UN SOUS-MARIN DANS LE MUSEE AUTOMOBILE VAZ - RENAULT - NISSAN !

2007: усская подводная лодка была подвержена центру

музея АвтоВАЗ… Как он туда достался?

 

 

Une chanson reprise par Charles AZNAVOUR pour vous mettre dans l'ambiance…

« Волга, Волга мать родная, Волга - Русская река » un air très ancien des cosaques du Don sur la Volga...

Vous pouvez l'arrêter en cliquant ci-dessus sur le symbole Arrêt Musique.jpg ou Arrêt Haut-Parleur.JPG 

 

Vous savez probablement que de la fin de la perestroïka jusqu’en 1998, j’ai travaillé pour la Communauté Européenne en Union Soviétique puis en Russie et ma curiosité m’a entraîné un jour à Mourmansk, le chef-lieu de l’oblast de la presqu’ile de Kola qui porte son nom, à 1300 Km au nord de Saint Pétersbourg, bien au delà du Cercle Polaire Arctique.

 

Mourmansk s'impose comme « la plus grande ville du monde au nord du cercle Arctique ».

 

carte oblast mourmansk.jpg
 

La « capitale » de la péninsule de Kola était en effet un port stratégique de l’URSS, bien abrité dans l'embouchure de la Rivière Tuloma (Река Тулома) bien qu’il soit impraticable plusieurs mois par an à cause du gel de la mer de Barents.

 

embouchure de la Rivière Tuloma.JPG

 

Du fait de cette situation à plus de 300 Km au nord du cercle arctique, on peut y admirer des aurores boréales de septembre à mars.

 

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Magnifique Aurore Boréale, saisie par le photographe Russe Vitaly ISTOMIN.

 

Lorsque Mourmansk voit le jour en 1915 avec la création de son port, son destin de grande ville portuaire est déjà scellé. Point stratégique essentiel pour la Russie, la cité est presque entièrement détruite au cours de la Seconde Guerre Mondiale et figure, au même titre que Moscou et Léningrad, sur la liste des villes à reconstruire en priorité.

 

On peut d'ailleurs aujourd'hui admirer « ALYOSHA » un impressionnant monument érigé en 1974 à la mémoire des « Défenseurs de l'Arctique » morts au combat.  Il mesure tout de même 35,50 mètres de haut. Au moins, ça change de Lénine !

 

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Du haut de la colline que ce monument surplombe, on a une vue panoramique sur la ville. Une ville triste comme de nombreuses autres en Union Soviétique.

  

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Et là, j’ai enfin pu voir de mes yeux, sur le port, le fameux cimetière des sous-marins Russes abandonnés et en particuliers les SNLE (Sous-marins Nucléaires Lanceurs d’Engins) de la série TYPHOON, d’autant plus redoutables qu’ils étaient nucléaires, et dont trois, non désarmés, étaient en stationnement « en attente d’instructions » ; personne apparemment ne savait vraiment quelles instructions.

 

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 Là, vous apercevez les trois seuls « TYPHOON » armés à poste…

  

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Et là, Sur les 6 sous-marins de classe Typhoon construits (les N° de série sont surajoutés…)

3 demeurent actifs en 2019, les TK-17, TK-20 et TK-208

 

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En voici un, désarmé, en entretien,

 

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Je vais en profiter pour vous donner quelques aperçus de l’état de ces bâtiments qui, pour la plupart ont été construits dans les années 80… Rien à voir avec nos SNA de la série Rubis, pourtant spartiates eux-aussi, pour lesquels j'ai eu le plaisir de rédiger un article spécifique (cliquer sur le lien hypertexte) !

 

Des monstres à l’image de ce que j’ai connu un peu partout en Union Soviétique, et ceux qui savent ce dont je parle reconnaitront facilement ce qu’ils ont pu constater :

 

Les SNLE de la classe TYPHOON font 173 m de long, 16,50 m de haut, 23 m de maître bau, un massif de 9,50 m de haut, sont armés de 20 missiles balistiques mer-terre d’une portée de 11 000 Km avec chacun une tête nucléaire de 100 Kilotonnes – à savoir 6 fois la puissance de la bombe d'Hiroshima chacun ! - et… 25 000 tonnes en plongée !

 

Les Sous-marins de la classe TYPHOON sont constitué de deux coques parallèles, de SNLE Delta qui se rejoignent par un sas central un peu comme un catamaran (Cf. le schéma ci-après).

 

Déployé par Léonid BREJNEV dans les années 1980 le projet « AKULA » 941 (en Russe AKULA se traduit par « Requin ») pour la marine soviétique puis russe, avait prévu la construction d’une douzaine de ces monstres sous-marins auxquels on a donné le nom de la classe TYPHOON. Elle ne compte en fait que six unités construites (le coût était tel pendant la Perestroïka qu’il n’a pu en être produit plus faute de financement, d’ailleurs la construction du septième a été annulée).

 

 

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Vous trouverez la description de chacun des éléments suivant en cliquant sur les liens soulignés en bleu;

Ils vous renvoient à des dossiers techniques WIKIPEDIA :

 

1 - coque hydrodynamique 

2 - tubes lance-torpilles de 533 mm

3 - coque résistante de proue

4 - barre de plongée avant rétract

5 - sas de sauvetage 

6 - compartiment torpilles 

7 - compartiment sonar 

8 - Tubes lance-missiles P-39

9 - poste central de navigation 

10 - capsules de sauvetage 

11 - dispositifs rétractables 

12 - kiosque 

13 - compartiment radio

14 - compartiment réacteur 

15 - écoutilles des antennes

16 - pare-glace des hélices 

17 - compartiment turbines 

18 - compartiment moteur 

19 - guides hydrodynamiques 

20 - plan vertical 

21 - safran

22 - pompe-hélice 

23 - barres de plongée arrière 

24 - sonar 

25 - propulseurs rétractables 

26 - compartiment missiles 

27 - compartiment équipage 

28 - réacteurs nucléaires OК-650

29 - lignes d'arbres 

30 - stabilisateur 

31 - coque résistante de proue 

32 - coque résistante tribord 

33 - coque résistante bâbord 

34 - coque résistante centrale 

35 - coque résistante de poupe 

36 - réservoir de plongée rapide

 

 

 

i - périscope d’attaque 

ii - périscope de navigation 

iii - radio-sextant 

iv - mât radar et surveillance  

v - schnorchel 

vi, viii - antennes radio 

vii - radiogoniomètre

ix - antenne satellite et GLONASS 

x - flûte sonar

 

Ils étaient, pendant la période de la Guerre froide, le cauchemar de tous les sous-mariniers alliés : rapides (25 nœuds en plongée), ils étaient d'un silence presque parfait.

 

Il ne reste, en 2019, qu'un seul exemplaire en service actif, le TK208 « Dimitri Donskoï », utilisé pour des tests du missile R-30 « Bulava » et deux en réserve le TK17 « Arkhangelsk » et le TK20 « Severstal ».

 

Voici une série de photos que je n’ai bien sûr pas pu prendre moi-même, car, à l’époque de mon séjour en Union Soviétique à la fin de la perestroïka, puis en Russie à partir de 1991, il était proprement inconcevable pour un occidental de visiter la base de Mourmansk, bien que j’aie pu découvrir plusieurs sites de « Красная армия » (l’Armée Rouge) sur lesquels on m’avait invité en tant qu’expert Européen, lorsque je recherchais des entrepôts capables de stocker les produits agricoles d’intervention CEE qui avaient été offerts par l’Europe à la Russie post-soviétique.

 

Je dois dire que pour la plupart, ces photos ont été publiées par des sous-mariniers sur des blogs privés que j’ai pu glaner çà et là depuis…

 

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Le sas de descente.

 

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La descente vers les quartiers de l’équipage.

 

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Une des deux salles des lanceurs de torpilles à l’avant.

 

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Le poste de contrôle.

 

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Le magasin des missiles, au centre du bâtiment, sous le massif.

 

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Les tyratrons et autres tableaux électroniques.

 

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Et au-delà du poste de pilotage et de veille, sur chaque bord, les quartiers des équipages…

 

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Une salle de musculation… Il était même équipé d’une piscine !

On ne pouvait pas faire plus de trois brassées, et plus spartiate, mais…

 

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Avec un salon meublé du mobilier habituel style « soviétique ».

 

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Le sous-marin classe « TYPHOON » TK-208, un monstre !

 

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On aperçoit sur le pont les 10 plaques rondes alignées des lanceurs de missiles.

 

Curieusement, on retrouve un de ces sous-marins abandonnés (non pas un TYPHOON mais un B-307 Diesel) au centre de la Russie, en plein milieu des terres dans l’oblast de SAMARA (pays de la Volga).

 

Alors je vais vous raconter la curieuse histoire du projet 641B, ou projet SOM (Silure). Ce sous-marin diesel B-307, a été amené à Togliatti, dans l’oblast de SAMARA sur les bords de la Volga en 2005 à des milliers de Km de Mourmansk (Il a un petit frère en exposition à Moscou et un autre à Hambourg qui ont utilisé pratiquement les mêmes moyens pour arriver là).

 

En fait, celui-là est arrivé là par la lubie d’un apparatchik, cadre dirigeant de l’usine d’automobiles LADA !

 

On peut le visiter dans son environnement actuel, à savoir le « Musée LADA » sous les baies des 24 étages de la « tour bleue », le siège de « AVTOVAZ » (LADA), là où est implantée la grande usine de construction automobile russe, qui peut être considérée, aujourd’hui encore, comme la plus grande usine de construction automobile du monde.

 

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Togliatti (ex-Stavropol-sur-Volga) est en effet la ville qui abrite l’usine qui construisait les automobiles connues des occidentaux sous la marque « LADA ».

 

Elle se trouve à 100 km de SAMARA, le chef-lieu de l’oblast. La ville de Stavropol-sur-Volga a été fondée par l’impératrice Anna I en 1737.

  

La ville de SAMARA située à 1100 kilomètres au sud-est de Moscou, a été fondée bien avant en 1586 sur l’ordre du tsar Fiodor IOANOVICH.

 

La ville est surtout connue pour la campagne de Stenka RAZINE (1630-1671). C’était un cosaque du Don qui mena un grand soulèvement et le siège de SAMARA contre le pouvoir tsariste dans le Sud de la Russie. En 1670, son armée de 7000 hommes composée en majorité de cosaques pauvres et de paysans fugitifs, assiège la ville de SAMARA.

 

Effrayé, le tsar Alekseï MIKHAILOVITCH décide d’envoyer des renforts de l’armée régulière.

  

Le gouvernement étouffa l’insurrection se lançant dans des représailles massives, mais la révolte de Stenka RAZINE est restée dans la mémoire collective. Il est le héros du chant populaire russe connu sous le nom de « Volga, Volga mat’rodnaya, Volga - Russkaia reka » (Pour l'écouter, cliquer sur le lien suivant)

 

 

Mais la voici aussi sur une petite vidéo YouTube qui vous la présente avec images anciennes :

 


 

Stenka RAZINE préfigure d’une certaine façon la révolte de Iemelian POUGATCHEV (Un siècle plus tard, Emilien Pougatchev, une sorte de « Robin des Bois », est un Cosaque célèbre qui fut un prétendant au trône en 1774 après qu'il ait mené une insurrection des Cosaques du Don et des paysans sur la Volga pendant le règne de la Grande Catherine II - mais il fut capturé et sauvagement décapité à la hache à Moscou l'année suivante pour servir d'exemple).

  

Le 27 janvier 1935, la ville de SAMARA est rebaptisée en KOUIBYCHEV en mémoire de Valerian KOUIBYCHEV, leader socialiste-révolutionnaire et ne retrouvera son nom qu’en 1992 après le putsch de Moscou.

 

Dans les années 1960, pour satisfaire les besoins en énergie de la future usine de construction mécanique géante de Stavropol-sur-Volga, la construction du barrage hydroélectrique de « Jigouli-Kouïbychev »  sur la Volga, à sa confluence avec la Kama a inondé la ville et obligé les habitants à immigrer sur les hauteurs, sur lesquelles la nouvelle ville est née.

 

En 1964, la ville de Stavropol-sur-Volga est rebaptisée en mémoire de « Palmiro Togliatti », un des fondateurs du PC italien, décédé cette année-là.

 

Deux ans plus tard, le pouvoir central désigne le lieu pour bâtir l’usine automobile.

 

La première voiture d’AVTOVAZ, une version familiale, très simple, 4 portes, la « Jigouli », du nom des monts situés en face de Togliatti - dérivée de la Fiat 124. Elle était sortie le 19 avril 1970.

 

La montée en puissance du plus grand complexe automobile soviétique a été fulgurante. La population de la ville a explosé : 10 000 habitants à la fin des années 50, 100 000 en 1970… 750 000 aujourd’hui.

 

LADA avait acquis auprès de l’Italie, à la fin de la perestroïka, la chaine de montage des Fiat 1300 / 1500 qu’elle a assemblé sous la marque LADA, du nom de son fondateur russe Joseph LADA pendant trois décennies.

 

Mais en 2009 s’est passé un bouleversement ! Les heures de la « bonne vieille usine soviétique » sont en partie révolues.

 

En attestent les pelleteuses et bétonnières qui ont envahi le site pendant trois ans, creusant aussi bien dans les espaces verts que dans les hangars désaffectés, en envoyant toutes les vielles machines russes à la casse.

 

« Il nous faut de la qualité au meilleur coût, nous n'avons pas de temps à perdre » a asséné Bo Andersson, le patron d'AVTOVAZ à l'ouverture du Salon de Moscou, le 27 août dernier.

 

 

« Profitabilité, rentabilité », ces deux mots qui n'avaient pas vraiment lieu d'être à Togliatti pendant 40 ans sont devenus en quelques mois des mantras, aussi bien sur les lignes d’assemblage que dans les bureaux.

 

Finis la mafia soviétique, les magouilles de la privatisation des années 90 et l'indolence de quatre décennies sans concurrence.

 

106 000 ouvriers travaillaient dans l’usine en 2005.

 

L’arrivée de Renault-Nissan qui a pris le contrôle de « AVTOVAZ » en injectant un investissement de 400 millions d’Euros parallèlement à un assainissement considérable des comptes pour sauver cette industrie assure la pérennité du site.

 

Il n’y avait plus que 55 000 ouvriers en 2014, réduits à 50 000 en 2018 (qui ne seront plus que 30 000 d’ici 2020).

 

Ils ont appris à se servir des robots « Kuka » qui sont capables d’assembler près d’un million d’automobiles par an (i.e. 70% de la production russe !) sur 5 chaines de montages géantes dans un bâtiments de 1,5 Km de long et 4,5 Km de large.

 

L’intégration est complète puisque l’usine dispose de sa propre fonderie, de 25 lignes de presses pour les petites comme pour les grandes pièces, d'une usine de moteurs et de boîtes de vitesses et d'une usine de fabrication de plastique…

 

Là, sont assemblées les légendaires 4x4 Lada, mais elles côtoient maintenant les Lada Granta et Largus, les Renault Sandero II et Logan II et la Nissan Almera.

 

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La chaine de montage des Renault Sandero II et Dacia Logan.

 

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Les robots « Kuka » qui assemblent les automobiles du groupe Renault-Nissan

 

C’est mon côté « cocorico » qui m’a une fois encore fait un peu disgresser quant à LADA… (Je n’ai pu m’en empêcher, car les Français sont trop souvent ignorants et ne savent pas se mettre en valeur alors qu’ils ont tout pour être fiers de leurs réalisations ! Soit dit en passant… Merci Mr Carlos Ghosn, même s'il a outrepassé ses prérogatives sur un plan personnel).

 

Mais revenons au sous-marin…

 

Si vous voulez savoir comment il y est arrivé, je vous l’explique ci-dessous après vous l’avoir présenté tel qu’il apparait en temps ordinaire dans l’enceinte du musée LADA avec sa torpille engagée !

 

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La « chose » repose sur des bers en béton, loin de tout plan d’eau.

 

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Grâce à Mr Megard, un photographe, nous avons quelques bonnes photos du bâtiment.

 

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Revenons au début de l’histoire… et de l’apparatchik Russe, cadre dirigeant de LADA !

 

Pour installer « son » musée, il voulait impressionner ses visiteurs en exposant un énorme sous-marin nucléaire de classe TYPHOON sous les fenêtres du siège de l’usine automobile LADA. Quand des apparatchiks comme ceux-là veulent quelque chose en Russie, en général, ils l’obtiennent. Alors ils l'ont fait !

 

Ils sont allés trouver un mamamouchi de l'armée et leur a dit qu’ils se proposaient d’offrir à l’armée quelques automobiles LADA, mais en échange ils ont demandé qu’on leur donne un sous-marin SLNA de classe TYPHOON désarmé et qu’on le leur livre à Togliatti.

 

Bien sûr, ils ne l'ont pas fait tout à fait comme ça, je simplifie…, mais ils ont bel et bien contacté le ministère de la marine en leur exposant leur projet de musée qui présentait le sous-marin comme une pièce maitresse « du grand musée des constructions mécaniques LADA » pour tenter d’amadouer les fonctionnaires du ministère tout en faisant bonne figure.

 

Le ministère de la Marine avait bien quelques bâtiments désarmés, mais ne voulaient pas donner aux gars de LADA un bateau nucléaire, alors, pour leur donner satisfaction, ils ont choisi un exemplaire des plus grands sous-marins diesel Russe désarmé dont ils disposaient, et ont proposé celui-là qui a été construit en 1979.

 

Mais comme en acheminer un de Mourmansk à Togliatti, aurait coûté une fortune puisqu’ils s’étaient engagé à le livrer, ils en choisirent un qui était stationné sur les quais du port militaire de Saint Pétersbourg et non un de ceux qui pourrissait dans le cimetière marin de Mourmansk.

 

Ils l’ont... vendu à LADA contre un certain nombre d’automobiles LADA de service (je n’ai pas réussi à savoir combien !).

 

En fait, le modèle B 307 est l’un des plus grands sous-marins soviétiques non-nucléaires qui n’aient jamais été construit, de sorte que les gars de LADA en ont été tout de même satisfait.

 

Restait le plus difficile… La livraison.

 

Le Ministère de la marine a accepté d’amener le sous-marin par les voies d’eau du « système Mariinsk » de Saint Pétersbourg jusqu’à SAMARA qui est situé au bord de la Volga. Aux gars de LADA, de se débrouiller ensuite de le sortir de l’eau et le présenter dans leur musée.

 

Il faut savoir que sous l’appellation de « système Mariinsk » (en russe : « Мариинская водная система ») du nom de l’ingénieur qui conçut le projet au début du XIXème siècle, a été construite une voie navigable qui permettait de rejoindre la mer Baltique à la mer Noire et la mer Caspienne par toute une série de canaux parallèles aux fleuves, dont bien sûr la Volga, et qui couraient d’un lac à l’autre (Ladoga, Onega, Rybinsk) en les faisant se rejoindre par tout un système d’écluses. Le système Mariinsk a été reconstruit dans les années 1960 afin d’accueillir des bateaux de plus fort tonnage.

 

Un travail de Titan à la taille des grands travaux soviétiques de l'époque héroïque que je vous schématise ci-dessous:

 

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Ils ont donc vidé tous les ballasts du Sous-marin, l’ont entouré de prés de 400 tonnes de blocs de polystyrène pour le faire flotter comme un bouchon de façon à ce qu’il ne risque pas de talonner le fond des canaux par son tirant d’eau trop important.

 

Incapable de se mouvoir seul car les moteurs étaient hors service depuis longtemps, ils l’ont convoyé avec un pousseur de péniches depuis Saint Pétersbourg qu’on peut traverser de nuit quand tous les ponts sont levés pour laisser circuler les cargos jusqu’au lac Ladoga.

 

Puis il a fallu le pousser sur les canaux jusqu’à Samara qui est situé sur les bords de la Volga à plus de 2250 Km !

 

Ça a pris plusieurs semaines, car il a fallu rehausser sur le parcours certaines passerelles trop basses pour laisser passer le convoi et passer certaines écluses qui ne pouvaient accueillir à la fois le sous-marin de 100 m et son pousseur.

 

Vous allez découvrir les difficultés rencontrées, mais ils y sont parvenus !

 

 

Transport d'un sous marin sur un cargo 2.jpg

 

Le voilà donc parti lesté de polystyrène de Saint Pétersbourg où il était amarré pour un trajet de 2250 Km qui remonte au nord à plus de 400 Km pour passer du lac Ladoga, au lac Onega, puis au réservoir Rybinsk et atteindre enfin le cours de la Volga !

 

Transport d'un sous marin sur un cargo.jpg

 

Arrivé sur la Volga par un canal parallèle au niveau de Togliatti le ministère de la marine l’a livré à quai. Et c’est là que les vraies difficultés ont commencé pour LADA.

 

C’est que le monstre n’est pas facile à déplacer ! Il pèse 4000 tonnes et sa longueur est de 300 pieds (pratiquement 100 m !). Rajoutons à cela l’hiver Russe et vous saisirez le défi.

 

Ils ont dû le laisser à l’ancre dans le fleuve recouvert de glace jusqu'au printemps.

 

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Puis, au printemps, à coups de bulldozers, il a fallu lui aménager un plan incliné sur les rives de la Volga, pour pouvoir le hâler sur terre.

 

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 Pour alléger la facture, ils ont fait appel au mécénat de Coca-Cola…

 

 

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Et ensuite le déplacer avec une armée de grues et de pelleteuses pour le hisser sur la berge puis le trainer sur quelques centaines de mètres en le faisant rouler sur des troncs d’arbres jusqu’à atteindre le niveau du site de l’usine LADA !

 

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 Sur ses troncs d’arbres et à l’aide un simple tracteur, ils sont arrivés ensuite à le trainer sur les 3 Km qui le séparaient du site du Musée.

 

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Le sous-marin diesel B-307 en plein hiver sous la neige dans le musée !

 

Pour arriver à l’immobiliser sur des bers en béton à l’emplacement choisi sur le site du musée.

 


 

 

 

 



17/03/2019
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