CA FAIT 60 ANS QUE L'AGRICULTURE A TOUT FAUX...

A Avignon, vous le savez probablement, nous avons une Université assortie d'un des plus grands centres régionaux de l'INRA (Institut National de la Recherche Agronomique).

 

En discutant avec quelques copains qui y travaillent, et en visitant les installations, nous avons pris conscience que cela fait plusieurs décennies (en fait, depuis la guerre de 39/45) que les instances dirigeantes de l'Agriculture en France nous ont entrainées sur une mauvaise pente, ne serait-ce qu'en enseignant candidement sans se rendre compte de l'énormité de la chose, dans les lyçées agricoles et les écoles professionnelles depuis les années 50, ainsi que dans les chambres d'Agriculture voire les Syndicats agricoles qu'il faut utiliser certains produits pour atteindre un rendement élevé.

 

De fait, l'énorme lobby des multinationales du secteur nous ont conduit par le bout du nez pour leur seul profit.

 

Pourtant, nos chercheurs français démontrent que les rendements des cultures sont plus élevés quand différentes plantes sont mélangées et qu’elles possèdent un patrimoine génétique diversifié sans pour autant utiliser de pesticides.

 

C'est l’exact contraire de ce que fait l’agriculture depuis 60 ans...

 

INRA

© INRA

 

 

D'après cette étude, les polycultures ont en moyenne un rendement meilleur que les monocultures, surtout en condition de sécheresse.

 

« C’est un nouveau paradigme », s’enthousiasme Cyrille VIOLLE, chercheur au CEFE-CNRS à l'Université de Montpellier (Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive).

 

Dans le cadre du Projet PRAISE sur l’amélioration génétique des prairies semées (financé par l’Agence Nationale de la Recherche), le CEFE et l’INRA de Lusignan, dans la Vienne, ont mené une expérimentation originale par sa démarche et totalement nouvelle pour la science.

 

« Pendant un an, nous avons cultivé sur 120 mini-parcelles de 1,2 m sur 1,3 cinq espèces fourragères (luzerne, trèfle blanc, ray-grass, dactyle, fétuque), explique Cyrille VIOLLE. Des parcelles ont accueilli une seule plante en monoculture, d’autres les 5 en polyculture, et nous avons également fait varier la diversité génétique, certaines parcelles n’abritant qu’un seul type, d’autres cinq ou dix génotypes ».

 

Certaines parcelles ont été irriguées d’autres pas, pour vérifier le comportement des plantes en situation de sécheresse.

 

Un an et demi plus tard, les chercheurs ont récolté, pesé et comparé la production en matière sèche de chacune des parcelles.

 

Les résultats […] publiés dans la revue Nature Plants montrent sans ambiguïté que les polycultures ont eu, en moyenne, un rendement meilleur que les monocultures, surtout en condition de sécheresse.

 

En irrigation, les parcelles en plantes mélangées ont présenté un rendement supérieur de 200 grammes par m2, soit 2 tonnes par hectare.

 

En situation de sécheresse, la différence est de 8 tonnes par hectare !

 

La biodiversité génétique apporte un second enseignement : les parcelles contenant dix génotypes différents pour une seule espèce, au lieu d’un seul, ont présenté une meilleure stabilité de rendement d’une année sur l’autre.