COUPO SANTO DES PROVENCAUX

 

 

Tous les Français connaissent, ou ont au moins entendu une fois, le chant Provençal intitulé « la Coupo Santo ». (Cliquer sur la petite flèche verte du lien ci-dessus pour écouter la version en fanfare de la Coupo Santo sans les paroles: 1'40" de bonheur - pour l'entendre avec les paroles chantées va plus loin dans l'article) 

 

Mais sais-tu quelle est son histoire ?

 

La voici, contée en Provençal et en Français…

 

L’istòri de la « Coupo Santo »

 

Es en 1867 que li Catalan mandèron i Felibre prouvençau uno coupo d'argènt en testimòni de gratitudo pèr l'acuiènco facho au pouèto catalan Victor Balaguer despatria pèr causo poulitico, e pèr marca tambèn, l'amista, sèmpre vivo di dous païs.

 

A la fin dóu banquet d'Avignoun, Mistral mandè un inne pèr gramacia. es devengu l'inne de Prouvènco qu'es canta dins tóuti lis acamp felibren.

 

La coupo, de formo antico, es uno conco supourtado pèr un paumié que i'a contro dos estatueto.

 

Uno represènto Catalougno, l'autro Prouvènço.

 

Es estado facho bonadi uno souscricioun de 1800 signaturo e pèr l'estatuaire Fulconis que noun vouguè èstre paga, quouro aprenguè la destinacioun patrioutico de l'óujet.

 

Au pèd de chasco figurino i'a lis armarié que la designon. A l'entour de la conco se pòu legi :
« Record ofert per patricis catalans als felibres provenzals per la hospitalita donada al poeta catala Victor Balaguer - 1867 ».


E sus lou pedestau, soun finamen grava quésti vers:

 

« Morta diuhen qu'es

mès jo la crech viva »

V. Balaguer

 

« Ah! Se me sabien entèndre!

Ah! Se me voulien segui! »

F. Mistrau

 

 

L’histoire de la « Coupo Santo »

 

C'est en 1867 que les Catalans envoyèrent aux Félibres provençaux une coupe d'argent en témoignage de gratitude pour l'accueil fait au poète catalan Victor Balaguer, expatrié pour raisons politiques, et aussi pour marquer l'amitié, toujours vive entre les deux provinces.

 

A la fin du banquet, à Avignon, Mistral lança un hymne pour remercier. Celui-ci est devenu l'hymne de la Provence, toujours chanté dans les cérémonies félibréennes.

 

La coupo, de forme antique, est une conque supportée par un palmier contre lequel s'appuient deux statuettes.

 

L'une représente la Catalogne, l'autre la Provence.

 

Elle fut faite grâce à une souscription de 1800 signatures et par le statuaire Fulconis qui ne voulut pas être payé lorsqu'il apprit le but patriotique de l'objet.

 

Au pied de chaque figurine, il y a les armoiries qui la désignent. On peut lire autour de la conque : « Présent offert par les patriotes catalans aux félibres provençaux pour l'hospitalité donnée au poète Catalan Victor Balaguer - 1867 ».

 

Et sur le socle sont finement gravés les vers :

 

« On la dit morte

Mais moi je la crois vivante. »

V. Balaguer

 

« Ah! Si on savait me comprendre !

Ah! Si on voulait me suivre ! »

F. Mistral

 

Tèste de la Coupo Santo (Texte de la Coupo Santo):

 

 

 

Pour entendre les paroles de la Coupo Santo chantée cliquer ici

 

 

 

Quelques  explications

 

Frédéric Mistral est né le 8 septembre 1830 à Maillane dans les Bouches du Rhône, il y est resté pratiquement toute sa vie, à l'exception de brefs voyages. Il y est décédé le 25 mars 1914.

 

 

Frédéric Mistral

 

Il est, bien sûr, le plus grand poète provençal; il a obtenu le prix Nobel de littérature en 1904.

 

Ses principales œuvres sont : Mirèio, Calendau, Nerto, Lou Pouèmo dóu Rose, lis Isclo d'or, lis Oulivado, Lou Tresor dóu Felibrige, Memòri e raconte. Elles ont été traduites dans de nombreuses langues étrangères, y compris en français.

 

En 1854, Frédéric Mistral et six autres poètes provençaux : Aubanel, Brunet, Giera, Mathieu, Roumanille, Tavan, fondent, au château de Font-Ségugne, près d'Avignon, « le Felibrige »* : Mouvement destiné à redonner son rang, son honneur et sa noblesse à la langue provençale.

 

Ce mouvement existe toujours, il a à sa tête un Capoulié (président) et 49 Majourau formant le Consistoire (Conseil d'Administration). Vous pouvez adhérer au Félibrige.

 

Mistral a participé activement au mouvement des idées de son temps. Il était un partisan convaincu du Fédéralisme.

 

En 1867 en Catalogne un puissant mouvement fédéraliste se dresse contre l'Etat espagnol, il est conduit par Victor Balaguer, Jacinto Verdaguer, Milos y Fontals. Pendant quelques temps ces derniers sont déclarés indésirables en Espagne et la reine Isabelle II les exile.

 

Jean Brunet, fondateur du Félibrige aux côtés de Mistral, lié à certains des exilés catalans, leur offre l'hospitalité des félibres provençaux. Les catalans passent quelques mois en terre provençale puis regagnent leur pays.

 

Au mois d'août les catalans sont invités par les félibres provençaux ; un grand banquet se déroule à Font-Ségugne, les catalans, en remerciement de l'accueil fait par les félibres lors de leur exil, offrent une coupe en argent aux félibres. Mistral prévenu de ce cadeau compose «la Cansoun de la Coupo». Elle contient 7 couplets de 4 vers et un refrain de 5 vers.

 

Mistral croyait avoir composé cette Cansoun sur l'air de «Guihame, Tòni, Pèire» un noël de Saboly (noëlliste comtadin du XVIIème s.), des recherches ultérieures ont permis de savoir que le noël est d'un certain frère Sérapion (XVIIème s.) sans qu'on soit sûr que la musique soit de ce même frère.

 

La Cansoun de la Coupo, appelée couramment : « la Coupo Santo » est devenue l'hymne national des provençaux.

 

Lors du banquet de 1867, tous les participants avaient bu un peu de Chateauneuf du Pape dans la Coupo.

 

En temps normal la Coupo est conservée dans un coffre, traditionnellement elle « sort » au moins une fois l'an au moment de la Santo Estello (fête annuelle des félibres se déroulant pour Pentecôte dans une grande ville du pays d'Oc). A la fin du banquet de la Santo Estello, le Capoulié du Felibrige prononce un discours puis boit à la Coupo (du vin de Châteauneuf du Pape). Ensuite tous les félibres peuvent boire aussi à la Coupo.

 

La Cansoun de la Coupo se chante le plus souvent à la fin d'une manisfestation provençale.

 

Habituellement on chante les couplets 1, 2 et 7, encore que certains aiment remplacer le couplet 2 par le troisième …. Le dernier couplet se chante un peu plus lentement et solennellement ;  pour chanter ce dernier couplet on se lève, encore que certains chantent la totalité de la Coupo Santo debout (c'est un hymne national …!), les hommes se découvrent. Au dernier couplet aussi, les hommes se découvrent.

 

Après avoir chanté la Coupo on ne doit pas applaudir.

 

En 1877 les félibres provençaux invités en Catalogne ont offert à leur tour une Coupo aux catalans. Celle-ci a été cachée de 1939 (chute de la Catalogne) à 1974 (mort de Franco).

 

Elle est conservée à la Generalitat de Catalogne à Barcelone.

 

A consulter :

 

- Louis Guillaume Fulconis 1818-1873 statuaire une vie d’amitié
(Provence, Algérie, Normandie, Paris)
, ouvrage de 685 pages d’André Pierre FULCONIS dans lequel une très importante place réservée à la Coupe développe la genése, l’historique, le symbolisme, la signification, l’œuvre, le chant…

 

« Presenta en quatre gràndi partido (uno biougrafìo forço desvouloupado, uno tiero dis obro detaiado que-noun-sai, un long debana de doucumen justificatiéu, quàuqui 96 pajo d’ilustracioun), aquelo remarcablo e drudo publicacioun laisso amiratiéu davans lou travai de l’autour coume davans l’inmensita e la resplendour de l’obro de soun rèire-grand. Vai sènso dire qu’uno plaço impourtanto es counsacrado à nosto Coupo e aqui mai li detai aboundon e pivellon. » J.M.

 

- Pour correspondre avec l’auteur indépendant, membre de l’A.A.A. : André Pierre FULCONIS
84750 Saint-Martin-de-Castillon  -  and.fulconis@wanadoo.fr

 

* A noter que les statuts de l’Association (cliquer sur Felibrige) interdisent à notre mouvement tout soutien, toute prise de position, en faveur d'un parti politique quel qu'il soit. Par conséquent toute présence du logo du Félibrige et/ou d'un lien vers notre site officiel, établi à notre insu sur un site ou sur un blog d'un parti ou d'un groupement à caractère politique, donnera lieu à une plainte en justice pour préjudice moral envers notre mouvement.

 



30/10/2012
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