LE FORT DE BUOUX EN LUBERON

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Vue d’un abri dans la falaise qui fait face au Fort,

l’écaille où a été bâti le fort est presqu’entièrement entourée de falaises infranchissables.

 

 

Mais qu’est-ce que vient faire le fort de BUOUX dans cette rubrique d’Histoire, me direz-vous?

 

Tout simplement, par le fait que ce promontoire stratégique, tout comme les châteaux Cathares, a participé à plusieurs reprises aux guerres de religion qui se sont déroulées sur le sol Provençal, et, pour se rendre compte de la force de la Foi de nos ancêtres, il est quelques fois bon de se souvenir des efforts qu'ils ont fait pour la défense de leur liberté (Cf. mes deux articles sur les Cathares et les Vaudois)!…

 

Avec mes copains du G20 nous avons eu la chance de visiter cette place forte naturelle accompagnés d’un guide hors pair, en la personne de Christian MARKIEWICZ, un chercheur du CNRS, spécialiste de l’archéologie médiévale en méditerranée, qui va participer à la nouvelle campagne de fouilles à l’automne 2018… Il était donc très intéressant de visiter le Fort de BUOUX avant les travaux de restauration et de fouilles pour mieux l’apprécier, après.

 

Pour une fois, je ne suis pas l'auteur de ce reportage que je dois au « Sénior dans le Vent », Yves BIROT qui nous a fait passer un extrait fort bien fait des « Chroniques Souterraines » de Paul COURBON, un géomètre retraité passionné de géologie et de spéléologie (http://www.chroniques-souterraines.fr/).

 

Le FORT DE BUOUX se trouve 1 km au sud du village du même nom sur les pentes nord du Grand Luberon à quelques kilomètres de la ville d'Apt.

 

Il s’est bâti sur une écaille rocheuse de 600 m de long et de 100 m de largeur maximale, entourée presqu’entièrement de falaises qui en rendent l’accès problématique.

 

Comme à ROCSALIÈRE avec le plateau de Claparède, cette écaille est, en plus grand, un té­moin rocheux que l’érosion a détaché des strates cal­caires qui descendent de la crête du Luberon par la Roche d’Espeil.

 

On retrouve le même type d’écailles caractéristiques, à l’ouest du Luberon, vers OPPÈDE-­LE-VIEUX.

 

On avait ici un site privilégié pour assoir une structure défensive. Encore fallait-il que cette structure défensive ait une utilité.

 

Aujourd’hui, la route qui va de Lourmarin à Apt quitte la combe peu avant l’embranchement vers Bonnieux pour franchir le plateau des Claparèdes au Col Pointu (499m). Autrefois, à partir du fond de la combe de Lourmarin, elle empruntait l’Aigue Brun pour franchir le plateau des Claparèdes plus loin, par un chemin moins escarpé. De ce fait, elle passait jus­te sous le site du fort qui en contrôlait le passage et pouvait défendre l’accès sur Apt. Aujourd'hui cette route n'est plus qu'un chemin de ballades à cheval.

 

Dès notre arrivée dans la Combe au pied du Fort, notre accompagnateur nous a expliqué sa position stratégique et l'ancienneté de l'occupation de ce site dès le paléolithique. Et il nous a donné le plan du lieu, afin de mieux suivre la visite :

 

 

Plan du Fort.JPG

 

Géo référencement du donjon :

Carte IGN 3242 OT (Apt)

UTM 31

X 691.430      Y 4854.350

Z 555

 

HISTOIRE

 

Les archives du village de BUOUX furent dé­truites par son maire en 1848, qui les considérait comme des paperasses poussiéreuses et inutiles ! Les archives de la ville d’Apt mentionnent la forte­resse surtout à partir du XVIe siècle, aussi, la plupart des indications qui suivent viennent-elles des fouilles entreprises sur le site.

 

Les premiers historiens locaux pensent que le site fortifié de BUOUX existait avant l’arrivée des Ro­mains. Le travail de l’abbé Gay [1], malgré ses par­ties contestables, a eu le mérite de faire un premier point. Plus tard, Fernand Sauve [2] pense que les objets retrouvés prouvent l’existence d’un oppidum préromain. Les fouilles menées montrent que le site du fort a été occupé dès l’âge du bronze (4.000 ans environ).

 

Bien que non confirmé par des documents, l’établissement d’une fortification seigneuriale sur le site date vraisemblablement du XIe siècle. Pour Mi­chel Fixot [3], sa datation à partir des détails archi­tecturaux est difficile ; par contre, l’historien date la chapelle à la fin du XIIe ou au début du XIIIe siècle.

Au XIIe siècle, le fort quelque peu délaissé, retrouve un intérêt pour la défense des voies de communica­tion, l’évêché d’Apt étant intéressé en premier lieu. Des documents écrits de 1248 retrouvés dans les ar­chives de Pertuis, puis de 1392 retrouvés dans les archives communales d’Apt se rapportent au fort. Le dernier document concerne une avancée des élé­ments du comte de Turenne qui sévit dans la région jusqu’en 1399. Faute d’autres documents, on peut penser que le fort perdit de son importance au XVe siècle.

 

Au XVIe siècle, les guerres de religion re­donnent de l’intérêt aux fortifications de la région, tout d’abord avec les Vaudois qui créent des désor­dres entre 1533 et 1540. Un long chassé-croisé entre protestants et catholiques va suivre par la suite. Les premiers s’emparent du fort de BUOUX en 1563 (Sauve). Les catholiques le reprennent en 1574 pour le reperdre la même année. La chute de Ménerbes reprise aux protestants en 1578, amène celle du Fort de BUOUX repris par Pompée de Pontevés, Seigneur de BUOUX.

 

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Fig. 2 : L’entrée du fort de BUOUX telle qu’elle apparaît du chemin d’accès, sous la Baume.

 

Dans les Années qui suivent, la ville d’Apt rechigne à assurer les frais de la garnison du fort qui occupe jusqu’à 40 hommes, demandant même sa démolition.

 

En 1626, après quelques troubles dus aux calvinistes, le Parlement demande le démantèle­ment de toutes les forteresses inutiles de la région. BUOUX en réchappe !

 

En 1649, 20 hommes étaient encore assignés à la garde du fort. Par la suite, le fort n’est plus jamais mentionné. Fut-il détruit en 1660, date de la démolition du fort d’Orange ? Aucune tra­ce écrite n’en fait état, pas plus que de son abandon, y compris celui de ses habitations, qui n’est pas pos­térieur au XVIIe siècle. [4, 5 et 6] Le fort servit-il de carrière pour la récupération de matériaux ?

 

Le fort a été inscrit à l’Inventaire des Monu­ments Historiques, seulement en 1986. Pourtant, les chantiers de sauvegarde et de restauration avaient commencé en 1977.

 

Propriété communale, sa visite est règlementée et le droit d’entrée est très raisonna­ble.

 

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Fig. 3: Par endroits, le chemin d’accès a dû être taillé dans la roche escarpée.

 

DESCRIPTION

 

Quand on arrive sur les lieux, on comprend immédiatement qu’ils étaient prédestinés pour ac­cueillir une place fortifiée. Cette écaille, dégagée des strates rocheuses est entourée de toutes parts de falai­ses dépassant par endroits 50 m, voire 60 (fig.1 et 14) ; de là, on peut contrôler les passages dans la vallée de l’Aigue Brun. Seule une vingtaine de mè­tres au N.O. permet un passage au milieu des aplombs rocheux.

 

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Fig. 4 : Un mauvais escalier dans les pentes abruptes mène au premier mur défensif d’appareillage grossier.

 

Il faut ajouter que le chemin d’accès a été taillé sur 30 ou 40 m dans une pente ro­cheuse escarpée (fig. 3). D’ailleurs, il est vraisembla­ble qu’il y ait eu des installations défensives anté­rieures à celles dont les vestiges sont visibles au­jourd’hui, mais leur découverte nécessiterait des fouilles archéologiques menées méthodiquement (ce qui va être effectué par la DRAC à partir de septembre 2018 !)

 

Peu avant l’arrivée au fort, se trouvent les ves­tiges d’un premier poste de défense, un bastion rec­tangulaire bâti avant des habitats rupestres. Un esca­lier de pierres grossières (fig. 4), assemblées sans mortier, mène à une belle porte à arc plein-cintre s’appuyant sur un rempart dont l’appareillage peu fini montre une reconstruction hâtive, datant peut-être des guerres de religion; sur la droite une tour ronde (fig. 2).

 

La porte franchie, on se retrouve sur l’aire du fort, d’une superficie de trois hectares ; Les cent premiers mètres sont occupés par un vaste espace qui était vraisemblablement cultivé, comme le montreraient des registres des baux du XVIe au XVIIIe siècle. En­suite, s’étend un complexe médiéval d’habitations et d’ouvrages défensifs. Si certaines constructions ont un bel appareillage, d’autres ont un appareillage grossier.


 

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Fig. 5 : Deux des beaux appareillages qui subsistent de l’église au nord et au sud.

 

  

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Fig. 6 : Les deux cuves de décantation de la mai­son citerne.

 

On trouve aussi des habitations rupestres dont le creusement dans le roc a dû demander un travail considérable. Elles symbolisent l’harmonie du bâti et du creusé qui caractérise le Fort de BUOUX.

 

Parmi les vestiges les plus significatifs on trouve l’église (XIIIe siècle) ; bien qu’il n’en reste que les murs, la restauration entreprise a mis son appareilla­ge en valeur (fig. 5). Comme en d’autres lieux, elle semble avoir été bâtie sur une église primitive. On trouve aussi ce qui a été appelé la maison commune. Trois vastes citernes sont encore visibles ; la plus intéressante, appelée maison citerne comporte deux compartiments et des installations ingénieuses (fig. 6). Elle fut vraisemblablement habitée après son abandon en tant que citerne.

 

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Fig. 7 : Le secteur des silos et du pressoir à huile (au fond à gauche).

 

LES SILOS

 

Ils sont peut-être, l’un des vestiges les plus caractéristiques de BUOUX. Au nombre de seize, ils ont été creusés dans le rocher. Évasés, d’une profon­deur moyenne de 2 m, la feuillure creusée à leur ori­fice montre qu’ils étaient fermés par un couvercle dont on retrouve un ou deux exemplaires. Ces silos devaient vraisemblablement constituer des réserves alimentaires. Au bas des silos, sur une belle dalle rocheuse horizontale, le creusement de ce qui fut sans doute la base d’un pressoir à huile (fig. 7).

 

 

L’ESCALIER DÉROBÉ

 

 

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Fig. 8 (à gauche): La poterne donnant accès à l’escalier

 

C’est pour moi le passage le plus surprenant de BUOUX. Juste après les silos et avant ce qui a été appelé le premier rempart, une poterne (fig. 8) donne accès à un escalier descendant longeant la barre ro­cheuse. De cet escalier, on peut voir le fond de deux silos qui se sont crevés. On doit ensuite parcourir environ 150 m dans un sentier qui remonte comme les strates rocheuses et serpente à travers la végéta­tion. On parvient alors, en haut d’un escalier magni­fique et vertigineux (fig. 9), creusé entièrement dans le roc de belles marches et d’un beau garde-fou, il permet de descendre la deuxième barre rocheuse et de quitter les lieux sans être vu de ceux qui bloquent l’entrée !

 

 

 

 

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Fig. 9 : La magnifique dernière partie des escaliers dérobés entièrement creusés dans la roche.

 

 

LES TROIS REMPARTS

 

Ils suivent le village et barrent l’accès au don­jon situé sur la partie la plus haute du fort. Ils ont été appelés premier, deuxième et troisième rempart ce qui surprend, car il y a déjà un rempart à l’entrée du site, que nous avons décrit précédemment. Pour res­ter en concordance avec les autres documents et les pancartes du site, nous gardons cette appellation.

 

Le premier rempart fait suite au village, juste après le silo et une belle maison rupestre. Il est pré­cédé d’un fossé creusé dans le roc, encore en partie visible.

 

D’une longueur de 30 m, il barre le plateau dans toute sa largeur. Il ne reste plus rien du haut de ce rempart, dont la hauteur au-dessus du rocher va de quatre à deux mètres (fig. 10).

 

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Fig. 10 : derrière la dernière maison du village, le pre­mier rempart suivi de près par le second.

De ce point de vue, les fossés en partie comblés, sont invisibles.

 

Mais quinze archères hautes et étroites sont encore visibles. Complètement au sud-ouest du rempart, une porte permet de le fran­chir (fig. 11).

 

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Fig. 11 : la porte et les belles archères du premier rem­part

 

 

Seulement une dizaine de mètres en arrière, le second rempart, plus imposant lui fait suite. Il était lui aussi protégé par un fossé en partie comblé au­jourd’hui. Curieusement, il ne comporte aucune ar­chère. Par contre, en son milieu se dresse une tour de trois étages au bas de laquelle se trouve la porte d’entrée (fig. 12 et 13).

 

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Fig. 12 : La tour de trois étages au centre du se­cond rempart.

Curieusement, seule la tour comporte des meurtrières, pas le rempart.

 

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Fig. 13 : On voit la porte laté­rale d’accès et les curieuses archères de coin.

 

À chaque étage, on trouve trois archères de façade, deux archères de coin et deux archères latérales, toutes plongeantes. Après ce rempart, on trouve plusieurs vestiges de construction intéressants. Tout d’abord, sur la droite, un corps de garde vouté encore intact. Il y a aussi une maison forte du XIIIe siècle qui semble avoir été la résiden­ce du gouverneur du fort. Une belle citerne lui fait suite.

 

On trouve aussi des vestiges de murs faisant penser à d’autres remparts.

 

Une cinquantaine de mètres en arrière du se­cond rempart, toujours protégé par un beau fossé creusé entièrement dans le roc, s’élève le troisième et dernier rempart (fig. 15).

 

11 - REMPART.jpg

Fig. 15 : Le troisième rempart protégé par le fossé entièrement creusé dans le roc.

Un passage bâti a remplacé l’ancien pont-levis.

 

D’une longueur de 16m, il barre toute la largeur du plateau qui s’est rétréci. Un passage construit et remblayé, remplace le pont levis ou escamotable d’origine. Il permet de franchir le fossé, donnant accès à une belle porte avec un arc plein-cintre.

 

Une série de sept meurtrières subsistantes permettaient la défense de ce dernier obstacle, bien ancré sur le roc et qui s’élève encore de 3 à 6m suivant les endroits.

 

Coté S.O., le rempart surplombe une grotte creusée dans la paroi rocheuse 10 m plus bas (fig. 16) ; certains ont cru voir dans cette zone un passage secret où une échelle aurait permis de descendre le surplomb de 10m pour rejoindre l’escalier dérobé.

 

 

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Fig. 16 : La double grotte qui s’ouvre moins de 10 m sous le rempart.

 

Trente mètres plus loin, se trouve le dernier ouvrage fortifié du fort : le donjon protégé lui aussi par deux fossés taillés dans le roc au N.O. et au S.O. (fig. 18). Sur les deux autres côtés, ce fossé est inuti­le ; au N.E., le donjon surplombe un vide de 60 m ! Dernier refuge après le dernier rempart, ce donjon qui n’émerge plus que 4 ou 5 m de la roche sur laquelle il a été bâti, ne devait avoir pour certains qu’une fonction symbolique, couronnant et achevant la fortification.

 

Du donjon, on a une vue exceptionnelle sur le paysage grandiose qui l’entoure et limité au nord par les silhouettes du Ventoux et de la montagne de Lu­re, que l’hiver drape de blanc (fig. 17).

 

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Fig. 17 : Vu du donjon, le Ventoux est drapé de neige en mars

 

De nombreux éléments font penser aux historiens que ce point haut fut un site gallo-romain.

 

Il serait trop long de décrire tous les éléments relevés par les historiens ou les médiévalistes. Nous renvoyons le lecteur aux auteurs de la bibliographie.

 

Tel qu’il apparaît, le fort nous parait imprena­ble et si en 1578 les catholiques le reprirent aux cal­vinistes, ce fut sous le coup d’une ruse et d’une trahi­son.

 

Pourtant, il y avait une faiblesse dans ce disposi­tif : l’eau ! La contenance des citernes aurait-elle permis de résister très longtemps à un siège en rè­gle ?

 

 

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Fig. 18 : Le donjon ancré sur son rocher légèrement taluté par le creusement d’un fossé.

Les deux autres côtés, adossés au vide, n’ont pas besoin de fossé.

 

 

Bien entendu, à la fin de la visite, quelques-uns de « Séniors Dans Le Vent » ont délibérément souhaité redescendre par l’escalier dérobé… Il ne faut pas avoir le vertige mais il faut un pied assuré, car les marches sont hautes et usées !

 

descente de l'escalier dérobé.jpg

 

  

LES AUTRES SITES TROGLODYTIQUES DE LA REGION

 

EN RIVE DROITE DE L’AIGUEBRUN,

 

Avec ses falaises et toutes les cavités qui s’y ouvrent, la région de BUOUX était propice à l’aména­gement de sites défensifs troglodytiques. La zone la plus caractéristique se trouve dans la falaise qui fait face au fort de BUOUX, en rive droite de l’Aiguebrun [7].

 

Au milieu de cette falaise fréquentée par les es­caladeurs, s’ouvrent plusieurs cavités inter strates. Des escaliers avaient été aménagés pour accéder à certaines d’entre elles, mais l’écroulement de pans rocheux au bas de la falaise les rendent maintenant inaccessibles.

 

À l’est de la falaise, l’accès à l’un de ces abris a été équipé de cordes, mais reste réservé à des escaladeurs. Si la taille de la roche montre son occupation ancienne, différemment de ce qu’écrit A.­ Y. Dautier, je n’ai pas retrouvé d’assises de murs de pierres sèches. Faute d’archives et de moyens de da­tation précis, il est difficile de reconstituer l’histoire d’un tel site, On ne peut qu’émettre des hypothèses.

 

Dans la falaise, face au fort de BUOUX, de nombreux abris naturels ont été occupés. En bas à gauche, peu visibles sur la photo, de vastes escaliers ont été taillés. Leur agrandissement figure sur la photo suivante

 

 

 Figure 19 - 2.jpg
L’accès à cette cavité n’est pas permis à tout le monde!

 

Figure 21.jpg

On voit les creusements de la roche et la corde pour descendre en rappel vers une grande terrasse inférieure.

Aucune maçonnerie n’est visible.

 

  Figure 23.jpg   Figure 22.jpg
L’accès à la cavité visible à droite de la falaise nécessite des passages en escalade.

 

 

 

LA GROTTE SUSPENDUE DE CHAMPS

 

André-Yves Dautier [7] nous signale la grotte refuge située dans des falaises, 600 au S.O. de la jo­lie ferme de Champs, à Sivergues. Cette grotte sus­pendue, s’ouvre au-dessus d’un surplomb à 5 m de haut dans la paroi rocheuse et une échelle est néces­saire pour y accéder.

 

De Champs, à pied, 25 minutes de marche sont né­cessaires.

Un chemin mal entretenu, mais accessible à un véhicule 4X4, permet d’y accéder à partir de la ferme

 

La topographie montre le surplomb qu’on ne peut franchir qu’avec une échelle.

 

 Figure 24.jpg   Figure 25.jpg

 

Le refuge perché de Champs est défendu par 5 m de verticale, dont 4 en surplomb. En bas à droite, il est complété par un refuge plus accessible.

 

Figure 27.jpg

 

En fait, cet abri se scinde en deux parties : une partie au sol a été bâtie sous une zone en surplomb de la falaise, formant une pièce de 5 m par 3,6. À côté, défendue par le même surplomb, une grotte en hau­teur a été aménagée sur deux niveaux.

 

Pour A.-Y. Dautier, ce type de grotte défen­sive est unique dans la région. Sans meurtrière, elle n’offre qu’une défense passive liée à la difficulté d’y accéder. L’auteur nous rappelle que cette cavité pas­serait pour avoir servi de refuge pendant les guerres de religion. Mais, ce n’est qu’une possibilité. L’amé­nagement de cet abri haut perché ne pourrait-il être aussi une lubie ou un jeu?

 

Le mythe de la cabane de Tarzan en hauteur dans un arbre, n’est pas récent. Combien de gamins, dont j’ai fait partie, ne se sont-ils pas amusés à construire une cabane perchée dans un arbre, où ils retrouvaient un monde à eux, bien isolé et où ils se sentaient en sécurité ? Cette idée a été reprise dans certains campings!

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

[1]     Abbé A. Gay, 1866, Histoire du village, du château et du fort de Buoux, Imprimeur A. Masson, Forcalquier, Réimprimé en 1996, Lacour éditeur, Nîmes.

[2]     Fernand SAUVE, 1904, La vallée de l’Aiguebrun, Buoux et l’ancien fort, Avignon, Seguin.

[3]     Michel FIXOT, 1974, Archéologie médiévale, Châ­teaux dans la campagne d’Apt, N° III-IV, pp. 268-269.

[4]     René BRUNI, 1981, Monographie de Buoux, Luberon -Nature, Edisud.

[5|    René BRUNI, 1987, Fort de Buoux, guide du fort, Rimbaud édit., Cavaillon.

[6]     René BRUNI, Jean-Michel CHAZINE, Jean-Pierre MURET, E. SAUZE, 2001, Histoire du village, du château et du fort de Buoux, Editions du Luberon, Lauris, pp. 72-118.

[7]     André-Yves DAUTIER, 1999, Trous de mémoire, Alpes de Lumières, Parc Luberon, pp. 85-91 (Buoux) et 19 (Champs)

On lira avec intérêt le dépliant fourni aux visiteurs du Fort. Dans les lignes Miettes d’histoire, René Bruni retra­ce brièvement l’histoire des lieux.

 


 



01/07/2018
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