinoxes, il arrive successivement dans tous les signes, en une période d'environ 25000 à 26000 ans.


A partir de l'an -2150 avant notre ère, l'équinoxe de printemps a eu lieu dans le signe du bélier.


Depuis le premier siècle de notre ère jusqu'à aujourd'hui, elle est dans le signe des poissons. Il passera bientôt dans le verseau.

 

A côté des notions exactes d'astronomie, il y avait dans la science des Chaldéens tout un mélange d'astrologie.


Ils appelaient les douze signes du zodiaque les « seigneurs des dieux » dont les planètes étaient les « interprètes ».


Les astrologues chaldéens passaient leur temps à des observations sidérales et s'appliquaient à régler leur vie d'après les instructions qu'ils croyaient lire dans le ciel.


La plupart des sciences divinatoires d'aujourd'hui ont leur origine dans l'astrologie chaldéenne.

 

Les Chaldéens furent les premiers à diviser la journée en douze heures, heures doubles; l'heure était divisée en soixante minutes et la minute en soixante secondes.


Cette division par douze et par soixante a son explication que nous avons déjà donnée dans différents articles car nous touchons ici aux origines mêmes de la numération.

 

J’explique : bien que les Chaldéens, comme la plupart des enfants, aient commencé à compter sur leurs doigts, c'est-à-dire par cinq ou quines, et que les deux mains réunies aient formé deux quines ou la dizaine, ce qui a donné l'invention simple du système décimal, le système duodécimal se forma aussi de la manière la plus naturelle.


La dizaine ne peut être divisée exactement que par 2 et par 5, tandis que la douzaine l'est par 2, 3, 4 et 6. Cette propriété de la douzaine, remarquée par les premiers Chaldéens, les a poussés à s'en servir.


En divisant l'unité en soixante parties, ils conciliaient les deux systèmes, décimal et duodécimal, car 60 a pour diviseurs tous les diviseurs de 10 et de 12.


De là, la division du jour en deux fois 12 heures, de l'heure en 60 minutes, de la minute en 60 secondes, la division également du cercle en 360 degrés et du degré en 60 minutes.

 

Ces deux systèmes, depuis leur invention, sont en lutte et se partagent le monde.

 

Bien que le système décimal soit aujourd'hui plus en faveur, il n'a pas encore supplanté la division du jour en deux fois 12 heures, pas plus que dans le commerce, la vente à la douzaine.

 

Les Chaldéens mesurèrent d'abord le temps, en dehors du jour, d'après les lunaisons. On peut faire cette remarque chez tous les peuples de l'antiquité.

 

Il est facile de comprendre que les révolutions de la lune, avec les changements d'éclat de son disque, tantôt éclairé, tantôt obscur, sont, après le lever et le coucher du soleil, le phénomène astronomique le plus facile à remarquer.

 

Des lunaisons, les Chaldéens arrivèrent rapidement à une année de 360 jours, répartis en 12 mois de 30 jours chacun, mais ils ne s'en tinrent pas là.


En habiles astronomes qu'ils étaient, ils s'aperçurent de bonne heure que leur année de 360 jours ne correspondait pas à l'année solaire vraie, dont ils avaient découvert la durée, et ils ajoutaient, tous les six ans, un treizième mois intercalaire de 30 jours.


Comme cela ne suffisait pas encore, ils annexaient, à des intervalles beaucoup plus éloignés, un second mois intercalaire.

 

Voici les noms des mois chaldéens :

      • 1 Nisanu
      • 2 Aïru
      • 3 Sivanu
      • 4 Douzu
      • 5 Abu
      • 6 Elulu
      • 7 Tashritu
      • 8 Arajshamma
      • 9 Kisilivu
      • 10 Thebitu
      • 11 Shabatu
      • 12 Addaru

 

Le treizième mois intercalaire se plaçait après Addaru et s'appelait « incident à Addaru ». Quand il était nécessaire d'intercaler un autre mois, on le plaçait, soit après Nisanu, soit après Elulu.

 

Ces mois s'exprimaient, dans l'écriture cunéiforme, soit phonétiquement, soit par des signes idéographiques qui étaient comme des symboles scientifiques ou religieux de chaque mois.


Ainsi le mois Sivanu (mai-juin) avait pour idéogramme le mot « murga » qui signifie « la fabrication des briques », parce que c'était en ce mois qu'on commençait à mouler les briques pour les laisser ensuite sécher au soleil des mois d'été.

 

Les Chaldéens eurent, dès une époque reculée, des périodes de sept jours, interrompues à la fin de chaque mois.


Ils divisaient les mois en quatre semaines de sept jours, du 1er au 7, du 8 au 14 du 15 au 21, enfin du 22 au 28 ; comme le mois avait régulièrement 30 jours, les deux derniers restaient en dehors de la série des quatre « hebdomades », qui reprenaient le mois suivant, du 1er au 7, etc…

 

Plus tard, la série des semaines devint ininterrompue, chez les Chaldéo-Assyriens on trouve dès l'origine la semaine de sept jours, consacrés aux sept corps planétaires qu'ils adoraient comme des dieux et que depuis un temps immémorial l'ordre de leurs jours n'a pas été changé.

 

Les noms que les Chaldéens ont donnés aux sept jours de la semaine furent ceux du soleil, de la lune et des cinq planètes principales.


Les maîtres de l'astrologie chaldéenne, en considérant que le soleil, la lune et les cinq planètes connues alors revenaient dans un ordre constant, crurent qu'ils étaient conduits par des dieux ou génies.


Ces esprits gouverneurs des astres se préoccupaient, selon les astrologues, de ce qui se passait sur la terre où s'exerçait leur influence.


Le dieu du soleil y envoyait l'esprit, celui de la lune, le corps, Nergal (Mars) le sang, Nabu (Mercure) l'intelligence et la parole, Bel (Jupiter) la tempérance, Istar (Vénus) la volupté, Ea (Saturne) ou Kirvanu, appelé encore Keiwan par les Arabes, la paresse du corps et la pesanteur de l'esprit.


Les jours de la semaine furent donc consacrés à ces dieux du ciel et reçurent leurs noms.

 

Mais les planètes, en partant de la Terre, sont dans l'ordre suivant : Lune, Mercure, Vénus, Soleil, Mars, Jupiter, Saturne.


Tandis que les jours de la semaine sont ainsi disposés : dimanche, lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi et samedi.


On a recherché pour quelle cause les jours avaient été placés dans l'ordre qu'ils occupent. La plus vraisemblable est celle que donne Bède, dans son « De temporum ratione ». Pour les anciens comme pour nous, explique-t-il, les deux astres de beaucoup les plus importants sont le soleil et la lune que la Genèse appelle « luminare majus » et « luminare minus ».


Il était donc tout naturel de leur consacrer le premier et le second jour qui sont devenus le jour du Soleil, aujourd'hui dimanche, et le jour de la Lune, lundi. Pour les autres jours, de même que sur la terre après le roi et la reine viennent le grand ministre, puis la femme la plus noble après la reine et ainsi de suite selon l'ordre de la dignité, de même, après le Soleil, roi, et la Lune, reine, on consacra :

      • Le troisième jour a la planète qui se trouve la plus près du Soleil, à Mars, et l'on eut mardi,
      • Le quatrième à celle qui est la plus voisine de la Lune, à Mercure, et ce fût mercredi,
      • Le cinquième à l'astre le plus rapproché, après Mars, du Soleil, à Jupiter, et l'on eut jeudi,
      • Le sixième à celui qui vient, du côté de la Lune, après Mercure, à Vénus, ce qui donna vendredi,
      • et enfin le septième à celui qui restait le dernier, à Saturne, d'où samedi.

 

On eut ainsi l'ordre des jours de la semaine… qui correspondent aux sept branches du chandelier juif, la Ménorah, dont la branche centrale représente toujours le soleil.

 

 Jerusalem_Golden_Menora_1_t.800.jpg

La Ménorah d’or face au mur des lamentations.

 

 


 



21/01/2023
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