LES « SAINTIERS » DE MOSCOU A NOTRE DAME DE PARIS...

Les « Saintiers » était le nom que l'on donnait autrefois aux fondeurs de cloches (de l'ancien Français sain ou sin = cloche, que l'on retrouve dans toca-sin : tocsin - et par contraction, on jouait aussi sur le substantif « Saint » car le son des cloches étaient supposé attirer les Anges !).

 

A l'origine, l'idée de cet article m'a été suggéré par un lecteur assidu, qui m'a remémoré mon étonnement, il y a une vingtaine d'années, lorsque j'ai découvert pour la première fois les jardins du Kremlin à Moscou, où j'ai travaillé pendant plusieurs années, à la fin de la Perestroïka.

 

 La cité du Kremlin et ses jardins...

 

Dans ces jardins gît une énorme cloche (flèche rouge) au pied de l’église d’Yvan le Grand, juste en face de la Cathédrale de l’Assomption, qui commandait aux 350 églises de Moscou.

 

C'est la plus grosse cloche jamais fondue dans le monde qui se nomme « Царь-колокол »  (en bon Français : « Czar = Tsar » et « Kolokol = Cloche » soit le « Tsar des Cloches »).

 

« Czar Kolokol » naquit le 24 août 1735, jour de la Saint Barthelemy, après 2 ans et 5 mois de travail dont le romancier Français Jean Anglade a fait un récit historique fort intéressant et bien documenté dans son roman « Le Saintier » que je vous encourage à lire un jour, mais voici les faits, pour attiser votre curiosité... C'est peu banal !

 

Cette « Cloche Star », ou « Tsar des Cloches » en voici l'image... Remarquez bien la taille du personnage à coté du morceau brisé qui ne pèse que... 11,5 tonnes, et vous noterez aussi la taille du battant !  Avec la complicité du Colonel commandant la place, j'ai eu, à l'époque, l'autorisation de me glisser sous la cloche dans laquelle j'ai pu lire l'inscription dont je vous parle plus loin...  (du temps de l'Union Soviétique... on ne pouvait pas faire n'importe quoi surtout pour un étranger! Les choses ont bien changé, heureusement.) 

 

     

La Tsar des Cloches et son balancier... 

 

« Царь-колокол », Le « Tsar des cloches » est un maître-bourdon en bronze qui pèse... 201924 Kg (+ de 203 tonnes avec son balancier!). Il a une hauteur de 6,24 m et un diamètre de 6,60 m.

 

Il a été fondu en 1735 par une équipe de 200 hommes, supervisés par les maîtres artisans Russes Ivan Motorin puis son fils Mikhail, à la demande de la tsarine Anna Ire, pour réaliser le rêve de son grand-père Alexis Ier (le père du premier Empereur de Russie, Pierre Ier le Grand) en collaboration avec trois membres de la très ancienne famille de Saintiers Français Mosniers qui exercèrent leur activité pendant plus de trois siècles à Viverols-en-Limagne-Forez (Puy de Dôme) entre Usson et Ambert (Viverols est tiré du latin Vivarolium = « Eau Vive ou Vivarium » où traditionnellement des moines Bénédictains de Cluny avaient installé un viviers pour y élever des poissons...).

 

En quelques lignes, voici le récit de cette « coïncidence » !

 

A la fin de l'été 1697, La famille des Saintiers Mosniers reçut la visite à Viverols de deux étranges cavaliers impressionnants par leur stature (tous deux mesuraient plus de 2 mètres!) vétus de peaux de chèvres. Ils se présentèrent comme deux habitants de « Moscovie », autrement dit de Russie, dont l'un dit qu'il se nommait Piotr Mikhaïlov et était accompagné de son serviteur Ivan Ivanovitch Starov, qui parlait très bien le Français.

 

Ils expliquèrent qu'ils demandaient la faveur d'être employés quelques jours comme apprentis car ils s'interessaient aux Arts et Métiers afin de rapporter dans leur pays quelque chose de l'expérience des meilleurs artisans Français, avouant que les Saintiers Mosniers leur avait été indiqués comme étant les meilleurs fondeurs de cloches Français...

 

A cette époque, commençaient à circuler des Compagnons du Devoir à travers tout le pays et les Mosniers ne furent pas autrement étonnés de cette requète à laquelle, passée la première surprise de la visite qui leur faisait craindre « un espionnage » de concurrents saintiers Alsaciens, ils donnèrent leur accord surtout lorsque les Russes leurs précisèrent qu'ils ne leur demandaient aucun gage, et étaient au contraire prêts à payer pour leur gite et leur nourriture.

 

Après quelques jours passés à faire les plus durs travaux de la sainterie, Piotr demanda qu'on veuille bien lui apprendre à fondre le fût d'un « fauconneau » de 100 livres long d'une coudée, c'est à dire un petit canon, et s'est proposé de le payer.

 

Les Saintiers qui avaient fini par sympathiser avec ces drôles de visiteurs acceptèrent mais en se gardant bien de les associer aux calculs des proportions de l'alliage cuivre, étain et zinc qui composent le bronze, sans prendre soin par contre de leur cacher l'emploi du soufre, du crottin de cheval, de l'ail, de la plombagine, de l'étoupe et le maniement des outils bien spécifiques que sont le brunissoir, la grignotte, le tarabiscot, l'ébarboir et la patarasse, persuadés qu'ainsi, ils ne risquaient pas de livrer leurs secrets de fabrication...   

 

L'affaire fut rondement menée et, en une petite semaine, ils fondirent leur canon avec l'aide de Piotr et Ivan. Emmerveillé, Piotr tint parole en les remerciant avec une petite bourse de cuir contenant une grosse poignée de pièces d'or.

 

Puis ils s'en allèrent acheter un troisième cheval pour pouvoir transporter leur petit canon avant de prendre congé, non sans avoir fort étonné le chef de famille des saintiers par leurs connaissances en mathématiques qui lui clouèrent le bec... Piotr et Ivan n'avaient en effet pris aucune note mais avaient appris par coeur toutes les proportions et les différentes opérations de moulage! Mais bon, moindre mal, ils repartaient en Russie.  

 

Quelle ne fût pas leur surprise, lorsque les deux Russes disparurent à l'horizon de s'apercevoir que les pièces d'or comportaient sur leur coté « face » le profil d'un monarque, avec autour l'inscription en lettres latines « Petrus Imperator Russiae Magnus Dux Moscovae » autrement dit « Pierre, Empereur de Russie, Grand Duc de Moscou » en reconnaissant sans méprise possible... le faciès de Piotr Mikhaïlov !

 

l'Empereur Pierre 1er Le Grand dont la statue décore la place de l'Amirauté à St Petersbourg

 

Petit retour en arrière : en effet, en décembre 1696, Pierre Ier le Grand avait annoncé à la Douma des boyards la création d'une « Grande Ambassade », formée de diplomates et de quelques courtisans, ainsi que son intention d'en faire partie, faisant de lui le premier tsar à quitter l'Empire depuis le grand-duc Iziaslav de Kiev, à la fin du XIe siècle.

 

Il visait par là d'abord à nouer des alliances avec différents États d'Europe afin de mener une guerre contre l'Empire ottoman, raison pour laquelle il avait écarté la France de Louis XIV de son voyage, celle-ci s'étant tournée vers « la Sublime Porte » (c'est ainsi qu'on nommait la ville de Constantinople, siège du gouvernement de l'Empire Ottoman) pour prendre ses ennemis à revers.

 

Mais le voyage était aussi pour Pierre Ier le Grand, l'occasion d'approcher la culture occidentale, d'apprendre différents métiers manuels et de recruter des spécialistes étrangers, surtout pour la marine de guerre. Chaque visite était l’occasion de projets divers.

 

Il partit ainsi, incognito, sous le nom de Piotr Mikhaïlov, en mars 1697, en Prusse, et y étudia essentiellement l'artillerie, tandis que ses diplomates tentaient de nouer une alliance avec Frédéric III de Brandebourg, futur roi de Prusse.

 

Puis il alla dans l'Empire des Habsbourg, aux Pays-Bas, où il travailla comme simple ouvrier dans les chantiers navals de la Compagnie Hollandaise des Indes Orientales, près de Zaandam, et étudia la construction navale à Amsterdam.

 

En Angleterre, il approfondit ses connaissances théoriques en matière de construction navale à Deptford (Londres) et visita l'Université d'Oxford ainsi que la maison d'Isaac Newton.

 

En France, après différentes visites comme celle qu'il fit à Viverols et quelques  grands chantiers de construction réalisés par des compagnons du devoir sur lesquels il affinat son grand projet de fondation ex-nihilo de sa toute nouvelle capitale de Saint Petersbourg, il se rendit à Vienne, où il eut une entrevue décevante avec Léopold Ier du Saint-Empire Romain Germanique.

 

La « Grande Ambassade » fut écourtée lorsque Pierre 1er apprit la nouvelle de « la révolte des Streltsy » (les gardes impériaux russes), qui avaient l'intention de replacer l'ex-régente Sophie sur le trône. Pierre 1er, qui se dirigeait alors vers Venise, rentra précipitamment à Moscou en septembre 1698, afin d'écraser définitivement la révolte qui, en définitive, fut finalement réprimée en son absence.

 

Revenons à Viverols... Au début de l'année 1717 arriva de Paris une lettre pliée en quatre portant la mention « PP » (Port Payé) scéllée d'un fil rouge et d'un cachet de cire représentant un aigle à 2 têtes. Elle était signée par le Prince Boris Alexandrovitch Kourakine, ambassadeur de Russie à Paris, qui « invitait les Saintiers Mosniers à une réception à Versailles » où l'Empereur Pierre 1er Le Grand entendait présenter ses salutations au nouveau roi de France, Louis XV, qui venait d'être couronné et souhaitait y associer tous les artisans Français qui l'avaient reçu au cours de sa « Grande Ambassade » de 1697! Les Mosniers s'y rendirent et furent éblouis de l'accueil chaleureux de l'empereur et du faste de la réception à Versailles. 

 

15 ans plus tard, en 1731, alors que la sainterie Mosniers rencontrait quelques difficultés de trésorerie, trois des saintiers Mosniers dont le patriarche Pardoux se proposèrent de quitter Viverols pour aller chercher des cloches à fondre afin de renflouer les caisses, jusqu'en Russie où le Prince Kourakine, l'ambassadeur de Russie qui les avait reçu à Versailles leur avait laissé entendre qu'il y avait à Moscou de nombreuses églises sans cloche et qu'avec la bienveillante recommandation du Tsar, ils pourraient peut-être en équiper quelques unes!

 

Ils mirent trois mois d'un voyage épique avec une carriole et un cheval, pour y arriver en plein hiver...

 

    

Dans l'enceinte du Kremlin: la Cathédrale de la Dormition et celle de l'Assomption

« Czar Kolokol » est au pied du clocher.   

 

Le Prince KOURAKINE, l'ambassadeur qui les avait si bien reçu en 1717 à Versailles, agé, s'était, depuis, retiré dans ses terres non loin de Moscou, mais se souvenait trés bien d'eux et les accueillit en leur apprenant la disparition du Tsar Pierre 1er en 1725 à Saint Petersbourg.

 

Mais il les aida à trouver quelques chantiers d'églises qui nécessitaient leur intervention jusqu'au jour où, grâce à la bienveillance du Prince KOURAKINE, il furent appelés à Moscou par les artisans saintiers Russes Ivan et Mikaïl MOTORIN qui avaient été chargés par le nouveau Tsar de fondre la plus grosse cloche de tous les temps. Et c'est ainsi que les trois saintiers Français participèrent à ce gigantesque chantier qui les occupa pendant plus de deux ans !

    

Les ornementations de « Czar Kolokol » comme les portraits et textes qui ont été gravés sur sa robe ont été dessinés par des artistes Russes de renom dont V. KOBELEV, P. GALKIN, P. KOKHTEV, P. SEREBRYAKOV et P. LUKOVNIKOV sous la direction d'un Italien, Bartolomeo RASTRELLI, un artiste Florentin ornementiste de 60 ans qui avait représenté, sur la robe de la Cloche, le Tsar Alexis 1er Mikhaelovitch, père de Pierre 1er le Grand, l’Univers dans la main gauche et le sceptre dans la droite, ainsi qu’Anna Ivanovna, la Tsarine couronnée de fleurs.

 

A leur grande déception, les saintiers Mosniers ne furent autorisés, eux, qu'à inscrire en caractères cyrilliques et à l'intérieur de la cloche la mention « Пардаукс Моснирс, Колокол Изготовитель к виверолс » à savoir « Pardoux Mosniers, Fondeur de Cloche à Viverols » où on peut encore la lire.

 

La cloche, hélas, a été brisée en mai 1737 lors de l'incendie de l'échaffaudage qui avait été mis en place pour bâtir le clocher capable de la supporter (203 tonnes!) avant même qu'elle soit démoulée : un éclat de 11,5 tonnes s'en est détaché. Elle était alors encore dans sa fosse de coulage, et c'est le choc thermique entre le feu et l'eau d'extinction de l'incendie qui lui a été fatal.

 

Ce n'est qu'en 1836 que la cloche « Czar Kolokol » a été enfin déterrée de sa fosse par l'architecte Français Auguste RICARD de MONTFERRAND (à savoir de Clermont-Ferrand dont il était originaire) pour être déposée à son emplacement actuel, au pieds de la tour d'Ivan Le Grand.

 

Ce Français, Auguste RICARD, peu après la fin de ses études d'architecture à Paris, était parti chercher fortune à Saint Petersbourg où il construisit en effet de nombreux bâtiments dont la Cathédrale Saint Isaac, puis d'autres grands chantiers de prestige dont le manège de Moscou. Il demeura en Russie jusqu'à sa mort.

 

  

Cathédrale Saint Isaac à Saint Petersbourg et le manège de Moscou

construits tous deux par l'architecte Français Auguste RICARD. 

 

La Cloche « Czar Kolokol » succèdait à deux autres cloches qui furent appelées comme elle « tsar de toutes les cloches » : la première au début du XVIIe siècle, la deuxième en 1654 pesait environ 130 tonnes, et fut détruite en 1701.

 

Il semble que ces cloches furent détruites dans l'unique but de les refondre en plus grand, jusqu'à la troisième génération.

 

L'analyse de l'alliage effectuée à partir d'un morceau brisé par le laboratoire impérial du corps des mines, donna le résultat suivant :

  • cuivre 84,51 %
  • étain 13,21 %
  • soufre 1,25 %
  • divers (zinc, arsenic, ...) 1,03 %.

 

Nota Bene : Le qualificatif « Czar », dans le nom de cette cloche, provient d'une habitude Russe de nommer ainsi toutes sortes de très grandes réalisations, comme « Czar Bomba », la plus puissante bombe à hydrogène à avoir explosé, ou comme « Czar Pouchka », le plus grand obusier jamais construit, lui-même exposé dans les jardins du Kremlin :

 

  

 Le Tsar Pouchka

 

Le « Царь-пушка » ou « Czar Pouchka », est un canon gigantesque, comme on peut le lire sur la plaque en Russe « fondu en 1586 par le Maître Moscovite Andreï TCHOKHOV », à la demande du tsar Fédor Ier, fils d'Ivan le Terrible.

 

Il pèse 39312 Kg, (40 Tonnes!) a une longueur de 5,34 m, un calibre de 890 mm, un diamètre externe de 1200 mm et a été conçu pour tirer de la mitraille pour la défense du Kremlin en temps de guerre.

 

Il n'a toutefois jamais été utilisé et pourrait bien avoir été créé uniquement comme prouesse d'ingénierie militaire.

 

Le canon est décoré de bas-reliefs, l'un d'entre eux représentant notamment le Tsar Fédor Ier à cheval. L'affût original a été construit au XVIe siècle, mais a été détruit par un incendie en 1812.

 

Le nouvel affût et les boulets en fonte ont été fondus en 1835 (chacun d'eux pèse 1 tonne!). Le canon est exposé à côté de la « Tsar Kolokol ». Il a été restauré en 1980. Le Guinness des records le décrit comme le plus grand obusier jamais construit.

 

Les boulets exposés n'ont jamais été conçus pour être utilisés... ils sont d'un diamètre supérieur à ce que le canon pourrait utiliser. La légende raconte qu'ils ont été fondus à Saint-Pétersbourg, trois centimètres trop gros, comme une plaisanterie pour marquer la rivalité avec Moscou.

 

Cette introduction nous a fait nous écarter quelque peu du sujet que m'avait suggéré mon lecteur au départ... Celui de parler de cet évènement exceptionnel qu'est le 850ème anniversaire de la Cathédrale Notre Dame de Paris... 

 


 

NOTRE DAME DE PARIS a donc 850 ans ! 

 

A l'occasion de cet anniversaire, les nouvelles cloches de Notre Dame de Paris dont ont été équipés les deux clochers, ont été dévoilées au public le samedi 2 février 2013 afin d’être bénites (cf. la vidéo spécifique en fin d'article) et ont sonné pour la première fois lors de la solennité des Rameaux qui ouvrait la Semaine Sainte, le samedi 23 mars 2013.

 

Pour écouter la reconstitution de la sonnerie des tours de la cathédrale à la fin du XVIIIe siècle telle qu’elle a été rétablie en 2013, vous pouvez jouer le sonneur de cloches en cliquant au centre de l'enregistrement suivant (ne dure que 1' 12"!)

 

   

« Via Viatores Quaerit »... (= « Je suis la voie qui cherche les voyageurs »).

 

« Les cloches sont là pour l'annonce de l'Évangile, au même titre que les célébrations ou la musique sacrée. Elles la font entendre au peuple de Dieu au rythme de ses joies et de ses peines », a dit Mgr Patrick JACQUIN, recteur et archiprêtre de la cathédrale, au moment de la dépose des quatre anciennes cloches, le 20 février 2012, dont on ne sait pas, si elles seront fondues ou réutilisées ailleurs.

 

Elles avaient été installées en 1856, mais leur qualité musicale était médiocre et surtout n'étaient pas accordées, pour remplacer celles fondues à la révolution aux seules fins de fabriquer des fûts de canons !

 

En introduction, voici une vidéo du projet en quelques images (il ne dure que 4' 30")

 

 

Ce projet est effectivement l’un des événements majeurs du 850e anniversaire de Notre-Dame de Paris qui a été célébré le samedi 23 mars 2013 à l'occasion de la fête des Rameaux.

 

Un nouvel ensemble, composé de huit nouvelles cloches pour la tour nord et d’un nouveau bourdon pour la tour sud (qui a pris place aux côtés du grand bourdon « Emmanuel »), a été coulé puis a été exposé dès son arrivée à l'intérieur de la cathédrale pour être mis en place fin février.

 

 

Cet ambitieux projet a permis à la cathédrale Notre-Dame de Paris de retrouver le paysage sonore qu’elle possédait à la fin du XVIIIe siècle, patrimoine campanaire de tout premier ordre qui lui manquait et qui, par le passé, a largement participé à la renommée de l’édifice.

 

Si le grand bourdon « Emmanuel » demeure aujourd’hui l’un des plus beaux vases sonores d’Europe, sinon le plus remarquable, comme s’accordent à le dire les « campanologues », musiciens et musicologues, il n’en était pas de même pour les quatre cloches de la tour nord installées en 1856 et qui faisaient défaut (mauvaise qualité du bronze, mauvais rendu acoustique, insuffisantes pour l'harmonie, et elles n'étaient pas accordées ni entre elles, ni avec le bourdon  « Emmanuel » ).

  

Ce sont donc des raisons musicales et d’utilisation liturgique de cette sonnerie (offices, carillon des heures avec des thèmes appropriés à chaque temps liturgique) qui, en ce XXIe siècle, ont prévalu au choix de la nouvelle composition.

 

La mise en parallèle avec les éléments historiques (qui sont profusion dans le cas des cloches de Notre-Dame) a voulu que nous nous retrouvions en parfaite adéquation avec la situation de la sonnerie des tours à la veille de sa destruction, à savoir : huit cloches dans la Tour Nord et deux bourdons dans la Tour Sud, ensemble dont la base est le bourdon « Emmanuel » .

 

Régis SINGER, carillonneur et expert, s'est plongé dans les archives et a pu trouver la gamme d'origine. Paul BERGAMO a établi les profils idéaux par la grâce du numérique, mais chaque cloche a acquis sa personnalité dans le secret de son atelier. Leurs décorations sont d'aujourd'hui, à l'image de la cathédrale, sanctuaire vivant.

 

Ces choix ont été validés à l’unanimité par la Commission Supérieure des Monuments Historiques.

 

En outre, l’installation d’un nouveau bourdon dans la Tour Sud, dont VIOLLET-le-DUC avait déjà prévu l’emplacement lors de la reconstruction du beffroi en 1845, va permettre « d'économiser » le bourdon « Emmanuel » qui, du haut de ses 330 ans, doit ménager ses sonneries à la volée pour assurer sa pérennité.

 

C’est donc à travers cette œuvre patrimoniale contemporaine, qui s’inscrit dans la lignée des bâtisseurs de cathédrale à l’instar d’autres projets de ces 850 ans, que le paysage sonore de la fin du XVIIIe siècle peut se faire entendre à nouveau sur le parvis de la cathédrale.

 

Suite à appel d’offre, la réalisation :

  • des huit cloches de la tour Nord a été confiée à fonderie CORNILLE-HAVARD à Villedieu-les-Poêles (dans la Manche),
  • celle du bourdon « Marie » à la fonderie ROYAL EIJSBOUTS (à Asten aux Pays–Bas) qui est le plus grand fondeur de cloches mondial, et semblait être le seul capable de fondre ce bourdon dans de bonnes conditions.

La fabrication des cloches est un travail d’extrême précision afin d’obtenir la sonorité souhaitée.

 

Les décors sont réalisés en relief sur un moule en deux parties dont la forme à l'extérieur et son noyau à l'intérieur sont enterré dans une fosse de sable réfractaire pour des raisons de sécurité (éviter des explosions) et d'isolation thermique (éviter un refroidissement trop rapide).

 

Le bronze en fusion à 1100°C est introduit en une seule fois dans l'espace laissé entre les deux parties et prend la forme exacte de la cloche. L'ensemble mets plusieurs jours à refroidir très lentement pour éviter toute amorce de fêlures par retraint trop brutal avant d'être démoulé.

 

Voici les différentes opérations de fabrication d'une cloche, en quelques photos prises dans la fonderie CORNILLE-HAVARD à Villedieu-les-Poêles (Manche).

 

On va commencer pour chacune des cloches, par façonner un noyeau en briques réfractaires que l'on va enduire d'argile réfractaire en le lissant au moyen d'un gabarit aux exactes dimensions de l'intérieur de la cloche.

 

Une fois le noyeau complètement enduit d'argile et bien lissé, il est mis à sécher puis on va le cuire en introduisant de la braise à l'intérieur par l'évent laissé sur le dessus.

 

    

 

 

Une fois le noyeau complètement enduit d'argile et bien lissé, il est mis à sécher puis on va le cuire en introduisant de la braise à l'intérieur par l'évent laissé sur le dessus.

 

 

    

 

 

   

 

 

Et pour chacune des cloches on va recommencer l'opération pour la forme extèrieure, à savoir que, comme il serait très difficile de façonner un moule en creux, on fait un deuxième noyau dont les dimensions sont légérement supérieures à celles du premier, la différence étant les épaisseurs que les techniciens souhaitent donner aux différentes parties de la cloche.

 

L'opération est trés délicate, car l'epaisseur n'est pas uniforme du haut en bas de la cloche et elle va être calculée de façon trés précise par les techniciens qui doivent tenir compte aussi du léger rétraint du métal quand il se refroidira. Mais cette opération permet aussi de graver dans l'argile en relief les ornements et inscriptions dont on souhaite orner la cloche finie. 

 

Le son que va rendre la cloche finie dépend en effet de ces différentes épaisseurs, voire de la composition de l'alliage du bronze qu'il va falloir utiliser. Les Saintiers arrivent ainsi à définir trés éxactement, et à l'avance, la sonorité de la cloche qui est donc fonction de sa grosseur, de ses formes plus ou moins évasées, de ses épaisseurs de robe, de son alliage, et tout cela va leur permettre de définir la note que rendra la cloche une fois finie, ce qui est trés important pour qu'elle puisse entrer en harmonie avec les autres cloches qui sonneront avec elle !

 

C'est une artiste spécialisée, Virginie BASSETTI, qui est intervenue pour sculpter sur chacun des huit second noyaux les décors, et les inscriptions qui apparaîtront en reflief au démoulage, avant que l'on fasse le moulage en argile réfractaire également, de ce deuxième noyau, qui est en effet l'exact reflet de la forme extérieure de la cloche finie. Et on placera ce moule  à cheval au dessus du noyau intérieur dans la fosse de moulage de sorte que le bronze en fusion puisse s'écouler librement entre les deux moules le moment venu.

 

 

 

On va enterrer les différents moules avec leurs noyeaux respectifs dans la fosse de moulage. Pour les « petites » cloches, le saintier a décidé pour des raisons de coûts de mise en oeuvre de les couler ensemble deux par deux (les différents moules sont joint par des canaux de ciment réfractaire qui vont conduire le bronze en fusion dans les deux moules)

 

 

  

 

 

Et l'on prépare la coulée du bronze en faisant fondre tour à tour les lingots des différents métaux qui constituent le bronze (le bronze est un alliage d'environ 80% de cuivre + 15% d'étain et le reste de zinc, voire d'autres additifs qui auront tous leur rôle dans l'alliage) dans le four chauffé à plus de 1100°C, température de fusion du bronze.

 

 

  

 

Le bronze en fusion (à 1100°!) va s'écouler du four par une gouttière en Y dans les canaux de coulage maçonnés en ciment réfractaire qui rejoignent les moules. Comme la densité du bronze en fusion est de 9, toutes les impuretées vont remonter à la surface pour ne lus laisser au fond du moule qu'un métal pur. C'est pourquoi il faut l'agiter jusqu'à ce qu'il ne risque plus d'y avoir aucune impureté. C'est l'objet de l'opération qui suit.

 

 

  

 

 

 

 

Puis, on va laisser refroidir le moulage trés lentement pendant trois jours pour éviter tout choc thermique préjudiciable à la qualité de l'amalgame avant de démouler. 

 

 

     

Virginie BASSETTI découvre son œuvre en relief au démoulage de la cloche

 

Puis il va falloir débarasser les cloches de leur gangue, les polir, voire, les tourner sur un tour géant pour les débarasser de certaines imperfections et surtout les « accorder ».

 

L'accordage consiste à enlever un peu de métal jusqu'à obtenir la note juste et parfaite que les techniciens veulent lui donner, soit avec une meuleuse, soit en plaçant la cloche sur un tour qui va permettre d'enlever une fine couche de métal sur le bord voire le pourtour de la robe.

 

Mais le mieux à ce stade, est de visionner cette vidéo faite sur place pour comprendre les dernières opérations (Nota Bene : cette vidéo provient de l'AFP et il est fort possible qu'elle soit retirée de leur site après la cérémonie des Rameaux, auquel cas il suffirait alors de cliquer sur la mention « visionner sur YouTube » qui ne manquerait pas d'apparaître pour l'ouvrir sur un nouvel onglet).

 

 

 

 

Ca y est, les huits cloches prêtes ont été chargées toutes ensemble sur une semi-remorque, avec le bourdon en provenance des Pays-Bas qui a transité pour la circonstance par Villedieu-les-Poêles.

 

Le camion les a transportées le 31 janvier 2013 triomphalement jusque sur le parvis de Notre Dame où elles ont été accueillies dans la liesse par la foule et Mgr Patrick Jacquin !

 


 

Le Choix des prénoms des neuf nouvelles cloches rend hommage à de Grands Saints et des personnalités qui ont marqué la vie du diocèse de Paris et de l’Eglise. Pour information nous vous donnons ci-dessous les caractéristiques de chacune.

 

 

 

Pour la tour Sud (à droite de la façade):

 

Le bourdon sonne le Sol#2, pèse 6023 kg et son ø est 206,5 cm.

 

Prénom « MARIE » pour le « petit bourdon », en l’honneur de la Vierge Marie, mère de Dieu et Mère de l’Eglise, et tout particulièrement protectrice de cette église-cathédrale Notre-Dame, église-mère de l’archidiocèse de Paris, mais en souvenir également du premier bourdon « MARIE » qui, de 1378 à 1792, fit entendre sa sonnerie.

 

Il a été réalisé grâce au mécénat de la Fondation Bettencourt Schueller (celle que finance Madame Liliane BETTENCOURT).

 

Sur le bourdon :

    • le texte du « Je vous salue Marie »,
    • un texte séculier,
    • un médaillon de la Vierge à l’Enfant couronnée d’étoiles,
    • une frise de l’Adoration des Mages et des Noces de Cana,
    • la Croix de gloire
    • l'inscription « Via viatores quaerit » (= « Je suis la voie qui cherche les voyageurs »).

 

 

 

Pour la tour Nord et par ordre de taille décroissant :

 

« GABRIEL » sonne le La#2, pèse 4162 Kg et son ø 182,8 cm.

 

Prénom « GABRIEL », en l’honneur de l’Ange GABRIEL qui apporta au genre humain l’annonce tant attendue de la venue du Sauveur et c’est lui qui salua la Vierge Marie comme pleine de grâce. La plus grosse cloche de la Tour Nord portait déjà ce prénom au XVe siècle.

 

Réalisée grâce au mécénat de la Fondation Sisley.

 

Sur cette cloche :

  • Première phrase de l’Angélus, « L’Ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie »
  • 40 filets symbolisant les 40 jours passés au désert par le Christ et les 40 années d’errance de Moïse dans le Sinaï.
  • Martèlement épuré
  • Croix de gloire
  • « Via viatores quaerit »
  • Texte séculier et profil de Notre-Dame au cœur de Paris.
  • Sur la couronne : Motifs de lys et Vierge à l’Enfant couronnée d’étoiles.

 

 

« ANNE GENEVIEVE » sonne le Si2, pèse 3477 Kg et son ø 172,5 cm

 

Prénom « ANNE GENEVIEVE », en l’honneur de SAINTE ANNE, la mère de la bienheureuse Vierge Marie de qui devait naître le Fils unique de Dieu et de SAINTE GENEVIEVE, patronne et protectrice de Paris.

 

Sur cette cloche :

  • Deuxième phrase de l’Angélus, « Et elle conçut du Saint Esprit »
  • 3 filets symbolisant la Trinité
  • Motifs de flammes et feu évoquant la ténacité de sainte Geneviève
  • Croix de gloire
  • « Via viatores quaerit »
  • Texte séculier et profil de Notre-Dame au coeur de Paris
  • Sur la couronne : Motifs de feu, Vierge à l’Enfant couronnée d’étoiles, Texte séculier et profil de Notre-Dame au coeur de Paris.

 

 

 

 

 

« DENIS » sonne le Do#3, pèse 2502 Kg et son ø 153,6 cm.

 

Prénom « DENIS », en mémoire de SAINT DENIS, premier évêque de Paris, vers 250, qui fut envoyé par l’évêque de Rome avec ses compagnons, le prêtre saint Rustique et le diacre saint Éleuthère, pour semer l’Évangile du salut et souffrir le martyre en témoignage de Celui qui donne la vie aux morts.

 

Sur cette cloche :

  • Troisième phrase de l’Angélus, « Voici la servante du Seigneur »
  • 7 filets symbolisant les 7 dons de l’Esprit Saint et les 7 sacrements de l’Eglise
  • Motifs de « griffures » symbolisant le martyre
  • « Via viatores quaerit »
  • Sur la couronne : Motifs de « griffures » et Vierge à l’Enfant couronnée d’étoiles, Texte séculier et profil de Notre-Dame au coeur de Paris.

 

 

« MARCEL » sonne le Ré#3, pèse 1925 Kg et son ø 139,3 cm.

 

Prénom « MARCEL », en l’honneur de SAINT MARCEL, 9e évêque de Paris à la fin du IVe siècle, qui fut particulièrement vénéré par les Parisiens pour sa charité envers les pauvres et les malades.

 

Sur cette cloche :

  • Quatrième phrase de l’Angélus, « Qu’il me soit fait selon ta parole »
  • 5 filets symbolisant 3 personnes et 2 natures formant 1 seul Dieu
  • Motifs d’eau, allusion à la Bièvre ; Croix de gloire
  • « Via viatores quaerit »
  • Couronne aux motifs d’eau et Vierge à l’Enfant couronnée d’étoiles, texte séculier et profil de Notre-Dame au coeur de Paris.

 

 

 

 

 

« ÉTIENNE » sonne le Mi#3, pèse 1494 Kg et son ø 126,7 cm.

 

Prénom « ÉTIENNE », en l’honneur de l’antique église-cathédrale de Paris qui a précédé l’actuelle cathédrale Notre-Dame et qui fut placée sous la protection de SAINT ÉTIENNE, premier martyr, mais aussi nom de la basilique érigée à partir de 690 à l’emplacement actuel de la cathédrale.

 

Sur cette cloche :

  • Cinquième phrase de l’Angélus, « Et le Verbe s’est fait chair »
  • 1 filet en référence à la phrase de l’Angélus citée précédemment, ils ne forment plus qu’un.
  • Motifs de cailloux évoquant le martyre de saint Étienne
  • Croix de gloire
  • « Via viatores quaerit »
  • Sur la couronne : Motifs de cailloux et Vierge à l’Enfant couronnée d’étoiles, Texte séculier et profil de Notre-Dame au coeur de Paris.

 

 

 

« BENOIT-JOSEPH » sonne Fa#3, pèse 1309 Kg et son ø 120,7 cm.

 

Prénom « BENOIT-JOSEPH », en l’honneur du pape Benoît XVI, Joseph Ratzinger pape depuis 2005 et pour conserver, en 2013 année de la Foi célébrée par l’Église universelle, le souvenir du Jubilé du 850e anniversaire de la cathédrale Notre-Dame de Paris ouvert sous le pontificat de Sa Sainteté le Pape BENOÎT XVI.

 

Sur cette cloche :

  • Sixième phrase de l’Angélus, « Et il a habité parmi nous »
  • 12 filets symbolisant les 12 apôtres
  • Motifs de clefs évoquant saint Pierre
  • Croix de gloire
  • « Via viatores quaerit »
  • Couronne aux armes de Benoît XVI et Vierge à l’Enfant couronnée d’étoiles, Texte séculier et profil de Notre-Dame au coeur de Paris.

 

 

 

 

« MAURICE » sonne le Sol#3, pèse 1011 Kg et son ø 109,7 cm.

 

Prénom « MAURICE » en mémoire MAURICE de SULLY, 72e évêque de Paris, de 1160 à 1196, qui posa la première pierre de cette cathédrale Notre-Dame en 1163.

 

Sur cette cloche :

  • Septième phrase de l’Angélus, « Priez pour nous, sainte Mère de Dieu »
  • 8 filets symbolisant la plénitude (7+1)
  • Motifs inspirés de fils de chanvre, d’éléments architecturaux et du plan de la cathédrale, évocation des bâtisseurs de Notre-Dame
  • Croix de gloire
  • « Via viatores quaerit »
  • Couronne aux motifs de fils de chanvre et Vierge à l’Enfant couronnée d’étoiles, texte séculier et profil de Notre-Dame au coeur de Paris.

 

 

 

 

« JEAN-MARIE » sonne le La#3, pèse 782 Kg, et son ø 99,7 cm.

 

Prénom « JEAN-MARIE », en hommage au cardinal JEAN-MARIE LUSTIGER, 139e évêque de Paris de 1981 à 2005.

 

Sur cette cloche :

  • Huitième phrase de l’Angélus, « Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ »
  • 9 filets symbolisant les 9 hiérarchies célestes
  • Initiales des 4 évangélistes, chacune sur un motif correspondant à l’allégorie du Tétramorphe
  • Croix de gloire
  • « Via viatores quaerit »
  • Couronne aux motifs de livres avec les initiales des 4 grands prophètes, texte séculier et profil de Notre-Dame au coeur de Paris.

 

 

 

 

 

Voici un compte rendu de la cérémonie de bénédiction des nouvelles cloches (version intégrale - durée: 1h36')

 

 

 

 

Les neuf cloches alignées en rang d'oignon dans la nef de la Cathédrale ont été bénites par le cardinal André VINGT-TROIS, archevêque de Paris, le samedi 2 février 2013, lors de la fête de la Présentation au Temple, qui a été marqué par le Jubilé des enfants rassemblant plusieurs milliers d’enfants du diocèse de Paris à Notre-Dame, puis ont été hissées dans les deux tours, le 28 février. Elles ont sonné pour la première fois lors de la fête des Rameaux le 23 mars 2013 ! 

 

Ce projet a été mené par « l’Association Notre-Dame de Paris 2013 » qui assurait la maitrise d’ouvrage. Pour cela :

    • une étude historique et musicale ainsi qu’une proposition de restitution de la sonnerie historique ont été confiées à Monsieur Régis SINGER, campanologue et expert pour le patrimoine campanaire auprès du Ministère de la Culture et de la Communication,
    • une étude technique sur les beffrois, leur histoire et leur adaptation aux nouvelles cloches a été réalisée par Monsieur Benjamin MOUTON, architecte en chef des Monuments Historiques,
    • l'appel d’offre auprès de fondeurs a été réalisé par une commission mise en place par le Recteur de la Cathédrale.

 

Cette commission était composée de :

    • Monseigneur Patrick JACQUIN, recteur-archiprêtre de la Cathédrale et président de  « l’Association Notre-Dame de Paris 2013 »,
    • Monsieur Philippe LEFEBVRE, directeur des services généraux et organiste titulaire de la Cathédrale,
    • Monsieur Jean-François LEMERCIER, secrétaire général de  « l’Association Notre-Dame de Paris 2013 »,
    • Madame Bénédicte ESNAULT, directrice des opérations de  « l’Association Notre-Dame de Paris 2013 »,
    • Monsieur Benoît FERRÉ, Compagnie Européenne d’Architecture EUROGIP, architecte du clergé affectataire,
    • Monsieur Régis SINGER, campanologue et expert pour le patrimoine campanaire auprès du Ministère de la Culture et de la Communication,
    • Monsieur Laurent PRADES, régisseur de la Cathédrale.

 

La commission a choisi les fondeurs suivants :

    • CORNILLE-HAVARD (Villedieu-les-Poêles, France), pour la réalisation des huit cloches de la tour Nord,
    • ROYAL EIJSBOUTS (Asten, Pays-Bays) pour le petit bourdon de la tour Sud.

 

Le coût total du projet a représenté 2 millions d’€uros, et a entièrement été financé par des dons.
Le projet de rénovation de l’ensemble campanaire était soutenu notamment par la Fondation Bettencourt Schueller et la Fondation Sisley.

 

 




27/02/2013
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