CONNAISSEZ-VOUS LES TAAF ? SAINT-PAUL et AMSTERDAM (2/5)

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Un Gorfou sauteur de l’île Saint-Paul et une otarie à fourrure à reflets dorés d’Amsterdam « Oh, mon Dieu ! »

 

 

Une petite musique fort à propos pour vous mettre dans l'ambiance…

Une composition de Nicolas Errèra « Rendez-vous en Terre inconnue »

Vous pouvez l'arrêter en cliquant ci-dessus sur les symboles :

coupe son.jpg
 

 

Depuis le XIXème siècle, en plus des îles de la Réunion et de l’archipel de Mayotte érigés tous deux en Départements Français, la France possède quelques « gros cailloux » et poussières d'îles dans l'océan indien qui sont devenus un enjeu stratégique pour la biodiversité de notre planète, la sécurité de l’océan indien et ils vont prendre encore plus d'importance sur un plan économique dans les temps futurs !

 

En effet, ils permettent à notre pays de bénéficier de la deuxième plus vaste ZEE mondiale (Zone Économique Exclusive – Cf. dans la Bibliographie leur définition) qui représente le ¼ des 11 millions de Km² constituée par un périmètre de 200 miles marins autour des possessions françaises, soit 2,84 millions de Km² pour les seules Terres Australes Antarctiques Françaises !

 

Il est réconfortant de constater que la communauté mondiale fait confiance, reconnait et vient de confirmer à la France, la fonction de gardienne garant de la biodiversité, gendarme de la pêche illicite dans la région de l’océan indien et tout autour de ses départements et territoires d’outremer.

 

2 - 2 - drapeau des TAAF.jpg
 
Drapeau officiel des Terres Australes et Antarctiques Françaises

(Les 5 étoiles entourant le sigle font référence aux 5 Districts)

 

Bravo !

 

Après avoir lu l’article sur les TAAF qui précédait en ce qui concerne les îles Éparses, vous allez bientôt faire partie des 0,02% des français qui sont capables en plus des île Éparses de positionner les îles Saint-Paul ou Amsterdam sur une mappemonde !

 

Par un heureux hasard, j’ai découvert que l’Australie (pour laquelle je voue un intérêt particulier puisque ma fille Juliette, qui vit à Sydney, est responsable de la communication des Préfectures, on dit là-bas « Office service », de l’État des New South Wales) s’était portée volontaire pour assurer, à l’été australe 2020, un intérim du service des TAAF.

 

En effet « l’ASTROLABE », le tout dernier fleuron des navires patrouilleurs brise-glace de la Marine Nationale Française a été empêché de remplir sa mission à la suite d’une avarie sur une de ses lignes d’arbre d’hélice en acier inox qu’il a fallu réparer en cale sèche à Perth en Australie.

 

Dans le prolongement du service régulier que l’Australie assure pour ses propres terres australes et antarctiques (à savoir l’île Macquarie, l’archipel des îles Heard et Mac Donald, et son territoire antarctique avec ses 3 bases de Mawson, Casey et Davis) le gouvernement australien est intervenu pour que « The Australian Antarctic Division » (AAD) assure le service de ravitaillement des terres antarctiques françaises (cf. article de Ouest-France à ce sujet) avec son brise-glace « Aurora » et son tout nouveau patrouilleur « Nuyina ».

 

  3 - 1 - Brise glace australien Aurora.jpg   3 - 2 - Brise-glace australien Nuyina.jpg
Le Brise-Glace Australien « Aurora » arrivant à Casey et son patrouilleur « Nuyina » dans les 40èmes rugissants…

 

Plusieurs navires de la Marine Nationale Française basés au port de la Pointe des Galets à la Réunion, affirment en effet la souveraineté Française dans les Terres Australes et Antarctiques Françaises et assurent le service des « TAAF », sauf que, pour la campagne d’hiver, il faut un brise-glace et notre « ASTROLABE » a été empêché d’assurer sa mission.

 

Lors de notre vadrouille à l'île de la Réunion en 2018 (cf. mon article « Oté, la Réunion ») nous avions été étonnés de découvrir plusieurs navires de guerre à quai dans « le Port » de la pointe des Galets.

 

Dans le même esprit que ma découverte de l’Arsenal de Toulon, de sa base de SNA et ses BPC, j’ai consacré un article spécifique à « La Flotte de la Royale aux TAAF »).

 

Ma seule déception a été de découvrir que, si on peut vivre une aventure exceptionnelle en participant à une navette périodique de ces navires à titre de particulier (ce n’est pas donné, mais la curiosité n’a pas de prix !) … Le règlement de la Royale lui interdit l’embarquement de séniors de plus de 75 ans !

 

Il y a, en effet, parmi ces navires basés à la Réunion, deux Frégates mais surtout le tout nouveau patrouilleur brise-glace « l’ASTROLABE » qui ravitaille en particulier la base « Dumont d’Urville » en Terre Adélie et d’autres navires qui assurent le ravitaillement des Terres Australes Françaises du sud de l’océan Indien basés au port de la Pointe des Galets à la Réunion. 

 

  3 - 3 - Port militaire de la ponte des galets.jpg   4 - ASTROLABE  350 x 240.jpg
La base de la Pointe des Galets et le Patrouilleur Brise-glace « l’Astrolabe » 4ème du nom.

 

J’ai donc eu envie d’en savoir plus sur les TAAF, et je vais vous en faire profiter, bien que j’aie pu trouver et m’inspirer d’une quantité de sites officiels du Gouvernement Français fort bien réalisés sur le sujet ! (Cf. Bibliographie en fin d’article)

 

MAIS D’ABORD, LES « TAAF » QU’EST-CE QUE C’EST ?

 

Les « TAAF » c’est l’acronyme utilisé pour désigner les « Terres Australes et Antarctiques Françaises », un Territoire Français d’Outre-Mer, en fait, le seul territoire français ayant conservé le statut des « TOM ».

 

Ce territoire est actuellement composé de cinq districts : les trois districts historiques des terres australes françaises (îles Kerguelen, archipel Crozet, îles Saint-Paul et Nouvelle-Amsterdam) découverts et rattachés à la France aux XVIIIe et XIXe siècles auxquels s’ajoutent depuis 1949 le district antarctique de la Terre-Adélie, puis depuis 2007, le district des îles Éparses de l’océan Indien.

 

Ces cinq districts sont constitués :

1) les îles Éparses (39,4 km²) composées de 5 « cailloux », cf. ci-dessous.

2) le district de Saint-Paul (8 km²) et Amsterdam (54 km²)

3) le district de Crozet (115 km²)

4) le district de Kerguelen (7215 km²)

5) le district de la Terre Adélie (432 000 km²)

 

Si la souveraineté française sur les terres australes n’est pas contestée, les cas de la Terre Adélie et des îles Éparses de l’océan Indien restent plus complexes.

 

En ce qui concerne la Terre-Adélie, le Traité sur l’Antarctique, signé le 1er décembre 1959 à Washington, aux États-Unis et en vigueur depuis 1961, réglemente les relations entre les États signataires en ce qui a trait à l’Antarctique.

 

Le traité s’applique aux territoires, incluant les plates-formes glaciaires, situés au sud du 60e parallèle sud c’est-à-dire tout le continent antarctique.

 

Les signataires initiaux (appelés pays signataires) du traité furent l’Afrique du Sud, l’Argentine, l’Australie, la France, le Chili, les États-Unis, le Japon, la Norvège, la Nouvelle-Zélande et l’URSS (traité repris en 1991 par la Russie).

 

Cependant, n’importe quel membre des Nations unies ou autre État invité par la totalité des signataires peut s’y joindre. Plusieurs états ont ainsi adhéré au traité depuis sa signature.

 

En ce qui concerne les Îles Éparses, il faut savoir que l’île de Tromelin est revendiquée par la République de Maurice, les îles Glorieuses par la Fédération des Comores alors que les 3 autres atolls le sont par Madagascar ; mais la France n’est pas du tout prête à les lâcher (cf. plus loin l’explication donnée par le Président Macron lui-même).

 

Sur le plan administratif ces cinq districts ne sont pas des collectivités de niveau inférieur mais bel et bien des circonscriptions déconcentrées.

 

Nom du District

Base permanente

/ Chef-lieu

Effectif moyen

Superficie
(km2)

ZEE
(km2)

 1) Les Îles Éparses

Île Bassas-da-India

Île Europa

Îles Glorieuses

Île Juan-de-Nova

Île Tromelin

0

15

15

15

3

<1

30

7

5

1

123700

127300

48350

61050

280000

 2) Saint-Paul et Amsterdam

Saint-Paul

Base Martin-de-Viviès

0

29

8

58

502 533

 3) Archipel Crozet

Base Alfred-Faure

18

352

567 475

 4) Îles Kerguelen

Port-aux-Français

45

7 215

563 869

 5) Terre Adélie

Base Dumont-d’Urville

25

432 000

112,000

 Total des TAAF

165

439 677

2 386 277

 

Les TAAF sont placées sous la responsabilité d’un préfet spécifique unique qui fait office d’administrateur supérieur des cinq districts des « Terres Australes et Antarctiques Françaises ».

 

Depuis 2005, en effet, huit préfets se sont ainsi succédés à la responsabilité des TAAF dont :

      • Michel CHAMPON (2005),
      • Eric PILLOTON (2007),
      • Rollon MOUCHEL-BLAISOT (2008),
      • Christian GAUDIN (2010),
      • Pascal BOLOT (2012),
      • Cécile POZZO di BORGO (2014),
      • Évelyne DECORPS (2018) qui vient d’être relevée en 2020 après sa nomination comme Ambassadrice au Mali.
      • Charles GIUSTI,

 

5 - Carte des TAAF.JPG
Carte de positionnement des « TAAF »

 

J’étais parti pour vous faire un article style « Reader’s Digest » concis sur les TAAF et au fur et à mesure de mon travail de documentation je me suis rendu compte que chacun des cinq districts des TAAF valaient à eux seuls un article spécifique !

 

Alors vous ne vous étonnerez pas que, tout comme je l’avais fait sur l’Arsenal de Toulon je me suis décidé, après coup, à rédiger 5 articles décrivant chacun un seul des cinq districts !

 

Ce 2nd Article concerne le 2ème District qui est constitué de l’ensemble des deux îles les plus à l’est de l’Océan indien, l’île Saint-Paul au sud et l’île Amsterdam au nord, distantes l’une de l’autre de 85 Km.

 

Cela dit, c’est officiel !... et c’est une très bonne nouvelle puisque depuis l’été 2020 juste entre deux confinements, le domaine maritime sous-marin français s’est agrandit de plus de 151000 Km² au large de La Réunion et des Terres Australes et Antarctiques, après Décision des Nations Unies confirmé par la parution au Journal officiel de décrets « définissant les limites extérieures du plateau continental au large de l'île de la Réunion » ainsi que celles « du plateau continental au large des îles Saint-Paul et Amsterdam ». (Cf. source)

 

 63 - Saint-Paul communiqué du gouvernement 2020.JPG

 

Un quart de la superficie de l'Hexagone… : La France étend donc son domaine sous-marin de 58121 Km² au large de La Réunion et de 93202 Km² au large des îles Saint-Paul et Amsterdam, comme l’avait annoncé en juin dernier le Secrétariat général de la mer et l’Ifremer. « Cette extension du plateau de 151 000 km² est désormais inscrite dans le droit » ; elle équivaut à un quart de la superficie de l'Hexagone !

 

Cela dit, ces deux îles du 2ème District des TAAF ont été régulièrement visitées depuis leur découverte, la première au XVIème siècle, la seconde cent ans plus tard par des missions cartographiques et scientifiques.

 

Mais aussi, hélas au XIXème siècle, par des chasseurs de phoques français uniquement intéressés par l’exploitation des langoustes et des mammifères marins très présents sur place, dont, en particulier, les otaries d’Amsterdam qui possèdent une magnifique fourrure à reflet doré tant convoitée qu’elle va les perdre puisqu’elles ont pratiquement disparu à la suite de son commerce.

 

Au plan de la faune, et de la flore présentes dans les deux îles, la position isolée des deux îles donne un grand intérêt à leur faune principalement constituée d’animaux et d’oiseaux marins, dont quelques-uns sont endémiques des lieux, tout comme la flore qui sont pratiquement les mêmes sur les deux îles que nous allons passer en revue en considérant deux points particuliers spécifiques à chacune des deux îles.

 

SAINT-PAUL fut le paradis des rats surmulot et de la souris domestique, amenés ici par inadvertance avec les approvisionnements des quelques pêcheurs bretons qui exploitèrent un temps la pêche à la langouste – on dénombrait dans les années 1990 plus de 100000 rats surmulot sur l’île - jusqu’en 1999 où une vaste campagne de dératisation a été menée pour qu’ils ne s’en prennent plus aux nids des oiseaux marins qu’ils décimaient.

 

Depuis, apparemment et fort heureusement, ils ont tous été éradiqués et la population d’oiseaux se reconstitue progressivement.

 

Depuis 2000, l’île Saint-Paul est redevenue le paradis des Gorfou-sauteurs (sorte de manchots à houppette) et des sternes et cormorans, et les otaries et autres éléphants de mer peuvent dorénavant s’y prélasser sans risques.

 

SUR L’ÎLE D’AMSTERDAM, on trouve en plus, le « chat haret » (chat domestique retourné à l’état sauvage) qui a été introduit par l’homme pour combattre la surpopulation des rats et des souris arrivés par bateau de pêche au XVIIIème siècle.

 

Du fait de l’absence de prédateur et surtout avec la présence d’un « garde-manger » (souris et rats) abondant, sa population n’a fait qu’augmenter, sans qu’on en connaisse le nombre exact. Malheureusement, son impact n’est pas négligeable quant à la prédation de la faune native de l’île et en particulier des oiseaux marins qui viennent nicher sur l’île.

 

Un des objectifs principaux du prochain plan de gestion de la réserve naturelle est donc à l’instar de ce qui a été fait à Saint-Paul, l’éradication simultanée sur l’île Amsterdam du rat surmulot, de la souris domestique et du chat haret.

 

D’autant plus que le rat surmulot est suspecté d’être un réservoir de la bactérie « Pasteurella multocida » responsable du choléra aviaire.

 

Cette maladie a décimé ces dernières années les poussins d’albatros à bec jaune (Thalassarque carteri), dont les deux tiers de la population mondiale nichent dans les falaises d’Entrecasteaux, à l’ouest de l’île Amsterdam.

 

Toujours à Amsterdam, on trouvait en plus de Saint-Paul… Des vaches amenées là en 1871, en provenance de l’île de la Réunion il y a plus de 140 ans… Une famille d’agriculteurs qui voulait s’implanter sur l’île avait alors amené 6 bovins…  

 

Pendant des décennies, ce troupeau de bovins s’est développé sur l’île en milieu fermé (endogamie), sans autre apport extérieur, constituant alors une population totalement autonome.

 

Sans prédateurs, les bovins se sont multipliés pour atteindre 1650 têtes en 1985.

 

Il faut noter que bien d’autres animaux ont été également introduits sur les îles de l'archipel de Kerguelen comme le mouflon, le mouton de race Bizet (du Massif central) comme on le verra plus avant et tout le cortège d’espèces liées à l’homme (rats, chats, etc.) sur toutes ces îles.

 

64 - Amsterdam Vache 350 x 240.jpg

Les Vaches de l'île Amsterdam : une race devenue unique !
 

Je dis « que l’on trouvait », car depuis 2011, les scientifiques écolos des TAAF ont voulu supprimer ces vaches comme ils ont supprimés les rats sur l’île Saint-Paul, sans songer une seule seconde à prendre en compte la biodiversité qu’elles représentaient, tout simplement parce qu’elles consommaient les végétaux endémiques de l’île…

 

Et, sans s’en apercevoir immédiatement, ils ont éradiqué une population bovine, isolée génétiquement pendant 140 ans, vivant dans des conditions climatiques extrêmes, avec son propre patrimoine génétique alors même que pour la Convention sur la Diversité Biologique, les populations domestiquées ou cultivées sont considérées comme partie intégrante de la diversité globale.

 

Le troupeau de l’île d’Amsterdam constituait une population unique, d’un grand intérêt, tant adaptatif que génétique ou culturel. Sa caractérisation, sa conservation, et son utilisation potentielle ou effective suivaient donc de plein droit les recommandations faites par la FAO (Cf. en cliquant ici un article du blog des « biodiversitaires » très bien documenté sur ce couac scandaleux) mais il est aujourd’hui trop tard !

 

Enfin, sur l’île Amsterdam il y a surtout, une espèce d’albatros spécifique unique, découvert en 1982 seulement, quand on a commencé à s’intéresser à son existence.

 

En effet, le « grand albatros d’Amsterdam » (Diomedea amsterdamensis) ne niche que là et nulle part ailleurs dans le monde !

 

  65 - Amsterdam l'albatros 350 x 240.jpg   66 - Amsterdam couple d'albatros 350 x 240.JPGLe Grand albatros d’Amsterdam !

 

Le grand albatros d’Amsterdam niche à 600 m d’altitude sur les mousses du plateau. Les couples reproducteurs arrivent sur l’île en janvier, la femelle ponds un seul œuf par saison, en février, que le couple couve en se relayant ; le poussin nait en mai et ne quitte le nid qu’en janvier suivant.

 

Le jeune albatros va courir le monde et ne reviendra à Amsterdam que sept ans plus tard pour y trouver l’âme sœur en paradant, et il formera alors un couple fidèle, mais les jeunes mariés devront attendre l’âge de 12 ans pour avoir un cycle de reproduction réussi.

 

Il faut savoir par ailleurs que le grand albatros d’Amsterdam est l’un des plus grands oiseaux du monde avec une envergure de 3,30 m en moyenne et peut peser jusqu’à 12 Kg. Sa durée de vie est de l’ordre de 80 ans et il fait partie de la liste des 100 espèces les plus menacées au monde. 

 

En effet le nombre d’individus est estimé à 160 à 170 oiseaux dont seulement 80 à 90 sont capables de se reproduire ce qui fait de lui le plus rare albatros du monde !

 

Ses grandes ailes pointues lui permettent une capacité de vol plané hors du commun pour lequel il utilise les courants d'air et les vents et il ne bat pratiquement pas des ailes.

 

Poussés par les vents, il effectue de très longs vols et il se nourrit en pêchant des mollusques, des poissons, des crustacés (krill), ou avec les déchets des bateaux qu’il peut suivre pendant des jours et des nuits en planant sans jamais se poser.

 

Cet albatros extraordinaire vaut bien une petite vidéo de 30 secondes quant à sa parade amoureuse… que je vous laisse le soin de visionner :

 

 

Et en ce qui concerne la flore, on rencontre la même sur les deux îles sauf qu’à Amsterdam, il y a, en plus, une végétation ligneuse d’arbustes absents à Saint-Paul, le « Phylica ».

 

 

67 - Amsterdam Phylica (seule plante ligneuse) 350 x 240.jpg
  La seule plante ligneuse de l’île le « Phylica Arborea » (Photos G. LACHAUX)

 

Le « Phylica arborea » formait initialement sur l’île d’Amsterdam une ceinture quasi continue sur la façade Est entre 100 et 250 m d’altitude.

 

Son peuplement a été fortement réduits par des incendies de grande ampleur, généralement d’origine humaine et accidentelle, et par les prélèvements de bois des marins de passage, ou encore l’impact des bovins installés sur l’ile à partir de 1871.

 

En 1726, VALENTYN décrivait en effet une forêt de « Phylicas » formant une ceinture sur 1 500 ha (environ 27 % de la surface de l’île sur son versant Est) dense au point d’être quasiment impénétrable.

 

En 1875, VÉLAIN estimait que la forêt dense ne couvrait plus que 250 ha.

 

Au milieu des années 1980, il ne restait plus que quelques arbres résiduels et un peuplement de quelques hectares (le « Bois de phylicas »).

 

Alors, un programme de replantation a été engagé et se poursuit actuellement sous l’égide de la réserve naturelle avec des plants obtenus à partir de graines recueillies sur place.

 

68 - 1 - Amsterdam petit philcas deviendront grands 350 x 240.jpg   68 - 2 - Amsterdam pépinière de philica 2.JPG
La pépinière de « Phylica Arborea » (Photos G. LACHAUX)

 

69 - Amsterdam Pépinière de Phylica Arborea 350 x 240.JPG   70 - 2 - Amsterdam petits philicas sont devenus grand 350 x 40.jpg
La pépinière de « Phylicas » 

 

 Pour le reste de la faune (puis de la flore, ci-dessous) on rencontre sur les deux îles les mêmes populations, constituées d’oiseaux et de mammifères marins :

 

71 - Saint-Paul gorfou-sauteur 350 x 240.jpg   72 - Saint-Paul Gorfou 350 x 240.jpgLe Gorfou sauteur, une sorte de manchot avec sa drôle de houppette !

 

 73 - Amsterdam Albastros à bec jaune 350 x 240.jpg   74 - Amsterdam albatros-antarctique 350 x 240.jpg
L’albatros à bec jaune

 

75 - Amsterdam la sterne-antarctique 350 x 240.jpg   76 - Amsterdam Sterne subantarctique 350 x 240.jpg
La sterne subantarctique

 

77 - Amsterdam le Skua Stercorarius antarcticus 350 x 240.jpg   78 - Amsterdam goeland-dominicain-antarctique 350 x 240.jpg
 Le « skua stercorarius » de l’antarctique et le goéland dominicain

 

 79 - Amsterdam canard-a-queue-pointue-antarctique 350 x 240.jpg   80 - Amsterdam petrel-geant-antarctique 350 x 240.jpg
Le canard à queue pointue de l’antarctique et le pétrel géant de l’antarctique

 

Et bien sûr les otaries à fourrure d’Amsterdam (Arctocephalus tropicalis) : les mâles adultes mesurent jusqu’à 1,80 m avec un poids de 80 à 120 kg et les femelles mesurent jusqu’à 1,45 m avec un poids de 40 à 55 kg.

 

   81 - 1 - Amsterdam Otarie 350 x 240 (photo Bruno MARIE).JPG
 
L’otarie à fourrure d’Amsterdam (Photos Romain BAZIRE)

 

  82 - 1 - Amsterdam Otarie à fourure dorée 2 350 x 240.jpg   82 - 2 - Amsterdam une otarie à fourrure.jpg
L’otarie à fourrure d’Amsterdam toute mouillée… qui sort de l’eau

 

  83 - Amsterdam une otarie agressive (Photo Benjamin Gallard) 350 x 240.jpg   84 - Amsterdam otarie à fourure dorée (Photo Romain BAZIRE) 350 x 240.jpg
Agressive ou apaisée, l’otarie à fourrure d’Amsterdam (Photos Romain BAZIRE)

 

Les mâles sont brun orangé à brun foncé sur le dos et brun clair sur le ventre, ils possèdent une crête de poils dressés verticalement au niveau du front (cf. ci-dessus à gauche). Les femelles sont gris-marron sur le dos et brun clair sur la face ventrale (cf. à droite).  

 

L’otarie à fourrure d’Amsterdam vaut bien une petite vidéo que je vous laisse découvrir :

 

 

Et bien sûr quelques éléphants de mer dans « la mare aux éléphants » d’Amsterdam en particulier, où se prélassent en permanence une douzaine d’individus.

 

 

85 - Amsterdam l'éléphant 350 x 240.jpg   86 - Amsterdam Leopard-de-mer 350 x 240.jpg
Un éléphant de mer et un léopard de mer

 

 87 - Amsterdam la mare aux éléphants (Photo romain Bazire) 350 x 240.jpg   88 - Amsterdam la mare aux éléphants.jpg
« La mare aux éléphants » vue côté terre (Photo Romain BAZIRE) et vue côté mer.

 

Et bien évidemment, les langoustes en abondance !

 

 

 89 - Amsterdam Langoustes 1 350 x 240.jpg   90 - Amsterdam Langoustes 350 x 240.jpg
La langouste d’Amsterdam

 

  91 - Amsterdam Orque (Photo Romain BAZIRE) 350 x 240.jpg   92 - Amsterdam L'orque omni présente 350 x 240.jpg
Et des autochtones géants qui peuplent l’océan tout autour… Les orques (Photo Romain BAZIRE) !

 

L’Orque de 6 à 9 m : 

 

 

 

En ce qui concerne la flore, la Réserve Naturelle des Terres Australes Françaises, créée en octobre 2006, a maintenant une réelle connaissance de la diversité floristique de chaque île et a contribué à préserver la flore des TAAF qui est le résultat d'un long processus d'évolution naturelle dans un contexte d'isolement et de conditions environnementales extrêmes.

 

Afin de sensibiliser l’ensemble des visiteurs et des hivernants susceptibles de se rendre sur les îles des TAAF, les techniciens de la Réserve naturelle ont élaboré un herbier qui comprends près d’une centaine de planches (des algues, champignons, mousses, lichens, fougères et lycopodes) des espèces trouvées sur les îles Saint-Paul et Amsterdam et un glossaire indispensable à leur compréhension.

 

Pour le 2ème district des îles Saint-Paul et Amsterdam, en voici donc un échantillon :

 

 93 - Amsterdam herbier de la RN.JPG

 

Mais nous hormis les quelques cas particuliers observés précédemment, nous allons reprendre ci-dessous, un à un, les principaux spécimens significatifs de cette flore des îles Saint-Paul et Amsterdam.

 

Tout d’abord, les graminées « Poaceae » sont endémiques des deux îles et y sont omniprésentes bien que sur Amsterdam, elles aient souffert de la présence des bovins qui l’ont abondamment piétiné et consommé depuis leur introduction sur l’île.

 

94 - Amsterdam Graminée endémique Poa_novarae_ (Photo Marc LEBOUVIER) 350 x 240.jpg
 Graminées « Poaceae » endémique des 2 îles (Photo Marc LEBOUVIER)

 

Bien entendu, par leur exposition marine les deux îles sont couvertes également de « Bryophytes » sortes de mousses et sphaignes (en fait, les ancêtres de toutes les plantes terrestres, issues des algues marines vertes qui se sont par la suite adaptées à la vie terrestre en bordure des mers ou milieux humides) profitant de la présence de tourbes issues de végétaux en décomposition dans les cendres volcaniques des deux îles.

 

 

 95 - Amsterdam Plateau_des_Tourbières_2016 350 x 240.jpg

Les tourbières du centre de l’île Amsterdam

 

  96 - Amsterdam Les bryophytes (mousses et hépatiques) Sphaignes 350 x 240.jpg   97 - Amsterdam mousses 350 x 240.JPG
Bryophytes hépatiques et mousses

 

Il en est de même avec les joncs et fougères que l’on retrouve sur les deux îles :

 

98 - Amsterdam jonc Ficinia_nodosa (Photo Marc LEBOUVIER) 350 x 240.jpg   99 - 1 - Amsterdam Megalastrum Taafense 350 x 240.jpg
Joncs (photo Marc LEBOUVIER) et fougère « Megalastrome Taafense »

 

99 - 2 - Amsterdam Plantain Plantago_stauntoni (Photo Marc LEBOUVIER) 350 x 240.jpg   99 - 3 - Amsterdam Plantago 350 x 240.JPG
 
Le Plantain « plantago stautoni » endémique des îles.

 

 

Cela dit, nous allons examiner tour à tour les deux îles de Saint-Paul en premier puis Amsterdam en second. Voici :

 

 

ÎLE SAINT-PAUL :

 

L’île, tout comme la Réunion (cf. mon article « Oté la Réunion ») est d’origine volcanique, comme le confirme la roche dont est constituée toute l’ile, à savoir du basalte issu de lave volcanique, mais le volcan dont on aperçoit bien le cratère effondré et envahi par la mer, est inactif depuis 1792.

 

99 - 4 - 1 - Saint-Paul Baie du cratère.JPG   99 - 4 - 2 - Saint-Paul Baie du Cratère 2.JPG
La baie du cratère de Saint-Paul

 

Elle est située exactement à égale distance entre l’Afrique du Sud et l’Australie et son positionnement subantarctique situé sur la ligne de convergence des eaux froides de l'océan austral et celles plus chaudes de l'océan indien, évite l'enneigement et la création d'une calotte glacière. 

 

Elle subit donc un climat relativement tempéré (presque toujours au-dessus de 0° et une température moyenne de 14°), avec des vents forts et constants venants de l’ouest 160 jours par an en moyenne qui correspondent à la limite nord des « quarantièmes rugissants ». 

 

L’île ne mesure que 3 Km du Nord au Sud et 2 Km d’Ouest en Est à savoir 8 Km² seulement.

 

Elle culmine à 268 m à la crête de Novara qui domine la Caldeira (l’ancien cratère) du volcan effondré à l’ouest de 80 m de profondeur que la mer a envahi en ne laissant qu’une passe de 20 m de large et d’une profondeur de 2 m seulement.   

 

 

99 - 4 - 3 - Saint-Paul Baie du Cratère 3.JPG   99 - 5 - Saint Paul Baie du cratère 1.png
Vue du nord de l’Île Saint-Paul, le paradis des Gorfou-sauteurs et Plan schématique

 

Toutefois, elle ne présente aucun point d’eau douce, n’est couverte que d’herbacées sans aucune autre végétation du fait de la violence des vents et aucune station permanente ne demeure sur l’île.

 

Si l’île ne présente aucun point d’eau douce, il faut noter qu’il y pleut 230 jours par an… Il suffit de récolter l’eau de pluie ! 

 

Pas grand monde ne passe par là, en dehors de quelques visites de navires militaires de surveillance des TAAF, et un chalutier basé à la Réunion (distante de plus de 3000 Km tout de même) qui vient y séjourner trois mois par an et ramène des tonnes de ces langoustes très recherchées qui abondent tout autour de l’île.

 

Une petite vidéo vous en dira plus que de longs discours sur la faune de l’île… En voici une, qu’a tourné un couple de navigateurs plaisanciers qui y a séjourné trois mois, et que vous pourrez visionner après avoir lu le reste de l’article (elle dure 24 minutes) :

 

 

 

 

La première mention de l’île Saint-Paul remonte au XVIème siècle, lorsqu’en 1522 l’espagnol Sebastian Del CAÑO, de retour de l’expédition de MAGELLAN, mort au Philippines, découvre l’île qu’il baptise à l’époque « Sao Paulo ».

 

Le hollandais Willem de VLAMINGH lui succède en 1696 et le premier français à y débarquer sera l’Amiral d’ENTRECASTEAUX en 1792.

 

La France n’en prend possession qu’en juin 1843 et, après quelques péripéties nées de la contestation du Royaume Uni, une nouvelle prise de possession officielle est actée en octobre 1892.

 

Ce lieu est donc chargé d’histoire... C’est que, entre autres, la richesse en langoustes de ses eaux a depuis longtemps éveillé la convoitise des hommes.

 

Petite anecdote concernant Saint-Paul :

 

Passant sur les différentes péripéties de ces hommes qui ont essayé de s’établir sur l’ile avec plutôt moins de bonheur que plus, du fait de l’inhospitalité des lieux éloignés de tout, voici ce qui s’est passé, juste avant la seconde guerre mondiale dans cet environnement hostile :

 

À la fin des années 1920, les frères BOSSIÈRE, armateurs au Havre, qui exploitaient déjà l’huile d’éléphants de mer aux Kerguelen, ont installé une conserverie de langoustes.

 

Des Bretons de Concarneau et quelques manœuvres Malgaches avaient été recrutés pour y travailler. Les premiers, réputés pour la qualité de leurs conserveries, avaient été attirés par les promesses d’un bon salaire, les seconds, embarqués pendant l’escale à Madagascar, étaient pour l’armateur une main d’œuvre bon marché.

 

Après une première campagne très fructueuse pendant l’été austral 1928-1929 (400000 boites de conserve de langoustes rapportées dans les cales du bateau), une seconde campagne débute à l’automne 1929.

 

Lors du départ du bateau en mars 1930, 7 personnes (6 hommes et la femme enceinte de l’un d’eux) ont accepté de rester sur l’île pour garder et entretenir les installations soumises aux caprices du vent et de la pluie.

 

… Ils y sont restés de longs mois… le bateau devant amener la relève avait eu de sérieuses avaries, et la société avait Havraise avait fait faillite. 

 

Dans cette période de solitude, une petite Paule était née amenant espoir et joie à ce petit groupe abandonné. Mais le scorbut fit hélas son apparition, décimant la petite communauté. Paule est morte alors qu’elle n’avait que trois mois, et son père l’a suivi de peu.

 

Seuls trois adultes originaires de Concarneau dont la maman de Paule, survécurent qui n’ont été récupérés qu’en décembre 1930, à l’arrivée du bateau qui venait pour une 3ème campagne qui se soldera à son tour par une épidémie de béribéri qui décima la trentaine de manœuvres malgaches amenés sur l’île et mettra fin à l’histoire de « la Langouste de l’île Saint-Paul ».

 

Un très beau livre raconte leur aventure : « Les oubliés de Saint-Paul » ont payé un lourd tribut à la solitude et à l’éloignement de ces lieux : « L’océan, comme la houle, donne et reprend. » (Daniel Floch, récit historique, Ed. Récits de Mer) 

 

Seule une petite croix mise à mal par la tempête signale l’endroit de leur dernière demeure, et à Concarneau, on se souvient encore de l’aventure puisqu’en 2020 une Association a organisé une fête et un monument pour commémorer l’évènement.

 

99 - 6 - 1 - Saint-Paul les oubliés 350 x 240.JPG   99 - 6 - 2 - Saint-Paul les oubliés 350 x 240.jpg
La croix du souvenir des « oubliés de Saint-Paul » et quelques ruines de l’usine…

 

  99 - 7 - Saint-Paul l'usine 350 x 240 2.jpg   99 - 9 - 0 - Saint-Paul Ruines de l'usine.JPG
Ce qui reste de l’usine : quelques cuves rouillées et quelques pans de mur effondrés…

 

99 - 9 - 1 - Saint-Paul la baie du Cratère  350 x 240.JPG   99 - 9 - 2 - Saint-Paul L'usine de langouste 350 x 240.jpg
Photos de ruines des installations de l’époque…

 

Le tour du propriétaire peut être vite fait car les fondations de l’usine sont à peine visibles ; juste quelques murs maçonnés à moitié effondrés et un tas informe et rouillé de vielles machines et de boites de conserve. La nature a vite repris ses droits, futilité des hommes.

 

Découvrons maintenant la seconde île du 2ème District :

 

L’ÎLE AMSTERDAM :

 

L’île Amsterdam est découverte un siècle plus tard que l’île Saint-Paul, par le Hollandais Van DIEMEN qui la baptise « Nieuw Amsterdam » en 1633.

 

99 - 10 - Saint Paul Vue générale 350 x 240.jpg

 

 

 99 - 11 - Amsterdam carte 3 390 x 360.jpg

 

 

C’est elle aussi une île volcanique dont le volcan est inactif depuis 1792.

 

Elle mesure 10 Km du Nord au sud et 7 Km d’Ouest en Est, qui lui donne une superficie de 58 Km² et plus propice à l’implantation d’une station permanente de la Réserve Naturelle des TAAF, du fait même de sa dimension.

 

L’île Amsterdam est entourée de falaises de 30 à 60 m d’altitude qui atteignent 600 à 700 m sur son versant Ouest dues à l’érosion marine, seule une étroite échancrure située au nord, permet un accès à l’île par la mer.

 

C’est là qu’est établie la station scientifique de la Réserve Naturelle « Martin-de-VIVIÈS ».

 

99 - 12 - Amsterdam Station Martin de Vives 350 x 240.jpg   99 - 13 - 1 - Amsterdam Arrivée du Marion Dufresne.JPGVue générale de la Station « Martin-de-VIVIÈS »

 

 99 - 13 - 2 - Amsterdam-Base-Pierre CHARTIER-2014-IPEV-131.jpg

Le débarcadère

 

99 - 14 - 2 - Amsterdam Bâtiments de la Base Martin de Vivies 700 x 240.JPG
 
Quelques bâtiments de la Station « Martin-de-VIVIÈS »

 

99 - 15 - Amsterdam ceremonie du 11 novembre.jpg    99 - 16 - Amsterdam 5 vue depuis la station 350 x 240.jpgEt la « place principale » de la station avec le lever aux couleurs et l’arrivé du « Marion DUFRESNE »

 

Tout comme l’Île Saint-Paul, L’île Amsterdam devient Française en Juillet 1843, et la présence d’un personnel temporaire est assurée sans discontinuité depuis 1949 sur le district.

 

C’est cette année-là que Paul de Martin de VIVIÈS, météorologue et explorateur français, installa avec une vingtaine de collaborateurs la première base météorologique sur l’île.

 

À sa mort en 1971, la base a repris son nom, « base Martin de VIVIÈS » (elle s’est appelée avant ça « le Camp HEURTIN » puis « la Roche GODON » en 1961.

 

 99 - 17 - Amsterdam 3 350 x 240.jpg

L’environnement de la station « Martin de VIVIÈS »

 

EN CONCLUSION :

 

Les TAAF permettent ainsi à la France de contrôler un immense territoire maritime :

-       D’étudier la biodiversité et la protéger de toute pollution car c’est là, et là seulement, que viennent se reproduire certaines espèces d’oiseaux dont le Grand Albatros d’Amsterdam, des Gorfous sauteurs, des fous, des frégates et des sternes, ainsi que des phoques à fourrure et des éléphants de mer.

-       D’avoir une position stratégique pour surveiller la météorologie, et les phénomènes de changement climatique à la limite des Quarantièmes rugissants et les cinquantièmes hurlants.

-       L’une des plus vastes Zones Économiques Exclusives mondiales et un fabuleux territoire de pêche (cf. mon article sur l’armement Pétrel du distributeur Intermarché en ce qui concerne l’archipel Crozet et l’île Kerguelen).

 

À elle seule, la ZEE (zone économique exclusive) du sud de l’océan Indien représente pratiquement un quart du total de la ZEE française soit 2,5 millions de km² sur un total de 11 millions, qui place la France au second rang mondial !

 


 

BIBLIOGRAPHIE

 

Budget des TAAF : Pour financer ses besoins, La collectivité dispose d’un budget d’environ 26 millions d’euros provenant :

  • De ressources propres (droits de pêche à hauteur de 5,5 M€, philatélie, impôts, tourisme, taxes de mouillage…) représentant 78,8 % des recettes ;
  • D’une subvention d’équilibre du ministère des Outre-mer ;
  • D’un appui financier du ministère de l’Écologie au titre de la réserve naturelle nationale.

Les dépenses sont constituées à 70 % de frais de logistique et quand vous découvrirez le matériel nécessaire, vous ne serez pas étonné d’un tel pourcentage (cf. mon article sur la FLOTTE DE LA ROYALE AUX TAFF !) et 12 % de dépenses de personnel.

 

À propos de ZEE (Zone Économique Exclusive) voici celle de la France incluant la Métropole, les départements d’Outre-mer et les collectivités d’outre-mer :

 

1024px-Territorial_waters_-_France.svg.png

 

ZEE

Superficie de la ZEE (km2)

Représentation de la ZEE de la France

 France métropolitaine

371 096

 Définition de la ZEE.png

 

 Guyane

131 506

 GuadeloupeMartinique

141 446

 La Réunion

317 356

 Polynésie française

4 793 620

 Saint-Pierre-et-Miquelon

12 387

 Mayotte

69 238

 Wallis-et-Futuna

262 465

 St-MartinSt-Barthélemy

5 202

 Nouvelle-Calédonie

1 364 591

 Île de Clipperton

436 431

 Îles Crozet

572 919

 Îles Kerguelen

565 723

 Saint-Paul-et-Amsterdam

510 699

 Îles Éparses (sans Tromelin)

359 450

 Île Tromelin

275 403

 Total

10 186 526

 

 

À écouter : l’émission de Daniel FIÉVET nous emmène en voyage dans Le Temps d'un bivouac... Deux émissions par jour pendant la semaine, de 16h à 18h, consacrées aux explorateurs, aux découvertes ici et ailleurs, aux bruissements du monde... Un très beau rendez-vous radiophonique, à podcaster sur iTunes ici ou via RSS là. Au micro de Daniel FIÉVET sur les ondes de France Inter, Stéphane DUGAST revient sur leur histoire…

 

À lire :  Pour en savoir plus sur les missions de L'Astrolabe aujourd'hui.

 

À lire :   L'Astrolabe : Le passeur de l'Antarctique de Stéphane DUGAST et Daphné BUIRON (2017, éditions du Chêne).

 

À lire :   Faire le tour de la planète sans quitter la France, c'est possible ! Notamment grâce à ces fameuses terres australes...

 

À voir : Le site du gouvernement Australien sur l’Antarctique https://www.antarctica.gov.au/

 

 

Le NUYNIA navire australien de l'antarctique.jpg
« Nuyina » ou plutôt « Noy-Yee-Nah » signifie « lumières du sud »

(en « palawa kani », la langue des aborigènes de Tasmanie).

 

À voir : Les différents sites suivant :

 

https://www.lelivrescolaire.fr/page/204471

 

Et une vidéo de la marine nationale :

 

 



 

Le Marion Dufresne sur Wikipédia :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Marion_Dufresne_(1995)

 

Deux Sites sur la faune et la Flore d’Amsterdam :

https://www.amaepf.fr/amsterdam

https://isabellesursoncaillou.wordpress.com/lile-damsterdam/

 


 



29/04/2021
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