« CARPE DIEM » ET LA MESURE DU TEMPS

 

 Anchor_escapement_animation_217x328px.gif 

Mécanisme d'échappement d'une pendule basique!

Le type même du « son du temps qui passe » d'une horloge comtoise qui bât la seconde !

 

 

LE TEMPS ET SA MESURE

 

 

« Si personne ne me le demande, je le sais;

mais si on me le demande et que je veuille l’expliquer, je ne le sais plus » !

a dit Saint Augustin...

 

« On le prend », « on le perd », « on en gagne », « on veut le maîtriser », « on voudrait l’arrêter » ou le faire s’écouler plus vite, « le rattraper »… sans résultat ! De tous temps l’homme s’est cru être maître du temps !

 

« Il y a un temps pour naître, un temps pour mourir, un temps pour planter et un temps pour récolter, [......] un temps pour pleurer et un temps pour rire, [......] un temps pour se taire et un temps pour parler, un temps pour aimer et un temps pour haïr, un temps pour la guerre et un temps pour la paix » ! (Ancien Testament : L'Ecclesiaste Ch. 3 § 2 à 8) 

 

 

Mais, qu’est-ce que le temps, ou plutôt les temps, car il y en a forcément plusieurs, comme il y a plusieurs façons de les comptabiliser ?…

 

Dès la plus haute Antiquité, les hommes ont cherché à évaluer l'écoulement du temps rythmé par les heures de leur vie, les jours et les nuits, les lunaisons, les saisons, les années.

 

Forcément, le matin, le soir, le jour, la nuit, la lune et les saisons ont été des repères, mais il y a bien longtemps que des hommes ont cherché à le mesurer et certains ont eu tôt fait de le relier aux astres qu’ils apercevaient dans le ciel.

 

C’est en Mésopotamie, le pays de Shéhérazade et des « contes des 1000 et une nuits », que vécut le peuple qui parait s'être élevé le premier aux contemplations célestes. Du moins, les plus anciennes données astronomiques que nous possédions viennent de lui.


Le climat de la Mésopotamie, avec ses nuits sereines et merveilleusement étoilées dont l'Orient a le privilège, y fut admirablement favorable.

 

Les civilisations qui ont vécu en Mésopotamie du 4ème au 1er millénaire avant J-C. sont hélas quasiment ignorées dans l'enseignement de l'Histoire et c’est bien dommage ; on évoque brièvement le « Croissant fertile » et on passe directement à la civilisation Égyptienne.

 

Pourtant, la Mésopotamie est certainement le berceau de la première civilisation qui mérite qu'on s'attarde sur ce qu'elle a été, l'Orient vecteur de la science des mathématiques et des découvertes de la culture indienne qui a transité par son territoire.

 

La Mésopotamie est une région qui se trouve entre le Tigre et l'Euphrate, son nom signifie d'ailleurs en grec « entre deux fleuves ». Dans cette région, les recherches archéologiques ont démontré la présence humaine depuis au moins 8500 ans.

 

2 Mésopotamie.png


 

Mais l'apparition de la civilisation véritable ne devient une certitude qu'à partir de la période d'Uruk (ou Ouruk), période qui couvre le 4ème millénaire avant J-C. et fait référence à la ville d'Uruk.

 

Les renseignements que l'on possède sur les anciens habitants de ce pays, qu’ils soient Babyloniens, Chaldéens, Assyriens, Sumériens, Akkadiens ont été en partie trouvés sur douze tablettes d'argile couvertes de signes cunéiformes et mise à jour par des fouilles poursuivies depuis un siècle sur l'emplacement des anciennes cités de la Mésopotamie. Elles ont révélé quelle place immense y tenait l'observation des astres. Et Uruk en -2700 avant J-C. c'est précisément la ville dont Gilgamesh fût le roi Sumérien légendaire dont a été tiré un mythe (on en retrouve des analogies dans l'ancien testament) et d'où proviennent les découvertes archéologiques les plus nombreuses.

 

tablette d'URUK.jpg

 Une des tablettes d'URUK en écriture Cunéïforme (datée entre -3500 et -3000 avant J-C)

 

Il faut citer tout de même que la période d'Uruk (dont un large pan a été consacré par la première exposition du MUCEM en juin 2013, le nouveau Musée des civilisations de l'Europe et la Méditerranée à Marseille) est caractérisée par :

      • le perfectionnement de l'irrigation, l'utilisation généralisée de l'araire (outil d'agriculture qui laboure la terre en creusant des sillons) et du bœuf qui facilitent l'agriculture et améliorent sa productivité,
      • la propagation de la roue et la domestication de l'âne combinées au développement des artisanats de la laine, de la poterie et du métal permettent un essor commercial.

 

Ces progrès dans l'agriculture et le commerce avaient entraîné :

      • une augmentation considérable de la taille des villes et des bâtiments,
      • la hiérarchisation de la société : apparition des premiers esclaves (sic!) et du roi-prêtre,
      • l'instauration de l'administration et de la comptabilité,
      • le développement de l'art avec la sculpture.

 

On a même retrouvé à Ninive les fragments d'un grand traité d'astrologie compilé pour « Sargon l'Ancien », dont la vie se place vers -3800 avant J-C. Les observations, d'abord empiriques, poursuivies pendant des milliers d'années et perfectionnées graduellement, permirent aux habitants de la Mésopotamie des derniers siècles avant J-C. d'arriver à des connaissances d'une étonnante exactitude scientifique, dont les Grecs ont tiré grand parti.

 

Dans cette immense période, la manière de mesurer le temps a présenté des changements qu'il est encore difficile de suivre chronologiquement.

 

Bien qu'on puisse distinguer les Babyloniens, des Chaldéens, des Assyriens, des Sumériens et des Chaldéo-Assyriens, qui vivaient tous dans cette région du  croissant fertile, nous nous contenterons d'indiquer ici ce que l'on sait sur la mesure du temps et le calendrier de la civilisation chaldéenne, laquelle s'identifie avec celle du peuple de Mésopotamie tout entier.

 

Les Chaldéens avaient noté les mouvements des astres, dressé des tables, donné des noms à chaque astre ou phénomène astrologique, et leurs observations codifiées formèrent le premier livre d'astronomie connu qui a débouché sur une invention géniale, un instrument qui allait révolutionner la navigation pendant des siècles, « l'astrolabe » !

 

Ils connaissaient non seulement les mouvements du soleil et de la lune, les deux principaux, mais ceux des cinq planètes les plus proches, les éclipses, la succession des équinoxes, la division du cercle en trois cent soixante parties ou degrés, celle du degré en soixante minutes, de la minute en soixante secondes et de la seconde en soixante tierces.

 

LE GNOMON

 

Vers -2500 av. J.-C., ces hommes déterminent l’heure grâce à un objet tout simple, le gnomon (en grec, « gnômôn » signifie « une chose qui sert à en connaître une autre », ici, c’est l’heure). Ce sont les premiers instruments de mesure du temps connus.

 

Fondés sur le déplacement relatif du soleil par rapport à la terre, ils ne pouvaient fonctionner que le jour, par temps ensoleillé, et n'indiquaient l'heure qu'approximativement.

 

Le gnomon était un simple piquet (poteau, bâton ou encore style) planté verticalement dans le sol et dont la direction de l'ombre portée situait le moment de l'observation par rapport à la durée du jour.

 

C’est l'ancêtre du cadran solaire : il a permis la première « mesure » du temps car la direction des ombres résulte du déplacement apparent du soleil au cours de la journée.

 

On le retrouve partout : en Amérique, en Afrique, en Asie… Cependant, en dépit de la division de la surface plane et horizontale sur laquelle se projette l'ombre du gnomon pour une meilleure lecture, les choses sont moins simples qu'elles n’y paraissent : en effet, la position du soleil au-dessus de l'horizon varie selon les saisons et pour une même heure et un même endroit, l'ombre portée n'a donc ni la même longueur ni la même direction d'un jour à l'autre.

 52885182simulation-gif.gif

Mouvement de l'ombre d'un gnomon au cours d'une journée de 24 heures...

  

L’ombre, qui est infinie quand le soleil se lève, raccourcit progressivement jusqu’à midi, puis s’allonge jusqu’à redevenir infinie lorsqu’il se couche. A l'équateur, à midi, il n'a plus d'ombre puisque les rayons du soleil sont parallèles au gnomon et l'éclairent verticalement. Dans l'hémisphère nord l'ombre indique le nord... mais dans l'hémisphère sud elle indique... le sud !

 

L’extrémité de l’ombre parcourt un arc de cercle régulier qui permet de mesurer la longueur de l’ombre ou son avancée. Principalement utilisé par les Égyptiens et les Chaldéens, le « gnomon » présente néanmoins un inconvénient majeur : il est peu précis. Il convient toutefois de savoir que l'ombre la plus courte de la journée correspond à midi (passage du soleil au méridien), que l'ombre la plus courte de l'année détermine le solstice d'été et la plus longue, le solstice d'hiver.

 

Cet appareil, dont le plus connu est chinois remonte à -2400 avant J-C, était encore employé au Moyen-Âge par les compagnons du devoir qui ont construit églises et cathédrales pour leur orientation; il suffit d'observer les tours et clochés des églises de l'époque…

 

Sur ordre de l’empereur Auguste, en 10 avant J-C., on ramena d’Héliopolis (en Égypte) à Rome, un obélisque haut de 21m et pesant 230 t qui servait d’aiguille du temps au pharaon Psamétique II (-594 / -589 avant J-C.).

 

Psammetique II.jpg

Pharaon Psamétique II (-594 avant J-C) 

 

 

Installée initialement sur le champ de Mars, elle fût déplacée en face du palais Montécitorio à Rome (siège du Parlement Italien) où elle est toujours en activité et équipée en son sommet d’une sphère de bronze possédant un trou en son centre.

 

 4- horologium d'Auguste_2179m 3 palais Montecitorio Rome.JPG  5 - horologium d'Auguste_2179m Parhaon PsammetichusII 595 av J-C 2.JPG 

L‘obélisque d’Héliopolis et son système de graduation solaire

 

Le soleil semble décrire, à vitesse constante, une trajectoire courbe appartenant à la moitié d'une sphère ayant pour centre le lieu d'observation.

 

LA CHALDEE OU SCAPHE

 

Les Chaldéens qui ont, les premiers, découvert le principe du gnomon ont par la suite vers -560 avant J-C. mis au point un cadran solaire rudimentaire en forme de bol que l’on a appelé tout naturellement « chaldée » ou en grec ancien « σκάφη » (= skáphê soit « Scaphé »), désignant un bol ou un bassin.

 

Constitué d'une demi-sphère creuse avec une ouverture dirigée vers le zénith et d'une petite boule symbolisant le soleil placée, au centre de l'ouverture (la boule se déplace, à vitesse constante, comme le soleil, et des graduations équidistantes portées sur la surface sphérique indiquent des périodes de temps égales).

 

Le système nommé « chaldée » ou « scaphé » a été ensuite adopté par les Grecs (notons le chaldée, amené sur le site d’Aï Khanonu sur la frontière du Tadjikistan avec l’Afghanistan, lors des conquêtes d’Alexandre-le-Grand au IVème siècle avant J-C. dans sa route vers l’Inde, et qui a été découvert en 1960, à temps, juste avant la destruction du site par les Talibans), puis, plus tard par les Romains qui construisirent des cadrans comportant douze graduations égales qui correspondaient à une journée ensoleillée, dont la durée varie au cours de l'année.

 

Deux aménagements ont permis de le perfectionner : en orientant le plan du grand cercle de la demi-sphère parallèlement à l'axe du monde, ce qui revient à l'incliner d'un angle égal à la latitude du lieu; et en dirigeant la tige diamétrale vers l'étoile Polaire.

 

L'ombre portée de cette tige parcourt alors, cette fois, la surface sphérique selon un mouvement uniforme selon le jour de l'année.

 

 

6 - Scaphé grec (musée Clemens-Sels).jpg

Scaphé Grec (musée Clémens Sels)

 

7 - Scaphé Romain (musée Guimet).jpg
Scaphé Romain (Musée Guimet)

 

 

    Scaphé de Carthage 2 (Louvre).JPG10 - Scaphé de Carthage 4 (Louvre).JPG9 - Scaphé de Carthage 3 (Louvre).JPG

Scaphé de Carthage en marbre blanc (Musée du Louvre) daté du IIème siècle après J-C.

 

 

11 - le_louvre_scaphée.jpg

Face intérieure du Scaphé de Carthage.

 

Le « scaphé de Carthage » conservé au musée du Louvre (Aile Denon, Rez-de-ch. salle 23) est incliné selon la latitude du lieu. L'œilleton situé dans la partie supérieure donne une tache lumineuse qui fournit une indication de l'heure solaire.

 

Il comporte sept courbes de déclinaison indiquant la date avec des inscriptions grecques et 11 arcs correspondent aux 12 heures entre le lever et le coucher du soleil (heures solaires temporaires).

 

Le cadran était ainsi maintenu verticalement, sa face interne tournée vers l'observateur, l'orifice vers le ciel. L'intérieur du vase est gravé d'un réseau de courbes informées par des inscriptions en grec parfois abrégées : elles transcrivent des dates du calendrier romain.

 

La plus large correspond au solstice d'été (24 juin), la plus petite au solstice d'hiver (25 décembre). Les onze lignes en éventail qui divisent ces courbes notent la durée des douze heures du jour qui composent la journée des Romains, longues en été mais courtes en hiver. Un rayon de soleil passant par l'orifice foré dans la paroi faisait circuler à l'intérieur une tache lumineuse dont la position indiquait le mois, le jour et l'heure. Cette tache devait être resserrée au moyen d'une plaque de bronze percée d'un œilleton, aujourd'hui perdue.

 

On ne pense pas que ce scaphé ait été tracé pour la latitude de Carthage (36°) où il a été trouvé, mais plutôt pour le Nord de l'Italie (41° comme mesuré).

 

Même si les noms des mois apparaissent en grec, c'est bien un cadran romain, car le grec était la langue savante à l'époque romaine.

 

 

LE CADRAN SOLAIRE

 

Puis le gnomon tout comme le chaldée ou le scaphé s’améliorant on en est arrivé à imaginer le cadran solaire, instrument qui tient compte des différences constatées avec le gnomon selon les saisons. Il en a ainsi été inventé de toutes sortes avec des cadrans horizontaux, verticaux, et même équatoriaux…

 

 12 - 69203820cadran-solaire-2-fond blog-jpg.jpg

En voici un horizontal très ancien son style représentant la « grande faucheuse » !

 

 

Au XIIème siècle, les navigateurs en ont fait des instruments portatifs de navigation encore plus élaborés en les munissant d’une aiguille aimantée, ancêtre de la boussole, pour pouvoir l’orienter avec précision ; d'autres étaient gravés sur le couvercle du boîtier des montres afin d'en faciliter la remise à l'heure.

 

13 - cadran-orienté.jpg

 

Je me suis amusé à en retrouver quelques-uns, originaux, dans mon pays natal le long de la vallée de l’Ubaye et du Queyras depuis Barcelonnette jusqu’à Riez en Provence.

 

 

Molines en Queyras Prie pour que l'heure ne te prenne pas.JPG
En voici un moderne à Molines-en-Queyras qui prévient :

« Prie pour que l'heure ne te prenne pas »

 


14 - Cadran de Moustiers Ste Marie.jpg
En voici un sur une façade de Moustiers-Sainte-Marie

 

15 - Cadran à riez 1.JPG  16 - Cadran à riez 2.JPG
Voici celui situé à droite d’une des portes de la ville de Riez-en-Provence

 

  17 - Cadran Barcelo alculé par Robert Sagot qui était professeur au lycée de Barcelonnette mais par ailleurs un pionnier dans l'étude et le recensement des cadran solaires.JPG  18 - Cadran a Barcelonette.JPG

Et en voici un conçu et dessiné sur commande par Robert SAGOT à Barcelonnette,

(Il était professeur au lycée et pionnier dans l'étude et le recensement de cadrans solaires)

 

 

19 - Cadran St Paul sur Ubbaye.JPG   20170218_212350.jpg
Un autre du XIXème aperçu à Saint Paul-sur-Ubaye, à droite sur la façade de la Fac de Médecine de Montpellier

(1289!) l'inscription est l'aphorisme d'Hippocrate Η τεχνη μακρη "La vie est courte, l'Art est long à acquérir"

 

Mais cela impose d’avoir du soleil. Alors, parallèlement à l’invention de ces cadrans, on a essayé de mesurer le temps en se passant du soleil… et la science de l'homme progresse d'un grand pas quand il découvre qu'il peut se passer du soleil pour repérer l'écoulement du temps.

 

 

LA CLEPSYDRE

 

Les Égyptiens inventent un appareil qui va mesurer le temps… Près de 1600 ans av. J-C. cet appareil nommé une « clepsydre » (vient du grec « klesudra » qui signifie « qui vole l'eau ») et s’est ensuite répandue chez les grecs à partir de -450 avant J-C. puis chez les Romains en -159.

 

Dans une « clepsydre », le temps est évalué par l'écoulement régulier d'une quantité d'eau déterminée : c'est une horloge à eau connue aussi chez les Amérindiens (c'est d'ailleurs de l'écoulement de l'eau dans une clepsydre que provient l'expression du « temps qui s'écoule »!).

 

C’est soit une coupe de bronze assez lourde percée d’un trou qui s’enfonce dans un récipient d’eau, soit un vase de terre cuite percé d'un trou qui laisse couler de l'eau. Des graduations situées à l'intérieur permettent de mesurer des intervalles de temps.

 

Ces clepsydres ont une forme évasée, plus large en haut, car le débit de l'eau est plus grand quand la hauteur d'eau est grande. Les graduations sont ici à peu près équidistantes.

 

Si le cadran solaire donne l'heure pendant le jour, la « clepsydre » fait la même chose la nuit lorsqu'il n'y a pas de soleil, et elle mesure en plus des durées plus brèves avec une bonne précision.

 

20 - Clepsydre perse de Karnak 1400 av J-C.JPG
Clepsydre Perse en bronze trouvée à Karnak et datée de -1400 avant J-C.

 

Clepsydre en terre.jpgclepsydre en terre cuite 3 XIV av J-C.jpgClepsydre en terre 2.jpg

Clepsydres Egyptiennes en terre cuite du XIVème siècle avant J-C. (Musée du Caire)

 

Par la suite,  la clepsydre a évolué lorsque le physicien grec Ctésibios, vers 270 avant J.C, utilisa deux récipients pour avoir un débit constant.

 

Cette « mesure » du temps tient une place importante dans la vie des cités : elle sert à limiter la durée des discours ou des plaidoiries pour la politique, la polémique, la justice.

 

Quelques exemples de célèbres clepsydres : celle offerte par le calife de Bagdad à Charlemagne en 807 et une autre gigantesque de plus de 10 mètres de haut réalisée, vers -1090 par Su-Song, un mathématicien chinois (né en 1020 et mort à 80 ans en 1101!) pour l'empereur de Chine.

 

clepsydre su Song.jpg   SuSongClock1.JPG

 La clepsydre de Su Song dont on a reconstitué une maquette, mesurait 12 m de haut !

  

 

SuSongClock2.JPG SuSongClock3.JPG SuSongClock4.JPG  SuSongClock5.JPG Chaine.gif
Détails de la sphère terrestre sur le toit, de la sphère céleste au 2ème étage,

de la roue à eau, et son entrainement à chaîne continue,

et du registre qui se trouve derrière les portes de la base.



Puis la clepsydre s'est quelque peu perfectionnée lorsqu'on a pu commencer à contrôler le débit de l'eau pour plus de précision. Visionnez ce petit montage vidéo de 2mn30 qui explique fort bien le fonctionnement de la clepsydre à tambour.

 

 

 

Et à titre de document voici une clepsydre « moderne » à cadran traditionnel imaginé par un moine bénédictin et fonctionnant depuis 1867 avec un petit réservoir qui régule le débit.

 Horloge-a-eau-villa médicis-Rome.jpg

 Repérée à Rome lors de notre dernière virée dans le parc du Pincio à la villa Borghese…

 

 

Astrolabe 1 tour.gif L'ASTROLABE 

 

A partir de la fin du 14ème siècle, des navigateurs ont mis au point des appareils de plus en plus perfectionnés à partir des Astrolabes imaginés par les grecs des le 2ème siècle avant J-C. qui leur permettaient de se repérer sur le globe terrestre et de faire les calculs les plus complexes y compris de l'heure et de la position des astres (on en a retrouvé parfaitement conservées dans des épaves de vaisseaux grecs et il y en a une collection extraordinaire au musée d'Oxford.

 

Avant d'étudier les Astrolabes dans le détail, plus loin, voici une petite vidéo de 9 minutes d'une conférence TED par un étudiant qui présentât sa thèse sur le sujet de l'Astrolabe :

 

 

 

Thierry BOUCHER, un professeur de sciences physiques du Lycée Edouard Branly de Créteil a proposé un magnifique challenge à sa classe de seconde l'année dernière... Construire un astrolabe moderne mais authentique depuis sa conception jusqu'à sa réalisation en laiton comme autrefois... L'expérience a été enthousiasmante pour les élèves et ce qui suit est en partie tirée du compte rendu de l'expérience.

  

L'Astrolabe est un instrument très ancien qui a été conçu dans l’Antiquité. Il permet de mesurer l’angle formé entre un astre et l’horizon et de déterminer la latitude d’un lieu.

Il est constitué d’un disque dont la circonférence est graduée en degrés avec plusieurs inscriptions et d’un viseur, appelé alidade en rotation sur le disque.

 

On tient l’astrolabe verticalement par un anneau, on fait pivoter l’alidade sur son axe jusqu’à ce qu’elle pointe l’astre choisi, on lit alors les degrés sur le disque et il ne reste plus qu’à les convertir en degrés de latitude.

 

Ce sont les astronomes arabes qui en ont répandu l’usage à partir du 7ème siècle : l’astrolabe servait surtout pour l’astrologie, l’enseignement de l’astronomie, et le calcul de l’heure (en pointant le Soleil la journée et les étoiles la nuit).

 

Jusqu’à l’invention du sextant au 18ème siècle, l’astrolabe fut le principal instrument de navigation.

 

astrolab1.jpg

 

L'astrolabe est en fait composé de six pièces dont quatre sont mobiles.

 

les differentes pièces d'un Astrolabe.JPG

1) La Mère : Cette pièce est le support des autres. De face, son pourtour (ou limbe) est gradué en heure de 0h à 24h.

 

De dos, son pourtour (le limbe) est gradué en quatre arc de de 0 à 90 degrés, mais on y trouve aussi le calendrier, les signes du zodiaque, le carré des ombres, et enfin l'équation du temps.

 

astrolabe_mere_face.JPG

La Mère vue de face

 

Astrolabe_mere_dos.JPG

La Mère vue de dos

 

2) Le tympan : Cette pièce est fixée sur la face avant de la Mère. Elle représente le ciel local. En effet, c'est la projection sur un plan de la demi-sphère qu'un observateur observe au-dessus de sa tête.

 

Le tympan contient différents cercles: les cercles d'altitudes, les cercles d'azimuts, l'horizon (le cercle d'altitude 0°), les tropiques et l'équateur.

Le tympan dont il est question ici est valable pour la latitude de Paris.

                                                              

tympan avant usinage.jpgAstrolabe_tympan.jpg
Le Tympan avant usinage puis découpé...

 

3) L'araignée : Cette très belle pièce ajourée est mobile autour de l'axe de l'astrolabe. Elle représente la sphère des étoiles. Elle porte des pointes symbolisant l'emplacement de chaque étoile.

 

Sur cet astrolabe on,t été placées 10 étoiles : Altaïr, Spica, Arcturus, Deneb, Véga, Duhbé (alpha de la Grande Ourse), Bételgeuse, Aldébaran, Rigel et Sirius.

 

Un cercle y est ajouté (l'écliptique) il représente l'emplacement du soleil sur la sphère des étoiles tout au long de l'année. En effet, jour après jour, le soleil semble se déplacer devant les étoiles et se retrouve au même point dans le ciel après un voyage d'un an.

 

Astrolabe_araignee.jpg
L’Araignée

 

4) L'alidade : Elle aussi est mobile autour de l'axe de l'astrolabe, elle permet d'effectuer les visées.

 

Astrolabe_alidade.jpg
L’Alidade

 

5) L'aiguille ou règle : Elle permet la lecture de l'heure, et elle est graduée en déclinaison.

 

Astrolabe_Aiguille.JPG
L’Aiguille ou règle

 

 Astrolabe_assemblé.jpg

Les différentes pièces en position

 

 

Astrolabe_éclaté.jpg

 Disposition en « éclaté »

 

Fonctionnement de l'Astrolabe :

 

bla-bla, en cours de rédaction...

 

LE SABLON OU SABLIER

 

Entre temps, il faut bien sûr citer le sablier qui n’apparaît timidement qu’au VIIème siècle. Il est moins précis que la clepsydre, mais il fonctionne encore lorsqu'il fait froid ou qu'il gèle, bien que son écoulement demeure irrégulier et il n'a pas de graduations pour indiquer l'heure. On ne l'utilise en fait que pour mesurer des durées, ce qu'il fait avec une bonne précision tout de même.

 

Son inconvénient est qu'il faut souvent le retourner pour mesurer des intervalles de temps relativement longs. Il est aussi un bon complément des deux instruments que nous venons de citer.

 

Il fallut attendre le quatorzième siècle de notre ère, pour que les marins qui avaient eux-aussi besoin de mesurer le temps pensent à remplacer l’eau par du sable recuit et très sec dans des « sablons » ou des « sabliers » qui sont, dès lors, couramment utilisés et relativement précis.

 

 312774220hg0071.jpg

Sablier (Musée des Arts et Métiers)

 

Constitué de deux ampoules de verre contenant un sable très dur, que l’on recuit pour le rendre sec et uniforme. Il s’écoule par un trou de pierre fine d’une fiole à l’autre. Et tout naturellement, on pense à en fabriquer de différentes dimensions montés en batteries pour mesurer des temps plus ou moins longs.

 

 Sablier-collection-double-tyrol-01.JPG

 

Ils ne permettent pas de déterminer l'heure mais servent à sa conservation. Il s'agit donc en fait des premiers « garde-temps ». La précision de tels instruments est toujours très faible, mais suffisante si le temps mesuré est court.

 

Les sabliers ne sont plus guère utilisés de nos jours qu'à titre décoratif ou pour faire un œuf à la coque dans la cuisine !

 

Pour exemple, Christophe Colomb l'utilisa sur son navire en 1492 pour connaître l'heure et faire le point sur sa situation (même si la position qu'il calculait restait bien loin de la réalité !).

 

Plus près de nous, deux cents ans plus tard, en Flandre, on trouve un sablier accroché au mur de certaines écoles. Il indique la durée de l'exercice ou d'une leçon. Le sable, comme le temps, ne s'écoule pas bien vite pour les élèves qui sèchent !

 

 

 

ENFIN : LE CALENDRIER…

 

Mais revenons aux Chaldéens puisque, avec eux, nous assistons à la création des bases du calendrier.

 

Le calendrier Chaldéen aura cours jusqu’à l’avènement du calendrier Julien (qui a pour origine l’an 45 avant J-C. lorsque l’empereur Jules César l’avait commandé au mathématicien égyptien SOSIGÈNE) et dont se servira le monde occidental jusqu’en 1582, date à laquelle le Pape Grégoire XIII fait enfin procéder à la rectification du calendrier Julien qui comportait une erreur conséquente due à la durée supposée d’une année de 365,25 jours alors qu’elle n’est que de 365,22 jours.

 

Entre temps, lors du Concile de Nicée en 325, les Pères de l’église chrétienne relevèrent que l’équinoxe de Printemps tombait le 21 mars, et non plus le 25 comme l’avait prévu SOSIGÈNE. Ils attribuèrent l’erreur au mathématicien, mais au fil des siècles, le décalage se poursuivit... Dès le XIIIème, l’église s’en émut car le décalage grandissant amenait la date de Pâques à glisser tout doucement vers l’été (la fête de Pâques est fixée le dimanche qui suit la 1ère pleine lune qui apparaît après le 21 mars, l’équinoxe de printemps).

 

La question, une nouvelle fois évoquée au Concile de Trente en 1545, ne fut pas résolue, aussi, en 1582, le pape Grégoire XIII créa-t-il une commission chargée de régler cette question sous la responsabilité de Christopher CLAU, un savant, jésuite et mathématicien allemand (1538 - 1612). D’où l’origine du nom du calendrier « Grégorien » dont nous nous servons actuellement.

 

En effet, en 1582, l’équinoxe de Printemps tomba le 11 mars, soit, en avance de 10 jours sur les observations faites en 325. Pour corriger l’écart, il fut décidé de supprimer 10 jours à l’année, et, à Rome, le jeudi 4 octobre fut immédiatement suivi du vendredi 15 octobre 1582 ! Et, pour ne plus voir se reproduire le glissement observé au cours de ces 12 derniers siècles, la décision fut prise de supprimer 3 jours bissextiles tous les 400 ans. Pour un calcul universel et facile on décréta que les années séculaires ne seraient plus bissextiles sauf si leur millésime est divisible par 400, ce qui fut le cas pour l’an 1600 et depuis… l’an 2000 (c’est passé inaperçu, car personne n'en a parlé!).

 

Ainsi, depuis 1582, calendrier et cycles solaires coïncident donc pratiquement et l’équinoxe de Printemps reste voisin du 21 mars, car il fut retenu de ne pas corriger l’écart observé pour la période antérieure au Concile de Nicée.

 

Savez-vous que la division de l'écliptique en douze parties égales constituant le zodiaque, et ses figures ou « catastérisme », sont d'origine chaldéenne et remonte à la plus haute antiquité à savoir en l’an -3800 avant J-C. ?


Je vous explique : dans son mouvement annuel apparent, le soleil décrit une ligne sur la sphère céleste, appelée « écliptique » parce que c'est sur cette ligne que se produisent les éclipses.

plan de l'écliptique 5.jpg       plan de l'écliptique 3.jpg 

Plan de l’écliptique et sa division en 12 parties égales définissant le zodiaque

 

Le plan de l'écliptique terrestre, qui correspond au plan de l'orbite de la terre autour du soleil, est incliné de 23° 26’ par rapport à l'équateur céleste. Deux fois par an, soit en mars et en septembre, notre soleil atteint une des deux intersections : sa déclinaison est alors nulle.

 

Ce passage de mars, qui correspond à l'équinoxe de printemps, est aussi appelé point vernal (du latin ver, « printemps »).

 

Étymologiquement, le terme équinoxe vient de « aequinoctium », ou « aequus » = égal, et « nox », « nostis » = nuit, à savoir que la durée du jour est strictement égale à la durée de la nuit !

 

Lors des équinoxes, le soleil se lève exactement à l'est et se couche exactement à l'ouest. Le parcours de l'astre étant symétriquement identique au-dessus et en dessous de l'horizon, on comprend aisément que la durée du jour et la durée de la nuit sont alors rigoureusement égales.

 

Égales ? Pas tout à fait, si l'on consulte les éphémérides, on constate une différence qui allonge la période diurne d'un peu plus de cinq minutes, le phénomène étant valable pour les deux équinoxes.

 

Comment est-ce possible ?

 

Simplement parce que le phénomène de réfraction atmosphérique, qui courbe les rayons solaires par effet de lentille à l'horizon, nous montre un astre du jour encore bien visible alors qu'il est déjà couché depuis quelques minutes… Et que pour des raisons pratiques, les astronomes sont obligés d'en tenir compte. L'astronomie n'est pas toujours une science exacte…


Si l'on prend de chaque côté de cette ligne huit degrés, on obtient une bande céleste de seize degrés de largeur découpée dans la voûte du ciel.
Cette bande est parcourue, dans son milieu par le soleil, et dans le reste de sa surface, par les planètes qui, en général, ne sortent pas de cette zone.


Or, pour indiquer commodément l'endroit où se trouvait le soleil dans cette région céleste, les astronomes chaldéens partagèrent la bande dans sa longueur en douze parties égales, ayant chacune un douzième, c'est-à-dire trente degrés de la sphère qui en a trois cent soixante.


Ils donnèrent ensuite aux étoiles qui se trouvent dans chacune de ces douze parties des noms qui furent surtout des noms d'animaux, d'où son nom de zodiaque (« dzôdia » = animaux) car la disposition de ces étoiles imageait grossièrement la silhouette d’animaux.

 

Ces noms tirent leur origine de ce qu'il y avait, dans les phénomènes du ciel et de la terre, de plus frappant au moment où le soleil était dans chacune des douze parties.


Ainsi on appela :

      • Bélier, ou signe du Bélier ou astres du Bélier, la partie dans laquelle se trouve le soleil à l'époque où naissent les agneaux,
      • Bœuf ou taureau ceux sous lesquels il était temps d'atteler cet animal à la charrue pour labourer la terre,
      • Cancer ou de Écrevisse ceux sous lesquels le soleil, parvenu au milieu de l'année, commençait à rétrograder, comme l'écrevisse qui marche à reculons,
      • Lion ceux où cet animal se montrait près des villes,
      • Verseau (verse-eau) la saison des pluies,
      • Balance ceux auxquels les jours égalent les nuits (Équinoxes),
      • Sagittaire le moment de faire la chasse aux bêtes féroces, etc…

 

Deux vers latins du poète Ausone mentionnent ces douze signes du zodiaque en latin :

« Aries, Taurus, Gemini, Cancer, Leo, Virgo, Libraque, Scorpius, Arcitenens, Caper, Amphora, Pisces ».

 

 signes du zodiaque 2.jpg

 

Les plus anciens zodiaques plaçaient en tête le signe du taureau. C'était le signe équinoxial depuis l'an -4300 environ avant notre ère; il l'a été jusqu'à -2150.


C'est probablement à cette première époque que les contemplateurs du ciel ont dressé la carte du zodiaque, car dans les anciens mythes religieux, le taureau est associé à l'œuvre féconde du printemps, qui ramène, avec l'action du soleil sur la terre, le retour de la végétation et des fruits.

 

L'équinoxe de printemps arrivait en effet dans le signe du taureau à cette époque antique.


En vertu de la précession des équinoxes, il arrive successivement dans tous les signes, en une période d'environ 25000 à 26000 ans.


A partir de l'an -2150 avant notre ère, l'équinoxe de printemps a eu lieu dans le signe du bélier.


Depuis le premier siècle de notre ère jusqu'à aujourd'hui, elle est dans le signe des poissons. Il passera bientôt dans le verseau.

 

A côté des notions exactes d'astronomie, il y avait dans la science des Chaldéens tout un mélange d'astrologie.


Ils appelaient les douze signes du zodiaque les « seigneurs des dieux » dont les planètes étaient les « interprètes ».


Les astrologues chaldéens passaient leur temps à des observations sidérales et s'appliquaient à régler leur vie d'après les instructions qu'ils croyaient lire dans le ciel.


La plupart des sciences divinatoires d'aujourd'hui ont leur origine dans l'astrologie chaldéenne.

 

Les Chaldéens furent les premiers à diviser la journée en douze heures, heures doubles; l'heure était divisée en soixante minutes et la minute en soixante secondes.


Cette division par douze et par soixante a son explication que nous avons déjà donnée dans différents articles car nous touchons ici aux origines mêmes de la numération.

J’explique : bien que les Chaldéens, comme la plupart des enfants, aient commencé à compter sur leurs doigts, c'est-à-dire par cinq ou quines, et que les deux mains réunies aient formé deux quines ou la dizaine, ce qui a donné l'invention simple du système décimal, le système duodécimal se forma aussi de la manière la plus naturelle.


La dizaine ne peut être divisée exactement que par 2 et par 5, tandis que la douzaine l'est par 2, 3, 4 et 6. Cette propriété de la douzaine, remarquée par les premiers Chaldéens, les a poussés à s'en servir.


En divisant l'unité en soixante parties, ils conciliaient les deux systèmes, décimal et duodécimal, car 60 a pour diviseurs tous les diviseurs de 10 et de 12.


De là, la division du jour en 12 heures, de l'heure en 60 minutes, de la minute en 60 secondes, la division également du cercle en 360 degrés et du degré en 60 minutes.

 

Ces deux systèmes, depuis leur invention, sont en lutte et se partagent le monde.

Bien que le système décimal soit aujourd'hui plus en faveur, il n'a pas encore supplanté la division du jour en deux fois 12 heures, pas plus que dans le commerce, la vente à la douzaine.

 

Les Chaldéens mesurèrent d'abord le temps, en dehors du jour, d'après les lunaisons. On peut faire cette remarque chez tous les peuples de l'antiquité.

 

Il est facile de comprendre que les révolutions de la lune, avec les changements d'éclat de son disque, tantôt éclairé, tantôt obscur, sont, après le lever et le coucher du soleil, le phénomène astronomique le plus facile à remarquer.

 

Des lunaisons, les Chaldéens arrivèrent rapidement à une année de 360 jours, répartis en 12 mois de 30 jours chacun, mais ils ne s'en tinrent pas là.


En habiles astronomes qu'ils étaient, ils s'aperçurent de bonne heure que leur année de 360 jours ne correspondait pas à l'année solaire vraie, dont ils avaient découvert la durée, et ils ajoutaient, tous les six ans, un treizième mois intercalaire de 30 jours.


Comme cela ne suffisait pas encore, ils annexaient, à des intervalles beaucoup plus éloignés, un second mois intercalaire.

 

Voici les noms des mois chaldéens :

      • 1 Nisanu
      • 2 Aïru
      • 3 Sivanu
      • 4 Douzu
      • 5 Abu
      • 6 Elulu
      • 7 Tashritu
      • 8 Arajshamma
      • 9 Kisilivu
      • 10 Thebitu
      • 11 Shabatu
      • 12 Addaru

 

Le treizième mois intercalaire se plaçait après Addaru et s'appelait « incident à Addaru ». Quand il était nécessaire d'intercaler un autre mois, on le plaçait, soit après Nisanu, soit après Elulu.

 

Ces mois s'exprimaient, dans l'écriture cunéiforme, soit phonétiquement, soit par des signes idéographiques qui étaient comme des symboles scientifiques ou religieux de chaque mois.


Ainsi le mois Sivanu (mai-juin) avait pour idéogramme le mot « murga » qui signifie « la fabrication des briques », parce que c'était en ce mois qu'on commençait à mouler les briques pour les laisser ensuite sécher au soleil des mois d'été.

 

Les Chaldéens eurent, dès une époque reculée, des périodes de sept jours, interrompues à la fin de chaque mois.


Ils divisaient les mois en quatre semaines de sept jours, du 1er au 7, du 8 au 14 du 15 au 21, enfin du 22 au 28 ; comme le mois avait régulièrement 30 jours, les deux derniers restaient en dehors de la série des quatre « hebdomades », qui reprenaient le mois suivant, du 1er au 7, etc…

 

Plus tard, la série des semaines devint ininterrompue, chez les Chaldéo-Assyriens on trouve dès l'origine la semaine de sept jours, consacrés aux sept corps planétaires qu'ils adoraient comme des dieux et que depuis un temps immémorial l'ordre de leurs jours n'a pas été changé.

 

Les noms que les Chaldéens ont donnés aux sept jours de la semaine furent ceux du soleil, de la lune et des cinq planètes principales.


Les maîtres de l'astrologie chaldéenne, en considérant que le soleil, la lune et les cinq planètes connues alors revenaient dans un ordre constant, crurent qu'ils étaient conduits par des dieux ou génies.


Ces esprits gouverneurs des astres se préoccupaient, selon les astrologues, de ce qui se passait sur la terre où s'exerçait leur influence.


Le dieu du soleil y envoyait l'esprit, celui de la lune, le corps, Nergal (Mars) le sang, Nabu (Mercure) l'intelligence et la parole, Bel (Jupiter) la tempérance, Istar (Vénus) la volupté, Ea (Saturne) ou Kirvanu, appelé encore Keiwan par les Arabes, la paresse du corps et la pesanteur de l'esprit.


Les jours de la semaine furent donc consacrés à ces dieux du ciel et reçurent leurs noms.

 

Mais les planètes, en partant de la Terre, sont dans l'ordre suivant : Lune, Mercure, Vénus, Soleil, Mars, Jupiter, Saturne.


Tandis que les jours de la semaine sont ainsi disposés : dimanche, lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi et samedi.


On a recherché pour quelle cause les jours avaient été placés dans l'ordre qu'ils occupent. La plus vraisemblable est celle que donne Bède, dans son « De temporum ratione ». Pour les anciens comme pour nous, explique-t-il, les deux astres de beaucoup les plus importants sont le soleil et la lune que la Genèse appelle « luminare majus » et « luminare minus ».


Il était donc tout naturel de leur consacrer le premier et le second jour qui sont devenus le jour du Soleil, aujourd'hui dimanche, et le jour de la Lune, lundi. Pour les autres jours, de même que sur la terre après le roi et la reine viennent le grand ministre, puis la femme la plus noble après la reine et ainsi de suite selon l'ordre de la dignité, de même, après le Soleil, roi, et la Lune, reine, on consacra :

      • Le troisième jour a la planète qui se trouve la plus près du Soleil, à Mars, et l'on eut mardi,
      • Le quatrième à celle qui est la plus voisine de la Lune, à Mercure, et ce fut mercredi,
      • Le cinquième à l'astre le plus rapproché, après Mars, du Soleil, à Jupiter, et l'on eut jeudi,
      • Le sixième à celui qui vient, du côté de la Lune, après Mercure, à Vénus, ce qui donna vendredi,
      • et enfin le septième à celui qui restait le dernier, à Saturne, d'où samedi.

 

On eut ainsi l'ordre des jours de la semaine… qui correspondent aux sept branches du chandelier juif, la Menorah dont la branche centrale représente toujours le soleil.

 

 Jerusalem_Golden_Menora_1_t.800.jpg

La Ménorah d’or face au mur des lamentations.

 

 

Ensuite, la bougie est utilisée à la fois pour s'éclairer la nuit et pour connaître l'heure, à l'aide de graduations. Elle fait le bonheur des insomniaques. Sans être précise sur de longues durées, elle est précise pour des durées plus courtes.

 

En Chine, on trouve de magnifiques horloges à combustion de bâtons d'encens. La lampe à huile joue le même rôle. Les graduations de temps sont peintes ou gravées sur le réservoir. 

 

De nos jours, cela est toujours utilisé pour certaines ventes aux enchères. En effet, à la mise à prix on allume une bougie qui va luire pendant les enchères et lorsqu'elle s'éteint, la vente s'arrête. Cela a donné le nom de « vente à la bougie ».

 

 

Lors de notre escapade au Québec cet été,

 

Marie nous a emmené visiter une grande brocante du coté de Granby, à l'Est de Montréal...

 

J'y ai trouvé un vieux jeu de meccano dont le carton était tout cabossé. Après l'avoir ouvert, je me suis aperçu qu'il contenait plein d'engrenages de toutes tailles, avec... génial, le plan d'une horloge. Je n'ai pu résister et l'ai acheté pour une trentaine de dollars (20 €!) et vient de la monter à mon retour... Miracle !

 

Comme le gosse que je suis redevenu quelques heures, j'ai assemblé tout ça pour obtenir une belle vraie horloge toute simple mais qui fonctionne et trône maintenant sur ma cheminée... Ca me trottait dans la tête depuis des lustres, mais Martine ne voulait absolument pas que je m'achête mon rève, une bonne vieille horloge franc-comtoise qui bat la seconde.

 

Mon horloge Québécoise tourne et je n'ai même pas eu à intervenir pour la régler... Elle a fonctionné à la perfection dès que j'ai branché des piles sur son petit moteur et là, c'est génial... elle indique la seconde exactement comme celle de mon téléphone mobile, mais, en plus, on voit tourner les engrenages et vraiment, on a ainsi une petite idée du temps qui passe.

 

Hélas, il passe trop vite à mon goût !

  

Mon horloge meccano.jpg

 Mon horloge meccano Québécoise

 

 

 

Tourbillon_gravity_effect.gif

Effet de la gravité sur le mécanisme d'échappement d'une horloge... (mais celui-ci est automatisé !)

On comprend aisément pourquoi il est très difficile de régler une horloge comtoise en fonction du lieu où elle est placée...

 



21/07/2015
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 35 autres membres