VIN TRADITION, BIODYNAMIQUE OU BIOLOGIQUE... C'EST DANS LA TETE !

    

ENTRE CA...

 

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ET CA, IL Y A TOUT UN MONDE ! Les anciens étaient dans le vrai...

C'est ce qui permet d'obtenir un vin merveilleux

Et c'est ce que nous faisons à Châteauneuf du Pape...

 

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D'une part il y a le vin qu'on fait depuis toujours, et d'autre part, pour de curieuses raisons de mode, deux nouveaux qualificatifs sont apparus : soit « Biodynamique », soit « Biologique », que certains Vignerons surfant sur les tendances « Nature » veulent faire croire à leurs clients pour des raisons bassement marketing, alors qu'il y a des siècles que l'on élève le vin de la même façon...!

 

Ce qui suit est, en totalité, tiré de la très sérieuse revue indépendante de tout lobby « QUE CHOISIR » (N° 546 d'avril 2016) qu'on on ne peut taxer de parti pris ! Je cite :

 

 

La biodynamie est un mode de culture fondé sur des méthodes farfelues.

 

Pourtant, de plus en plus de domaines viticoles prestigieux ou plus confidentiels s’y convertissent avec bonheur et les consommateurs peuvent se laisser séduire.

 

Tourner en dérision la biodynamie est bien ten­tant… Cette pratique est née dans l'esprit d'un homme que certains considèrent comme incroyablement visionnaire et d'autres totalement allumé, Rudolf Steiner.

 

Pen­seur aux multiples centres d'intérêt, père entre autres d'une pédagogie et de méthodes de méde­cine alternatives, adepte des sciences occultes, il est consulté au début des années 1920 par des agriculteurs désemparés devant la mauvaise santé de leurs exploitations.

 

Le cours qu'il leur donne énonce de grands principes, notamment le fait qu'une exploitation agricole est un tout - hommes, animaux domestiques et sauvages, végétaux culti­vés ou non fonctionnent en interdépendance - dont la gestion doit tenir compte non seulement des saisons, mais aussi des cycles planétaires (NDLR : jusque là, c'est on ne peut plus vrai... mais c'est à partir de maintenant que ça devient carrément farfelu !).

 

Steiner donne alors des conseils précis sur les intrants à employer.

 

Exemple : de la bouse de vache sera enterrée dans une corne pendant la pé­riode hivernale puis diluée dans une grande quan­tité d'eau qu'on aura soin de brasser dans un sens puis l'autre pendant exactement 60 minutes, le tout étant enfin appliqué à dose infinitésimale sur le sol en fin de journée. Le brassage, appelé dy­namisation (d'où « biodynamie »), permettra de transmettre à l'eau les « informations » contenues dans la bouse. On se base donc sur une hypothé­tique « mémoire de l'eau », comme en homéopa­thie.

 

D'autres préparations sont indispensables, à base de silice également enterrée dans une corne ou de diverses plantes enfermées dans des organes d'animaux, enfouis eux aussi un certain temps. Mais pas n'importe quels organes : la camomille sera placée dans un intestin de bovin, l'écorce de chêne, dans un crâne d'animal domestique, ou encore l'achillée dans une vessie de cerf... Des détails qui suffisent à faire pouffer n'importe quel lecteur un tant soit peu rationnel.

 

Cela posé, revenons à notre époque, près d'un siècle après le cours aux agriculteurs de Steiner, et au produit testé ici, le vin.

 

Nombre de do­maines prestigieux dont les bouteilles sont encen­sées par la critique sont passés, en totalité ou en partie, à la culture biodynamique. Château-Latour ou Pontet-Canet en Médoc, Roederer ou Fleury en Champagne, Leroy ou Leflaive en Bourgogne, Coulée-de-Serrant en Anjou, Zind-Humbrecht ou Marcel-Deiss en Alsace, pour n'en citer que quelques-uns, ont sauté le pas, sans oublier l'il­lustre Romanée-Conti.

 

Des études scientifiques peu concluantes

 

Comment expliquer que ces méthodes a priori fondées sur rien de tangible puissent donner de si bons résultats ? Des mesures objectives ont-elles depuis confirmé les enseignements de Steiner?

 

Pas vraiment, en tout cas, en ce qui concerne les recherches menées par des scientifiques. « J'ai com­pilé l'ensemble des publications et le bilan global montre que les différences entre agriculture biologique et biody­namique ne sautent pas aux yeux », explique Anne Duval-Chaboussou, chargée de mission agricul­ture biologique à la chambre d'agriculture du Maine-et-Loire.

 

« Un seul aspect les distingue, le sol, dont les caractéristiques physico-chimiques sont amélio­rées en biodynamie: il est plus riche en matières orga­niques, en azote, en certains minéraux comme le cal­cium, l'eau s'y infiltre plus facilement. Quant aux recherches sur la vigne elle-même, il en existe très peu et, parmi elles, une minorité montre des différences en faveur de la biodynamie, sur la résistance aux maladies notamment. Avec l’Association technique viticole du Maine-et-Loire, nous menons une étude comparative entre vigne biologique et biodynamique et, au bout de cinq ans, de petites différences commencent à appa­raître, pas flagrantes mais significatives. Nous aime­rions pouvoir continuer l'étude pour voir si elles se confirment. Par ailleurs, il y a beaucoup d'expérimen­tations menées par des gens qui pratiquent ce type d'agriculture, mais elles ne sont pas reconnues par la communauté scientifique. »

 

Le terroir prend le dessus

 

De fait, la démarche scientifique nécessite des pro­tocoles précis et bien encadrés, complexes à mettre en œuvre dans ce cas. Il est difficile de trouver, pour faire des comparaisons, des exploitations dissemblables sur le plan des pratiques de culture mais identiques quant au terrain, à l'exposition, au passé des plants, etc. Et encore plus de savoir, si l'on trouvait des différences, à quoi elles sont dues exactement dans la panoplie des méthodes biodynamiques : mélanges utilisés, dynamisation, enfouissement, tout cela en même temps ou sim­plement l'attention redoublée portée par le paysan à ses cultures et aux rythmes naturels. Difficulté supplémentaire : de l'aveu de ceux qui appliquent ces méthodes, le changement met quelques an­nées à se faire sentir. Les recherches devraient donc être menées sur le long terme, or les subsides des organismes de recherche sont comptés.

 

« Les gens gui passent en biodynamie sont nombreux à trou­ver que leurs vins se sont améliorés. Mais ce ne sont pas les mêmes millésimes, il n'y a pas de témoins, ils ont pu modifier d'autres choses dans leur façon de travailler, donc il est impossible de dire de façon scientifiquement fondée: c'est dû à la biodynamie », analyse Éric L'Hel­gouakh, référent régional viticulture biologique à la chambre d'agriculture du Vaucluse.

 

Des preuves scientifiques dont les viticulteurs qui appliquent la méthode se passent volontiers, à l'ins­tar de François Miglio, viticulteur en côtes-de-Pro­vence (Château-Gasqui). Doté d'une formation d'œnologue, il a passé « sept ans en fac à faire de la chimie » avant de monter une société de conseils aux viticulteurs, puis de devenir lui-même vigneron.

 

 

« Il y a dix ans, je n'avais jamais entendu parler de la biodynamie. Des rencontres avec des vignerons qui la pratiquaient m'ont incité à expérimenter leurs mé­thodes. Résultat: les maladies telles l'oïdium ou le mildiou ont quasiment disparu, la qualité moyenne de mes vins s'est nettement améliorée, ils ont gagné en finesse et, en plus, mes rendements augmentent doucement mais sû­rement. Tout cela s'est fait peu à peu mais, en huit ans de respect de ces méthodes, je suis arrivé à des résultats spectaculaires. J’y ai gagné sur les plans économique, agronomique, œnologique et humain. »

 

Même son de cloche du côté de Michèle Aubery, du réputé Domaine Gramenon, bien noté par nos dégustateurs, passé de l'agriculture biologique à la biodynamie voilà dix ans. « Sur le plan de la vigne, on a constaté une régénération, y compris dans notre parcelle "La Mémé" dont les pieds sont centenaires. Le sol est plus souple, les grappes plus grosses, les rendements ont augmenté. Surtout, le vin a complètement changé: on oublie le côté variétal, il est bien plus minéral, pro­fond. Finis, les arômes de fruits rouges ou autres que l'on rencontre souvent dans des vins un peu" bonbons". »

 

Les amateurs de vins en biodynamie se retrouvent sur ce constat: l'effet du millésime et celui du cépage s'effacent en partie, le terroir prend le dessus. Après tout, n'est-ce pas à cela que devraient servir les appellations d'origine contrôlée (AOC) ?

 

Notre test le montre, la culture en biodynamie n'est pas une garantie de qualité gustative, mais elle peut réserver d'excellentes surprises. Sans compter la satisfaction, quand on boit ce type de vin, de ne pas participer à l'appauvrissement des terres et à la dégradation de notre environnement. Les consommateurs ne s’y trompent pas. Une partie d’entre eux plébiscite ces bouteilles et les producteurs s'adap­tent à cette demande : le nombre de certifiés Déméter (voir fiche ci-après) a quasi doublé en cinq ans. Espérons qu'ils le fassent par conviction et non par pur opportu­nisme. Car tous les professionnels concernés le disent : c'est toute une façon de voir les choses et de pratiquer son métier qui doit changer. Si l'on se contente d'appliquer aveuglément des recettes, les résultats ne sont pas au rendez-vous. »

 

Comment s'y retrouver

 

Vins « Biologiques », ou vins « Biodynamiques », voire vins « Nature »; les vins « verts » sont de plus en plus prisés. Sur quels plans se différencient-ils du tout-venant des bouteilles?

 

 

 

Ils sont pourvus du label européen auquel le viticulteur peut ajouter, s'il le souhaite, le label français. Viticulteurs comme distributeurs sont contrôlés annuellement par un des 9 organismes certificateurs agréés par l'État (Écocert, Bureau Veritas, etc.).

 

La culture des vignes se fait sans recours à des produits chimiques de synthèse.

 

Les engrais sont naturels (matières organiques), on lutte contre les maladies grâce à différentes méthodes encadrées par un règlement européen. Citons par exemple l'utilisation de cuivre, de soufre, d'extraits de plantes, ou encore la lutte biologique (lâcher de prédateurs des ravageurs, phéromones sexuelles, etc.).

 

La vinification, elle, est encadrée depuis 2012 seulement. Si le cahier des charges interdit les pratiques les plus « industrielles », certains pensent qu'il ne va pas assez loin, non pour des raisons de santé publique mais de respect de l'identité du produit.

 

Bien que les seuils maximaux de sulfites soient un peu inférieurs aux vins conventionnels, ils sont toujours susceptibles de donner des maux de tête aux personnes prédisposées.

 

BON À SAVOIR

 

La mention « en conversion vers l'agriculture biologique » signifie que le domaine était auparavant en agriculture conventionnelle et qu'il applique désormais les méthodes de l'agriculture biologique avec les contrôles afférents. Mais une phase de transition (trois ans, en viticulture) est imposée avant de pouvoir arborer le label.

 

LES VINS CULTIVÉS EN BIODYNAMIE

 

Les vignerons respectent les principes de l'agriculture biologique tout en allant plus loin: ils cultivent selon les cycles planétaires et appliquent des préparations bien spécifiques (voir p. 42). Ceux dont la production est labellisée font appel soit à « Déméter », pionnier de la biodynamie qui a ses inspecteurs «maison. (325 viticulteurs certifiés), soit à Biodyvin, syndicat de viticulteurs qui a mandaté « Écocert » pour les contrôles (105 viticulteurs certifiés). Déméter a 2 logos, « Biodyvin » un seul. Leurs cahiers des charges de vinification visent à éviter autant que possible les ajouts (pour une comparaison vins bio/vins Déméter, voir http://goo.gl/LcbVyq).

 

Les vignerons qui cultivent en biodynamie mais ne veulent pas se soumettre à ce cahier des charges de vinification sont autorisés par Déméter à mentionner son nom, mais pas à utiliser ses logos.

 

Chez « Biodyvin », une dégustation annuelle à l'aveugle de la production de chaque domaine est organisée par le syndicat avec des représentants de toutes les régions viticoles pour confirmer que le vin a bien les caractéristiques gustatives propres à la biodynamie.

 

Certains domaines en biodynamie réhabilitent la pratique ancestrale de la traction animale pour le travail des vignes.

 

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Un nombre croissant de vignerons pratiquent l'agriculture biologique ou s'inspirent de la biodynamie sans se faire labelliser.

 

Raisons invoquées: certains viticulteurs trouvent le cahier des charges bio trop laxiste, d'autres veulent au contraire se réserver la possibilité de traiter exceptionnellement contre une attaque sévère ou encore ne voient pas l'intérêt de payer pour être surveillés.

 

En biodynamie, certains domaines prestigieux hésitent à accoler leur image à une pratique longtemps jugée farfelue. Faute de labellisation, c'est par le contact direct ou à travers un caviste ou un restaurateur séduit que vous serez informés des méthodes de culture. Tout est alors fondé sur la confiance plutôt que sur une confirmation par un tiers.

 

Cette appellation n'est pas du tout encadrée, on la rencontre d'ailleurs rarement sur les étiquettes: ce sont plutôt les cavistes ou les restaurateurs qui l'avancent. Mais elle ne signifie rien de précis. Parmi ceux qui s'en prévalent, les uns assurent ne rien ajouter à la vinification, d'autres s'autorisent un peu de soufre, certains professionnels avancent même l'idée paradoxale qu'il ne serait pas nécessaire de cultiver en bio pour faire du vin nature.

 

L’INAO (Institut National des Appellations d'Origine) souhaite encadrer ce concept, mais au vu des dissensions entre tenants des différentes tendances, ce n'est pas pour demain.

 

En attendant, là encore, c'est uniquement sur la relation de confiance entre consommateur et professionnel que se base la décision d'achat.

 

OÙ LES TROUVER

 

Les vins biologiques sont rares en grandes surfaces, les biodynamiques et nature, absents ou presque.

 

Vous trouverez aisément les premiers dans les magasins bios. Vins biodynamiques et nature seront plus facilement accessibles à la propriété, lors de salons spécialisés dans ce type de vins ou encore chez les cavistes séduits par ces démarches.

 


 



07/05/2016
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