PALESTINE, « TERRE SANS PEUPLE POUR PEUPLE SANS TERRE »

 

Paix entre israel et Palestine.jpg

Le mot « PAIX » est ici inscrit en Arabe et en Hébreu

Et il doit enfin apparaître un jour !

 

 

Pour cet article, je ne peux que le faire accompagner de l'hymne national Palestinien

Les paroles en sont : « Ma patrie, ma terre, la terre de mes aïeux, ma patrie, ma patrie, ma patrie,...»

Pour le mettre en route cliquer sur la flèche et pour l'arrêter sur le symbole suivant :

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NOTA BENE : Cet article a été rédigé en septembre 2023... Deux mois avant les évènements de Gaza. Il n'en demeure pas moins d'actualité et ce qui est arrivé le 7/11/2023 était prévisible mais inimaginable au moment de la rédaction.

 

 

La « Question Palestinienne » actuelle dont on entend parler presque tous les jours par les media est beaucoup plus complexe que l'on ne peut l'imaginer, et pourtant ce serait si simple si les hommes voulaient enfin vivre libres, faire fi de tout ce lourd passé et se mettre autour d'une table avec la volonté d'aboutir à un modus vivendi qui soit acceptable pour tous, même si cela devait entraîner quelques renoncements !

 

Et dire que presque tout ça s'articule autour de croyances en un Dieu unique et miséricordieux... Quelle hypocrisie !

 

Pour aider mes lecteurs à comprendre et rendre plus claire l’information quant aux problèmes récurrents qui nous viennent spontanément à l'esprit au sujet de la Palestine, je me suis efforcé de ne m'en tenir qu'à quelques faits significatifs.

 

Je vais vous étonner, mais pour une fois j'ai voulu mettre à l'épreuve l'intelligence artificielle qui nous est offerte par « ChatGPT »...

 

C'est curieux ! Le résultat est très synthétique mais très exact et je vous laisse apprécier « les quelques faits significatifs » que m'a rédigé en 30 secondes « ChatGPT » lorsque je lui ai demandé de me faire une synthèse de ces faits depuis 1947... Je cite en lettres italiques :

 

En 1947, les Nations Unies ont adopté une résolution appelée le Plan de partage de la Palestine, qui proposait de diviser la Palestine mandataire en deux États : un État juif et un État arabe. Les dirigeants sionistes ont accepté ce plan, tandis que les Arabes palestiniens l'ont rejeté, arguant qu'il violait leurs droits et leur souveraineté.

 

En 1948, après le retrait des forces britanniques, l'État d'Israël a été proclamé, marquant ainsi le début de la guerre israélo-arabe. Les pays arabes voisins, tels que l'Égypte, la Jordanie, la Syrie et l'Irak, ont envahi la Palestine pour soutenir les Arabes palestiniens.

 

Le conflit a entraîné la fuite ou l'expulsion de centaines de milliers de Palestiniens, qui ont trouvé refuge dans des camps de réfugiés en Cisjordanie, à Gaza et dans les pays voisins.

 

En 1967, lors de la guerre des Six Jours, Israël a conquis la Cisjordanie, Jérusalem-Est, la bande de Gaza, les hauteurs du Golan et le Sinaï égyptien. Cette guerre a eu des conséquences majeures sur le conflit israélo-palestinien, car elle a prolongé l'occupation israélienne des territoires palestiniens et a intensifié la construction de colonies israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

 

En 1987, les Palestiniens ont lancé une première intifada (soulèvement populaire) contre l'occupation israélienne. Cela a conduit à des affrontements violents entre les manifestants palestiniens et les forces de sécurité israéliennes, ainsi qu'à une intensification des activités terroristes.

 

Les négociations de paix ont commencé en 1991 à Madrid, mais elles ont été entravées par des divergences sur des questions clés, notamment les frontières, les colonies et le statut de Jérusalem.

 

En 1993, Israël et l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) ont signé les Accords d'Oslo, qui prévoyaient l'établissement d'une autorité palestinienne autonome dans certaines parties des territoires occupés. Cependant, les négociations ultérieures n'ont pas réussi à aboutir à un accord final, et le processus de paix s'est enlisé.

 

Au cours des décennies suivantes, le conflit s'est caractérisé par des cycles de violence, d'attaques terroristes, de représailles militaires et de négociations infructueuses. Les tentatives de résolution du conflit, telles que les négociations de Camp David en 2000 et le processus d'Annapolis en 2007-2008, ont échoué à aboutir à un accord de paix durable.

 

En 2005, Israël a évacué de manière unilatérale la bande de Gaza, mettant fin à l'occupation directe de la région. Cependant, Israël a maintenu un strict contrôle sur les frontières, les mouvements de personnes et de biens, et a imposé un blocus sur Gaza, entraînant une détérioration des conditions de vie pour la population locale.

 

En 2012, l'Assemblée générale des Nations Unies a accordé à la Palestine le statut d'État observateur non membre. Depuis lors, les Palestiniens ont cherché à obtenir une reconnaissance internationale de leur État et ont lancé des initiatives pour adhérer à des organisations internationales.

 

Le conflit israélo-palestinien reste un problème majeur de l'agenda international, avec des discussions continues sur la question des frontières, des colonies israéliennes, du statut de Jérusalem, des réfugiés palestiniens et de la sécurité. Malgré de nombreux efforts de médiation, la recherche d'une solution pacifique et durable se poursuit.

 

Mais, reprenons les choses sérieusement... comme j'ai l'habitude de les traiter :

 

 

À la suite de l’accueil d’une exposition de la petite Association « France-Palestine » sur le parvis du Temple protestant d’Avignon, où je me suis permis d'interroger  les bénévoles qui essayaient d’informer les visiteurs à travers la vente de quelques objets d’artisanat Palestinien, je leur ai promis de relayer leur action par un article spécifique sur ce blog qui reçoit plusieurs milliers de visiteurs chaque mois…
   

Les bénévoles de « France-Palestine » à qui je demandais de m’indiquer un ouvrage qui présente sans compromis ni parti-pris « la vérité vraie » n’ont pas hésité une seconde en citant l’ouvrage d’Elias SANBAR intitulé « La Palestine expliquée à tout le monde », édité au seuil.

    

D’autres ouvrages bien documentés ont été publiés dont celui d’Ilan PAPPE intitulé « Le Nettoyage Éthnique de la Palestine », édité chez Fayard.

  

Je me suis procuré ces ouvrages et les ai lu à plusieurs reprises, en allant vérifier systématiquement l’enchainement des faits sur des sources sûres différentes !

   

Bien qu’ils n’aient chacun qu’une centaine de pages, j’ai souhaité vous en faire un « Reader digest » car, même s’ils sont très bien rédigés et fort bien documentés, la question demeure encore très complexe.

  

Livre d'Alias SANBAR.jpg  Livre d'Ilan PAPPE 221 x 350.jpg

 

Bien entendu, je ne remonterai pas à Abraham (XIXème siècle avant Jésus Christ... et l’ancêtre des exilés de Palestine), l'antiquité ni même à Jésus Christ, quoique, tout cela soit très bien expliqué dans les livres sacrés, car il est très difficile de définir un commencement au conflit.

 

… Et non plus à cette terre promise du temps d'Abraham à laquelle s'accrochent de façon utopique et coupables certains Juifs conservateurs ou pire des « haredim » ultra-orthodoxes (pour ces derniers, en plus, toute tentative autonome de créer un État est une révolte contre Dieu... Voilà bien un paramètre supplémentaire dont on pourrait se passer !).

 

Je vais me permettre de citer Elias SANBAR qui, en introduction de son exposé, précise que :

« L’histoire de la Palestine pourrait débuter par le conflit permanent entre le vallée du Nil et celle de l’Euphrate, deux grandes civilisations dont l’Égypte pharaonique d’un côté, Sumer et Babylone de l’autre, ou bien encore à Canaan ou la Bible, la conquête Romaine ou les Évangiles, les Byzantins ou la conquête Arabe, les croisades ou Saladin, ou enfin l’Empire Ottoman ; tous ces commencements sont possibles... », mais tous disent aussi que les commencements, au sens de l’instant zéro n’existent pas en réalité.

 

En allant visiter l'exposition « Ce que la Palestine apporte au monde » qui se tient à l'institut du Monde Arabe à Paris du 1er juin au 18 septembre 2023 et dont, précisément, Élias Sanbar est le commissaire général, en même temps qu'écrivain, ancien ambassadeur de la Palestine auprès de l’UNESCO, et président du conseil d’administration du musée national d’art moderne et contemporain de la Palestine, j'ai essayé de reconstituer, sur un plan historique, les faits principaux qui ont conduit à la situation d'aujourd'hui.

 

Pour ne pas alourdir l'article je vous les ai rassemblé sur un seul fichier chronologique que j'ai téléchargé en annexe. Il vous suffit de cliquer ici et vous pourrez revenir au présent article après en avoir pris connaissance ou l'avoir imprimé. 

 

Je ne reprendrai donc le fil qu'à la fin du XIXème siècle, période véritablement à l'origine du conflit actuel, qui date en fait du besoin de disposer d'un territoire qui soit « destiné aux juifs qui ne peuvent ni ne veulent s'assimiler » comme l'avait déjà imaginé et annoncé Theodor HERZL.

 

Mais qui était donc ce Theodor HERZL dont le nom n'évoque pas grand-chose dans le grand public ?...

 

Theodor HERZL est né en 1860 dans le quartier juif de Budapest, capitale du Royaume de Hongrie caractérisée par son cosmopolitisme très important. La ville abritait une population juive nombreuse, qui représentait 20 % de ses habitants, aussi certains nommaient-ils la ville « Judapest ». Outre son prénom de Theodor, il porte aussi les prénoms juifs de « Binyamin Zeev ».

 

Il est scolarisé dès l'âge de six ans dans une école juive traditionnelle où il reçoit une instruction religieuse et où il apprend l'hébreu. Il grandit dans une famille bourgeoise germanophone tout près de la Grande synagogue de Budapest, et sa famille pratique un judaïsme digne de cette époque.

 

Son père Yaakov, issu de l'immigration de la partie orientale de l'empire austro-hongrois, était un juif pratiquant

 

Il suit une formation de Docteur en droit et commence par écrire des pièces de théâtre puis devient journaliste et part à Paris de 1891 à 1896 comme correspondant. Il rentre alors à Vienne et devient directeur littéraire du plus grand et du plus prestigieux quotidien viennois.

 

C'est le 29 août 1897 que s'est ouvert, en Suisse, au casino de Bâle précisément, dans la ferveur générale, le premier congrès du « Mouvement Sioniste », initié par ce Theodor HERZL.

 

Billet de 100 lirot Israeliens de 1968 HERZL.jpg
 
Billet de 100 « Livres »* de la banque d’Israël à l'effigie de Theodor HERZL côté pile,

(* qui a été remplacé par le « Shekel » depuis 1980).

 

Billet de 100 livres Israel de 1968 côté face.jpg
Et Emblème de l'État d'Israël entouré de celui des 12 tribus d'Israël,

En hébreu, anglais et arabe, côté face.

 

Comme cité plus haut, son objectif était véritablement de créer « un foyer pour le peuple juif destiné aux juifs qui ne peuvent ni ne veulent s'assimiler ».

   

Le mot « État », vous le remarquerez, était soigneusement évité, afin de ne pas provoquer trop vite les grandes puissances de l'époque, mais c'est bien de cela dont il s'agissait !

    

À Bâle, non sans mal, HERZL est parvenu à réunir des représentants de toute l'Europe et même d'Algérie. Environ 200 délégués, élégamment vêtus comme l'avait exigé HERZL, déjà conscient de la nécessité de soigner « l’image », en habit, cravate blanche et haut-de-forme.

 

Ils se retrouvaient ensemble pour la première fois, dans une grande salle décorée d'un drapeau énigmatique bleu et blanc, aux couleurs du châle de prière juif, au centre duquel trônait l'étoile de David.

 

 

châle de prière 216 x 200.jpg  Etoile de David Blog 166 x 200.jpg  Châle de prière Juif 291 x 200.jpg
 

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Drapeau actuel d'Israël qui est timidement apparu à Bâle dès 1897...

  

Le plus gros « bataillon de délégués » venait de la Russie tsariste, où les idées sionistes avaient précédé l'apparition d'HERZL, et, à 90%, les délégués étaient des hommes cultivés et responsables, à savoir, des avocats, des médecins, des journalistes...

 

Aux yeux de ces délégués, Theodor HERZL était une sorte de « Messie laïque » à la barbe noire qui conduirait les juifs vers la « Terre promise ».

 

Un participant raconte ainsi la clôture de la réunion : « Le congrès était debout, les correspondants montaient sur les tables, l'excitation montait dans le public du balcon. Le propos n'était pas d'acclamer mais de soulager des cœurs pleins d'émotion (...). D'un bout à l'autre de la salle montaient les cris de "à l'an prochain, à Jérusalem". Et la scène se poursuivit pendant une heure » ... C'est tout dire !

 

Le congrès évite tous les écueils, et notamment celui d'élargir le schisme avec les religieux, pour qui l'État Juif ne doit venir que du messie envoyé par Dieu, pas celui que se choisissent les hommes. Incontestablement, le congrès de Bâle « constitua une étape capitale de l'histoire juive moderne ».

  

De 1899 à 1902 il écrit « ALTNEULAND » (= Le Pays ancien-nouveau) un roman utopique en allemand qui va être traduit dans de nombreuses langues dont l’hébreu et qui devient rapidement « le symbole de l'espoir que la délivrance du peuple juif n'est pas qu'une illusion », car, il y annonce sans ambages, « Si vous le voulez, ce ne sera pas qu'une légende ».

  

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Dans cet ouvrage, à aucun moment, il n'a prévu l'affrontement inéluctable entre nationalisme arabe et nationalisme juif, et en bon Européen qu'il était, un humaniste occidental, il pensait sincèrement qu'en faisant profiter de leur savoir-faire leurs voisins arabes, les nouveaux venus juifs ne seraient point considérés comme des intrus indésirables.

   

Eh bien ce rêve d'HERZL a fait son chemin et n'a finalement été concrétisé qu'en 1947 par la décision unilatérale des « Alliés », après le tragique épisode de la Shoa, de redonner au peuple juif une terre d'asile en la prélevant sur les restes de l'Empire Ottoman que représentait la Palestine d'alors, quand bien même la diaspora Juive avait, de tous temps, sans attendre cette opportunité, su s'adapter à l'histoire avec plus ou moins de bonheur.

 

Au lendemain du 2ème conflit mondial dans l'euphorie du « plus jamais ça » qui a repris «  les 14 engagements Wilson » des alliés sortis vainqueurs dans le cadre de la toute nouvelle « Organisation des Nations Unies » qui venait de prendre le relai de la «  Société des Nations » en octobre 1945 avec la Grande Bretagne en tête à qui la SDN avait donné mandat pour administrer cette idée généreuse, furent l'un des moteurs de cette solution.

 

A la fin de 1947, la Palestine compte près de 2 millions d’habitants : un tiers de Juifs, deux tiers d’Arabes.

 

La résolution 181 des Nations Unies décide sa partition en deux États : l’un doit être presque exclusivement peuplé d’Arabes ; dans l’autre, les Juifs seraient légèrement majoritaires.

 

Un an plus tard, c’est un État à très forte majorité juive, Israël, qui occupe 78 % de la Palestine. Plus de 500 villages ont été rasés, de nombreuses villes ont presque entièrement perdu leur population arabe. Et 800000 Arabes Palestiniens originaires des territoires qui font désormais partie du nouvel État d’Israël peuplent des camps de réfugiés hors de ses frontières.

  

En quelques mois, forts de leur supériorité militaire, de leur accord secret avec le roi de Jordanie, de la passivité complice des soldats britanniques et de l’impéritie de l’ONU, les dirigeants du mouvement sioniste ont organisé le « transfert », par la violence et l’intimidation, d’une population arabe plutôt pacifique, sans défense, abandonnée de tous. 

  

Hélas... Hélas ! Les hommes ne seront donc jamais raisonnables. Ce n'est pas tout à fait ce dont avait révé Theodor HERZL !

 

Au fil des ans, ceux-là même pour lesquels l'empathie du monde entier avait décidé de faire un geste historique, voire de se racheter d'une hypocrisie collective en ce qui concerne certains États, en mettant en place une idée humaniste et juste ne se sont pas comportés comme ils l’auraient dû et ont, petit à petit, mis en place une situation inique d'annexion sournoise de territoires par le biais de colonisations manu militari.

   

S'agissant de l'UKRAINE, aujourd’hui, la quasi-totalité des nations démocratiques a condamné le procédé dès l'annexion de la Crimée par la Russie en février 2014 et à fortiori depuis le déclenchement de « l'opération militaire spéciale » de la Russie en février 2022.

    

Pour la Palestine, c'est du pareil au même, l’État Juif pratique depuis des années des annexions contraires au droit international alors que les Israéliens auraient très bien pu s'installer en territoire Palestinien en y mettant la forme diplomatique adéquate, (tout comme l'on peut nous, les Européens, aller d'un État à l'autre sans contrainte en respectant nos voisins), tout en apportant la prospérité dont ils étaient capables grâce à la diaspora, comme l’avait proposé HERZL, en faisant profiter de leur savoir-faire leurs voisins arabes.

 

Au lieu de ça, ils n'ont fait que semer la misère et rendre encore plus pauvre ce peuple dont le déplacement, allié à la pauvreté, ne peut qu'attiser la rage et l'impossibilité de rendre toute réconciliation possible, bien que l'ONU dans sa résolution 181 lui avait bel et bien garanti une indemnisation juste.

 

 

Les Palestiniens ne veulent plus mourrir en silence 350 x 240.jpg

 

Et cela vient se rajouter à toute une succession de conflits et d’actes terroristes dont l’assassinat du président Égyptien Anouar El-SADATE, à l’origine de l’idée d’une paix avec Israël, qui fût assassiné par des Islamistes pour avoir justement voulu faire la paix avec Israël en octobre 1981...

  

Et depuis, le monde entier a assisté sans rien faire, et presque sans rien dire, à la constitution de plusieurs groupucules d'extrémistes désespérés hostiles à l'expansion du territoire dévolu à Israël, tout comme à l'annexion illégale de territoires Palestiniens dans une indifférence coupable.  

 

 

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Le président Égyptien Anouar El-SADATE le 6/10/1981.

 

Les 4 schémas du territoire de la Palestine qui suivent au fil des ans parlent d'eux-mêmes !  

 

historique.jpgEn vert, la Palestine, en orange les territoires occupés par les Juifs d'Israël...

    

En à peine 70 ans, les politiques successives d'expansionnisme de l'État Juif ont réduit à une peau de chagrin le territoire des Palestiniens non juifs qui demeuraient dans ce territoire depuis plus de 2000 ans sans qu’aucun des membres de l’ONU ne s’y opposent fermement.

    

On était pourtant si près du but en 1995...!

    

Six ans après la première Intifada (ou « guerre des pierres » de 1987 à 1993) entre les Palestiniens des territoires occupés et les Israéliens, les accords d’Oslo avaient été signés le 13 septembre 1993 aux États-Unis.

   

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La poignée de main historique

   

Le monde entier a encore en tête la poignée de main historique qui avait eu lieu à Camp David entre Yitzhak RABIN, le Premier Ministre Israélien, et Yasser ARAFAT, le Président du comité exécutif de l’OLP (Organisation de Libération de la Palestine) et le tout, sous les yeux de Bill CLINTON, le Président des États-Unis 75 ans après son homologue Woodrow WILSON qui avait jeté les bases de l’action des Nations Unies.

 

À travers ces accords d’Oslo, soutenus par la communauté internationale, l’idée était d’instaurer une paix durable et d’apaiser enfin le conflit israélo-palestinien.

  

Le drame c’est que personne n'a semblé croire en ce traité, pourtant les accords d'Oslo II ont bel et bien été signés en 1995.

  

Et malgré cette poignée de main historique initiée par Shimon PERES, le ministre Israélien des affaires étrangères entre Yitzhak RABIN et Yasser ARAFAT, qui symbolisait l’espoir et le début d’une paix globale (qui leur a valu d’ailleurs à tous trois le prix Nobel de la paix), les accords d’Oslo n’ont hélas, jamais abouti.

   

Pourquoi ? Il existe plusieurs causes qui pourraient expliquer cet échec diplomatique.

  

D’abord, des questionnements bêtement restés sans réponse sont survennu quant à la notion de territoire de Jéricho et au contrôle de la bande de Gaza.

   

Ensuite, des extrémistes des deux bords ont tenté d’empêcher tout établissement de paix durable :

- Côté Israélien, citons entre autres, le massacre d’Hébron dans le tombeau des Patriarches : cet acte de terrorisme s’est déroulé le 25 février 1994, où Baruch GOLDSTEIN, membre du Parti nationaliste-religieux juif « KACH », a tué 29 Palestiniens à Hébron.

  

- Côté Palestinien, le HAMAS, judéophobe jusque dans sa charte - et bien que classé officiellement « organisation terroriste » - jamais qualifié comme telle, les observateurs décidément très économes du mot en cette circonstance, préférant le qualifier plus sobrement de « mouvement islamiste », vocabulaire indulgent qui n’a rien d'innocent, a organisé et continue d'organiser en permanence des attentats-suicides contre les Israéliens.

   

Bref, personne ne semblait vouloir de cet accord. Certains propos ont ainsi été sournoisement rendus publics :  

- Pour Yitzhak RABIN, les Palestiniens allaient « utiliser les nouveaux territoires comme des tremplins pour obtenir la libération totale de la Palestine et la liquidation de l’État Juif ».

   

- Pour Yasser ARAFAT, le président du comité exécutif de l’OLP, le « le djihad continuera », l’accord sera révoqué par Mahomet à la suite de sa violation par la partie adverse.

 

Enfin, hormis la bande de Gaza au sud, entièrement contrôlée par les Palestiniens (et aujourd'hui par le HAMAS qui se refuse à recevoir ses instructions du gouvernement Palestinien qui ne contrôle plus que la Cisjordanie), Israël a imposé un découpage en trois zones militaires de la Cisjordanie au nord :

    • L’une, la zone « A » était sous contrôle Palestinien,
    • L’autre, la zone « B » déjà annexée de fait par des colonisations sauvages, restait occupée et,
    • La dernière, la zone « C », sous autorité administrative Palestinienne, mais dont la sécurité revenait à Israël...

 

Les 3 zones d'OSLO II 400 x 535.jpg

En ce qui concerne la Cisjordanie voilà ce que donnait ce découpage en 3 zones !

  

Des inégalités flagrantes se faisaient ressentir : par exemple, la zone sous autorité administrative Palestinienne dont Israël assurait la sécurité occupait 20 % du territoire, mais abritait 50 % de la population totale.

  

Des années plus tard, c’est au tour de Benyamin NETANYAHOU, (le plus à l’extrême-droite des représentants de l’État Juif, pourtant poursuivi pour corruption, fraude et abus de confiance - Sic ! -, il était devenu en 2019 le premier chef de gouvernement Israélien à être inculpé alors qu'il était en exercice) en visite dans la colonie d’OFRA (actuelle Cisjordanie), de tenir un double langage en privé et en public.

  

Celui qui allait redevenir Premier ministre d’Israël en 2022 tint des déclarations ambiguës. « Personne n’avait défini précisément ce qu’étaient les zones militaires. Les zones militaires, j’ai dit, sont des zones de sécurité ; ainsi, pour ma part, la vallée du Jourdain est une zone militaire », a-t-il expliqué.

 

 

mur de SHARON en 2002.jpg   760 Km de mur 350 x 240.jpg
Voilà ce qu'a construit Israël en Cisjordanie sur 700 Km !

  

Alors que le mur de Berlin a chuté en 1989 et que l’apartheid sud-africain a chuté en 1991, le mur du gouvernement SHARON de 700 Km de long et 8 m de haut dans les villes qu’il traverse, décidé, lui, en 2002, est une honte pour notre humanité toute entière.  

  

Une course de vitesse est aujourd’hui engagée entre une politique suicidaire des annexions de colonies juives et une tout autre, aspirant à la paix, seule garante de la vie à laquelle aspirent tous les hommes.

   

A notre niveau individuel nous ne pouvons pas faire grand-chose mais nous nous devons d’être tous des acteurs loyalement informés au moment même où il va nous falloir contraindre nos dirigeants à prendre des résolutions fermes que ce soit pour éviter la partition de notre pauvre terre malmenée entre des idéologies hypocrites qui s’opposent et qui n’ont que faire de nos semblables tout en ne reconnaissant que la force.

   

Quoi qu’il nous en coûte, d'après les interessés qui sont encore prêts à essayer de trouver des compromis raisonnables malgré les renoncements que cela pourra entraîner dans un camp ou dans l'autre, la seule solution souhaitable demeure celle de deux États démocratiques souverains vivant côte à côte et en paix, avec chacun une population multi-éthnique et sans apartheid en revenant aux frontières définies par les Nations Unies lors des accords d’Oslo :

 

- l’une Juive avec une partie d’habitants Palestiniens,

- l’autre Palestinienne avec une partie des anciens colons juifs, car elle ne ferme pas la porte à une évolution profonde qui, partie d’une paix négociée, aboutirait à une réconciliation des cœurs !

 

 

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Ce que préconisent l’ensemble des acteurs raisonnables !

   

Rendez-vous compte que des hommes de 70 ans n’ont jamais rien connu d’autre que la guerre et l’injustice ! 

  

UN ÉTAT DANS TOUS SES ÉTATS !

  

Jamais en veine de néologismes, les géopoliticiens appellent la Palestine un proto-État.

 

Déclarée indépendante le 15 novembre 1988 par Yasser ARAFAT à Alger, la Palestine possède effectivement les trois attributs étatiques, au regard du droit international, à savoir un territoire, une population et une puissance publique. Elle a un territoire de 6000 km2, une population de 5 millions d’habitants, une capitale revendiquée (Jérusalem-Est), une reconnaissance par 136 pays et un statut d’observateur (non-membre) à l’ONU.

 

Sauf que ladite capitale est occupée par Israël depuis 1967, que le siège du gouvernement se situe à Ramallah et que l’autorité de sa puissance publique, en l'occurrence son président actuel (Mahmoud ABBAS) ne dépasse pas la Cisjordanie aussi longtemps que le HAMAS continuera à exercer son pouvoir terroriste sur la bande de Gaza, que le Hezbollah, téléguidé par les chiites Iraniens, continuera à perpétrer ses attentats en territoire Israélien depuis le Liban et que les Israéliens occuperont tout ou partie du territoire de la Cisjordannie en poursuivant une politique coupable de colonisation !

 

 

EN CE DÉBUT D'ANNÉE 2023 ISRAËL FÊTE SES 75 ANS. Quel triste Anniversaire !

 

À quoi ressemblera le pays demain ?

 

En ce début d'année 2023, le 37ème gouvernement Isrëlien ou 6ème gouvernement de Benyamin NETANYAHOU, considéré comme le plus à droite de toute l'histoire du pays, prétendant faire évoluer son système judiciaire n'a jamais été aussi contesté (la réforme vise à accroître le pouvoir des élus sur celui des magistrats, projet qui met en péril le caractère démocratique de l'Etat d'Israël).

 

La fronde, qui dure depuis 27 semaines (6 mois !), surtout celle des jeunes, découvre sa force. Alors naît un débat longuement occulté sur la démocratie, l'avenir, ses aspirations et celui des réformes nécessaires.

 

Le gouvernement NETANYAHOU entendait limiter les prérogatives de la Cour suprême, supprimer l'unique contre-pouvoir Israélien dans un régime où la séparation entre les pouvoirs législatif et exécutif est fragilisée au moment même où il se comporte exactement comme ce que l'ensemble des nations raisonables reproche au gouvernement de la Russie dans sa politique d'annexion de territoires, en plus insidieux.

 

Ce projet de réforme rappelle la fragilité des droits en l'absence de Constitution, et est fort heureusement en train de précipiter un débat existentiel.

 

J'engage vivement nos lecteurs à suivre de près ce qui est en train de se passer en Israël...

 

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A Tel Aviv, 180000 manifestants ont défilé ce samedi 8 juillet 2023

(Photos Courrier International et Le Monde)...

 

Des banderroles ont défilé toute la journée du 9 juillet 2023 à Tel-Aviv (180000 manifestants ce 9/7 !) et dans la plupart des villes Isrëliennes avec : « Résister », « L'essentiel est de ne pas avoir peur du tout », « Si le gouvernement ne s’arrête pas, c’est tout le pays qui s’arrêtera »... A la veille de l'examen d'une nouvelle mouture de la réforme judiciaire.

 

 

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La pasionaria du mouvement, Shikma Bressler, appelle les «modérés» au sein du Likoud, le parti de Benyamin Netanyahou, hostiles à un nouveau passage en force du reste de la réforme, à sortir du bois pour «sauver le pays».

 

« J’ai pleuré, mais je me bats »: ce slogan inscrit sur une pancarte brandie par une jeune femme le long du boulevard Kaplan à Tel-Aviv résume bien le moral en dents de scie des dizaines de milliers de manifestants mobilisés samedi soir. Ils ont perdu une bataille avec le vote lundi par le Parlement de la première partie d’une réforme judiciaire présentée par eux comme une étape vers une «dictature», mais ils refusent de désarmer.

  

Des milliers de manifestants se sont à nouveau rassemblés, samedi 10 aout 2023, dans les rues de Tel-Aviv et d'autres villes en Israël pour la 32e semaine consécutive de protestation...

 

Et la contestation ne désarme toujours pas !...

 

 

ACTIONS INTERNATIONALES EN COURS...

 

Des journées mondiales pour la Paix en Palestine et Israël sont organisées du 16 au 23 septembre 2023 par toutes les églises Chrétiennes du monde. Si vous le souhaitez,  vous pouvez participer !

 

 

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EN CONCLUSION,

 

La question Palestinienne reste toute entière posée !

 

Les hommes seront-ils un jour enfin raisonnables ?

 

« Dans un processus qui entraîne Israël vers un enfermement dangereux, les deux parties exploitent le moindre événement pour éviter obstinément une paix israélo-palestinienne sans laquelle il est impossible d’envisager une normalisation des relations avec les pays arabes.

 

Les citoyens d’Israël juifs et arabes, vivent dans une démocratie, mais elle est fragile. Le Proche-Orient est une région complexe.

 

Ceux qui sont revenus sur cette terre doivent apprendre le langage de la force, mais aussi celui de l’humilité.

 

Ces jours-ci, devant la stupidité arrogante de leurs dirigeants (je pense au vieillard du Caire), comme lui, ils ont tous envie d’embrasser le sol de leur pays et de pleurer. Et dans le même temps, ils refusent de perdre espoir ».

  

De l'avis de la plupart des interessés, il faut absolument être conscients que seule l'Organisation des Nations Unies qui doit se défier da la position ambigüe des États Unis d'Amérique pourra imposer enfin la solution de deux États souverains avant qu'Israêl, profitant de la confusion générale et des problèmes internationaux entrainés par l'agression Russe de l'Ukraine, n'aille trop loin en rendant la solution irréversible.

 

 

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Leïla SHAID

 

Il se trouve qu'entre temps j'ai découvert que Leïla SHAID, l'ex-ambassadrice de la Palestine auprès de l'Union Europénne qui a pris sa retraite bien méritée en 2015 vit pas loin de chez moi dans les Cévennes. Je serais enchanté de rencontrer cette grande dame un jour prochain pour lui faire préciser un certain nombre de points restés amers après l'une de ses dernières interviews lorsqu'elle a quitté la vie publique. 

 

 


 

 

Ses propos ont été quelque peu désabusés lorsque, en effet, elle a dressé le constat de sa fin de carrière, je cite :

 

« Le choix fait il y a vingt ans par l'Autorité Palestinienne de renoncer à la violence n'a pas porté ses fruits; nous avons décidé, il y a 19 ans, d’arrêter toute la lutte militaire pour négocier la solution de deux États.

  

Mais soyons honnêtes, nous avons échoué (...) Cela fait 20 ans que nous négocions soi-disant une solution de l’occupation militaire de nos territoires depuis 45 ans. (...) Nous n’avons même pas réussi à faire retirer l’armée israélienne ni de Gaza ni de Cisjordanie, ni de Jérusalem-Est.

 

Donc regardons la réalité en face : la communauté internationale est responsable aussi de notre propre échec (...)

  

L’Histoire jugera le courage ou la lâcheté de la communauté internationale.

 

Pour ma part je vais m’investir dans des actions qui peuvent contribuer, avec mes compatriotes et leurs amis dans le monde, à renforcer la résilience, la créativité, l’humanisme et la vitalité extraordinaire de la société civile palestinienne où qu’elle se trouve, en Palestine comme dans la diaspora.

  

Je suis persuadée que mon peuple a assez de ressources et de foi dans la vie pour triompher un jour ; mais je serais moins en colère et moins peinée si je savais qu’il sera soutenu dans cette tache immense. »

  

A bientôt !

 


 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

- Les éditions hebdomadaires de « Courrier International » et du « Monde » que je suis avec attention...

 

- Visite de l'exposition « Ce que la Palestine apporte au monde » qui se tient à l'institut du Monde Arabe à Paris du 1er juin au 18 septembre 2023

 

- Étude des Nations Unies : https://www.un.org/unispal/document/origine-et-evolution-du-probleme-palestinien-1917-1988-etude/

   

- Elias SANBAR, « La Palestine expliquée à tout le monde » aux éditions du Seuil.

 

- Ilan PAPPE, « Le Nettoyage Éthnique de la Palestine », édité chez Fayard.

 

- Site de l’Association « Espoir et Résistance » : Espoir et résistance (hopeforpalestine.co.uk) 

 

- Paroles de l'hymne National Palestinien : Ma patrie, ma terre, la terre de mes aïeux,

 

Ma patrie, ma terre, la terre de mes aïeux,

 

Ma patrie, Ma patrie, Ma patrie,

Mon peuple, peuple d’éternité,

 

Avec ma détermination, mon feu et le volcan de mon retour,

Avec la nostalgie dans mon sang pour ma terre et mon foyer,

J’ai gravi les montagnes, j’ai milité,

J’ai conquis l’impossible, et franchi les frontières,

 

Ma patrie, Ma patrie, Ma patrie,

Mon peuple, peuple d’éternité,

 

Avec la résolution des vents et le feu des armes,

Et la détermination de ma nation dans la terre de la lutte,

Palestine mon foyer,

Palestine mon feu,

Palestine ma revanche, terre de l’endurance,

 

Ma patrie, Ma patrie, Ma patrie,

Mon peuple, peuple d’éternité,

 

Par le serment à l’ombre du drapeau,

Par ma terre et nation, et le feu de la douleur,

Je vivrai résistant, endurerai résistant, et finirai résistant,

Jusqu’à la restitution de mon pays,

 

Ma patrie, peuple d’éternité.

 

 


 



24/05/2023
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