OTÉ, LA REUNION ! (*), OU VULCANOLOGIE POUR LES NULS !

OTÉ, LA REUNION ! (*)

 

 

Un petit air de Sega pour vous mettre dans l'ambiance...

Vous pouvez l'arrêter en cliquant ci-dessus sur le symbole Arrêt Musique.jpg ou Arrêt Haut-Parleur.JPG

  


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Quoi de mieux pour vous accueillir que l’arbre du voyageur !

 

 


 

Tout d’abord voici 2 vidéos de 3 minutes pour se mettre dans l’ambiance (tous les ingrédients des publicitaires des agences de voyages y apparaissent!) mais je vous recommande de ne les visionner qu'à la fin de votre lecture pour ne pas risquer d'être déçu :

 

 

 


 

 

UN PEU D’HISTOIRE…

 

L’Année 2018 marque pour l’ILE DE LA REUNION le 355ème anniversaire de son peuplement, le 170ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage, et le… 45ème anniversaire de ma découverte personnelle de ce paradis de l’océan indien que les anglais avaient baptisé à juste titre à l'époque de leur colonisation, du beau nom de « Pearl Island », la « Perle de l'océan indien » !

 

Si vous avez besoin d’imaginer l’ile voici son aspect quand on arrive par avion de la métropole.

 

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En Arrivant par le nord en avion à Saint Denis,

on embrasse d'un seul coup d’œil la totalité de l’ile (cette photo est prise d'un petit avion à 18000 pieds)

 

Elle semble toute petite, mais pour tout vous dire, les distances, si elles ne sont pas importantes en matière de trajet, le sont en matière de temps, car hormis l’autoroute toute neuve de Saint Denis au Tampon, toutes les autres routes sont très, mais très tortueuses !

 

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A vol d’oiseau, la diagonale de la Pointe des Galets (le port) à la pointe de Saint Philippe, fait 70 Km exactement, mais par la route c’est 105 Km en faisant tout le tour de l’ile en passant par le nord comme par le sud…

 

Et la plus petite diagonale de Saint-Benoit à Saint-Pierre c’est 48 Km à vol d’oiseau et c’est 60 Km par la route, mais en temps il vaut mieux faire tout le tour de l’ile en passant par Saint Denis soit 116 Km plutôt que d’utiliser « la route aux 400 virages » !   

 

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Le berceau de peuplement de l’ile est né de la mer à Saint PAUL où se trouvait « la baie du meilleur ancrage ». C’est ici que sont arrivés dans l’ile les premiers navigateurs Portugais qui découvrirent l’ile dans le sillage de Vasco de Gama en 1504… non sans difficulté d’ailleurs (cf. ci-dessous, la gravure couvrant un mur de la demeure Debassayns), ce qui ne les incita pas à en faire une colonie Portugaise !

 

 

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Les Français, eux, n’arrivèrent qu’en 1638, bien après les Portugais.

 

En effet ce n’est qu’en 1638 que les Français, à la recherche d’une route maritime pour atteindre les Indes et leurs épices, redécouvrent cette ile déserte du sud-ouest de l’océan Indien.

 

Elle avait été baptisée « Santa Apollonia » ou « Mascarenhas » par les Portugais, puis « England’s Forest » ou « Pearl Island » par les Anglais, elle n’est longtemps qu’une escale de ravitaillement.

 

Les Français, qui la connaissent alors sous le nom de « Mascarin » (puis, plus tard, « iles Mascareignes » qui, en fait, désignent l'ensemble des 3 iles Bourbon, Maurice et bien plus à l'Est, Rodrigues) s’intéressent avant tout à la grande ile de Madagascar, où ils ont fondé la ville de Fort-Dauphin.

 

En 1638, les navires « la Marguerite » et le « Saint-Alexis » quittent officiellement le port de Dieppe, pour prendre possession de cette « petite Ile » baptisée Bourbon, du nom de la famille royale de France.

 

Les historiens estiment cependant plus certaine la prise de possession en novembre 1649, qui réaffirme très clairement la propriété Française sur ce qu’ils nomment dorénavant « ile Bourbon » afin de ne pas laisser la place libre aux Hollandais installés entre temps à l’ile Maurice voisine qu'ils avaient nommé « ile de France ».

 

De fait, à Maurice, plus facile d’accès, les Hollandais, après avoir installé leur comptoir du Cap de bonne Espérance à la pointe de l’Afrique du Sud, y installent un deuxième comptoir pour accueillir leurs navires à mi-chemin sur la route des Indes par le biais du VOC (« Vereenigde Oost-Indische Company » = La Compagnie Hollandaise des Indes Orientales) pour assurer les escales de ses bateaux (cf. mon article sur l’EGLISE VAUDOISE DES PAUVRES DE LYON).   

 

Mais l’ile n’est habitée que de manière temporaire; des Français, mutins exilés de Madagascar explorent cette terre à plusieurs reprises de 1646 à 1649, puis de 1654 à 1658.

 

Il faut attendre 1663, pour qu’un certain Louis PAYEN, accompagné d’un autre Blanc, dont l’identité reste discutée, et d’un groupe de dix Malgaches s’y installent volontairement.

 

Parmi ces derniers, il y a trois jeunes filles dont Marie Caze, âgée de 9 ans seulement. C’est d’ailleurs peut-être pour une dispute au sujet de ces jeunes filles que le groupe éclate.

 

Les Malgaches s’enfuient « dans les Hauts », devenant ainsi les premiers « marrons »; on a nommé ainsi par la suite les esclaves fugitifs de l’ile qui allaient se réfugier sur de petites plateformes dans les montagnes du centre de l'ile pratiquement inatteignables (il y a même un village dont le nom est « l’ilet à cordes » au-dessus de Cilaos où se sont longtemps réfugié des esclaves « marrons » parce que l’on ne pouvait l'atteindre qu’en faisant du rappel en varappe avec des cordes après plusieurs heures de marche et des dénivelés vertigineux).

 

Marie Caze et Jean Mousse donneront naissance au premier enfant né sur l’ile : Anne Mousse.

 

La colonisation ne commencera officiellement qu’en 1665 avec l’arrivée, à bord du « Taureau », d’une vingtaine de colons ayant à leur tête Étienne Regnault, nommé par le pouvoir royal « Commandant de l’ile Bourbon ».

 

La mission avait été confiée à la « Compagnie Française des Indes Orientales » concurrente de la VOR Hollandaise, par Louis XIV lui-même. 

 

Le groupe s’installe en bordure de « l’Étang-Saint-Paul ».

 

En 1674, lorsque les Malgaches chassent les colons de Fort Dauphin, l’ile Bourbon devient le seul point d’appui des Français dans la région, et c'est d'ailleurs la même année que les Français installent leurs cinq comptoirs aux Indes à Pondichéry, Karikal, Mahé, Yanaon et Chandernagor (qui n'ont quitté la France que de 1951 à 1961!)

 

C’est encore à Saint PAUL que 40 ans plus tard, à partir de 1718, sont venus accoster les premiers navires négriers chargés d’hommes à fond de cale… C’est qu’il en fallait des bras, beaucoup plus que n’en comprenait l’ile depuis les premiers débarqués pour faire prospérer les plantations de café de la colonie Française devenue esclavagiste… 

 

Et pour arrêter cet état de fait, il a fallu attendre 130 ans, la Loi sur l’abolition de l’esclavage votée en 1848 au grand dam des grands propriétaires qui vont importer en masse de la main d'oeuvre indienne qui leur coutait moins cher que les esclaves affranchis !

 

 

MAIS REVENONS À L’ORIGINE GÉOLOGIQUE DE L’ILE…

 

 

L’ile de la REUNION a émergé du fond de l’océan indien à près de 4000 m de profondeur à la fin du Pliocène, il y a… 3 millions d’années, à la verticale d’un « point chaud », (courant ascendant de magma qui perce l’écorce de la terre à la manière d’un chalumeau sur une plaque de tôle ! – cf. explications plus avant).

 

Au fil des temps géologiques, le cône de magma qui sort de ce cratère au fond de l’océan monte, monte, monte, jusqu’à faire surface. Son diamètre à la base, au fond de l’océan est d’un peu plus de 400 km alors qu’en surface, il ne dépasse que de 3000 m la surface de l’océan indien pour un diamètre à la surface de l’eau, d’à peu près 50 km dans le petit axe à 70 Km dans le grand axe… 

 

Le volcan s’étale, puis peu à peu, il y a 2 millions d’années, son sommet s’effondre et le « Piton des neiges » s’éteint au début du quaternaire, en laissant un immense « Caldeira », c’est comme cela que l’on appelle un cratère volcanique effondré qui constitue un cirque.

 

L’érosion commence alors son travail de sape en rabotant les coulées de laves et en creusant de profondes vallées qui vont donner le cirque de Mafate… pour laisser la place quelques centaines de milliers d’années plus tard à deux autres volcans qui vont s’éteindre à leur tour et laisser leur trace, l’un avec le cirque de Salazie, l’autre avec celui de Cilaos, et enfin un nouveau volcan tout jeune, un gamin de 12000 ans seulement, va se frayer un chemin plus à l’Est sur le versant du Piton des Neiges.

 

Cette érosion est toujours spectaculaire ne serait-ce qu’en constatant plus de 350 cascades d’eau vertigineuses à travers l’ile qui continuent leur lent travail d’érosion.

 

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Les cascades de « La Mariée » au dessus de Hell-Bourg et de « Langevin » au-dessus de Saint Joseph.

 

Et s'y rajoutent de nombreux séismes ultérieurs dont on peut apercevoir des traces un peu partout :

 

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Failles repérées au sommet de Maïdo et à Salazie...

 

Mais avant d’aller plus loin, il va nous falloir rappeler quelques notions élémentaires de géologie puisqu’il est question de volcans… à savoir de gros boutons qui vont éclore à la surface de la croute que constitue l’enveloppe de la terre tout comme une peau de pêche, très fine, qui enveloppe le fruit et craquèle légèrement quand il est bien mûr, avec un noyau et une amende au centre.

 

La terre, en effet, a la forme d’une grosse pêche bien mure, à savoir une sphère d’environ 6370 Km de rayon, 12600 Km de diamètre à la latitude de 90°, soit au niveau du 90ème parallèle qu’est l’équateur mais seulement 10000 Km de diamètre au niveau des pôles (ce diamètre n’est plus un parallèle mais un méridien ; normal, le mètre n’était-il pas défini par les révolutionnaires de 1793 comme étant la 10 millionième partie d’un méridien terrestre) puisque le globe terrestre est légèrement aplati aux deux pôles du fait de la force centrifuge qui a tendance à étirer son diamètre à la hauteur de l’équateur puisqu’elle tourne autour d’un axe passant par les pôles.

 

Sa structure interne peut être globalement subdivisée en trois couches concentriques dont la croute (la peau de la pêche légèrement craquelée), le manteau (la chair de la pêche) et le noyau.

 

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Qui peut être représenté plus en détail par un schéma en tranche depuis la périphérie du globe jusqu’à son centre.

 

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1 - La croute est de nature continentale ou océanique, elle est solide bien que recouverte en partie par l’eau des océans. Mais elle est très fine (de 7 à 30 km) comparativement aux autres couches… On a pu constater que la température du sous-sol augmente de 1,9°C tous les 100 m, tout au moins dans la croute et le manteau qui représente la plus grosse partie de la structure.

 

On a déjà sondé le sous-sol très profondément. La mine la plus profonde du monde est située à « Tau-Tona » en Afrique du sud et descend à 4000 m de profondeur où il fait une température de 60°C, mais ce sont les Russes qui ont creusé à Kola, dans la région de Mourmansk, tout au nord, le forage le plus profond jamais réalisé… Ils en ont retiré une carotte de 23cm de diamètre et de… seulement 12000 m.

 

Alors comment connaissons-nous ce qui se passe plus profondément ?

 

Tout simplement à l’aide des mesures cumulées depuis des dizaines d’années à l’aide d’appareils que l’on nomme « sismographes », répartis à la surface du globe, et qui permettent de connaître la nature du sous-sol en fonction de la vitesse de propagation des ondes sismiques qu’ils enregistrent.

 

2 - Le manteau est composé de deux parties ; le manteau supérieur qui constitue avec la croute ce qu’on nomme « la lithosphère » (de « lithos » qui veux dire « pierre » ce qui n’empêche que plus des 2/3 de la croute est recouverte d’océans), d’une épaisseur de 1 à 150 Km selon l’endroit et qui est rigide (à savoir qu’elle ne peut se déformer sans se briser), et une partie du manteau inférieur qui constitue « l’asthénosphère », à une profondeur de 150 à presque 700 km qui est ductile (presque visqueuse, à savoir qui peut être déformé et s’étirer sans se rompre).

 

A la profondeur de 150 km la température atteint déjà 1000° C, et augmenta progressivement jusqu’à atteindre 1300°C.

 

L’autre partie du manteau inférieur, la « mésosphère », à une profondeur de 700 à 2900 km ; elle est rigide et devient ductile en profondeur.

 

3 - Le noyau ou « barysphère », enfin, est composé de fer et de nickel en deux parties, l’une externe liquide d’une épaisseur de 2900 à 5300 Km et l’autre interne solide jusqu’au centre de la sphère. L’état qui passe de liquide à solide s’explique par le biais de la pression qui augmente énormément en profondeur.

 

On a dit plus haut que la température du sous-sol augmente de 1,9°C tous les 100 m, tout au moins dans la croute et le manteau extérieur, cela augmente beaucoup plus vite en profondeur. Voici un schéma qui indique cette température qui atteint 5500 à 6000°C au centre de la terre !

 

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Si vous souhaitez en savoir plus sur la vulcanologie voici la vidéo d’un cours vulgarisé de 5 minutes proposé par Jacques-Marie BARDINTZEFF, un professeur de vulcanologie à l’Université de Cergy-Pontoise qui explique bien ce qui se passe :

 


 


 

Et voici, pour les esthètes curieux, une explication très précise du « Comment » on a pu imaginer la structure du sous-sol, en 15 minutes :

 


 

 


 

 

On a tous entendu parler de la « dérive des continents ». Et bien, c’est tout simplement que la croute de la terre est craquelée, vraiment grossièrement, en suivant plus ou moins la  forme des continents, et on appelle ces plaques entre deux craquelures des « plaques tectoniques lithosphériques ».

 

Les géologues en ont fait une carte très précise qu’ils ont nommé de façon mnémotechnique en fonction de leur emplacement dont voici un schéma avec, en filigrane, la forme des continents pour les situer :

 

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Ces plaques se déplacent de 2 à 20 cm par an et trois types de mouvements relatifs sont possibles à la frontière des plaques en plus de points de faiblesses :

 

1)   Des mouvements de « divergence » (à savoir qui écartent les plaques, on appelle cela une dorsale ou un rift : et ils sont à l’origine de la formation d’une nouvelle croute océanique siège d’une intense activité magmatique et d’un volcanisme effusif. Les dorsales forment une chaine volcanique sous-marine de près de 60000 Km de longueur.

 

2)   Des mouvements de « convergence » (à savoir qui font se rapprocher deux plaques), on appelle cela une subduction ou une collision : une plaque océanique plonge sous une plaque continentale ou une autre plaque océanique et ce mouvement est à l’origine d’un volcanisme explosif.

 

3)   Des mouvements de recouvrement (« coulissage ») d’une plaque par-dessus une autre.

 

4)   Enfin on trouve sous toutes les plaques, qu'elles soient continentales ou océaniques, des « points chauds » qui sont des zones d'activité volcanique continues.

 

A la limite entre Mésosphère (qui est visqueuse ou carrément liquide – cet état dépends à la fois de la température et de la pression) et l’Asthénosphère (qui est solide mais ductile) à des endroits où la fusion était un peu plus forte ou la pression un peu plus faible, à savoir des zones d'anomalie thermique, le manteau a fondu et des colonnes de magma se sont infiltrées dans certaines fractures géologiques jusqu’à s’accumuler dans ce qu’on appelle une chambre magmatique juste en dessous de la croute terrestre.

 

Et là, à la faveur d’un déplacement de « divergence » des plaques, sur une dorsale (deux plaques s’écartent) le magma va subitement exploser (c'est le cas de tous les volcans explosifs émergés de la dorsale en Islande, aux Açores, à l’Ascension, etc.) ou alors percer la mince couche que représente la croute dans le cas des volcans de type hawaïen (c’est le cas du Piton de la Fournaise à la Réunion), qui se contentent de « vomir » de la lave.

 

La distribution des « Points Chauds » est très irrégulière ; on a pu en repérer un peu plus d’une cinquantaine au total tout autour du globe terrestre, et en dresser les emplacements exacts grâce aux relevés fournis par le réseau des sismographes répartis sur la surface du globe terrestre. Une carte des principaux « Points Chauds » a pu ainsi être dressée avec précision (cf. ci-dessous).

 

Ces épanchements de lave, surtout basaltique, sont importants et peuvent perdurer des millions d'années.

 

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NB : Les 11 points chauds situés sous l’antarctique ne sont pas représentés

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De temps à autre un point chaud craque et laisse passer le magma accumulé qui alors forme un volcan du type « hawaïen », à savoir qui va vomir de la lave sans qu’il y ait pour autant explosion comme à Hawaï… C’est le type même des volcans de la Réunion.

 

Voici enfin un schéma en ce qui concerne l’Ile de la Réunion représentée en plan, en courbes de niveaux à la surface de l’océan, et en coupe à l’aplomb d’un des 12 points chauds de l’océan indien pour sa face cachée sous le niveau de l’océan…

 

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Ces schémas expliquent bien le fait que l’ile n’ait pratiquement pas de plage (si ce n’est au sud-ouest du coté de Saint Gilles où une toute petite barrière de corail a permis l’amoncèlement d’un peu de sable noir) ; de même, il n’existe pratiquement pas de pêche hormis la pêche au gros en pleine mer autour de l’ile car il n’y a pas de plateau continental qui permet le développement des espèces de poissons pélagiques que nous connaissons en métropole.

 

Toutes les autres côtes de l’ile tombent très rapidement à pic en profondeur, d’ailleurs, on ne peut même pas se baigner du fait de la présence de requins.                    

 

Bien entendu nous sommes allés dans l’est de l‘ile admirer les coulées de laves du Piton de la Fournaise qui se déversaient dans l’océan il y a à peine quelques jours encore…

 

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Photos d’archives de la coulée à son arrivée dans l’océan, du 27 avril au 1er juin 2018…

 

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Éruption du 28 avril 2018…

 

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Au même endroit, quelques jours après, le calme est revenu, quoique !

 

Nous avons été étonnés de la rapidité que peut avoir la nature à reprendre ses droits sur un terrain complètement stérile en quelques mois.

 

C’est d’abord le lichen qui apparaît et qui permet aux fougères de prendre racine… l’année suivante le peu d’humus qu’a créé les fougères permet aux fleurs de repousser, puis il faut encore un an avant de voir germer des graines de tous sortes d’arbres poussées par le vent et qui arrivent à transformer le paysage.

 

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Curieux ! Ces photos ont été prises à quelques minutes d'intervalle... il pleuvait,

5 minutes plus tôt il faisait un chaud soleil... puis ça se couvre et il va pleuvoir 15 minutes !

     

Il est vrai que dans ce coin de l’ile tombent plus de 11 mètres de précipitations par an…! un record mondial. 

 

Nous-mêmes, l’avons éprouvé, passant quelques jours après un ouragan à Saint Philippe, nous avons eu l’impression de prendre une douche dans un paysage d’apocalypse! 

 

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La paillotte l’a échappé belle!

 

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Et pas très loin les « souffleurs » dans lesquels s’engouffrent rageusement les vagues en sifflant !

 

 

En dehors de l’intérêt pédagogique de cette escapade ce qui m’a bluffé comparé à ce que j’avais dans mes souvenirs d’il y a presque 50 ans, est que si la région s’est modernisé, les autochtones sont restés ce qu’ils étaient.

 

Un « huge melting pot » dans lequel toutes les communautés continuent à savoir bien vivre ensemble et cela malgré un taux de chômage endémique de près de 30% qui pousse les jeunes à venir travailler en métropole. 

 

Il y a celles des Créoles de toutes couleurs (contrairement aux Antilles, à la Réunion on utilise le terme « Créole » pour désigner tous les métissages possibles entre communautés :

      • les « Cafres », en fait les noirs, descendants des esclaves Africains amenés là par les marchands d’esclaves du 17ème siècle depuis le Sénégal ou le Zanzibar (en fait, le terme nègre devenu depuis péjoratif vient de Niger), qui arborent toutes les teintes de café noir à café au lait lorsqu’ils ont commencé à se métisser avec les autres communautés, d'ailleurs en créole on les nomme aussi les « san mélé » aux cheveux crépus et nez épaté, à savoir :
      • les « Yabs », à savoir les « Petits Blancs » descendants des premiers colons de conditions modestes ou de réfugiés (par opposition aux « Gros Blancs » descendant des 12 familles de propriétaires d'origine aristocratique), 
      • les Indiens Tamouls Malbars qui ont remplacés les esclaves noirs après l’abolition de l’esclavage que l'on a renommé pudiquement pour eux « l'engagisme » parce qu'ils n'étaient plus esclaves mais s'engageaient en acceptant de les remplacer pour des raisons économiques, 
      • les Zarabes (rien à voir avec l'Arabie, ils viennent de la province indienne de Gujarat et sont musulmans sunnites, mais ils portaient à l'origine un petit couvre-chef identique au fez turc qui avec leur religion les a fait nommer « arabes »),
      • et enfin les Sinois, (les chinois de Canton pour leur majorité) arrivés longtemps après les autres pour faire du commerce.
      • les Malgaches et Karanes (Malgaches issus des différentes vagues d'immigration depuis la colonisation jusqu'à l'indépendance en 1960),
      • les Comoriens et les Mahorais atterris là depuis les années 1970 à cause des conditions économiques désastreuses dans leurs iles d'origine, mais ils sont français. 

 

Et puisque nous y sommes, voici à peu près leur répartition d'après les derniers recensements (ils représentaient 850000 citoyens français) : 

      • Les « Cafres » (les noirs et métisses africains) : entre 40 et 50 %
      • Les « Malbars » (Indiens Tamoul) : entre 22 et 27%
      • Les « Yabs » (créoles blancs) : environ 15%
      • Les « Zoreils » (métropolitains) : entre 9 et 11%
      • Les « Sinois » (Chinois) : environ 3%
      • Les « Zarabes » (indiens musulmans) : environ 3%
      • Les « Comoriens et Mahorais » : entre 4 et 6%
      • Les « Karanes » (Malgaches) : environ 3%

 

Il est patent que qui que ce soit à qui l’on s’adresse, on est toujours accueilli avec bonhommie et gentillesse.

 

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Quelques faciès types… dans « les Hauts »

   

La vie est plus chère qu’en métropole, ne serait-ce que parce que tout vient par bateau ou par avion de métropole.

 

Finie la légende de la « boutik sinois », la boutique du chinois où on trouvait de tout, car la grande distribution a envahie toute l’ile et toutes les grandes enseignes y sont bien implantées (très souvent managées par des chinois qui ont su se moderniser) mais chacun des Réunionnais populaires se débrouille et il y a toujours un jardin familial pour s’approvisionner en aliments de base, fruits et légumes produits sur l’ile et on a plus besoin heureusement du « car à l'air Citroën » pour aller faire ses courses à Saint-Pierre, Saint-Paul ou Saint-Denis, où l'on passait la journée entière pour rentrer le soir par le même moyen...)

 

 

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Petite séquence « Nostalgie » que j'ai connue il y a 45 ans... Les choses ont bien changé !

 

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Sans parler de la « boutik sinois » traditionnelle... mais il y en a encore ! 

 

Mais les plats légendaires de la gastronomie créole qu’il s’agisse du rougail, cari, ou samoussa, mais aussi des dal, tandoori, modakam plus de tendance indienne  sont toujours aussi présents et succulents. Et tous les ingrédients sont toujours bien là sur les marchés...

 

Celui de Saint-Pierre est classé 3ème marché Français après Sanary puis Royan mais avant ceux d'Uzès et d'Arras! (cf. le classement 2018)...

 

marché aux légumes de St Pierre.jpg   marché St Pierre les légumes.JPG

 

 

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En dehors des hauts lieux incontournables du tourisme de l’ile qu’il s’agisse des trois cirques de Mafate, Cilaos et Salazie,

 

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Ce que regardait Martine à Cilaos… Le majestueux Piton des Neiges, 3070 m vu du sud!

 

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Le Cirque de Mafate et « l’ilet de la Nouvelle » vu du Maïdo au lever du soleil à 6h du mat !

On reconnaît le Piton des Neiges dans le fond mais vu du nord…

 

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L’ilet « à Cordes » à Cilaos et le Gros Morne (3019 m) au lever du soleil vu du cirque de Salazie.

 

On est bluffé par la qualité du réseau routier, très bien entretenu même dans les vallées les plus reculées. Il est vrai que le nombre de cantonniers par habitant, tout comme le nombre de fonctionnaires est certainement le plus élevé de la nation française, mais là, au moins, on peut s’en rendre compte.

 

Et puis j’ai aussi été étonné par la modernité et la richesse de tous les musées que nous avons pu visiter tel l’extraordinairement moderne « Stella Matutina » à Saint Leu qui nous fait découvrir le passé sucrier de l’ile… (cf. article sur la machine à vapeur LA MACHINE A VAPEUR DE WATT... ET LES AUTRES) où j’ai compté plus de 7 machines à vapeur depuis la Bolton-Watt de 1825 jusqu’à la « Corliss » de la Cie Fives-Lille de 1927 qui ont fait tourner la sucrerie « Saint Louis » plus d’un siècle (jusqu’en 1962).

 

 

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Jusqu’aux moindres musées privés qui entretiennent admirablement la mémoire du passé créole économique et culturel de l’ile Bourbon, « lontan » comme on le dit en créole. 

 

 

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Les domaines Debassayns-Villèle et Châteauvieux relatent bien le passé esclavagiste…

 

 

L’ile a été classée le 1er aout 2010 par l’UNESCO, au patrimoine mondial dans la catégorie des biens naturels. C’est ainsi 40% du territoire insulaire qui se retrouve dans une zone protégée et administrée par « le Parc national de La Réunion », créé en 2007.

 

Ce classement qui est sans conteste une garantie de valorisation internationale, mais aussi de protection d’un milieu exceptionnel, n’est pas non plus sans poser un certain nombre de contraintes à l’aménagement.

 

C’est tout le défi du développement durable qui reste à mener à La Réunion.

 

Bien entendu, parler de la Réunion sans aborder le sujet de la « vanille Bourbon » serait une faute impardonnable… Mais justement, nous réservons un article spécifique à cette orchidée unique au monde. Alors, un peu de patience !

 

Ce court article simplement pour vous faire part de notre enthousiasme après l’accueil chaleureux d’Alex et Michelle CHAN nos amis chinois qui m’avaient déjà accueillis il y a 45 ans et nous a prêté sa « case de weekend » ou Jean-Claude TECHER et sa compagne Joëlle qui nous ont accueilli à la descente d’avion et que nous avons côtoyé deux petites années à Avignon… quant au dépaysement que procure un petit séjour sur l’ile Bourbon.

 

Nous ne souhaitions que vous faire envie… mais il suffit d’aller sur le net pour se rendre compte de l’exotisme de l’ile, l’image même que l’on se fait du paradis (enfin, que je me fais…), dommage que ce soit si loin.

 

Nous ne voudrions pas vous ennuyer avec une galerie de photos montrant l’exubérance de la nature où toutes les fleurs exotiques (que l’on peut apercevoir chez le fleuriste du coin de votre rue) poussent là-bas de façon sauvage ou endémique dans la forêt primaire au milieu des fougères arborescentes comme en témoignent ces planches de botanique aperçues au domaine de Châteauvieux !

 

 36 - Planches bitaniques.jpg

 

Mais nous devons laisser un peu de place au rêve… Alors je vous le laisse imaginer !

  

 

la nature reprend ses droits 6.JPG

 

OTÉ, LA REUNION ! (*)

 

(*) Ça équivaut à « Osco Manosco » qui signifie « que Vive Manosque »… Alors, « Que vive la Réunion » !

 


 



22/07/2018
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