QUAND LE VILLAGE DE PUJAUT N'ETAIT QU'UN PORT DE PECHE...

 

L'escalier à vis de St Vérédème.jpgArmes de Pujaut.pnglavoir de pujaut.jpg
La vis de St Vérédème*, le blason courant, et sa belle bugade de tradition.

 

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A propos du Blason de la ville...

En 1694, sous Louis XIV, Pujaut, nommé alors « Pijaut », bénéficia de la campagne de dotation d'armoiries imaginée par Charles René d'Hozier (juge d'armes de Louis XIV en 1641, c'est-à-dire commis royal chargé de certifier la noblesse) et reçut une armoirie, je cite, « de gueules, à un puits d’argent, surmonté de trois fleurs de lis d'or rangées en chef ». Le « puits » du blason est une allusion à « puy », par le système très en vogue des armes parlantes fonctionnant par rébus/jeux de mots, « puy » étant la base étymologique du nom de la commune de « Puy-haut »... « Pij-aut »... devenu « Pujaut » !

 

Cependant, ce blason n'est pas celui figurant sur les plaques de rue et utilisé dans tous les documents officiels de la commune. Le blason courant figure un trapèze couramment interprété comme étant un puy, soutenu par une étendue d'eau, interprétable comme l'ancien étang de Pujaut.

 

 

Il y a bien, bien longtemps, c’est à dire quelques 5,3 millions d’années… le Rhône ne passait pas à Avignon mais bel et bien à Pujaut, à 10 Km à l’ouest.

 

Et puis un soulèvement tectonique est survenu et le Rhône, en essayant de creuser son lit entre les rochers qui se sont dressés sur son chemin, s’est avisé que ce serait plus facile pour lui de passer un peu plus à l’est, par Avignon…

 

Petit à petit, le lit principal qui passait par Pujaut s’est détourné vers l’est, et le Rhône, abandonnant son ancien lit devenu un bras mort, s’est déplacé jusqu'à lécher les murs de la future cité papale.

 

En effet, au fil du temps qui se mesure alors en millions d’années, la géologie et les différents climats ont modifié le terrain pour ne plus laisser à Pujaut que des « flaques d’eau », restes de lacs quaternaires après la période des grandes glaciations, et l'étang de Pujaut-Rochefort s'est ainsi constitué.

 

Et il a ensuite nourri les habitants du lieu durant des siècles.

 

1 _ Cours du Rhône autrefois.JPG
Le lit du Rhône à l'origine, puis son lit à la fin du quaternaire...

 

Avec mes copains du G20, nous avons programmé ce troisième jeudi d’avril 2018, une balade historique dans ce haut-lieu d’histoire où les Chartreux n’avaient pas manqué d’installer dans la 2ème moitié du XVIème siècle, trois grandes fermes pour se procurer de quoi faire vivre leur communauté, dont celle de Saint Bruno, de Saint Hugues et de Saint Anthelme qui sont encore là de nos jours pour témoigner de leurs efforts.

 

On va donc vous raconter l'histoire de leur installation... Elle n'est pas banale parce qu'à leur emplacement, à l'époque, il n'y avait qu'un immense étang marécageux !

 

Accompagnés de notre guide, Bernadette, nous avons découvert que les idées reçues sur ces Chartreux qui, on l’a toujours entendu dire – avaient, soi-disant, asséchés les terres marécageuses de Pujaut, n’étaient pas tout à fait la vérité vraie…

 

Une excellente étude bien plus détaillée que ce qui suit en a été faite sous la présidence de l’un des « Séniors au Top » du G20, Patrick VACCARIS, alors Maire de Rochefort-du-Gard puis Conseiller Général du Canton de Villeneuve, dont on peut consulter la monographie in extenso rédigé par le SMABVGR (Syndicat Mixte pour l’Aménagement des bassins versant du Gard Rhodanien en la découvrant en cliquant ici).

 

Elle a porté depuis 2009 un « PAPI » (Programme d’Action de Prévention  des Inondations) sur le Gard Rhodanien avec, pour objectif, de réduire les risques d’inondation afin de ne plus subir les catastrophes naturelles que nous avons vécues en 1997 et 2002.

 

Je me suis donc contenté de faire un résumé concis du long exposé de Bernadette pour la compréhension de nos lecteurs, afin de compter la vérité vraie !

 

 

Comment donc se sont formés ces étangs sur le plan géologique ?

 

Les 3 anciens étangs de Saze, Rochefort et Pujaut se distribuent sur un peu plus de 15 km de longueur et 4,5 km de largeur, selon une direction nord-est / sud-ouest, à savoir celle du mistral !

 

La profondeur initiale du plan d’eau pouvait atteindre 18 mètres au point le plus bas. Guilhem Fabre (un Vauclusien, membre de l’Institut Universitaire) pense qu'au moyen-âge, les étangs devaient avoir une dynamique de « mer intérieure », au moins pour les deux plus grands de Rochefort et Pujaut.

 

2 _ Géologie 9 Plan du site.JPG
Plan orthophotographique des étangs asséchés; on aperçoit (en bleu) toutes les Roubines qu'il a fallu creuser...

(Source SMABVGR).

 

Les étangs étaient alimentés par des écoulements développés à partir des reliefs environnants, de sources karstiques (des résurgences, pour la plupart) comme celles des Fontaines de Rochefort, et du Buis qui s’accumulaient sur le fond argilo-marneux du pliocène.

 

Mais comment se sont formées ces dépressions ? (on les appelle « graben ») 

 

En fait, ces cuvettes sont d’origine structurale et en quelques graphiques le rapport de la SMABVGR explique clairement comment elles se sont formées et remodelées au fil du temps par des phénomènes hydro-éoliens.

 

J'ai redessiné quelques uns de ces graphiques de façon simple et concise pour aider à la compréhension. C'est que... ce paysage original est le fruit d’une histoire longue de plus de cent millions d’années…

 

Tout a commencé à l’époque du Crétacé supérieur, il y a 105 millions d’années, la région est baignée par une mer chaude, peu profonde, dont les eaux sont claires et oxygénées.

 

 3 _ Géologie 0 sédiments marins.JPG

 

Des calcaires récifaux à « rudistes », aussi appelés calcaires « urgoniens » (calcaires blancs typiques de la ville d’Orgon, d’où leur nom) se sont déposés sur plusieurs centaines de mètres d’épaisseur (de 200 à 500 m) au fond de cette mer.

 

Nota bene : les « rudistes » sont des espèces de gastéropodes marins endémiques des mers chaudes du crétacé, de nos jours disparus, qui ressemblaient à des « arapèdes » (encore appelées « patelles ou berniques » dans certaines régions) mais avec une coquille tubulaire ouverte par le dessus. On les retrouve souvent fossilisés dans les roches calcaires blanches des Cévennes :

 

55 _ Rudistes 1.jpg  56 _ rudistes 2.jpg
Croquis de « rudistes » telles que les zoologistes les imaginent, ou fossilisées... 
 

3 _ Géologie 1 compression des calcaires.JPG


Au Crétacé terminal, de 80 à 65 millions d'années, la mer se retire et la région est émergée. Les plaques africaines et européennes entrent en collision, ce qui entraîne une forte compression à l’origine d’ondulations souples (aussi appelés des plis) en poussant sur les calcaires urgoniens, qui est suivie d’une fracturation orientée nord-est/sud-ouest.

 

Horst                                          Horst 

4 _ Géologie 1 distension des calcaires.jpg


Cette fracturation fait se former une série de fossés d’effondrements (des « grabens ») et de zones surélevées (des « horsts »), de la vallée du Rhône jusqu’aux Cévennes en créant deux lignes de faille dont celle de Nîmes et celle de Pujaut avec formation du « graben » de Pujaut entre les deux :

 

La pente générale du plancher, orienté sud-ouest-nord-est, présente un gradient d’altitude du plancher élevé de quelque 20 mètres NGF (Niveau Général de la France), à 50 m à Pujaut et presque 70 m à Saze.

 

A l’Oligocène, il y a 35 millions d'années, le niveau de la mer remonte et l’eau envahit les parties les plus basses. Ces zones vont être comblées par des argiles et des évaporites (surtout du gypse que l’on retrouve à Mazan où est exploitée à ciel ouvert l’une des plus grandes carrières de gypse du monde). La compression des plaques africaine et européenne continue, faisant bouger les failles précédentes : les horsts s’élèvent encore un peu plus.

 

5 _ Géologie 1 distension 2 des calcaires.jpg


Au Miocène, il y a 25 millions d'années, la mer subit une forte extension, et recouvre les horsts ! Il en résulte des dépôts de grès et grès coquilliers (appelés molasses), dont les matériaux proviennent de la chaîne des Alpes qui est en train de se former.

 

L’époque Messénienne (ou Miocène terminal) il y a 6,5 à 5,3 millions d'années, voit la Méditerranée s’assécher, car elle se ferme, provoquant une régression marine et un surcreusement de plusieurs centaines de mètres du Rhône et de ses affluents provenant du massif des Alpes. 

                                                

6 _ Géologie 1 Myocène 20 millions d'années.jpg


Au Pliocène à partir de 5 millions d'années, la Méditerranée s’ouvre à nouveau vers l’Atlantique au niveau du détroit de Gibraltar, provoquant l’envahissement des vallées par la mer; le niveau de l'Atlantique était 50 m plus haut qu’actuellement. Des sables, des sables marneux et des argiles vont être déposés par sédimentation dans ces vallées.

 

7 _ Géologie 1 Pliocène 4 à 5 millions d'années.jpg

 

Le niveau de la mer va ensuite baisser (= régression), entraînant une phase d’érosion continentale importante.

 

8 _ Géologie 1 Fin du Pliocène 15 millions d'années.jpg

Au Quaternaire Villefranchien il y a 2 à 1 millions d'années, les grandes glaciations voient le paléo-Rhône charrier d’importants alluvions fluviales, principalement des cailloutis formés de galets de quartzite qu’il roule et dépose tout le long de la vallée lors de ses débordements (on les retrouve des deux côtés du fleuve, à Lirac et Laudun comme à Châteauneuf-du-Pape.

 

Ces alluvions forment les « terrasses » sur lesquelles on cultive la vigne dans la région.

 

9 _ Géologie 1 quaternaire.jpg

 

La glaciation diminuant à la fin du quaternaire, le Rhône va à nouveau creuser son lit dans ses propres alluvions puis les compressions exercées par le massif central font que le plancher de Pujaut remonte légèrement et le Rhône va se déplacer tout naturellement à l’Est où il s’écoule plus facilement pour gagner son tracé actuel.

 

Et il laisse derrière lui ces dépressions qui vont se combler d’eau pour former des marécages et des étangs. En effet, entourés de collines qui empêchent l’écoulement de l’eau vers le Rhône, ces étangs sont alimentés ensuite par des sources résurgentes provenant des reliefs environnants qui les maintiennent à niveau.

 

10 _ Géologie 1 quaternaire actuellement.jpg


Les 12 000 dernières années,... c'était hier, ont laissé place à l’érosion éolienne et à l’action de l’homme, en particulier depuis le 17e siècle, qui va procéder à l’assèchement des étangs.

 

L’étang de Saze (le plus petit), Rochefort (le moyen) et Pujaut (le plus grand, qui s’étend sur 1270 ha) sont séparés par des flèches littorales lacustres graveleuses orientées est-ouest, des Joncs (à Rochefort) et de la Grave ou de la Carène (à Pujaut).

 

 

L'étang de Rochefort-Pujaut

 

Les étangs de Pujaut et de Rochefort forment des cuvettes tectoniques en cascade, témoins des variations de niveau.

 

Comme nous l’avons dit plus haut, ils s’étendent sur 15 km de long et 4,5 km de large, et totalisent une capacité de stockage de plus de 14 millions de m3 tout de même !

 

Entourés de forêts, les bords de l’étang sont habités dès la préhistoire (aux environs de -12000 avant JC), comme le prouvent entre autres, les découvertes de la « Grange des Merveilles » faites lors de l’aménagement de la voie du TGV ; ont aussi été retrouvés des silex taillés et d’autres outils datant de l’âge de bronze (-2200 avant JC).

 

Au début de notre ère, il a existé une voie romaine qui passait au nord des étangs, et reliait Nîmes à Avignon. On en retrouve des vestiges à la sortie de Pujaut sur la route de Tavel où un parcours nous permets de la suivre...

 

42 _ Mur de la voie romaine.jpg  42 _ Voie romaine.jpg

 

Le premier texte ancien, qui cite l'étang de Rochefort-Pujaut, est une charte de Raymond IV, comte de Toulouse, datant de 1088.

 

C'est la confirmation d'un texte plus ancien encore, traitant d'une donation faite par son prédécesseur, Guillaume IV, au monastère bénédictin de Saint-André situé sur la colline Andaon (au pied de laquelle allait s’installer la ville neuve de Villeneuve-lès-Avignon après l’installation des Papes dans leurs possessions du Comtat Venaissin en 1316 - Tout cela est facilement consultable dans les archives de la municipalité de Villeneuve-lès-Avignon).

 

Il s'agit, entre autres, d'un droit de pêche dans l'étang de « Privadiis », qui n'était autre que l'étang de Rochefort-Pujaut.

 

12 _ Carte des etangs.JPG

Anciens étangs de Tras-le-Puy, Saze, Rochefort et Pujaut. Fabre G., CNRS, Nîmes, 2011, p.362, ill.9

 

Etang de pujaut couleurs.jpg

 

Appelé effectivement au XIVème siècle, « Stagnum de Privadiis » (= étang de la « Perquerie », autrement dit de la « pêcherie »), l’ensemble des étangs de Rochefort et Pujaut occupent environ 1600 hectares !

 

On pense que le niveau des étangs n’était pas fixe et fluctuait en fonction des saisons et des périodes. Les eaux des étangs viennent parfois mourir au pied des deux villages.

 

Les étangs de Rochefort et Pujaut sont séparés par une bande de gravier, plus ou moins large, appelée « la Carène » du fait de sa forme qui ressemble à une carène de bateau renversée.

 

63 - Planas 2.JPG   62 _ PLANAS.JPG
Carène de séparation des étangs et martellière posée après rupture de la digue de l'étang en 2002...

(photos SMABVGR)

 

L’eau est stagnante et hélas propice aux développements de maladies, comme le paludisme.

 

Les guerres de religion, qui prirent fin avec l’édit de Nantes (1598), venaient de troubler et dévaster tout le pays. Le village fut même détruit par un incendie le 25 Avril 1570 : alors que les Huguenots y avaient installé un petit détachement de l’armée de Coligny ; ils en furent délogés par une troupe catholique et, avant de prendre la fuite, mirent le feu aux maisons du village.

 

Dans les campagnes, la famine menaçait. Cette période troublée prit fin sous le règne d’Henri IV, qui parvint à restaurer, voire étendre l’autorité royale, puis rétablir les finances grâce à son surintendant Sully.

 

Il faut savoir que depuis Saint-Louis, la communauté de Pujaut était placée sous l’autorité du Roi, dont les représentants locaux étaient le Sénéchal de Beaucaire, qui déléguait ses pouvoirs au Viguier de Roquemaure et lui-même au Bayle de Pujaut. Elle était administrée par un conseil général qui se réunissait une fois l’an sur la place publique ou, en cas de mauvais temps, à l’intérieur de l’église.

 

Un conseil « politique », chargé des affaires courantes, se réunissait quant à lui, plusieurs fois par an.

 

Dans la deuxième moitié du XVIème siècle, le petit port de pêche de Pujaut est constitué de 18 maisons, et ses habitants vivent difficilement du produit de la pêche, de la chasse du gibier de la faune lacustre et de quelques pâturages découverts aux périodes des basses eaux.

 

Bien avant le XVIème siècle, pour améliorer les revenus de la communauté, les habitants de Pujaut, et par la suite de Rochefort, tenteront à plusieurs reprises d'assécher cet étang, hélas, sans succès.

 

En 1552, un premier projet ne restera qu’une intention.

 

En 1561, une requête est faite au Roi de France par trois nobles du cru, mais elle reste lettre morte.

 

En 1586, Les consuls représentants le Roi, relancent donc le marché de dessèchement des étangs, et c’est le viguier de Pujaut (Un « viguier » cumulait à la fois les fonctions de maire et de juge) qui choisit, pour « dessécher » l’étang, un ingénieur du nom de Hugues PELLETIER parce qu’il avait travaillé et avait acquis son expérience auprès d’Adam de CRAPONNE à Salon, bien connu localement pour ses travaux hydrauliques.

 

Il faut se rappeler qu’Adam de CRAPONNE, un ingénieur qui avait œuvré pour le roi Henri II à différentes fortifications de places fortes du Royaume avait acquis ses lettres de noblesse et sa réputation en obtenant en 1554 du Parlement de Provence, le droit de détourner les eaux de la Durance jusqu'à Salon, et de là, jusqu'à la mer pour construire à ses frais (en empruntant une part de l’investissement à NOSTRADAMUS) le canal qui porte son nom, et qui permit d'irriguer la Crau avec de l'eau provenant de la Durance… Et ce canal fonctionne encore de nos jours !

 

13 _ Adam Craponne.jpg
Adam de Craponne (statue d'une fontaine à Salon de Provence)

au pieds de laquelle sont trois allégories représentant le Rhône, la Durance et la Sorgue.

 

La convention entre les Consuls et le sieur PELLETIER telle que la relatent les archives de Villeneuve-les-Avignon stipulent en bon français de l’époque que « Il promet d’ajouter le dit étang et de le rendre sec dans deux ans prochains ce jourd’huy commençant, et semblable jour finissant, tellement que le terroir dudit étang se puisse cultiver et semer comme les autres terres, possession dudit Rochefort et à ses fins sera tenu faire une grande maire ou fossé de la hauteur requise et au lieu qui sera connu être plus convenable, par lequel fossé serait conduite tant l’eau dudit étang pluviale que toutes autres qui viendront de Saze et autres lieux circonvoisins jusques au dehors du terroir de Rochefort. »

 

Mais Hugues PELLETIER, bien qu'il ait été à bonne école auprès d'Adam de CRAPONNE, a mal ficelé son projet et ne tarde pas à faire faillite ! Les travaux s’arrêtent.

 

Il faut dire que Pujaut ne comptait pas plus de 150 habitants au milieu du XVIème siècle. Ses enfants sont couverts de dettes et ne peuvent reprendre l’entreprise de leur père !

 

Il faut attendre l’intervention d’Henri IV peu après son couronnement comme Roi de France pour décider finalement le « dessèchement » (c’est le mot employé dans les actes plutôt qu’assèchement !) de l'étang.

 

Henri IV donne en effet son feu vert « royal » pour l’assèchement en 1591 pour « raisons économique et de salubrité » par un acte qu’il dicte et signe alors qu’il est dans un campement militaire devant la ville de Chartres. 

 

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Lettre du roi Henri IV autorisant l’assèchement de l’étang de Pujaut en 1591.

 

Ce n’est qu’en 1603, après avoir obtenu le consentement du comte de Suze, seigneur de Rochefort en 1599, que les consuls des deux communautés de Pujaut et Rochefort trouvèrent un ingénieur sérieux, ayant selon eux toutes les qualités requises au succès de cette gigantesque entreprise. 

 

Les Consuls finissent en effet par confier à un repreneur l’entreprise de PELLETIER, qui va devoir assurer le financement des travaux par un emprunt qu’il fait auprès des Chartreux de Villeneuve qui se montrent d'ailleurs très gourmands en intérêts puisqu’ils exigent pour cela  600 « salmées » des terres récupérées sur les étangs (Une « salmée » est une unité de mesure de surface qui représente à peu près 0,63 hectares), soit 378 hectares, à savoir le 1/3 de l’étang de Pujaut. Le Roi, pour sa part, se réserve 100 « salmées » (63 hectares) et MONCONIS les 600 « salmées » restantes... Il ne reste plus grand chose pour les habitants de Pujaut ! (Par la suite les Chartreux réclameront encore 100 « salmées » supplémentaires pour le passage d'un 2ème tunnel sur leurs terres de Four...)

 

Il s’agissait de Mr Claude de MONTCONIS, « conseiller du Roi, maistre ordinaire de son hôtel, président au bureau des trésoriers généraux de France en la généralité de Lyon ».

 

Les conventions de 1586 et 1589 furent actualisées le 10 Mai 1603 par deux nouveaux baux : le premier, « à dessécher » l’étang, devant Me Claude RIVES, notaire royal de Pujaut, le second, « à écouler » l’étang, devant Me Claude RUEL, notaire royal de Roquemaure.

 

Claude de MONTCONIS mit toutes ses forces dans l’entreprise et il parvint à terminer son travail, mais ce n’est qu’en 1606 qu’une partie de l’étang de Rochefort, dite étang de l’Abbé, commença à être mise à sec.

 

C’est que, en raison de plaintes de pêcheurs perdant leurs revenus, les travaux prennent du retard et il faudra 8 ans à MONTCONIS pour assécher les étangs, et ce n’est qu’en 1607 et 1608 que la réussite du dessèchement fut complète pour Rochefort ; quant à l’étang de Pujaut, ce n’est qu’en 1610 et 1611 que l’entreprise fut couronnée de succès.

 

Les eaux étaient drainées par un réseau de fossés s’écoulant dans une grande roubine au fond de la cuvette de l’étang et ensuite étaient évacuées vers le Rhône par un tunnel d’environ 1500 m.

 

Peu de documents nous renseignent de façon précise sur les modalités de mise en œuvre des travaux. Cependant, il est impossible que ceux-ci aient pu être menés à leur terme sans faire appel à des compétences telles que l’hydraulique, pour l’évacuation pérenne des eaux, mais aussi de l’arpentage et du bornage car il fallut bien mesurer, orienter, aligner des fossés et délimiter les terres découvertes, et enfin du creusement de galeries souterraines sous le seuil de Four pour l’évacuation vers le Rhône des eaux emprisonnées dans la dépression.

 

Le partage des terres fut consacré par un acte public passé en l’étude de Maître AUBARET, notaire à Roquemaure le 9 décembre 1612.

 

Un plan fut établi et annexé audit acte et les bornes délimitant les parties de chacun furent posées.

 

Les intéressés eurent à se partager les terres découvertes soit 1248 salmées (environ 1000 hectares), ceci après prélèvement de 100 salmées pour le domaine royal et 100 salmées pour les Pères Chartreux qui sont d’accord pour que soit creusé sous des parcelles leur appartenant, un tunnel d’évacuation de l’eau vers le Rhône à hauteur de Four.

 

Les étangs sont finalement totalement asséchés en 1612.

 

Le travail est gigantesque nécessitant la création de « valats » (fossés), d’un réseau de « roubines » (canaux d’assainissement) dont les trois principales, la roubine des Grès, dite de La Ceinture de 4,580 km de long, la roubine de l’Étang de 3,600 km et la roubine des Carbonnières dite de Saint-Bruno.

 

Ces trois roubines sont le chainon essentiel du réseau de drainage de l’ancien étang qui se termine par un tunnel creusé dans le roc sur plus de deux kilomètres et qui met en relation la dépression de Pujaut avec la vallée du Rhône et qui permet ainsi l'écoulement de l'eau vers le fleuve situé à plus de cinq km.

 

D’autres difficultés surgirent dans les années qui suivirent. Les travaux réalisés par Mr de MONTCONIS s’avérèrent insuffisants.

 

En effet, lors de pluies importantes, les terres et récoltes étaient emportées, et le tunnel d'évacuation de l'étang n'était pas capable d'absorber le flot important des gros orages; les propriétaires des terrains récupérés sur les étangs et les marécages, dont les Chartreux, se chargèrent du parfait assèchement par la création d’une nouvelle roubine et d’un second tunnel, pratiquement parallèle au premier.

 

11 _ Plan de l'étang de Pujaut en juillet 1612.JPG

Plan de l'étang de Pujaut après dessèchement des étangs,

qui rapporte les décisions prises le 21 juillet 1612 pour le partages des terres récupérées,

et donnant la position de la terre du Roy, celle de MONCONIS et celle des 3 fermes des Chartreux !

 

Ceci leur permit d’édifier trois fermes, encore présentes aujourd’hui : St-Hugues au nord de l'étang, St-Bruno au sud et St-Anthelme à l'ouest.

 

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La Ferme de Saint Hugues, magnifiquement restaurée par le fils du maire…

 

16 _ Saint Hughes 3.jpg   17 _ FERME-ST-HUGUES 1.png

La ferme de Saint Hugues accueille dorénavant des mariages et des manifestations…

 

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Et la ferme de Saint Bruno… qui abrite le restaurant « Entre Vigne et Garrigue »

Où opère Serge CHENET, le chef étoilé et élu l’un des Meilleurs Ouvriers de France...

 

43 _ St Anthelme 1.jpg   44 _ St Anthelme 2.jpg
Quant à la ferme Saint Anthelme hélas, le temps, les différents propriétaires, les impératifs utilitaires, 

et le manque de respect pour les monuments historiques dans les années 50, l'ont quelque peu bétonnée !

 

A l'est, sur le territoire du hameau de Four, à l'aval des tunnels, juste à leur embouchure, les Chartreux édifièrent un moulin à farine qui fonctionnait avec une roue à aube pour profiter de l'énergie de l'eau qui s'écoule en permanence.  

 

Ce nouvel espace de terres « volées » à la nature, où on récoltait principalement des céréales et où paissaient des troupeaux de moutons, resta en l’état pendant trois siècles.

 

Ce n’est qu’au début du XXème siècle que fut décidée la création d’un terrain d’aviation.

  

Petit aparté concernant l'aérodrome de Pujaut, l'un des tous premiers créés en France !

 

L'aérodrome de Pujaut a été ouvert par le service de la navigation aérienne en septembre 1920.

 

D’une surface de 30 ha à l'origine, le terrain était pris sur l’ancien étang de Pujaut, et demeura tel quel jusqu’à ce qu’il soit question, en 1937, d’y établir un centre militaire d’instruction du parachutisme.

  

La décision fut alors prise par le ministre de l'Air de porter la surface du terrain à 120 ha en faisant appel à la procédure d’urgence permise par des décrets à valeur de lois en octobre 1935...

 

C’est en effet par un Arrêté du Ministère de l’Air en septembre 1935, que « le Général DENAIN, devant les demandes incessantes et acharnées du Capitaine GEILLE, décide de la création sur le terrain de Pujaut du premier Centre d’Instruction de Parachutisme destiné à la formation d’un cadre d’instructeurs et de moniteurs chargés de l’instruction théorique et pratique du parachutisme tant au Centre que dans les unités.

 

Frédéric GEILLE, un aviateur intéressé par les premiers essais pratiques d’utilisation du parachute comme moyen d’implanter une unité militaire, réalisés en Union soviétique en 1930, est envoyé par le Front Populaire à Moscou où il réalise un stage et une dizaine de sauts. A son retour, il monte de toutes pièces le Centre d’Instruction au Parachutisme (CIP) sur l’aérodrome d’Avignon-Pujaut, un des premiers au monde, équipé de « Potez 32 ».

 

 

54 _ Potez32.jpg
Un vénérable Potez 32 ! 

 

Le premier stage débutera dès le mois d’octobre 1935 regroupant 3 officiers et 10 sous-officiers ».

 

Nota Bene pour le commun des lecteurs... Il faut savoir que ce sont les soviétiques qui, dans les années 1930, ont été les initiateurs du concept de l’utilisation du parachute à des fins opérationnelles avec « une technique très particulière »; toutes les armées du monde s’inspirèrent immédiatement de cette doctrine. Particularité de la technique soviétique : la sortie de l’avion s’effectuait par le toit (ici un quadrimoteur « Tupolev TB-3 ») et on ne dit pas combien d'accident il y eut au démarrage de la technique, mais la dictature du prolétariat ne se refusait rien ! :

 

 

53 _ Parachutistes soviétiques.JPG

« La technique soviétique très particulière » (';o)

  

 

54 _ Aérodrome.JPG
et arrivée des premiers élèves militaires de l'école de Pujaut (images d'archives)!

 

La proche perspective de liaisons postales de nuit avec escale dans la région d’Avignon - Tarascon et le fait que le terrain de Pujaut soit entouré de hautes collines non propices à l'atterrissage par mauvaise visibilité conduisirent le Ministre de l’Air à prononcer en octobre 1938 l’affectation de l’aérodrome aux besoins exclusifs de l’Armée de l’Air, avec l'accord du Ministère des Finances.

 

Ayant traversé la guerre sans être ni bétonné ni donc, dévasté, le terrain de Pujaut fut ouvert sans restriction à la circulation aérienne publique par l'arrêté ministériel du 6 février 1947.

 

Il n’en resta pas moins très peu utilisé, la seule activité y ayant trouvé place se limitant encore au début des années cinquante à quelques lancers au treuil de l’unique planeur de l’Aéro-club Vauclusien. C'est que la pression du milieu agricole fera finalement céder les hésitations du Ministre des Travaux publics et du Tourisme qui consentira à ce que, le terrain, étant sensiblement coupé par sa diagonale nord-sud, sa moitié ouest soit remise en culture en attendant que la question d’une éventuelle aliénation soit définitivement mise au point.

 

Rien n'a bougé depuis et aujourd’hui il est consacré au parachutisme civil, au vol à voile et à l’aéromodélisme.

 

En 2015, pour commémorer le 80ème anniversaire de la création de l'école de parachutisme de l'aérodrome, ont été effectués des sauts symboliques à une altitude de 3200 mètres à partir d'un bon vieux « Nord-Atlas » (ces curieux avions qui avaient deux queues et une cellule centrale ce qui permettait de sauter sans risque de collision du parachutiste avec l'empennage) amené sur l'aéroport d'Avignon pour l'occasion, car l'aérodrome de Pujaut n'aurait pu le recevoir - trop lourd!).

 

Un amateur a tourné une vidéo historique de cet évènement que voici :

 


 

 

49_ Aérodrome 1.jpg  48 _ mémorial du camp d'aviation.jpg  50 - aérodrome 2.jpg
A l'entrée du terrain, un mémorial rappelle l'héroïsme de quelques aviateurs... dont voici les successeurs !

 

  51 _ Aérodrome 3.jpg  52 _ Aerodrome 4.jpg

 

La vocation agricole des anciens étangs a ainsi été préservée, de même que l’entretien des ouvrages assuré par un syndicat regroupant les propriétaires.

 

La dépression de Pujaut, grand espace lacustre il y a encore 400 ans, est devenue, par l’intervention de ses habitants, un espace et un paysage structurés dont la communauté a pu tirer depuis le meilleur profit.

 

Conscients des efforts produits par leurs ancêtres pour parvenir à cette réussite, les villageois de Pujaut ont toujours tenu, à travers les siècles, à célébrer les différents centenaires de cette gigantesque entreprise :

 

En 1712, lors du 1er centenaire, furent organisées des réjouissances publiques, en particulier une grande messe en plein air regroupa plus de 3000 participants.

 

En 1812, alors que tous les préparatifs avaient été effectués, la fête fut annulée car les malheurs de la campagne de Russie empêchèrent toute manifestation.

 

En 1912, le 28 octobre, après un « tir de boites » donnant le départ de la fête, on vit les habitants des villages avoisinants venir aux sons de la fanfare de Tavel, assister à une grande messe célébrée sous un grand arc de triomphe à la ferme St-Hugues, et voir passer une centaine de chars décorés. On a pu y admirer un feu d’artifice qui clôtura la journée.

 

En 2012, comme heureusement tout ne se perd pas forcément de nos jours, le Comité des fêtes de la ville de Pujaut avait organisé le 400ème anniversaire de l’évènement les 30 juin et 1er juillet 2012 (cliquer sur le lien pour visionner le compte rendu), ce qui ne nous étonne pas connaissant l’attachement aux traditions de notre copain Patrick VACCARIS qui fut maire de Rochefort du Gard jusqu’en 2014 et de Guy DAVID qui est toujours le maire de Pujaut depuis 2001 !

 

Voici maintenant une série de photos glanées ici et là sur le net et qui montre bien de nos jours l’évolution des étangs…

 

20 _ Roubine de l'étang.JPG   21 _ Roubine de l'etang 2.png

 La « Roubine de l’étang » telle que l’on peut la voir de nos jours, ou après un gros orage…

 

47 _ Roubine du grès.jpg  46 _ Roubine du grès avant son entrée dans le tunnel.jpg  45 _ Le bout de la roubine du grès.jpg
Et la « Roubine du Grès »... à la fin de son parcours, bétonnée avant le tunnel, et au tout début... 

 

L’eau est alors dirigée dans 2 tunnels d’environ 2 km qui traversent à l’est la chaine de collines de Four avant d’être rejetée dans le Rhône à hauteur du moulin des Chartreux située au hameau de Four.

 

20180427_154203.jpg  

Les ruines du moulin à farine des Chartreux à Four, juste à l’aval des tunnels

 

Les deux souterrains ont chacun, un assez grand nombre de puits (regards) destinés aux accès de visites et aux réparations. Ils ont été financés entièrement par les Chartreux car ils sont creusés sur des terres leur appartenant, et ils exigent en reconnaissance que leur soit cédées une centaine de salmées (63 hectares) supplémentaires des terres récupérées sur l’étang.

 

Ces deux tunnels sont toujours en fonctionnement de nos jours bien qu’ils aient été très mal entretenus.

 

J'ai eu beaucoup de mal à les trouver... En fait, ils débouchent sur le chemin des tunnels (mais c'est bien sûr!), à 300 m à gauche du croisement de la D242 de Pujaut à Sauveterre avec le chemin de la Poste.

 

Mais c'est bien sûr.jpg   20180427_142203.jpg   Un regard de visite.jpg
Une double martelière permet de gérer les écoulements vers le Rhône ou vers le bief du moulin,

et un des nombreux regards de visite tout au long des tunnels.

 

20180427_154047.jpg   20180427_154300.jpg
Sortie aval des 2 tunnels en temps normal, et, un peu en amont,

la sortie d'un tunnel spécialement creusé pour le bief du moulin.

 

  24 _ Sans titre.png  25 _ sans-titre.png
La sortie des deux tunnels à Four avant et après un gros orage...

 

  26 _ Tunnel de l'étang.JPG  28 _ tunnel.jpg  27 _ pujaut-tunels-2.jpg
Et vue de l’intérieur d’un tunnel… à l’aplomb d’un regard, en amont, et en aval (il a 400 ans!).

 

Le but de tous ces aménagements est de récupérer les eaux provenant de la périphérie, pour éviter qu’elles n’aillent au centre de la cuvette et provoquer des inondations au moment de pluies violentes, habituelles sur les Cévennes.

 

Ce réseau nécessite un entretien permanent et n’empêche pas toujours les eaux de revenir dans l’étang. L’étang peut être « vidangé » ; toutefois la faible capacité des moyens d’évacuation de l’eau posent, encore aujourd’hui, des problèmes d’inondation lors d’évènements pluvieux importants (car les deux tunnels, trop étroits, même si le second qui est venu doubler le 1er en 1615 a été conçu plus large, ne sont pas capables d'absorber en totalité le flot - on le voit bien sur la photo du milieu, dès leur départ au croisement du chemin de la Canebière ou du chemin des Grottes avec la route d'Avignon à l'entrée du village de Pujaut).

 

Ainsi, au fil des siècles, les inondations sont la cause de dommages importants pour l’économie locale mais également sur les biens et les personnes, compte tenu de la croissance démographique de ces dernières années.

 

Pour régler ce problème d’entretien de façon définitive, il est créé un syndicat de l’étang de Pujaut (1844) puis un second puis un 3ème. On est même étonnés du nombre de procés qui se sont succédé à leur propos pendant plus d'un siècle !

 

Mais ils ne règlent pas tout et l’on n’est toujours pas à l’abri de catastrophes… La dernière en date que nous avons tous vécue et qui a permis à la nature de reprendre ses droits et aux étangs de se reconstituer en partie fut provoquée par les pluies torrentielles du 9 septembre 2002 qui ont fait sauter la digue de la Roubine du Grès…

 

 29 _ L'etang de Pujaut reconstitué en Sept 2002.png  30 _ La Digue sud de la roubine du Grés s'est rompu le 9-9-2002.jpg
Inondations du 9 septembre 2002 et la rupture de la digue de la Roubine du Grés !

 

31 _ Terrain d'aviation Pujaut 2002.jpg

Et l’eau s’est empressée de reprendre l’emplacement de l’étang

 

On nous a compté l’histoire du patron de l’aérodrome qui venait d’acquérir un avion « Morane-Saulnier du type Rallye-Club », « la 2cv de l'air en aluminium » tout neuf, pour le club… Voyant monter les eaux il a commencé par surélever l’avion en le plaçant sur des palettes.

 

32 _ 2002_09_Sauvetage du rallye.JPG


Puis, l’eau continuant de monter, il a fixé de gros ballons gonflables sous les ailes pour lui permettre de flotter et le tirer avec un pneumatique jusqu’à la route longeant le terrain d’aviation à moitié inondée mais qui demeurait encore hors de l’eau et est ainsi arrivé à faire décoller plusieurs avions in extrémis pour les emmener à Nîmes avant que l’eau ne recouvre la route, qui, pourtant, fait une courbe à cet endroit avec en plus une ligne électrique à l'est !

 

33 _ inond-roubine-etang.jpg   34 _ inond-vignes.jpg
La grande « Roubine de l’étang » n’arrivait même plus à évacuer l’eau après 10 jours…

 

35 _ imagesH80JQUC5.jpg

En septembre 2002, voici la vue de l’aérodrome depuis les hauteurs de Saint Bruno!...

 

36 _ inond-petit-pont-four.jpg

 Et pourtant les tunnels débitaient, fragilisant le vieux pont du moulin de Four en aval !

 

  37 _ reparation du petit pont de la route de Four.jpg   38 _ Toutes les pierres du pont de four ont été replacées.jpg
Mais aujourd'hui il a été heureusement consolidé et reconstruit pierre à pierre à l'identique...

 

20180427_143404.jpg   39 _ Route de four on a laissé un passage pour que ça n'arrive plus.jpg

Le voici tel qu'il est aujourd'hui 27 avril 2018, et un bief permet de l’éviter en cas de grosse pluie.

  

41 _ Tondeuse a gazon.jpg

 Tout est revenu dans l'ordre; voici d'ailleurs un gros plan sur la tondeuse à gazon de l'aérodrome !

 

Depuis d’autres initiatives ont été proposées dont la dernière : le Plan de Prévention des Risques Inondation en 2006 (directive européenne de l’eau) pourtant reprise par l’étude du SMABVGR.

 

Voilà, vous savez maintenant presque tout sur les étangs de Pujaut et de Rochefort du Gard !

 

 

* La Chapelle Saint Vérédème...

 

57 _ Mulin à vent de Pujaut.jpg   61 _ St Veredeme.jpg
Le moulin à vent et la Chapelle Saint Vérédème... 

 

On ne peut visiter Pujaut sans faire une halte au moulin à vent, au moulin à huile et surtout à la chapelle Romane de « Saint Vérédème » qui date du Xème siècle. 

 

Cette chapelle doit son nom à un ermite du VIIème siècle, « Vérédème », qui vécu dans les collines avant d'être nommé évêque d'Avignon.

  

Par la suite, l'histoire rapporte que fut édifiée là, la chapelle dédié à Vérédème, canonisé, devenue pièce maitresse d'un prieuré qui dépendait de l'abbaye bénédictine Saint-André de Villeneuve lez Avignon, mais également le centre d'une exploitation agricole dont demeure encore aujourd'hui le moulin à huile datant du XVIIème siècle à quelques centaines de mètres de la chapelle.

 

Elle a bien failli disparaître, à l'abandon depuis des siècles après avoir servi de grange.

 

Mais c'était sans compter sur une poignée de bénévoles qui se sont ému et mobilisé pour la restaurer...  

 

 

Ruines de St Vérédème.jpg  sa façade est était vraiment en mauvais état.jpg

La chapelle Saint Vérédème en ruine dans les années 1950 (images d'archives),

 

après.jpg   Façade ouest restaurée.JPG
et aujourd'hui restaurée...

 

En effet, sous l'impulsion des membres de « l'association Saint-Vérédème », la commune de Pujaut a racheté la chapelle en ruine en 1996 pour la restaurer et la sauver d’une destruction inéluctable.

 

2 grandes lézardes fissuraient sa Facade sud.jpg  30-pujaut-stveredeme.jpg  Saint Vérédème d'en haut au moment du rachat.jpg
En 1996, elle avait perdu son toit, et tous ses murs étaient lézardés et menaçaient de s'écrouler...

 

Inaugurée en octobre 2010, la chapelle restaurée avec soin a retrouvé sa jeunesse. Elle est devenu un lieu d’expositions et de visites.

 

Saint Vérédème escalier en 2007.jpg   L'escalier à vis de St Vérédème.jpg
Entre autres chefs d'oeuvre de taille de pierre, voici le magnifique escalier à vis montant dans le clocher

  

Eéstauration du coeur et de la toiture.jpg  Façade nord restaurée.jpg

En 2007, elle a retrouvé son toit, et tous ses murs ont été renforcés par des tirants en acier aux 4 angles...

 

Le coeur restauré.jpg

 Et elle a bien changé d'aspect !

 

 

Curieusement, lors de la restauration du sol, « ça sonnait creux » !

 

On a eu la surprise de découvrir deux, puis trois, et enfin une quatrième cavité sous les fondations de la chapelle en forme d'immenses amphores maçonnées de prés de 4m de profondeur.

 

 

 

 

L'un des 4 silos enterrés.jpg    Un des silots.jpg  

 Vue par en dessus de l'un des 4 silos enterrés au niveau du sol !

 

silo à grains.jpg
Vue en coupe, de l'un des 4 silos enterrés !

 

Les archéologues spécialistes qui se sont penché sur la découverte ont déterminé qu'il s'agissait de silos à grain que les contemporains du XIIème siècle avaient probablement creusé pour mettre à l'abri une réserve de vivres qui pouvaient échapper ainsi aux pillages des compagnies de mercenaires, ce qui était courant à l'époque.  

 

 

 


 

 



26/04/2018
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