COMPRENDRE LES HERESIES : CATHARES, VAUDOIS, HUGUENOTS...

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Comprendre les « hérésies » : cathares, vaudois, huguenots…

 

En relisant un numéro de « La Croix » de l’année 2016 je suis tombé sur un article concernant les cathares qui m’a donné envie de me documenter sur les différentes religions et hérésies apparues pas seulement depuis le Moyen Âge mais qui les ont précédée et ont préparé le terrain à la réforme de Martin LUTHER. Je vais donc tenter de vous les expliquer de façon concise pour vous permettre d’y voir plus clair!...

 

Vous vous souvenez ? Le fameux « FAIT RELIGIEUX », de Claude ALLEGRE, ministre de l’Éducation de 1997 à 2000, que nos instituteurs français ont bêtement refusé d’enseigner sous des prétextes fallacieux (cf. mon article sur « BIBLE, TORAH ou CORAN, MÊME COMBAT »). Eh bien, ce qui suit, en est en quelque sorte une justification du bien fondé de cette réforme du gouvernement socialiste qui n'a hélas jamais pu s'appliquer.

 

En effet, mon attention a été attirée par une information qui concernait « l’Année de la Miséricorde » (2016), voulue par le pape François qui clôturait le jubilé de Vatican 2… eh oui ! 50 ans, déjà.

 

Le journal LA CROIX précisait que Monseigneur EYCHENNE, le dynamique évêque de Pamiers dans l’Ariège, avait formulé officiellement au Saint Siège une Demande de pardon pour « le bucher de Montségur, qui mit fin, le 16 mars 1244, à l’hérésie cathare, en la justifiant par ces mots, je cite, on ne sait pas comment le futur nous jugera… Aujourd’hui, des hommes et des femmes se noient en traversant la Méditerranée. On nous reprochera peut-être un jour d’avoir été inhumains par notre indifférence. Nous ne sommes pas dans l’autoflagellation, prévient l’évêque. Nous ne demandons pas pardon aux cathares, mais au Seigneur, pour cet inconscient collectif blessé. Beaucoup de gens, ici, ont le sentiment que les catholiques d’aujourd’hui sont les mêmes que ceux qui, hier, ont persécuté ces chrétiens. »

 

J’ai donc commencé par lire les bestsellers du rayon « Religions » de la bibliothèque mise à notre disposition par le CIRCA de la Chartreuse, puis j'ai copié, photocopié, annoté, amoncelé et étudié une quantité de documents pour en faire aujourd’hui une synthèse (cf. ma bibliographie en fin d’article) et je vais vous faire profiter de mes trouvailles acquises depuis qu'au retour d'une vadrouille en Périgord cet été, nous avons eu l'idée de faire une tournée de quelques hauts lieux cathares !

 

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On lit sur cette stèle trouvée à Minerve :

« ici, pour la foi cathare, 180 Parfaits sont morts par les flammes » JUIN 1210 !

 

 

On a coutume de présenter le Zoroastrisme, l’église Vaudoise puis le Catharisme comme des religions, et ce n'est pas faux, mais ces religions ne se sont pas créées subitement. Elles tirent leurs origines d'un très lointain passé, souvent bien antérieur à la venue du Christ et on y retrouve l’application de principes dualistes déjà existant, notamment, le bien et le mal, la lumière et les ténèbres, la vie et la mort… C’est pourquoi, je vais aborder ces mouvements religieux avant de vous en dire plus.

 

L'apparition historique des hérésies (car je considère toujours mon protestantisme comme une hérésie: cf. l'article du Pasteur André GOUNELLE LE PROTESTANTISME, FOI HERETIQUE, FOI PERSONNELLE) se situe, en fait, dès le 1er siècle de notre ère, et certaines ont survécu au concile de Nicée en 325, puis d’autres ont vu le jour dans le bouillonnement spirituel et la folie de l'an Mil au sein de la chrétienté malgré la reprise en mains musclée, maladroite et assassine, trop tardive de la part de l'Église Catholique Romaine sans oublier les ravages de l'Inquisition.

 

Les hérétiques sont présentés comme des suppôts de Satan, agents du mal et de l'Antéchrist (Ennemi du Christ qui, d'après l'Apocalypse, viendra peu avant la fin du monde pour prêcher et établir une religion hostile au Christ).

 

Sachez que les premiers hérétiques furent, à n’en pas douter, des moines ou des chanoines catholiques en rupture de consensus avec Rome ou avec Cluny… (Les premiers buchés datent de 1022 à Orléans !)

 

Si tradition orientale il y a dans l’apparition des hérésies, elle demeure probablement interne au monde chrétien, simple influence de religiosité archaïque, transmise par des moines grecs en rupture de règle.

 

Ce qui saute aux yeux est que ces évolutions et les hérésies qui en découlent présentent toutes une parenté que vous allez découvrir au fil de l’exposé.

 

Faisons le point, en commençant un peu avant l’apparition du Christ car l’un de ces mouvements religieux préfigure déjà le monothéisme. Je veux parler du :

 

Zoroastrisme

 

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Origine : c’est une religion monothéiste de la Perse (l'Iran ancien), issue de la tradition indo-européenne du Mazdéisme (qui a précédé le zoroastrisme et qui présentait déjà une dualité des dieux.

 

En Iran (comme aux Indes), il y a deux classes de dieux : les « ahura » et les « daêva ». Les 1ers   incarnent la bonne conduite, les 2nds la mauvaise (c'est exactement le contraire aux Indes).

 

Le Zoroastrisme est, de fait, une adaptation du mazdéisme et tire son nom de son « prophète » ou fondateur ZARATHUSTRA, dont le nom a été transcrit en ZOROASTRE par les Grecs (Ζωροάστρης, Zōroastrēs). Ces réformes sont intervenues au cours du 1er millénaire avant la naissance du Christ et proviennent de l’Avesta, le livre des textes sacrés du mazdéisme, toujours utilisé de nos jours !

 

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La reforme religieuse de ZARATHUSTRA a eu pour principal effet d'orienter la religion mazdéenne vers le monothéisme au bénéfice du dieu Ahura Mazdâ entouré d'un certain nombre d'entités. Ahura Mazda est seul responsable de l'ordonnancement du chaos initial, le créateur du ciel et de la terre.

 

Il faut savoir que le zoroastrisme a fait fonction de religion officielle de l'empire Perse à trois reprises (sous le règne de Darius 1er 550 / 486 av. JC, du temps des oracles d'Hystaspès, des Achéménides, et des Sassanides… jusqu'en 651, date de l'assassinat du dernier roi zoroastrien) mais il est toujours bien vivant et pratiqué de nos jours.

 

Malgré l'arrivée de l'islam au VIIème siècle et les persécutions qui en découlèrent, le Zoroastrisme a donc réussi à se maintenir dans le patrimoine culturel iranien, afghan et même en Asie centrale. En effet, les Iraniens, les Kurdes et les Afghans, indépendamment de leur religion, accordent toujours aujourd'hui beaucoup d'importance aux fêtes zoroastriennes, et en particulier celle de Nowruz, le nouvel an zoroastrien, célébré le 21 mars, jour de l'équinoxe où la durée du jour est égale à celle de la nuit!

 

Mon ami, Hassan AGHILIPOUR, le chef du gouvernement de l’Iran en exil en France puis en Californie après le renversement du Shah en 1979, à qui je demandais s'il était croyant, m'a répondu simplement qu'il était « Zoroastre » et bel et bien croyant au sens où je l'entendais, et a eu la patience de m'expliquer sa croyance, qui n'a rien à voir avec la religion officielle de l'Iran d'aujourd'hui, l'Islam Chiite.

 

Le principe : il existe un « Esprit Saint » (Spenta Mainyu), fils d'Ahura Mazdā, et un Esprit Mauvais (Angra Mainyu), celui de Pehlevi Ahriman, son jumeau, tous deux opposés car représentant le jour et la nuit, la vie et la mort.

 

Les zoroastriens, aussi appelés « guèbres », respectent le feu comme symbole divin. ZOROASTRE prêchait le même dualisme apparent, qui reposait sur le combat entre le Bien et le Mal, la Lumière et les Ténèbres.

 

Ces deux esprits coexistent dans chacun des êtres vivants. Toutefois, le zoroastrisme est bel et bien un monothéisme, puisque seul Ahura Mazda conserve la prééminence céleste et il est dit que seul ce dernier triomphera du mal à la fin des temps.

 

Partant de là, dès la venue du Christ, divers mouvements sectaire ou hérétiques se sont formés dont il ne reste rien de nos jours pour la plupart.

 

Pour votre compréhension, partant du judaïsme, voici un :

 

SCHEMA SYNTHETIQUE DES DIFFERENTES RELIGIONS

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Nota Bene : Pour l'ISLAM se reporter à l'article CONNAISSANCE DE L’ISLAM (en cliquant ici)

 

 

https://www.blog4ever-fichiers.com/2011/09/537597/artfichier_537597_4622005_201503025732430.jpg
 

 

 

ARTICLE EN COURS DE REDACTION A L'AUTOMNE 2017 !

 


 

BIBLOGRAPHIE concernant le sujet :

 

Dominique NÚÑEZ de GUZMAN, plus connu sous le nom de Saint Dominique (1170 / 1221 ; religieux catholique espagnol, fondateur de l’Ordre des Frères Prêcheurs devenus les « Dominicains », canonisé par l’Église en 1234 sous le nom de Saint Dominique.

Traversant ce qu'on appelle aujourd'hui l'Occitanie, Dominique y rencontre l'hérésie des cathares.

Certains des éléments qui serviront de prétexte à la Réforme protestante sont déjà présents à cette époque.

La richesse de l'Église, en particulier, fait scandale parmi des chrétiens qui finissent par se laisser séduire par les idées des vaudois et des « bons hommes ».

La tradition lui a donné le titre de « Marteau des hérétiques », qu'il partage avec Saint Antoine de Padoue.

Il fut chargé d'exercer ses fonctions dans le Languedoc.

Dans son Histoire de France, Jules Michelet, historien romantique, veut voir en lui le « terrible fondateur de l'Inquisition ».

Les Dominicains eux-mêmes, au Moyen Âge, ont accrédité cette légende : Bernard Gui, l'un des plus célèbres inquisiteurs (actif à Toulouse de 1308 à 1322), qualifie Dominique de « premier inquisiteur » dans sa biographie du fondateur.

 

Déodat ROCHÉ, (1877 / 1978, il nous a quitté à 101 ans, un enfant du pays cathare puisqu’originaire d’Arques dans l’Aude) : magistrat, historien du Catharisme, franc-maçon, fondateur en 1948 de la revue « Les Cahiers d'Études Cathares » (publiés de 1948 à 1971 : 100 numéros).

Il fut le meilleur érudit de sa génération sur ce sujet.

Il sut rechercher les échos du catharisme dans les courants ésotériques et « initiatiques ».

 

René NELLI, (1906 / 1982 ; un enfant du pays cathare puisqu’originaire de Carcassonne qu’il ne quitta jamais) Poète occitan qui s'attacha à définir les racines profondes du catharisme sous son aspect philosophique. Il sut être le chantre de « l'amour courtois ».

À la suite de la disparition du Centre d'études cathares, fondé par René NELLI, l'Association d'études du catharisme « René NELLI », fondée en 2011, s'est donné pour but de poursuivre les travaux de NELLI et de faire connaître son œuvre.

 

Jean DUVERNOY, (1917 / 2010) Docteur en droit licencié ès lettres ; traducteur unique et exceptionnel des minutes de l'Inquisition.

Sa traduction en français du Registre d'Inquisition de Jacques Fournier, l’évêque de Pamiers de 1318 à 1325, rédigé en latin, est à l'origine du livre d'Emmanuel Le Roy LADURIE « Montaillou, village occitan de 1294 à 1324 ».

Son souci de trouver les sources (en particulier celles conservées au Vatican) a permis de donner une vision complète et dégagée de l'ésotérisme, du mouvement religieux cathare.

 

Zoé OLDENBOURG, (1916 / 2002) petite fille d’un académicien Russe de St Pétersbourg et fille d’un ministre du gouvernement KÉRENSKI qui précéda la révolution d’octobre, son père fuit le bolchévisme en 1925 pour émigrer à Paris où élève du lycée Molière elle séjournera toute sa vie.

Auteure de nombreux romans historiques elle devient une spécialiste de l’époque des croisades et de la société cathare, et a publié en 1959 son roman « Bucher de Monségur » chez Galimard.

 

Michel ROQUEBERT, (1928, il a 89 ans et originaire de Bordeaux) Journaliste à la Dépêche du midi, il prend sa retraite en 1989 et se consacre à ses travaux historiques de l’épopée cathare ; il se retire dix années durant dans le village même de Montségur où, de 1983 à 1990, il préside le Groupe de Recherches Archéologiques de Montségur et des environs (G.R.A.M.E.), auteur épique du catharisme il publie un monumental ouvrage en 5 volets de milliers de pages.

Michel ROQUEBERT s’est par la suite attaché à deux grandes figures dont le destin fut étroitement lié à l’histoire du catharisme occitan et qui le combattirent, l’un par les armes, Simon de Montfort, le chef de la croisade albigeoise ; l’autre par la parole, le religieux castillan Dominique de Guzmán, qui fonda à Toulouse l'Ordre des frères prêcheurs et dont l’Église fit Saint Dominique !

 

Annie BRENON, (dite Anne, 1945, originaire de Mâcon), est une historienne, écrivaine, qui a fait l’École des Chartes et est devenu conservateur du patrimoine grâce à une thèse intitulée « Les Livres des Vaudois ». Elle a été responsable de 1982 à 1998 du CEC (Centre d’Études Cathares - de René NELLI) à Carcassonne et chargée de cours à l’Université de Montpellier.

Elle est fondatrice de la revue « Hérésis » consacrée à l’étude de l’ensemble des hérésies médiévales.

Elle jette un regard féminin sur le drame cathare en soulignant l'importance des femmes dans ce mouvement. Depuis 1990, elle a publié plusieurs romans historiques chez Galimard sur les enfants et les femmes Cathares.

 

Gérard de SÈDE, (de son vrai nom : Géraud Marie de SÈDE baron de LIEOUX - 1921 / 2004 ; sa famille d’aristocrates est originaire de Comminges et donna 2 capitouls à la ville de Toulouse au XVIIème siècle), journaliste, puis rédacteur principal au Courrier du Pas-de-Calais et aux Régions Libérées.

 

Il a popularisé par plusieurs romans historiques fort bien documentés (mais qui demeurent des romans car rien n'a jamais été démontré!) le mystère du trésor de Rennes-le-Château (qu’on a fait passer un temps pour le trésor des cathares – à ce jour on ne sait toujours pas comment l’abbé Bérenger SAUNIÈRE – 1852 / 1917 - put faire de telles dépenses extravagantes alors qu’il ne possédait rien.

 

Nota Bene : Certains de ses thèmes ont été repris et exploités pour l'écriture du roman « Da Vinci Code » de Dan Brown).

cf. //www.rennes-le-chateau-archive.com/bs_les_annees_decouvertes.htm

 


 

 

 

 

 



18/08/2017
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