LA FRANC-MACONNERIE

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 Mozart a composé la « Flûte Enchantée » pour sa Loge... Cliquez sur la flèche verte !

 

Pour vous apporter une information loyale et aussi exhaustive qu’elle puisse l’être sur:

      • ce qu’est la Franc-maçonnerie initiatique traditionnelle et spirituelle (j'insiste sur ces trois qualificatifs - un seul est manquant et cela devient un « club-service », cela dit sans acrimonie aucune...),
      • ce qu’elle est,
      • et surtout ce qu'elle n'est pas (le complot dit « Judéo-Chrétien » a tellement été évoqué au XIXème siècle par des esprits chagrins et la hiérarchie de l'Église Romaine que des traces profondes subsistent encore de nos jours dans les esprits),
      • ce qu'elle peut vous apporter en général,
      • mais aussi ce que vous, vous en attendez,

j'ai préparé un petit texte qui va momentanément vous servir de base pour vous permettre de vous en faire une idée précise.

 

Si vous le souhaitez, à l’aide du texte qui suit, vous allez préparer toutes les questions qui ne vont pas manquer de vous venir spontanément à l’esprit au fur et à mesure de cette lecture.

 

Pensez à les noter en marge.

 

Je me tiendrai à votre disposition pour vous apporter tous les éclaircissements que vous pourriez désirer par messages courriel en un premier temps, mais surtout lors d’un entretien à votre initiative lorsque vous voudrez en savoir plus.

 

Ainsi, dès que vous serez prêt, reprenez contact avec moi et nous examinerons ensemble vos interrogations.

 

Surtout, ne vous laissez pas rebuter par certains passages qui risquent de vous faire penser que « ça, ce n’est pas pour moi » ou « c’est trop ceci, ou pas assez cela »… Je vous apporterai loyalement toutes les explications que vous souhaiterez avoir, sans tabou, sans aucune forme de prosélytisme (elle nous est interdite!), et en toute vérité.

 

Sachez aussi qu’il y a plusieurs chemins qui mènent au même endroit. Il existe toute une gamme de rites maçonniques qui sont adaptés à la sensibilité de chacun. Le texte qui suit a essayé de s’adapter à toutes ces sensibilités. Alors, n’hésitez surtout pas à m’appeler au téléphone ou m’envoyer un courriel pour me poser des questions spontanées même si vous les jugiez farfelues ou inconvenantes dont vous souhaiteriez avoir la réponse avant notre entrevue. Ayez à l’esprit que nous ne nous permettons jamais de juger un homme, mais seulement le comprendre et l’aider, et pour finir l'aimer fraternellement.  

 

Ensuite, vous laisserez agir votre libre-arbitre !

 

Alors,... On y va ?

 

 

AVERTISSEMENT

 

Dans le second chapitre de sa première Épître, l’apôtre Pierre condense l'essentiel du message initiatique de la Franc-maçonnerie traditionnelle. Il recommande en particulier aux catéchumènes de « désirer avec ardeur, comme des enfants nouveaux-nés, le lait pur de la Parole»,

 

Plus tard, - s'ils persévèrent - ils recevront « la nourriture solide » promise aux Corinthiens, comme à tous les fervents de « l’Art Royal ».

 

C'est dans cette double perspective que nous recommandons, à ceux qui désirent comprendre la franc-maçonnerie ou se joindre à nous un jour, la lecture et la méditation de ce qui suit.

 

Ce texte a été rédigé dans un esprit fraternel, par des hommes de bonne volonté, qualifiés pour « conduire les aveugles vers la Lumière ».

 

Les profanes y apprendront ce que nous sommes, mais, surtout ils en déduiront ce que nous ne sommes pas. Il y a tant d’idées reçues stupides qui circulent sur notre merveilleuse fraternité !

 

« Ceci est donc un écrit de bonne foi, lecteur » pour dire comme Montaigne.

 

Si vous ne vous y reconnaissiez pas totalement, ce n’est pas grave, nous vous apporterons les explications qui vous manquent et les apaisements qui pourront vous rassurer; si vous ne vous y reconnaissiez pas du tout, alors, oubliez-ça, cela n'aura aucun intérêt pour vous… mais compte tenu de la qualité de la personne qui vous a approché, voire qui prend la lourde responsabilité de vous parrainer, cela m'étonnerait !

 

Alors, reprenez contact avec moi, et nous aurons peut-être le plaisir de vous guider sur cette voie initiatique, le moment venu.

 

Nota Bene : La Franc-maçonnerie que nous décrivons ci-dessous s’adresse à un public masculin, mais elle pourrait tout aussi bien s’adresser à un public féminin. Les Grandes Loges féminines ont exactement les mêmes buts que les Grandes Loges masculines. Je vous vois venir Mesdames, il ne s'agit pas du tout d'un machisme mal placé mais tout simplement de bon sens, et nous pouvons en parler si vous le souhaitez!

 

Par contre, à l’heure actuelle, la mixité n’est pas recommandée. Elle pourra peut-être être envisagée un jour, mais en l’état actuel de la société occidentale, elle n’est pas applicable… Nous devons encore « polir notre pierre avant d’y parvenir ». Cela dit, pour les inconditionnels de la parité, il existe des Grandes Loges Mixtes...

 

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AVANT-PROPOS

 

Rien n'est plus confus que l'histoire de l'institution franc-maçonnique. On y a consacré des milliers d’ouvrages... qui n'ont fait, bien souvent, qu'embrouiller des problèmes déjà particulièrement obscurs.

 

Trop fréquemment l'esprit de polémique a remplacé l'impartialité qu'on est en droit d’attendre de l'historien véritable.

 

Nous n'avons pas la prétention de résoudre, en quelques pages, tant d'énigmes, ni de mettre d’accord des tenants acharnés de thèses opposées.

 

Nous disons simplement : « Voilà ce que nous estimons vraisemblable. On peut mettre en doute notre compétence mais non pas notre bonne foi ».

 

Puisse ce court essai vous donner le goût de débrouiller un « rayon d'histoire » passionnant et peu connu encore.

 

Et répétons avec Augustin : « Nec pigebit me sicubi haesito, querere, nec pudebit sicubi erro, discere » (Je n’hésiterai pas, là où j'ignore, de chercher. Je n'aurai pas honte, là ou j'erre, d'apprendre).

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LES 6 POINTS QUE VOUS ALLEZ TROUVER DANS CE QUI SUIT :

 

A - Introduction sommaire à l’histoire de la Franc-maçonnerie

 

B - Qu’est ce que l’initiation ?

 

C - Pour comprendre le Rite

 

D - La Règle

 

E - Lettre ouverte aux profanes

 

F - Le Code Maçonnique

 



 

 

 

A - INTRODUCTION SOMMAIRE A L'HISTOIRE DE LA FRANC-MAÇONNERIE

 

Quatre mille ans avant le Christ les pharaons avaient déjà hiérarchisé leur société et chacun y avait sa place… Des grands prêtres aux scribes, des constructeurs aux marchands, les romans de nos Frères Christian JACQUES ou Henri VINCENNOT, l’illustrent abondamment (à votre demande, je pourrais vous confier quelques-uns de ces récits qui se lisent facilement en une soirée !).

 

Mais reportons-nous plus simplement au moyen-âge, beaucoup plus proche de nous.

 

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Alors, la société humaine est fortement hiérarchisée, les métiers sont soumis à des juridictions précises, qui se nomment corporations, jurandes, guildes, etc.

 

Pourquoi ? - Sans nul doute pour défendre les intérêts matériels des travailleurs, pour être les précurseurs de nos actuels syndicats, quoiqu'ils se soient quelque peu écarté de leur vocation première de nos jours en France ; aussi, pour surveiller la qualité du travail exécuté; mais surtout, parce que nos aïeux avaient une conception différente de la nôtre de « l'obligation au travail ».

 

Actuellement, pourquoi travaillons-nous? - Pour « gagner notre vie et faire vivre notre famille; parfois même pour nous enrichir ».

 

Le compagnon ou le maître d'une corporation médiévale savait que son labeur avait un caractère sacré. Pour lui, la cité humaine était une approximation de la Cité Divine. En travaillant avec amour et conscience, il savait qu'il contribuait à « diviniser » la société terrestre. Il pouvait dire alors « L'Homme est la prière de la Terre » et ajouter « Le Travail en est sa liturgie ».

 

Autrement dit, le Travail, quand il est soumis à une certaine discipline et quand il est exécuté selon un certain état d'esprit, a un caractère sacré. Il donne un sens mystique à ce qui n'est pour nos contemporains que nécessité implacable, « struggle for life » disent les anglo-saxons.

 

 

LES BÂTISSEURS.

 

Parmi les corporations, attachons-nous à celle des constructeurs qu'on nommait des « Maçons »

 

Les maçons du moyen-âge n'étaient pas seulement des manuels, mais des maîtres d’œuvre et des architectes. Ils se divisaient d'ailleurs en maçons ordinaires, et en maçons instruits ou « francs-maçons »: les Anglais disaient « rough-masons » ou « free-masons »; corporations puissantes, répandues sur toute la surface de la Chrétienté (et au-delà probablement) et à qui nous devons les immortels chefs-d’œuvre des arts roman et ogival.

 

Ces constructeurs passaient d'un royaume à l'autre. Les souverains et les pontifes leur accordaient des privilèges particuliers. Ils étaient justement fiers de leurs prérogatives qui les plaçaient parmi l'élite des travailleurs.

 

Pour ne pas se laisser contaminer par les maçons sans instruction, pour rester dignes de leur art sublime, ils dressaient autour de leur corporation des barrières de « secrets ».

 

Les Maîtres, peu nombreux et de haute science, n'admettaient dans leurs assemblées – Ateliers ou Loges - que peu d'apprentis. Ils les soumettaient à une discipline stricte, veillant paternellement, - donc fermement - sur leur instruction technique et sur leur valeur morale, car ils savaient, d'expérience, qu'on ne réussit un bel ouvrage que si l'on garde un cœur pur. Et les apprentis ne devenaient compagnons qu'après une série d'épreuves qui permettaient de les juger vraiment. 

 

Il fallait donc beaucoup de temps et d'efforts persévérants pour devenir franc-maçon; tout comme aujourd'hui il faut pratiquement sept ans à un « compagnon du devoir » qui a fait son Tour de France pour être reçu « compagnon fini » à l'issue de la présentation de son chef d'oeuvre et d'une cérémonie rituelle. Aussi, les frères écartaient-ils de leurs loges les intrus en se reconnaissant entre eux par des signes, des attitudes, des mots particuliers, précautions d'autant plus utiles que - nous l'avons dit - ils voyageaient beaucoup.

 

Ces mots, signes, attitudes, constituaient des « secrets maçonniques » mais il existait d'autres secrets. D'abord, ceux relatifs à la technique. Seuls, les maçons francs (free-masons) savaient se servir d'outils particuliers - alors fort peu répandus comme l'Équerre, la Règle, le Niveau ou Perpendiculaire, et le Compas, etc…

 

Eux seuls savaient tracer un plan et dégrossir une pierre brute pour l'inclure ensuite dans un mur ou une voûte. Il n'y avait pas de livre alors, l'enseignement technique était oral : oral… et secret.

 

Mais il était une autre catégorie de secrets maçonniques, bien plus importants, précisément parce qu'ils se référaient au caractère sacré du travail.

 

Ceci demande quelques précisions.

 

LE TEMPLE.

 

Que construisaient les francs-maçons ? Des églises, des abbayes, des temples pour la Divinité.

 

Or, dans toutes les civilisations, les édifices sacrés sont conformes à un certain canon architectural. Ils doivent être orientés d'une façon précise. Il doit y avoir juste proportion entre leurs éléments constitutifs; on doit y retrouver l'empreinte de certains nombres, comme le 3, 5, 7, 12,… etc (cf. après coup, se reporter à mon article sur NOMBRE D'OR ET HARMONIE)

 

Les francs-maçons connaissaient (et étaient seuls à connaître) ce canon. Ils appliquaient à leurs oeuvres des formules précises, venues jusqu'à eux du plus lointain des siècles, et dont un élément « visible » s'exprime par le Nombre d'Or, ou « Divine Proportion ».

 

Je ne puis ici m'appesantir sur cette donnée qui est pourtant essentielle à qui veut pratiquer notre Art, d'ailleurs nommé « Art Royal ». Mais je livre deux citations à vos méditations. Elles ont été écrites par deux grands initiés.

 

Bernard de CLAIRVAUX, le législateur de l'Ordre du Temple, a écrit : « Qu'est-ce que Dieu ? Il est tout à la fois, longueur, largeur, hauteur et profondeur. Ces quatre attributs divins sont l'objet de contemplations ».

 

Et Louis-Claude de Saint-Martin, un Philosophe peu connu, nous apprend : « La science des nombres est l'unique science qui nous rende visible la dépendance du monde corporel à l'égard de l’Intelligence Suprême ».

 

Les maîtres-maçons savaient que le Temple parfait est celui qui fut édifié par le roi SALOMON, puis reconstruit par ZOROBABEL sur la montagne de Sion. Ils méditaient les descriptions qu'en donne la Bible et gardaient la nostalgie de le reconstruire en Terre Sainte (cf. Il Sam.  VII - 1 Chr.  XVIII = I Rois VI - Il Chr.  III, IV - I Rois, VIII, IX - Il Chr. VI.  VII - Esdras III à VIII.)

 

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Mais la vraie montagne de Sion, la vraie Terre Sainte, n'est-ce pas le cœur de l'homme ? En tous cas c’est bien ainsi que nous le présente l’apôtre Paul, et que l'entend la franc-maçonnerie !

 

 

LA RENAISSANCE.

 

Survient la Renaissance. On s'attache moins à construire les temples de Dieu que les palais des rois. Les églises n'obéissent plus au canon hiératique. On les veut belles, sans exiger que leurs plans soient sacrés. L'inspiration individuelle supplante la tradition ancestrale.

 

De surcroît, le livre apparaît, dévoilant les secrets et les techniques.

 

Comment les francs-maçons vont-ils résister à de tels bouleversements culturels ?

 

La Renaissance leur fait perdre leur véritable raison d'être. Remarquons d'ailleurs que leur décadence a été lente en Angleterre et en Ecosse où le style ogival restât plus longtemps en honneur que sur le continent.

 

 

 

UN NOUVEAU COURANT.

 

Pourtant la corporation des francs-maçons survit. Non seulement elle survit, mais elle prend une extension nouvelle. Pourquoi ?

 

Il faut savoir que, dès le moyen-âge, de hauts personnages avaient tenu à honneur d'être admis dans les Loges.  Des aristocrates, des prélats, des chevaliers avaient été initiés aux secrets de l'Art. Ils y trouvaient des satisfactions spirituelles... et des avantages matériels, pouvant ainsi voyager avec quelque chose d'équivalent à un « passeport diplomatique ». Surtout, comme les Loges étaient bien closes et que les « Frères » avaient confiance les uns aux autres, on pouvait y discuter, impunément, certains problèmes qui n'avaient pas à venir aux oreilles des Inquisiteurs...

 

C'est ainsi que les maîtres prirent des contacts, puis devinrent les amis de chercheurs indépendants et prudents qui se donnaient pour mission de sublimer l'Homme et la Société.

 

Comme ceux-ci avaient tout à redouter des pouvoirs constitués, ils cachaient leurs méthodes de recherche et leurs découvertes sous la fiction de la transmutation du Plomb en Or… Ces alchimistes savaient, bien sûr, que cela était impossible, mais ils savaient aussi que le Plomb c'est l'homme inculte, vulgaire, soumis à ses instincts, tandis que l'Or c'est l'Homme Esprit. A aucun moment ils n'ont pensé pouvoir changer du plomb en or !

 

D'autres chercheurs cachaient des vérités analogues sous un autre symbolisme : celui de la Rose et de la Croix ou celui des livres d'Hermès.

 

Maçons, alchimistes, hermétistes, rose-croix s'aperçurent qu'ils usaient (pour employer une expression actuelle) de la même dialectique. Mieux encore, ils crurent, à raison, que les règles d'or de l'architecture sacrée étaient analogues à celles qui devaient être appliquées à l'Homme, temple vivant, et à la Société, temple ou chaque homme est comparable à une pierre. Il y a parallélisme entre ces trois plans : architectural, humain et social.

 

 

 

MAÇONS OPÉRATIFS ET SPÉCULATIFS.

 

On appelait maçons « opératifs » ceux qui étaient gens de métier, qui travaillaient avec leurs mains; « spéculatifs » ceux qui n'étudiaient l'Art qu'en mode abstrait, c'est à dire qui travaillaient avec leur esprit. Bientôt, les « spéculatifs » furent plus nombreux que les « opératifs ». Plus nombreux et plus agissants. Alors la technique fut abandonnée dans les Loges au profit de la morale et de la spiritualité. Les outils prirent un caractère symbolique. Les épreuves, de professionnelles devinrent initiatiques.

 

Surtout quand un Rose-Croix anglais, nommé Elias ASHMOLE fut admis parmi les Frères.

 

 

24 JUIN 1717. (Selon l'ère Julienne, les Anglais n'ayant adopté l'ère Grégorienne qu'en 1752)

 

Il n'empêche que le corps maçonnique souffrait d'un mal profond. Il manquait d'organisation.

 

Chaque Loge était indépendante. Le danger était d'autant plus grave que l'intellectuel, qui est toujours un crypto-anarchiste, y faisait la loi. Comment avoir une action profonde sur le monde profane sans une organisation centrale ?

 

Pour remédier à cette carence, des maçons zélés et instruits réunirent à Londres en 1717, à la fête solsticiale de la Saint-Jean d'Été, quatre loges sous une autorité unique. Ainsi fut créée la Grande Loge de Londres (puis d’Angleterre) qui est considérée depuis comme Mère-Loge par tous les francs-maçons réguliers répandus sur la surface de la Terre. Les maçons publièrent les Constitutions d’Anderson qui établissaient les bases de la Franc-maçonnerie universelle. Ils codifièrent les land-marks ou tests de la « régularité maçonnique ».

 

 

LA FRANC-MAÇONNERIE EN FRANCE

 

Nous sommes maintenant en France sous la Régence. Depuis la mort de Louis XIV, tout ce qui vient d’Angleterre est accueilli chez nous avec faveur.

 

Ne soyons donc pas surpris que les chroniqueurs signalent alors l'établissement à Paris des premières Loges de « frimaçons ». C'est ainsi que nous lisons dans les mémoires du duc de Luynes en mars 1737 : « Il est souvent question, parmi la jeunesse, de l'ordre des frimaçons, autrement dit, francs-maçons. Plusieurs jeunes gens de ce pays-ci et de nom se sont fait recevoir depuis peu dans cet Ordre. On prétend qu'il est établi depuis six cents ans par des titres bien authentiques, que plusieurs personnages s’y sont fait recevoir... ».

 

Au reste, l'Ordre avait au moins une Loge à Paris avant 1737: fondée par la duchesse de Portsmouth et son petit-fils le duc de Richmond et qui avait initié Montesquieu l'auteur de l’Esprit des Lois. On a aussi la preuve que le 3 avril 1733 il se tint à Paris, une Assemblée de « frimaçons » en l’auberge du Louis d’argent, rue des Boucheries-Saint-Germain.

 

Nombre d'historiens maçonniques, dont nous sommes, estiment que l'introduction de la franc-maçonnerie en France remonte à Louis XIV, donc est antérieure à la création de la Grande Loge de Londres. Nous considérons comme établi que l'entourage écossais et irlandais du roi Jacques II Stuart créa une Loge à Saint-Germain-en-Laye vers 1688. Il y aurait eu aussi deux Loges militaires dans les régiments irlandais de Dillon et de Walsh. La première Loge de Saint-Jean fut créée à Avignon en 1737 par le précepteur de Louis XV, le marquis Charles de CALVIERE !

 

On se serait trouvé, de ce fait, en présence de deux courants maçonniques, d'abord opposés, puis ensuite réunis, au moins en apparence; le premier stuardiste, donc catholique et chevaleresque ; l'autre hanovrien, donc protestant et bourgeois.

 

Mais si cette hypothèse est séduisante, elle n'est pas certitude.

 

 

DES DÉBUTS DIFFICILES.

 

Ce qui est bien certain, c'est que dès le début de son implantation en France, l'Ordre maçonnique fut persécuté. D'abord, le 28 avril 1738, le Pape Clément XIII adressa au clergé français la bulle « In eminenti apostolatus specula » qui condamnait la franc-maçonnerie comme permettant à catholiques et non catholiques de se réunir. Mais comme cette bulle ne fut jamais enregistrée par le Parlement de Paris, elle fut sans portée pratique.

 

Le gouvernement royal s'inquiète aussi de ce « club ». Il redoute une résurgence du « Club de l'Entresol », interdit en 1730. Le 4 septembre 1736 une sentence de police fait « défense à toutes personnes... de s'assembler ni ne former aucune association sous quelque prétexte que ce soit et notamment sous celle des free-masons... ».

 

D'où quelques dénonciations, perquisitions et amendes. Rien de grave d'ailleurs. Et le Français, né fraudeur, n'en porte que plus d'intérêt à cette association mystérieuse.

 

L'an 1738 est marqué par deux événements essentiels dans l'histoire de l'Ordre :

  • Un Écossais de qualité, ancien disciple de Fénelon, Michel de RAMSAY, publie un « Discours » qui reste la charte, de la franc-maçonnerie dite « Écossaise ».
  • Les loges françaises se séparent à l'amiable de la Grande-Maîtrise anglaise. Tout en reconnaissant l'autorité spirituelle de la mother-lodge, les frères français élisent un Grand-Maître national et créent ainsi une Grande Loge Française.

 

LES PREMIERS GRANDS MAÎTRES.

 

Les maçons eurent l'habileté de placer à leur tête un prince de haut lignage, Louis de Pardaillan, duc d'Antin, descendant de Mme de Montespan, petit-neveu du duc du Maine.

 

Comment s'en prendre à une association dirigée par un tel personnage ? La police ferme les yeux, les perquisitions cessent. Beaucoup de grands personnages se font initier.

 

Mais ce premier Grand Maître meurt en 1743. Il est remplacé par un autre seigneur, le comte de CLERMONT, qui vivra jusqu'en 1771. Sous sa grande maîtrise, l'Ordre subit une crise très grave.

 

D'abord, et sous l'influence de RAMSAY, la Franc-maçonnerie se reconnaît des origines non seulement corporatives, mais chevaleresques. D'où la création, en plus des trois degrés initiaux (apprenti, compagnon, et maître) de grades chevaleresques. Certains les admettent, d'autres les repoussent, ce qui cause de fréquents conflits dans les Loges.

 

L'indolent comte de CLERMONT délègue malheureusement ses pouvoirs à des substituts qui n'ont pas l'autorité morale suffisante pour se faire unanimement respecter. Il y eut de telles disputes au sein des ateliers (synonyme de Loge) que la Grande-Loge fut dissoute en 1766.

 

 

LE DUC DE CHARTRES.

 

On aurait pu croire que cela en était fait de la Maçonnerie en France. Mais des Frères continuèrent de se réunir en secret. En 1769 fut fondée la Loge des Neuf-Soeurs qui groupa dans son sein les « intellectuels » de l'époque, de VOLTAIRE à La FAYETTE, de FRANKLIN à HELVÉTIUS. Ce fut une sorte d'Académie non officielle qui orienta l'opinion publique.

 

Dans le même temps, une certaine unité se manifeste parmi les hauts-grades, et surtout, un troisième grand-maître prend la tête de l'Ordre : Louis-Philippe d'Orléans, duc de Chartres.

 

Le futur Philippe-Egalité nomma une commission maçonnique afin de « mettre de l'ordre »... dans l'Ordre !

 

Le principal rapporteur en fut le docteur GUILLOTIN, de triste mémoire, puisque il fût aussi l’inventeur de l’engin de mort qui porte son nom. C'est ainsi que naquit, en juin 1773, le Grand Orient de France.

 

Mais son autorité n'est pas reconnue de tous. Les maçons Écossais, pour la plupart, restent fidèles à une Grande Loge. D'où une scission dans la Maçonnerie française qui donnera lieu, pendant longtemps, à une rivalité prenant parfois un caractère bien peu fraternel.

 

Le duc de Chartres tente d'y mettre fin en réunissant sur sa personne les deux grandes-maîtrises.

 

Mais les tentatives de fusion restent vaines. Grand Orient et Grande Loge ne sont pas animés du même esprit. Le premier est surtout rationaliste. La seconde est imprégnée de ce qu'on nomme maintenant l'« occultisme » dont les diverses tendances s'expriment dans les hauts-grades. 

 

Comme écrit justement Marius LEPAGE « Les hauts grades ne sont pas le développement des trois premiers degrés. Ils sont comme le Panthéon des initiations mortes après avoir rempli leur tâche ». notre avis, le mot « mortes » est de trop.  Ces initiations sont bien « vivantes » à l'heure actuelle).

 

 

LA RÉVOLUTION.

 

Voilà la Révolution ! La maçonnerie est suspectée par la Convention. Son grand-maître est guillotiné. Des centaines de frères, parmi les plus influents, partagent son sort. Les Loges se mettent en sommeil jusqu'en 1796.

 

Le 7 juin 1796, Rœttiers de MONTALEAU, élu Grand Vénérable, redonne force et vigueur à l'Ordre.

 

Homme admirable, MONTALEAU ressuscite enfin la maçonnerie française. Il scelle l'unité maçonnique... pour peu de temps. Il ranime les volontés défaillantes, il rend à l'Ordre son prestige.

 

 

« A L'ORDRE »... et « GARDE A VOUS » !

 

Déjà Napoléon perce sous Bonaparte. Premier Consul ou Empereur, Napoléon entend faire de l'Ordre une sorte d'institution d'État. Il impose pour Grand-Maître son frère Joseph. Il n'empêche qu'en 1806, le fragile accord entre Grand Orient et Grande Loge est dénoncé. La rupture devient définitive en 1814. Presque tous les dignitaires de l'Empire ont été initiés.

 

La Restauration n'inquiète pas la Maçonnerie : elle l'asservit. Il est de bon ton, parmi les hauts fonctionnaires et les généraux, d'être maçons.

 

C'est alors que l'opposition, qu'elle soit bonapartiste, libérale ou anticléricale, se sépare des obédiences officielles et se groupe dans la Charbonnerie (dont le Grand-Maître est  La FAYETTE lui-même) où les obédiences dites « égyptiennes ». Bien entendu cela entraîne des persécutions policières contre ces dissidents.

 

Le neveu suit la même politique autoritaire que l'oncle. Napoléon III, dès 1852, impose au Grand-Orient le Prince MURAT pour Grand-Maître. Il le remplace en 1862 par le maréchal MAGNAN qui n'est même pas franc-maçon ! Celui-ci exige que la Grande Loge fusionne avec le Grand Orient.

 

VIENNET, Grand-maître de la Grande Loge, s'y oppose courageusement, et l'empereur n'insiste pas ...

 

 

L'ORDRE MORAL.

 

Au début de la IIIème République, les tenants de l'Ordre Moral persécutent la franc-maçonnerie qui est l'objet d'attaques d'une violence inouïe.

 

On accuse les Loges des pires crimes. L'antimaçonnique devient un commerce prospère. Devant ces calomnies, la tendance rationaliste du Grand Orient devient anticléricalisme et athéisme militant. Ce qu’il demeurera et est encore aujourd’hui à tel point qu’il n’aura plus comme terreau que les faits sociétaux et donc la politique (ceci est un peu à l'origine de cette idée du complot Judéo-chrétien que va propager insidieusement le clergé catholique Romain qui voyait là une concurrence qui lui faisait perdre des paroissiens, mais surtout perdre le pouvoir spirituel dont ils ne sont pas les seuls dépositaires...)

 

Si bien qu'en 1877 un Convent vote deux résolutions extrêmement graves : les travaux ne seront plus obligatoirement dédiés au « Grand Architecte de l'Univers » qui est DIEU; la Bible ne figurera plus obligatoirement dans les Loges.

 

Or, reconnaissance de régularité explicite d'une Puissance Suprême et présence de la Bible (Volume de la Loi Sacrée) dans les ateliers sont deux « landmarks  » impératifs. Cette décision coupe le Grand Orient de toutes relations avec la plupart des francs-maçons du globe (encore de nos jours, bien entendu!).

 

Elle isole la France du courant spiritualiste maçonnique.

 

Se refusant de rompre avec ses frères du Grand Orient, la Grande Loge de France se met ainsi hors de la régularité maçonnique.

 

Pourtant nombre de ses Loges ont conservé la Bible, et leurs documents officiels portent la mention du « Grand Architecte ».

 

 

LA RÉGULARITÉ.

 

En 1913, des francs-maçons français désireux de se conformer aux landmarks d'origine, fondèrent la « Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière » (G.L.N.I. et R.) qui fut bientôt reconnue par la G.L.U.E. (Grande Loge Unie d'Angleterre).  Le premier grand maître en fut Edouard de RIBAUCOURT. 

 

En 1948, la "G.L.N.I. et R." modifia son vocable en celui de « Grande Loge Nationale Française » ou G.L.N.F. dont le siège était situé au 65, boulevard Bineau, à Neuilly - Hauts-de-Seine jusqu’en 2006 (ce qui l’avait fait désigner par le vocable « Bineau » quand on voulait la différencier du Grand Orient) et dont le siège, aujourd’hui, est au 12, rue Christine de Pisan à Paris 17ème.

 

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, elle fédère un peu moins de cent Loges ou Chapitres, mais son importance morale et numérique n’avait cessé de croître…

 

En ce début du 3ème millénaire, plus de 1.600 loges regroupaient en France 38.000 maçons réguliers. Au début de 2010 elle comptait plus de 43500 Frères regroupés dans 1.800 Loges.

 

Depuis une grave crise survenue à l’automne 2010, elle n’a plus été reconnue comme régulière par la plupart des puissances maçonniques régulières répandues à la surface de la Terre pendant près de deux ans, car certaines dérives profanes de ses dirigeants ne pouvaient plus être tolérées. Si elle incarnait, en France la franc-maçonnerie authentique: apolitique, spiritualiste et universaliste qu’on avait l’habitude de désigner par « Obédience régulière » elle ne l’a plus été.

 

Mais compte tenu des efforts faits par les nouveaux dirigeants, la Grande Loge Unie d’Angleterre, la « Mère-Loge » vient timidement de lui rendre sa reconnaissance de régularité. Mais cette période a fait fuir la plupart des francs-maçons sincères et épris de vérité qui ont soit démissionné purement et simplement en attendant des jours meilleurs, soit ont rejoint d'autres Grandes Loges des Obédiences Françaises ou même étrangères pour recouvrer leur reconnaissance de régularité.

 

Depuis la perte de la régularité de la « G.L.N.F. » qui a vu ses effectifs retomber de 43.500 à moins de 16.000 Frères, une autre et nouvelle obédience créée de toutes pièces à la suite de cette crise a rendu à la maçonnerie régulière ses lettres de noblesse en 2012, à savoir le retour à la démocratie et à la liberté par la création d’une Fédération de Loges indépendantes et souveraines regroupées par rite dans un corpus maçonnique du nom de « Grande Loge d’Alliance Maçonnique Française » qui comprenait déjà en décembre 2012 plus de 13.000 Frères et près de 700 Loges.

 

Respectant à la lettre tous les « landmarks » de la régularité, la Grande Loge d’Alliance Maçonnique Française devrait pouvoir être un jour reconnue comme régulière par toutes les Grandes Loges Internationales, bien que les Landmarks d'origine Anglaise prescrivent qu’une seule Grande Loge peut être reconnue comme régulière par pays.

 

Il se trouve des exceptions, et dans certains pays Européens coexistent plusieurs Grandes Loges Régulières ; nous sommes persuadés pouvoir enfoncer cette barrière, d’autant que la « GL-AMF » vient de s’allier à la 2ème obédience de France, la « Grande Loge de France » pour former la « C.M.F. », la « Confédération Maçonnique de France » qui est reconnue comme Régulière par les Grandes Loges Régulières Européennes et représente un Corpus Maçonnique de près de 50.000 Maçons.

 

depuis 2015 deux autres obédiences ont rejoint la « C.M.F. », à savoir la « GLTSO », dite « Grande Loge OPERA », elle-même le résultat d'une scission de la G.L.N.F. datant de 1965 et la G.L.I.F., la Grande Loge Indépendante Française, qui portent le corpus de la « C.M.F. » à plus de 60.000 Frères. 

 

Manque la reconnaissance de la « GLUE » (Angleterre), mais par notre rectitude, notre fidélité aux landmarks et par l'exemple que nous nous efforçons toujours de témoigner, nous saurons bien la convaincre ! Et même si nous n'y arrivions pas rapidement, car, en maintenant ce statu-quo ce serait bien là un triste exemple de l'universalité de notre Ordre... Nous comptons bien là-dessus pour pousser à la réflexion et faire revoir leur position à nos Frères Anglais !

 

 



 

 

B - QU'EST-CE QUE L'INITIATION ?

 

Pour répondre à cette interrogation, posons-nous plutôt la question : qu'est ce qu'un « symbole ? », mais précisons d'abord ce qu'est  « l’initiation ».

 

Partons de l'étymologie: « initiation » vient d'une racine latine « initium », qui signifie « commencement » (ainsi l'initiale est la première lettre d'un mot).

 

On va donc vous conduire l'impétrant au commencement.  Au commencement de quoi ?

 

D'abord au commencement d'une vie nouvelle, plus riche de solidarité et de morale. Sur ces points essentiels, les instructions de nos rituels apportent toutes les précisions nécessaires.

 

C'est d'un autre commencement que nous voulons vous entretenir ici. Si vous avez un jour l'honneur et la joie d'être parmi nous, vous allez acquérir une nouvelle façon de penser, car la Maçonnerie est non seulement une école de morale mais aussi un élargissement des moyens intellectuels, selon une optique nouvelle et féconde, à travers laquelle vous jugerez désormais tous les problèmes, les vôtres d'abord, les problèmes humains ensuite, et surtout la vie, votre vie  spirituelle.

 

Habituellement, dans le monde profane, on tâche d'appliquer les règles énoncées par DESCARTES dans son « Discours de la méthode ». On divise chaque difficulté en autant d'éléments qui sont nécessaires pour résoudre chacun d'eux isolément et facilement. « On analyse ».

 

En maçonnerie, on dispose d’une méthode sur-rationnelle, synthétique, de se poser et devant l'Objet et devant le Sujet.

 

Ce moyen c'est le  « symbole ? ».

 

Le  « symbole ? » est l'essence même, la raison d'être de la Franc-maçonnerie.

 

Qu'est-ce qu'un  « symbole ? » ?

 

Nous avons recueilli des dizaines de définitions de ce terme.  Mais c'est le Zohar qui, en peu de mots, nous donne le plus à penser quand il dit : « Ce qui est visible est le reflet de ce qui est invisible ». Ceci dit, dia-bolon (le diable !) est ce qui sépare, sym-bolon (le symbole) ce qui rapproche.

 

Si nous nous exprimons par symboles, ce n'est pas pour cacher certaines choses, ce n'est pas pour avoir des secrets bien à nous; c'est tout simplement, parce qu'il n'y a pas moyen de faire autrement.

 

Pourquoi n'y a-t-il pas moyen de faire autrement ? Parce que le langage profane est limité. Les mots ne peuvent exprimer que certaines vérités, et la vérité maçonnique est au-delà des mots, des pauvres mots dont nous nous servons si souvent qu'ils sont usés comme de vieux sous.

 

Nous en arrivons à un point essentiel.  Si vous le comprenez vraiment vous serez un vrai initié, autrement dit, la route qui s'ouvrira devant vous sera illimitée, et vous conduira aussi près de la Vérité que notre humanité actuelle le permet.

 

Le but des symboles n'est pas de cacher. Leur but est de sélectionner ceux qui sont dignes de ces secrets, c'est-à-dire  qui n'en abuseront pas pour des motifs égoïstes. Il n'y a jamais eu, dans aucune tradition, volonté de cacher quoi que ce soit de la Sagesse.

 

L'énigme, comme écrit René SCHWALLER, n'est pas en la chose, mais résulte de notre intelligence, de notre pureté morale.

 

Le Symbole est infini. Mais nous n'en prenons que ce qui est à notre portée. A mesure que notre capacité mentale croit, le Symbole nous enrichit de plus en plus.

 

Un symbole doit s'intégrer et non pas se comprendre rationnellement. Il ne doit pas seulement donner matière à réflexion, mais faire partie de nous-même. Il doit être dans notre cœur, plus encore qu'en notre cerveau.

 

On peut lire des quantités de livres, colliger des fiches, rassembler une documentation considérable sur les symboles et ne pas pour autant en être imprégné. De même qu'on peut apprendre le solfège sans devenir pour cela un artiste musicien.

 

Cette intégration sur-rationnelle du symbole, c'est l'initiation véritable.

 

Mais cette intégration, comment l'obtenir ?

 

Grave problème : il y a certainement là une grâce particulière. Ne nous leurrons pas, les vrais initiés sont rares. Mais même si l'on ne fait que de faibles progrès dans l'Art, ces progrès ont des conséquences heureuses pour toute l'existence. Un ou deux ou trois pas dans la Voie Royale suffisent à modifier magnifiquement une vie humaine. En ce domaine sacré, aucun effort, jamais, n'est inutile.

 

Nous allons d'ailleurs vous confier un moyen, un « truc » pour mettre toutes les chances de votre côté.

 

Soyez assidu aux travaux maçonniques ! Dans un atelier se crée une certaine ambiance spirituelle qui imprègne les participants, surtout quand les rites sont exécutés avec recueillement, nous appelons cela l’égrégore.

 

A la longue, cette ambiance, cette « aura » illumine chacun de nous, le rend perméable aux sublimes vérités, en fait, lentement mais sûrement, un vrai Maçon.

 

C'est la grâce que nous devons tous nous souhaiter. Puissions-nous par notre assiduité, par notre mutuelle affection, par notre simplicité de cœur, la mériter. Et nous nous  permettrons, pour conclure, de paraphraser un verset de la Première Epître aux Corinthiens.

 

« Car, de même que le corps est un, tout en ayant plusieurs membres, et que tous les membres du corps, en dépit de leur multiplicité, ne forment qu'un seul corps, ainsi en est-il de la Loge » (1ère Épître de Paul aux Corinthiens sur « les Dons spirituels » XII-12). Je n'ai modifié qu'un mot, un seul. A vous de le trouver... et de comprendre que, symboliquement, je n'ai rien changé au sens profond de ce verset...

 

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Gravure d'un apprenti du XVIIIème siècle

 

Pour se résumer quant à l'Initiation, disons que « la réalisation initiatique » n’est autre que l’éveil progressif des potentialités humaines par une voie de purification.

 

C’est cet éveil qui doit permettre de recevoir un jour la véritable lumière et d’avoir alors accès à l’essentiel, puis, plus tard peut-être, en déchirant le voile de nous unir à cet essentiel de ne faire qu’un avec lui.

 

C’est dans ce vécu là que réside le véritable secret maçonnique. Il est indicible car il ne peut se formuler ; il doit se vivre. Il est indicible car, si sa finalité est la même pour tous les frères, chacun le reçoit et le perçoit selon ce qu’il est lui-même en l’instant.

 

Les formes extérieures, et principalement la voie symbolique, sont des outils mis à notre disposition et le rituel est là à seule fin de nous apprendre à les utiliser. Il contient toutes les clés nécessaires, mais elles ne nous deviendront apparentes que si nous nous ouvrons à lui et le laissez agir en nous.

 

Retenons que la voie que nous avons librement choisie est une voie triple dont les sentiers s’imbriquent étroitement :

Une voie de purgation.

Une voie illuminative.

Une voie unitive.

 



  

  

C - POUR COMPRENDRE LE RITE

 

Les rites traditionnels, sous toutes les latitudes, de toutes les traditions, ont des « constantes » que nous allons essayer de démêler et d'analyser.

 

Et d'abord le nombre.

 

 

LE NOMBRE.

 

Tout rite est régi par les nombres. On peut même dire que le rite est un nombre mimé.

 

En son sens traditionnel, le nombre ne sert pas à mesurer le réel, mais à en manifester la structure. C'est le nombre pythagoricien sur lequel l'Univers tout entier repose, celui qui engendre la musique des sphères.

 

Louis-Claude de SAINT-MARTIN dit : « Le nombre est l'enveloppe invisible des êtres, comme le corps en est l'enveloppe visible ». Et le conseiller d'ECKARTHAUSEN a écrit : « Qui sait calculer avec les nombres de la Nature, celui-là trouve les rapports éternels des choses, la progression de l'Unité, les lois de la nature, les rapports du corporel et du spirituel, des forces des effets et des causes. Il définit l'espace et la durée des choses et calcule le passé et l'avenir ».

 

Il ne s'agit certes point d'approfondir ici les rapports des nombres et des rites il y faudrait des volumes. Mais de citer quelques exemples caractéristiques. Chose curieuse, les nombres impairs tiennent une place plus grande dans les rites que les pairs. Coïncidence? Nous ne le croyons pas.

 

C'est le docteur ALLENDY qui va nous éclairer. Dans son traité d'Arithmosophie, il écrit : « Le nombre pair signifie un principe d'équilibre, une correspondance statique entre deux termes analogues. Les impairs, en revanche, expriment un dynamisme transitoire, un mouvement, une révolution ».

 

Dans le même esprit, les Chinois disent que les nombres pairs sont blancs ou vides et les impairs noirs ou pleins. Et d'ECKARTHAUSEN dit que le nombre pair est passif, imparfait.

 

A titre d'exemple, nous nous attarderons sur le Cinq dans la tradition chinoise.

 

Pour le Chinois, Cinq est le nombre de l'Homme.

 

Comme la musique est l'Art par excellence, elle sera écrite avec cinq notes, et l'instrument fondamental se composera de cinq tubes creux.

 

Il y a en l'Homme cinq éléments ou « Hing ». Chacun des « Hing » régit, dans un ordre immuable, les bonheurs, les calamités, les facultés de l'âme, les directions de l'espace, les noms célestes, les travaux agraires, les parfums, les couleurs, les gammes, etc.

 

Tel rite est-il placé sous le vocable du second « Hing »? Il devra se pratiquer en Été, être orienté vers le Sud, être sonorisé selon la note « Tché », exiger un Feu, être parfumé à l'ambre, parce que l'Été, le Sud, « Tché », le Feu, l'Ambre, sont les seconds termes de chacune des séries où ils sont intégrés.  Ainsi le nombre chinois, dans son acceptation sacrée, est ordinal, qualitatif.

 

De même que l'Homme est médiateur entre la Terre et le Ciel, de même le nombre Cinq est médiateur selon l'équerre entre quatre et trois. Et c'est ce rapport d'hypoténuse qui régira la construction des temples. Pour finir, signalons que le caractère scripturaire de l'Homme Véritable – « Ta-Jen » a cinq points. 

 

Et c’est bien pour cela aussi que les Compagnons du Devoir ont un lien particulier avec le Pentagone régulier, figure comportant cinq côtés égaux et comportant 20 fois le Nombre d’Or !

 

Faisons un bond dans le temps et dans l'espace. Cinq jouait un grand rôle dans les mystères helléniques. Le rituel d'Éleusis était divisé en cinq sections: purification préalable, réception des rites sacrés, époptes, placement des couronnes et, enfin, communication directe avec le Divin.

 

Dans les catacombes chrétiennes, un dé à cinq points, peint ou gravé sur la tombe, signifiait : « Vie heureuse ». On trouve parfois cinq dés ayant chacun cinq points.

 

 

L'ORIENTATION.

 

Le second élément du rite est l'orientation. Tous les lieux consacrés sont orientés. Les églises catholiques en principe à l'Est, les mosquées vers la Qibla, les Pyramides selon une topographie précise. Le feu sacré s'allumait à l'Est. Les autels des dieux hellènes étaient construits selon les données de gnomons particuliers.

 

Pendant qu'il accomplit le rite, le célébrant est orienté, en fonction de l'édifice ou selon les quatre points cardinaux.

 

Les lois de Manou, les Védas consacrent des pages à ces prescriptions minutieuses. L'usage en est tellement enraciné dans les pays à substrat traditionnel, qu'un paysan chinois ne parle guère de sa droite ou de sa gauche, mais d'Est et d'Ouest.

 

Orientation terrestre d'abord, orientation cosmique ensuite.

 

Enfin, orientation par rapport à l'officiant lui-même : à droite, à gauche, devant, derrière lui. On a dit que tous les rites gardaient comme une nostalgie de l'ère primordiale, alors que le Pôle était le lieu sacré de la Tradition avant que les bouleversements cosmiques eussent entraîné la précession des équinoxes...

 

A ce propos une précision s'impose. Quand on parle de la droite ou de la gauche d'une figure symbolique, on peut entendre réellement celles de cette figure elle-même, ou bien celles d'un spectateur qui se place devant elle.

 

Ainsi, en héraldique, quand on décrit un blason, la dextre de l'écu correspond à la senestre du baron.

 

Signalons aussi les « circum-ambulations » si fréquentes dans nombres de rites. Ces promenades circulaires s'effectuent traditionnellement dans le sens des aiguilles d'une montre dans les pays d'Occident et selon la giration inverse dans les pays d'Orient, de même que les écritures d'Occident vont de gauche à droite et celles d'Orient de droite à gauche.

 

En général, le premier pied qui est avancé est celui qui se trouve le plus à l'extérieur du cercle ; en Occident, le pied gauche. On honore une personne, dans l'Inde, en tournant autour d'elle de façon à lui présenter toujours l'épaule gauche (Pradakshina).

 

 

LE TEMPS.

 

Une autre orientation au moins aussi importante est relative au Temps.

 

Les principaux rites sont pratiqués aux équinoxes et aux solstices. La messe chrétienne primitive, aux dires de Saint JUSTIN, devait coïncider avec le lever de l'aurore. Les Bacchantes se déchaînaient à la Nouvelle Lune. La plus grande fête égyptienne se célébrait quand l'étoile SETHER se levait au-dessus du Nil.

 

 

LA QUALIFICATION.

 

Le rite n'est efficace que si celui qui l'exécute est qualifié.

 

Il est des rites qui sont réservés à l'un des deux sexes ou à tel métier ou à telle caste.

 

Les Bacchanales étaient strictement réservées aux femmes et l'on sait le triste sort de tel qui voulut s'en mêler. Les rites cabires étaient seulement ouverts aux artisans du feu. La Chevalerie convenait aux guerriers et le Compagnonnage aux artisans.

 

Il est d'autres qualifications... ou disqualifications. Les transgresser, c'est-à-dire accomplir un rite pour lequel on n'est point désigné, n'entraîne pas seulement sa nullité; c'est un véritable sacrilège qui met en action des forces que d'aucuns désigneraient par dangereuses.

 

Et voici la plus impérieuse des qualifications: la transmission initiatique.

 

 

LA TRANSMISSION.

 

Vous pourriez chanter la messe aussi bien qu'un chanoine, faire le Zikr comme un Soufi, récolter le suc de la Soma comme un Brahmine, évoquer l'ange Amaël comme un magicien, vous ne serez pas pour autant prêtre, soufi, brahmine ou magicien.

 

Il vous manquera l'essentiel: « la transmission des pouvoirs ».

 

Chaque célébrant doit être l'anneau d'une chaîne. Il faut qu'au cours d'un rite - ordination, initiation, sacre - l'effluve passe du maître au disciple, du guru au chellah, du père spirituel au fils spirituel.  Sans transmission, point d'efficacité.

 

Les confréries musulmanes attachent une importance toute particulière à la chaîne initiatique.

 

L'Église Romaine attache, elle aussi, une importance primordiale à ce qu'elle nomme la Succession Apostolique. Un évêque ne possède la plénitude du sacerdoce qu'autant qu'il descend spirituellement, sans interruption, de l'un des douze apôtres et, par eux, du Christ et de Melchisédech, roi de Salem, consécrateur d'Abraham.

 

Le moindre sorcier de campagne est lui aussi l'objet d'une transmission. Frédéric LEFÉVRE dans son roman Sanson, fille de Sanson, l'a fort intelligemment établi.

 

Sans transmission initiatique, sans « régularité », il n'y a pas de rite, au sens exact de ce mot. Il peut y avoir cérémonie, commémoration... mais point de rite. C'est dire qu'un rite ne se crée pas artificiellement.

 

La transmission doit être directe, effective. Il faut que l'initiateur soit en contact corporel avec l'initié.

 

Sauf cas très exceptionnels.

 

Voici le témoignage de Djellal-Ed-Dine Roumi, le fondateur des derviches tourneurs : « Si quelqu'un, par une rare exception, a parcouru seul la voie initiatique, c'est qu'il est arrivé à l'aide du cœur des Pirs (des Maîtres). La main du Pir n'est pas refusée à l’absent. Cette main n'est pas autre chose que l'étreinte même de Dieu ».

 

 

LE SECRET.

 

Le rite doit doublement rester secret : d'abord pour éviter que celui qui n'a pas qualité pour le pratiquer commette un sacrilège.

 

Mais l'essence du secret est plus profonde. De même que le calcul analytique reste secret pour celui qui n'a pas dépassé les quatre règles, de même le rite reste secret pour celui qui n'a pas dépassé une conception extérieure des choses.

 

Disons que le rite est secret parce qu'il est inexprimable. Du fait qu'il est symbole mis en acte, il échappe aux définitions humaines. Il est au-dessus de ce qu'on en voit...

 

Aldous HUXLEY écrit que ce qui importe dans un poème c'est ce qu'un esprit sensible lit entre les lignes inégales. Il en est de même du rite.

 

 

L'IMPERSONNALITÉ.

 

Le rite ne dépend pas de l'opérateur. Celui-ci agit ès-qualités et non par sa personne.

 

Si l'intention qu'il y apporte accentue, peut-être, l'effet du rite, il n'en reste pas moins vrai que le rite est au-dessus de lui. Quelqu'un de qualifié mais qui ne comprend rien peut, très validement, transmettre ses pouvoirs. Aux yeux de l'Église Catholique, un prêtre, même interdit, garde tous ses pouvoirs sacramentaux : Tu es Sacerdos in aeternum.

 

Celui qui a été marqué par un rite garde cette qualification, à jamais, même s'il est chassé d'un groupement, anathèmisé, frappé d'ostracisme, etc.

 

 

L'EXACTITUDE.

 

Puisque le célébrant n'apporte rien de lui-même dans l'efficacité du rite, puisqu'il n'est qu'un support, puisque comme écrit le Dante, il est l'instrument d'un Dieu plus fort que lui, il ne doit absolument rien modifier de ce qu'on lui a transmis. L'exactitude minutieuse est une des conséquences de l'impersonnalité du rite. Le professeur MASSON-OURSEL l'a dit fort justement, à propos des rites védiques : La condition nécessaire et suffisante de la réussite que produit le rite est son exactitude. Le terme brahmanique du « satyam », trop souvent traduit à la légère par « vérité », signifie simplement l'exactitude rituelle.

 

 

LES ÉCUEILS.

 

Le Rite agit sur l'esprit, par l'Esprit. Qu'on l'agrémente d'une pompe ostentatoire, qu'on en fasse, en un mot, un magnifique spectacle, et il touchera à la fois le sentiment et l'esprit. La partie accessoire risquera de « noyer » l'essentiel. Peu à peu, ce sera le rite qui deviendra l'accessoire, prétexte des splendeurs esthétiques. Les artistes y mettront des « embellissements ». Il étouffera sous une lourde chape d'or.

 

Si le rite ne devient qu'un pieu ou touchant souvenir, une commémoration, il gardera encore son efficacité, tant qu'il sera minutieusement exécuté par quelqu'un de qualifié.

 

Mais... c'est glisser sur une pente dangereuse: des parties essentielles du rite risqueront d'être altérées; des « gens de bonne volonté » se croiront aptes à le célébrer... et, très vite, comme un arbre abattu, le rite cessera de plonger ses racines dans le Nouménal. Il périra.

 

Un autre danger qui guette le rite, c'est la vulgarisation. Il devient profane quand il est connu et pratiqué de tous. Ainsi de la poignée de mains. Ce geste sacré, réservé d'abord au chevalier, ce pacte d'amitié et de paix dont la rupture eut été sacrilège au moyen-âge, est devenu maintenant un geste banal donc privé de sens.

 

Suprême mésaventure, un rite peut finir par amuser les enfants ! Les jeux anciens, dés, échecs, marelles, cartes, étaient procédés divinatoires, rituéliques. Aussi étaient-ils réservés aux Initiés. Par suite de quelle décadence sont-ils devenus ce que nous voyons?

 

Alors relisons, pour nous consoler, ces lignes de l’Enchiridion Physicae restituae, du Président d'ESPAGNET :

 

Que le lecteur tienne pour suspect ce qui lui paraît facile à comprendre ? La Vérité est cachée par un voile obscur. Les Sages ne disent jamais plus vrai que lorsqu'ils parlent obscurément. Il y a toujours de l'artifice dans les endroits où ils semblent parler avec le plus d'ingénuité.

 



 

 

 

D - LA RÈGLE EN 12 POINTS

 
Une règle définit très précisément notre Ordre et les relations qui s'instaurent entre ses membres; Cette règle est universelle et admise par les seules Grandes Loges Régulières. Un seul point n'est pas respecté et la Grande Loge perd sa régularité et la reconnaissance des autres.
 
La voici : 

1. La FM est une fraternité initiatique qui a pour fondement traditionnel la croyance en Dieu, que, pour éviter toute polémique nous nommons « Grand Architecte De L'Univers ».

 
2. La FM se réfère aux « Anciens Devoirs » et aux « Landmarks » de la Fraternité, notamment quant à l'absolu respect des traditions spécifiques de l'Ordre, essentielles à la régularité de la Juridiction.
 
3. La FM est un Ordre, auquel ne peut appartenir que des hommes libres et respectables, qui s'engagent à mettre en pratique un idéal de Paix, d'Amour et de Fraternité.
 
4. La FM vise ainsi, par le perfectionnement moral de ses Membres, à celui de l'humanité toute entière.
 
5. La FM impose à tous ses Membres la pratique exacte et scrupuleuse des rituels et du symbolisme, moyens d'accès à la Connaissance qui lui sont propres.
 
6. La FM impose à tous ses Membres le respect des opinions et des croyances de chacun. Elle leur interdit, en son sein, toute discussion ou controverse, politique ou religieuse. Elle est ainsi un centre permanent d'Union Fraternelle où règnent une compréhension tolérante et une fructueuse harmonie entre des hommes qui, sans elle, seraient restés étrangers les uns aux autres.
 
7. Les Frères prennent leurs obligations sur un Volume de la Loi Sacrée, afin de donner au serment, prêté sur Lui, le caractère solennel et sacré indispensable à sa pérennité.
 
8. Les Frères s'assemblent, hors du monde profane, dans des Loges où sont toujours exposées les trois « Grandes Lumières de l'Ordre »: Un Volume de la Loi Sacrée, une Équerre et un Compas, pour y travailler selon le rite, avec zèle et assiduité par la Constitution et les Règlements Généraux de l'Obédience à laquelle adhère la Loge.
 
9. Les Frères ne doivent admettre dans leur Loges que des hommes majeurs, de réputation parfaite, gens d'honneur, loyaux et discrets, dignes en tous point d'être leurs Frères et aptes à reconnaître les bornes du domaine de l'homme et l'infinie puissance de l'Éternel.
 
10. Les Frères cultivent dans leur Loges l'amour de la Patrie, la soumission aux Lois et le respect des Autorités constituées. Ils considèrent le travail comme le Devoir primordial de l'être humain et l'honorent sous toutes les formes.
 
11. Les Frères contribuent, par l'exemple actif de leur comportement sage, viril et digne, au rayonnement de l'Ordre dans le respect du secret Maçonnique.
 
12. Les Frères se doivent mutuellement, dans l'honneur, aide et protection fraternelle, même au péril de leur vie. Ils pratiquent l'art de conserver en toute circonstance le calme et l'équilibre indispensable à une parfaite maîtrise de soi.



 

 

E - LETTRE OUVERTE AUX PROFANES

 

Pourquoi les Francs-maçons  ferment-ils leurs portes s'ils n'ont rien a dissimuler ?

 

La vérité de la Franc-maçonnerie est-elle si secrète, tellement hermétique ou si peu avouable pour être ainsi occultée ? Quel est donc leur Secret si bien gardé ?

 

 

Le crépuscule des magiciens

 

Pour certains medias et pour un large public, la Franc-maçonnerie est un repaire de doux rêveurs déguisés - on ne sait trop en quoi - qui brandissent des épées d'apparat dans des caves, éclairant aux chandelles des symboles cosmiques et des emblèmes de mort, certains s'adonnant à des pratiques magiques, alchimiques ou cabalistiques.

 

On éprouve quelques difficultés à imaginer, dans d'aussi puériles agitations, nos Frères BEETHOVEN, FÉNELON, MONTESQUIEU, TALLEYRAND, La FAYETTE ou WASHINGTON. Que dire de nos désopilants LITTRÉ, PROUDHON, BARTHOLDI, GAMBETTA ou ROOSEVELT ?

 

 

Les « Supérieurs Secrets »

 

Pour d'autres medias, derrière ces masques rassurants, les Francs-maçons seraient les mystérieux « Supérieurs Secrets », « les Maîtres Inconnus », les hommes qui tirent les ficelles de l’économie mondiale, des finances, qui manipulent les politiciens et qui, associés évidemment à certains lobbies et aux multinationales, détiennent des pouvoirs exorbitants et font main basse sur la planète. Foutaises...!

 

Ainsi étaient donc les vrais Maîtres du monde, nos Frères Benjamin FRANKLIN et son paratonnerre, MONTGOLFIER et son ballon, HAHNEMANN et son homéopathie, FLEMMING et sa pénicilline, Edwin ALDRIN et sa promenade sur la lune, et MOZART, VOLTAIRE, GOETHE, BAUDELAIRE, KIPLING, et ZOLA. Tremblez profanes à l’évocation des très redoutables Frères Achille ZAVATA et Léo FERRÉ. Sans oublier le regretté Frère terrible, j'ai nommé Pierre DAC.

 

 

Supermarché du ridicule

 

Ces deux visions de la Franc-maçonnerie, parfaitement grotesques, sont surtout dénuées du moindre fondement. D'autant qu'entre ces deux caricatures s'étale un vaste supermarché de fantasmes, de craintes, et de fascinations qui sont les purs produits de l'ignorance, une ignorance entretenue jusqu'à présent par l'inaccessible et inébranlable « secret maçonnique » lequel ne nous a pas vraiment aidé.

 

Aujourd'hui cependant, la Franc-maçonnerie est plus discrète que secrète. Dans notre monde de communication, nous devons désormais faire connaître les finalités réelles de notre Franc-maçonnerie Régulière en ouvrant une première porte.

 

 

Pour en finir avec l'ignorance

 

La  Franc-maçonnerie  qu'est-ce au juste vous demandez-vous ?

 

Il  importe que le profane sache que ce n'est pas un « produit de communication », ni un parti politique, un lobby ou une religion, encore moins une Eglise ou une école de pensée, et en aucun cas un réseau ou une secte !

 

On entre dans une secte sans préalable, on en sort plus difficilement. En Franc-maçonnerie Régulière, c'est exactement l'inverse.

 

Une Grande Loge Régulière ne se livre à aucun prosélytisme et refuse de sacrifier la qualité de ses membres au profit du quantitatif obtenu par un recrutement complaisant.

 

En franchissant cette première porte, le visiteur prendra conscience des concepts et des comportements qui séparent les « Maçonneries » de « la Franc-maçonnerie Régulière ».

 

 

La Franc-maçonnerie Régulière

 

Les Francs-maçons Réguliers repartis dans 136 pays à travers le monde sont effectivement environ sept millions. En France jusques en 2010 ils représentaient 45.000 Frères. Il sont pratiquement 60.000 aujourd'hui !

 

Les Francs-maçons divers, d'obédiences non reconnues par la Régularité, représentent très approximativement 6% du total des Francs-maçons dans le monde.

 

Les profanes ignorent par quels concepts et comportements, la Franc-maçonnerie Régulière se différencie des Maçonneries existants en dehors de la Régularité ?

 

Notre Franc-maçonnerie Régulière repose sur des principes séculaires que nous considérons comme immuables, intangibles et que ne partagent pas les Francs-maçons non réguliers. Ainsi :

  • Nous croyons fermement en la réalité de DIEU, le « Grand Architecte de l'Univers ».
  • Nous nous interdisons tout débat touchant la politique ou la religion... ces deux sujets divisent les hommes libres de penser ce qu'ils veulent !
  • Porteurs de doutes, et non pas de certitudes, nous rejetons tout dogme, toute idéologie, tout « prêt-à-penser », tout « maître-à-penser » : nous cherchons la lucidité.
  • Nous nous efforçons de pratiquer un idéal de paix, d'Amour, de Fraternité, sachant l'incomplétude de tout code moral sans un profond labour du champ de l'Éthique.
  • Enfin nous pensons qu'avant de reconstruire le monde, il est impératif que nous parvenions à nous bâtir nous-mêmes, car nous croyons l'homme perfectible.
 

Qui ne partage ces sentiments ne trouvera rien parmi nous de ce qu'il cherche; ambition élevée, à la limite de l'utopie disent certains. A ceci près que les grands acquis de l'Humanité naquirent d'utopies.

 

 

Ils se forgèrent puis forgèrent notre civilisation

 

Nous portons leur tablier, ils se nommaient DIDEROT, SURCOUF, CONDORCET, HELVÉTIUS, SAINT-SIMON, HAYDN, LISZT, STENDHAL, NERVAL, TOULOUSE-LAUTREC, Alexandre DUMAS, BYRON, MALLARMÉ, GARIBALDI, BOLIVAR, MARMOTAN, CHAPTAL, JENNER, ARAGO, CHRYSLER, CITROËN, FORD, JOFFRE, ÉDOUARD VII, GUILLAUME 1er, Victor SCHOELCHER. Ils furent les bâtisseurs de notre monde et de nos libertés.

 

Certains moururent pour leurs idées. Aucun ne mourut déshonoré en expiation d'un manquement à la morale ou à l'éthique.

 

Qu'en est-il aujourd'hui, chez nous qui tentons d'être les dignes fils de ces hommes exceptionnels?

 

Nos illustres ancêtres ne sont plus là pour constater que nombre de Francs-maçons d'aujourd'hui sont des hommes remarquables, mais que contemporains et vivants, leurs noms ne courent pas les rues, ni les salles de rédaction.

 

II y a aussi ceux qui, sans être remarquables, se font hélas « remarquer ». Ils constituent de très rares exceptions dont nous nous séparons sans états d'âme.

 

 

La Franc-maçonnerie: un espoir et aujourd'hui un devoir

 

Si le monde où nous vivons n'était pas aussi désespérant, la Franc-maçonnerie ne serait peut-être qu'un généreux dilettantisme facultatif et non l'impérieux devoir qu'elle devient aujourd'hui.

 

Hélas, notre monde est désormais fait de l'insupportable poids des injustices, des violences, des boulimies de puissance et d'argent. Ici, c'est la perte des valeurs morales et familiales, civiques et spirituelles. Là, c'est un retour à une effroyable barbarie que nous avions pu croire disparue à jamais. Pouvons-nous ignorer la misère, la maladie et l'agonie d'une grande partie des peuples de ce monde à la dérive ? Ignorer le désarroi de notre jeunesse ?

 

Nous en parlons rarement mais nos « Oeuvres d'Assistance Fraternelle » ou nos « Troncs de Bienfaisance », ainsi que de nombreuses Associations caritatives qu’animent certains de nos membres témoignent de notre volonté, non pas de refaire le monde, mais d'aider les plus démunis à survivre.

 

Les Francs-Maçons réguliers travaillent à mieux entendre et à voir plus clair, à approcher sinon à atteindre cette lucidité que certains nomment Lumière.

 

Notre Maçonnerie Régulière de Tradition, en trente années, en dépit d'une totale absence de prosélytisme et d'une discrétion à toute épreuve, est passée de 6.000 à 45.000 membres; en réalité, à plus de 60.000 Francs-maçons si l’on sait que depuis 1960 la Franc Maçonnerie Régulière Française créa 16 Grandes Loges nationales à l'étranger qui, avec leur autonomie, reçurent la reconnaissance des sept millions de Frères réguliers repartis dans 136 pays à travers le monde.

 

Celui qui se sent motivé pour se joindre à nous ne trouvera pas porte close, mais ne trouvera pas non plus à l’entrée un bonimenteur vantant les secrets et les multiples splendeurs qui sont à découvrir à l'intérieur...

 

Qu'il sache que le Franc-maçon accompli éprouve

Plus de joie à être qu’à paraître.

Plus de bonheur à donner qu'à recevoir.

Plus de joie à savoir qu'à avoir, et autant à chercher qu'à trouver.

 



 

 

F - LE CODE MAÇONNIQUE

  

        • Adore Dieu, le « Grand Architecte De L'Univers ».                                                                   
        • Aime ton prochain.
        • Ne fais point de mal.
        • Fais du bien.
        • Laisse parler les hommes.
        • Le vrai culte du « Grand Architecte De L'Univers » consiste dans les bonnes mœurs.
        • Fais don du bien pour l’amour de lui-même.
        • Tiens toujours ton âme dans un état pur pour paraître dignement devant le « Grand Architecte De L'Univers », qui est Dieu.
        • Estime les bons, plains les faibles, fuis les méchants, mais ne hais personne.
        • Parle sobrement avec les grands, prudemment avec tes égaux, sincèrement avec tes amis, doucement avec les petits, tendrement avec les pauvres.
        • Ne flatte point ton frère, c’est une trahison ; si ton frère te flatte, crains qu’il ne te corrompe.
        • Écoute toujours la voix de ta conscience.
        • Sois le père des pauvres, chaque soupir que la dureté leur arrachera, augmentera le nombre des malédictions qui tomberont sur la tête.
        • Respecte l’étranger voyageur, aide-le ; sa personne est sacrée pour toi.
        • Évite les querelles, préviens les insultes, mets toujours la raison de ton coté.
        • Respecte les femmes ; n’abuse jamais de leur faiblesse, et meure plutôt que de les déshonorer.
        • Si le « Grand Architecte De L'Univers » te donne un fils, remercie-le, mais tremble sur le dépôt qu’il te confie ! Sois pour cet enfant l’image de la Divinité.
        • Fais que jusques à dix ans il te craigne, que jusques à vingt ans il t’aime, que jusques à la mort il te respecte.
        • Jusques à dix ans, soit son maître.
        • Jusques à vingt ans, son père.
        • Jusques à la mort, son ami.
        • Pense à lui donner de bons principes plutôt que de belles manières ; qu’il te doive une droiture éclairée, et non pas une frivole élégance.
        • Fais-le honnête homme, plutôt qu’habile homme.
        • Si tu rougis de ton état, c’est orgueil, songe que ce n’est pas ta place qui t’honore ou te dégrade, mais la façon dont tu l’exerces.
        • Lis et profite, vois et imite, réfléchis et travaille, rapporte tout à l’utilité de tes frères, c’est travailler pour toi-même.
        • Sois content de tout, partout et avec tout.
        • Réjouis-toi dans la justice, courrouce-toi contre l’iniquité, souffre sans te plaindre.
        • Ne juge pas légèrement les actions des hommes, ne blâme point et loue encore moins : c’est au « Grand Architecte De L'Univers » qui sonde les cœurs à apprécier son ouvrage.

 

Le_Grand_Geometre.jpg

Et n'hésitez surtout pas à m'interroger si quelque chose vous paraissait encore obscure...

 



 

 



11/11/2014
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